10 

Factum politique à l’usage du président François Hollande en visite d’Etat à Alger

Monsieur le président,

Votre visite imminente au pouvoir politique en place à Alger, que vous savez illégitime et mafieux à plus d’un titre, me donne l’occasion à travers ce factum politique, de m’adresser aussi, à une opinion publique française trop souvent abusée par les mensonges, les manipulations ou les silences, d’une désinformation sournoisement orchestrée par les médias, les lobbies autres relais de l’Ordre dominant, dont la France officielle est partie intégrante ; un Ordre dominant, usurpant le statut de "Communauté Internationale" pour mieux dissimuler sa vraie nature d’idéologie hégémonique impérialiste, sioniste et raciste, fondée sur les postulats détestables de l’exploitation, du bellicisme et de l’exclusion ; un Ordre dominant, parfaitement conscient des nouvelles donnes géostratégiques, doublées d’une conjoncture de crise économique persistante annonçant la fin prochaine de sa suprématie, qui semble reparti pour un tour, dans une nouvelle ère de Croisade contre l’Islam et le monde musulman pour tenter une fois de plus d’en contrôler les ressources, tout en cherchant à en empêcher l’inexorable renaissance, en tant qu’alternative idéologique, humaniste et morale crédible, contre le règne de la violence, de l’argent et de la chair qui ravage une société occidentale, désormais en phase historique décadente.

Une nouvelle ère de Croisade contre l’Islam et le monde musulman essentiellement tendue sur quatre directions :

1./ L’instrumentalisation politique du "terrorisme" réel ou souvent préfabriqué dans les officines de l’Ordre dominant et amplifiée à souhait, par les médias aux ordres pour briser psychologiquement chez les citoyens de base dans nos pays, toute volonté d’activité politique ou de résistance contre l’injustice et l’arbitraire des puissants, à l’intérieur comme à l’extérieur, et les décourager contre toute revendication pour le respect de leur dignité humaine, de leur liberté et de leurs droits civiques qui sont les conditions incontournables pour l’instauration d’Etats de Droit et d’Institutions authentiquement démocratiques dans nos régions ;

2./ L’encouragement, voire la mise en place, si nécessaire par la violence dans nos pays - et l’exemple du pouvoir en place à Alger en témoigne - d’un réseau de régimes politiques supplétifs et corrompus, véritables satrapes des temps modernes, totalement inféodés aux intérêts des puissances de l’Ordre dominant qui les protège en retour, contre leurs propres peuples qui leur dénient toute légitimité ;

3./ L’instauration de contrôles multiformes - à travers leurs officines, leurs chancelleries et leurs réseaux bancaires et financiers - sur nos économies nationales pour les maintenir dans la dépendance et la surveillance de nos ressources financières et de l’usage qui en est fait, pour compromettre tous les investissements dans des secteurs éminemment stratégiques comme l’Education, la Santé ou l’Agriculture, tandis que les budgets des équipements militaires et sécuritaires sont surdimensionnés et constituent une véritable hémorragie nourrissant les marchands de canons et autres industriels de la mort ainsi que leurs complices compradores ;

4./ L’exclusion par la marginalisation à l’intérieur ou l’exil sur l’étranger, de nos plus brillantes élites intellectuelles et de nos meilleures compétences scientifiques et techniques de standing international, que notre pays compte par dizaines de milliers, pour les tenir éloignés du champ des responsabilités politiques et de la gestion des affaires publiques Ceci afin de maintenir dans nos pays, le règne de la médiocrité, de la vénalité et de la trahison. Sauf le respect que l’on doit avoir pour une frange infime de cadres supérieurs de la nation, civils et militaires confondus, constituée par d’authentiques patriotes intègres et compétents, que les hasards de carrière ont fourvoyés dans les structures d’un Etat malade.

La France officielle, complice du régime algérien

Monsieur le président,

Tout a été dit ou presque sur la tragédie algérienne des années 90. Des centaines, peut-être des milliers de documents, de témoignages, de livres, en arabe comme en français et dans d’autres langues, ont été écrits sur le long calvaire du peuple algérien, isolé du monde extérieur, sans défense et sans recours, faisant face les mains nues aux lois martiales barbares de ses bourreaux grisés par leur pouvoir ; des soudards "patricides" , pétris de complexes et débordant de rancune contre leur propre peuple. Un long calvaire souvent vécu par les algériens entre la désinformation et le blackout le plus total des médias aux ordres, en Algérie comme en France.

