Etats-Unis-Iran. L’accord qui fait enrager…certains.

Inattendu. La plupart des medias lourds européens se déchainent, rageusement, contre les accords irano-américains : "capitulation de Trump en rase campagne", "humiliation des Etats Unis", "lâchage d'Israël" etc.." les mots ne sont pas assez forts pour décrire leur désappointement.

La contradiction est époustouflante. Au début de la guerre, les gouvernements européens et les medias avaient dénoncé "le viol du droit international" dans l’agression conjointe d’Israël et des Etats Unis contre l’Iran, et ils avaient refusé de s’y joindre de quelque façon que ce soit. Et voilà que maintenant, pour la plupart, ils témoignent, de peu enthousiasme à l’arrêt des hostilités. Le président Macron et le G7, donc en présence du président Trump, se sont félicités très officiellement du protocole d’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis. Mais les grands médias, sur lesquels les gouvernements ont évidemment quelque influence, eux , critiquent âprement l’accord. Certains reprochent carrément au président Trump " de s’être arrêté en cours de chemin, de ne pas être allé jusqu’au bout". D’autres en viennent même "à reprocher aux Etats Unis de n’avoir pas déployé des troupes au sol". C’est le cas en particulier d’Israël et de ses partisans qui dévoilent, ainsi, leur souhait secret de voir les soldats US combattre et mourir pour l’Etat hébreu.
Qu’est-ce à dire ? Certaines puissances européennes auraient-elles voulu en réalité que la guerre continue, du moment qu’elles n’y participent pas. N’était-ce pas là en définitive leur politique réelle, cachée, celle d’épuiser à la fois les Etats Unis et l’Iran dans un long affrontement. Certains pays européens ne se seraient donc pas joints à la guerre, non pas par position de principe, mais parce que sûrs de ne pouvoir affronter l’Iran et par crainte de revers aux conséquences graves pour leur avenir.

Et pourtant, l’Iran n’a obtenu rien d’autre que ses droits

Or si on regarde les faits, que les faits, l’Iran n’a obtenu rien de plus que le respect de ses droits : la fin d’une guerre d’agression contre elle ; sa souveraineté naturelle sur le détroit d’Ormuz, c’est-à-dire sur ses eaux territoriales ; la fin des sanctions arbitraires contre elle ; son droit, garanti par le TNP, à l’enrichissement de l’uranium ; la récupération de ses avoirs gelés, donc de son propre argent ; le droit de commercialiser son propre pétrole. Les mêmes qui ont décidé de donner 100 milliards d’euros gratuits au gouvernement ukrainien s’indignent que l’Iran puisse récolter 60 milliards de dollars de la vente de son propre pétrole. On est devant un Occident qui continue de marcher sur la tête.
Et le paradoxe dans tout cela, c’est que Trump, le président "incredible", incroyable, hallucinant dans ses propos et ses actes, apparait au bout du compte, au final, sur cette séquence du conflit, comme un dirigeant sage, un homme qui ne craint pas de perdre la face pour arrêter la guerre contre l’Iran, , un homme qui ne craint pas de contredire tout ce qu’il a fait et dit jusqu’à présent à ce propos, qui sait ne pas s’obstiner dans cette guerre du moment qu’elle ne débouche sur rien, qu’elle risque à la fois de ravager ses alliés du Golfe et de conduire à une catastrophe économique mondiale par le blocage du détroit d’Ormuz. Bref, il apparait, sous un jour jusqu’à présent inconnu, celui d’un homme d’Etat. On sent chez beaucoup un étonnement presque respectueux devant l’apparition inattendue de ce nouveau personnage, en même temps que des interrogations sur le crédit à accorder à cet autre Trump. Certains murmurent déjà qu’à l’inverse, dans l’autre conflit, celui en Ukraine, le président Poutine lui s’obstine et fait de la question de la guerre et de la paix une affaire personnelle, subjective, une question de fierté, d’honneur national.

"American First" contre lobby israélien

Le 18 juin, la prise de position du vice-président des Etats Unis, David Vance, vient donner un nouvel éclairage à la position du gouvernement américain : David Vance affirme qu’"Israël n’existerait pas sans les Etats Unis", que "le président Trump est le seul des chefs d’Etat dans le monde à avoir de la sympathie pour Israël". Il rappelle à Israël que "les deux tiers des armes qu’il utilise sont fournies par les Etats Unis et payées par le contribuable américain".
Il dénonce les attaques du gouvernement israélien contre l’accord irano-étatsunien et notamment les critiques de Netanyahu et des dirigeants israéliens dirigées contre le président Trump personnellement.
Il est en effet clair que les lobbies israéliens aussi bien aux Etats Unis qu’en Europe, essaient, à travers les moyens politiques et médiatiques puissants dont ils disposent, de remettre en cause les accords irano-américains. Aux Etats-Unis, l’échec de l’agression contre l’Iran vient approfondir un conflit déjà sous-jacent entre le lobby israélien et le courant nationaliste "Américain First". Le protocole d’accord signé avec l’Iran traduirait-il un avantage pris par le courant nationaliste sur le lobby israélien ? C’est ce que semblent traduire les positions sans précèdent exprimées par le vice-président américain. On pourrait alors être à la veille d’un tournant historique majeur dans les rapports entre les Etats Unis et Israël.

COMMENTAIRES  

27/06/2026 18:28 par Fayçal

Concernant le titre : Ya pas d’accord, juste un (fumeux) protocole...