Vous permettrez donc, Monsieur le président, au simple citoyen algérien que j’ai la fierté d’être, de vous dire crûment combien votre visite à Alger, tout autant que les visites officielles de vos deux prédécesseurs - M. Chirac en 2003 et M. Sarkozy en 2007 - ou celles d’autres leaders européens, étasuniens ou de l’Otan, témoigne une fois de plus, de la grave crise morale qui gangrène aujourd’hui plus que jamais auparavant, les puissances occidentales dont la France en particulier, volontiers donneuse de leçons de démocratie, de liberté, voire d’éthique politique… en tant que ces visites d’officiels occidentaux, sont perçues par une large frange du peuple algérien, comme de véritables forfaitures politiques et morales faisant hypocritement l’impasse, pour de basses considérations d’intérêts - pas toujours d’ordre public d’ailleurs - sur les terribles préjudices humains et matériels infligés au peuple algérien, tout au long des années 90 et dont certains relèvent de la qualification de Crimes de Guerre, du fait du pouvoir politique en place auquel vous vous apprêtez à rendre visite ; un pouvoir illégitime et mafieux, issu - excusez du peu - d’un double Coup d’Etat :

— Celui du 11 Janvier 1992, perpétré par une junte de généraux putschistes, avec la complicité servile de leurs mentors civils, les "démocrates" autoproclamés, contre la volonté souveraine du peuple algérien qui venait d’élire démocratiquement en Décembre 1991, une large majorité parlementaire, sous les couleurs du Front Islamique du Salut ;

— Celui du 15 Avril 1999, abusivement qualifié d’"élections présidentielles", portant à la présidence de la République, un candidat unique, M. Bouteflika, désigné par les généraux putschistes aux termes d’un deal immoral et honteux, conclu par-dessus la tête du peuple algérien et de l’intérêt de la Justice ;

Pour ce qui est du premier Coup d’Etat, j’en rappelle brièvement le bilan effroyable, dûment documenté par de nombreuses associations nationales ou ONG étrangères et s’établissant pour la période 1992 / 1999, que les algériens ont coutume de qualifier de "décennie noire" à plus de 200.000 morts ; entre 15.000 et 20.000 "disparus" ; des populations entières meurtries, sinistrées et déplacées, par centaines de milliers. Ce bilan désastreux, tant au plan humain et moral qu’au plan matériel est la conséquence directe des décisions et actes originels qui ont accompagné le Coup d’Etat, à savoir :

— destitution du Chef d’Etat légitime du pays, le défunt président Chadli Bendjedid, mensongèrement maquillée en "démission" ;

— proclamation inconstitutionnelle d’un Etat d’Urgence qui s’est révélé meurtrier en autorisant tous les excès de la violence d’Etat ;

— désignation inconstitutionnelle d’un pseudo "Haut Conseil d’Etat" de 5 membres dirigé dans les faits par deux des généraux putschistes, Larbi Belkheir et Khaled Nezzar et présidé par le défunt Mohamed Boudiaf rappelé de son exil, le 16 Janvier 1992 et assassiné le 29 Juin de la même année, en pleine réunion publique télévisée depuis Annaba par ceux-là mêmes qui l’ont sollicité en croyant pouvoir le manipuler ;

— instauration du couvre-feu dans les grandes villes pour couvrir toutes sortes d’exactions des forces sécuritaires ;

— déportation dans le Grand Sud Algérien, par avions cargos et autres moyens de transport de l’armée, de plus de 15.000 citoyens accusés à tort ou à raison de "sympathies islamistes" et parqués dans 7 Camps de Concentration, parmi lesquels, l’ancien Site militaire de Reggane, où des centaines d’entre eux seront affectés à vie, par les radiations atomiques remontant aux essais nucléaires français des années 60 ;

— rafles et arrestations massives, de jour comme de nuit, dans les quartiers populaires, contre les islamistes ou supposés tels et dont des milliers feront partie des 15 à 20.000 "disparus", ou feront l’objet d’exécutions sommaires, c’est-à -dire extra-judiciaires ;

— création de Tribunaux d’Exception, fonctionnant sur le mode des procédures expéditives et prononçant systématiquement les peines les plus lourdes, y compris les peines de mort ;