Au début de la guerre, les gouvernements européens et les medias avaient dénoncé "le viol du droit international" dans l’agression conjointe d’Israël et des Etats Unis contre l’Iran, et ils avaient refusé de s’y joindre de quelque façon que ce soit

Ah bon ? 1ére nouvelle. pour moi le bruit de fond de la propagande c’était transformer une agression en guerre 24h sur 24, d’ailleurs il en reste qq chose puisque vous-même employer le terme prescrit... Et non, ils n’ont pas refusé de s’y joindre, bien loin de là, ils ont au contraire tout fait pour s’y joindre, demandez au charles 2 gaules... Que vous arrive-t-il ô Djamil ?

Plus bas, ceci :

C’est le cas en particulier d’Israël

Plutôt c’est QUE cette entité, qui regimbe...

Et le paradoxe dans tout cela, c’est que Trump, le président "incredible", incroyable, hallucinant dans ses propos et ses actes, apparait au bout du compte, au final, sur cette séquence du conflit, comme un dirigeant sage, un homme qui ne craint pas de perdre la face pour arrêter la guerre contre l’Iran

QUI est dupe ? à qui apparait-il comme vous prétendez qu’il apparait ? vous avez des visions, non ?

Quant à la conclusion, vous ne voyez pas, ou ne voulez pas voir, que les 2 jouent au bad cop good cop ?

Je suis stupéfait... S-illusionner à ce point... à votre âge... (en même temps je ne le connais pas...) Vous si bon d’habitude...

28/06/2026 11:02 par Assimbonanga

Oui, très surprenant que Trump devienne aux yeux de ses adeptes mais aussi à des yeux extérieurs un homme de paix, lui qui apporte le chaos et les bombes partout où il découvre l’existence d’un pays sur la mappemonde.
La France ni l’UE ne se sont pas jointes aux agressions militaires De Trump ! Trump les a même copieusement insultées pour leur refus de venir bombarder entre copains de l’OTAN. Dans son délire infantile, Trump croyait que tous les pays de l’OTAN viendraient se plier à son caprice parce que c’est lui le boss. Non, je vous assure, Trump est un parfait crétin. Ça n’a pas changé.
Et partout où il prétend avoir tout solutionné, il ne se passe pas longtemps avant que les parties en présence ne rejettent les modalités, généralement à cause d’Israël, et hop, le cessez-le-feu est rompu. Trump s’imagine toujours comme le patron entouré d’employés serviles, or il se heurte à des nations. C’est fini le milliardaire dirigeant pépère ses entreprises et ses subordonnés. Il a affaire à une autre paire de manches.

28/06/2026 14:46 par Vincent

"La France ni l’UE ne se sont pas jointes aux agressions militaires De Trump ! "
Eh bien : si.
l’OTAN a pu nier participer officiellement aux frappes contre l’Iran, ses infrastructures en Europe ont concrètement servi à la logistique de la guerre d’agression :
Ramstein bien sûr, mais aussi les bases italiennes, même si G. Meloni s’y est opposée.
Et puis ceci :
Les B52 décollant de Fairford (GB) ont été autorisés par Macron à survoler la France pour filer plein Sud en évitant le contournement par Gibraltar.
Aussi, les ravitailleurs US ont pu se réapprovisionner à Istres, qui a aussi servi à des vols logistiques de gros porteurs.
Donc il y a les discours de façade et la réalité de la servitude otanienne.

Pour le reste, aux E.U la base MAGA de Trump a explosé, l’AIPAC est grillée et participe des défaites politiques de tous les sénateurs et gouverneurs - républicains comme démocrates - qu’elle corrompt depuis des lustres.
Donc le rôle de Vance (sioniste notoire) qui mettrait de la distance entre Israël et l’administration US participe de la même farce jouée à l’opinion publique étasunienne et plus largement occidentale.
Trump est cerné d’un côté par les sionistes (ne pas oublier l’affaire Epstein ...) et de l’autre par une crise d’approvisionnement majeure.
Les réserves stratégiques US ont d’abord été bien entamées par Biden, puis presque vidées par Trump cherchant à calmer l’explosion du prix du galon.
Aux États-Unis on a désormais 15% d’éthanol dans de l’essence de très mauvaise qualité. Les moteurs plus anciens des redneck amateurs de pick-up Ford F150 et autres monstres équipés des bon vieux V8 de plus de 5L de cylindrée n’y résisteront pas.
Faut il rappeler que le schiste US ne permet pas de raffiner du kérosène ou du gasoil (il faut impérativement un brut lourd) dont il se trouve que l’armée est une très (très) grande consommatrice...
Certains analystes voient une pénurie vers fin juillet début août. Y compris pour les compagnies aériennes civiles bien entendu. Mais les camions étasuniens qui assurent toute la logistique des villes US 100% dépendantes de la route...

Donc bref, entre la farce médiatique faite d’omissions inversatoires et de propagande de guerre et la réalité géostratégique, il y a comme qui dirait un léger décalage.
La base électorale évangéliste c’est environ 35% des votes républicains.
Et environ 70% des votants républicains soutiennent encore Israël.
En termes de calcul électoral, l’équation nationalistes VS sionistes ne tient absolument pas. C’est juste de la com’ pour ne pas perdre le reste des votes ; mais les midterm sont d’ores et déjà perdues.
Ne vous laissez pas berner non plus par le "mémorandum d’accord" : il ne vaut pas plus que le papier sur lequel on imprime une dette en pétrodollar...
L’automne sera chaud.

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