— apparition ex nihilo, de milices et autres escadrons de la mort et de l’assassinat ciblé, commandités par les généraux putschistes et opérant sous faux pavillon des GIA et autres groupuscules dits "terroristes", infiltrés ou créés de toutes pièces, afin de faire basculer les opinions nationale et internationale contre les islamistes ; dans les pures traditions de la "guerre psychologique", car, comme par une étrange répétition à l’identique, des méthodes de la répression coloniale dans ses épisodes les plus sanglants, on retrouvera parfois à la tête de la répression anti islamiste - terrible ironie de l’Histoire ! - jusques aux mêmes soudards en chair et en os, reconvertis entre-temps, en "généraux" de l’armée algérienne, cassant du "barbu" ou du "tango" - comme ils disent entre eux pour brocarder les islamistes - comme il cassaient naguère du "fellaga" aux cotés des tortionnaires de Bigeard et autres Aussaresses ;

— massacres effrayants par leur sauvagerie, dans des agglomérations isolées ou à la périphérie des grandes villes, de populations civiles innocentes par centaines - en majorité des femmes et des enfants - soupçonnées de "sympathies islamistes", à l’exemple de ceux qui se sont déroulés dans le courant de l’été 1997 dans la banlieue d’Alger, à Bentalha ou à Raïs entre autres et qui ont soulevé l’indignation du monde entier. Au point de des voix autorisées de personnalités et autres organisations internationales militant pour les Droits de l’Homme, ont commencé à exiger haut et fort, une enquête internationale indépendante, pour faits de Crimes de Guerre contre les responsables de tels massacres.

Cette dernière tragédie a suscité une immense émotion dans une opinion internationale effrayée par l’ampleur et la sauvagerie des massacres. Un peu partout dans le monde, des voix de personnalités, et pas des moindres, se sont élevées pour exiger une enquête indépendante et l’instauration d’un Tribunal Pénal International ad-hoc, pour juger les coupables de ces Crimes de guerre, dûment documentés, sur la foi de témoignages irréfragables enregistrés par de nombreuses associations nationales indépendantes et ONG internationales.

Elle a aussi constitué - cette dernière tragédie - un tournant décisif dans le cours des choses, en ce sens que les généraux putschistes, pris de panique à l’idée de devoir rendre des comptes par devant un Tribunal Pénal International ad-hoc, ont cru pouvoir échapper aux poursuites pénales en concluant avec M. Bouteflika le deal immoral et mafieux cité plus haut et aux termes duquel, moyennant sa désignation reconductible à la tête de l’Etat algérien, celui-ci s’engageait à les amnistier au plan intérieur et à les protéger, au plan extérieur, contre toute poursuite judiciaire devant un Tribunal Pénal International ad-hoc, pour les Crimes Imprescriptibles commis durant la décennie noire. Un véritable marché de dupes, quand on sait que, d’une part, les Crimes de Guerre sont Imprescriptibles et que d’autre part, en prenant part à ce deal mafieux, M. Bouteflika relève lui-même, aux yeux du Droit pénal, du chef d’accusation de complicité et d’entrave à la Justice, a fortiori, à la Justice internationale en matière de Crimes de Guerre !. Mais qu’importe, ce deal immoral a permis à M. Bouteflika, malgré son état de sénescence avancée et ses lourds handicaps de santé - connus même par les médecins du Val de Grâce… - de tenir la dragée haute aux généraux qui l’ont fait roi, en les menaçant, chaque fois que l’un des membres de son clan familial ou politique était dénoncé pour corruption, de ressortir les dossiers de Crimes de Guerre les concernant.

Ainsi donc, et comme si les malheurs de sang et de larmes de la décennie noire n’y suffisaient pas, l’arrivée au pouvoir de M. Bouteflika et de son clan, a fait entrer l’Algérie de plain-pied, dans une nouvelle décennie noire : celle de la grande corruption qui ravage quotidiennement notre pays qui a été mis en coupe réglée entre clans au pouvoir, par la prédation au grand jour des biens publics, par le bradage des ressources du pays aux intérêts étrangers, par les pillages en règle du patrimoine national et l’éclatement à intervalles réguliers, d’énormes scandales financiers et de détournements hors échelle, à coups de milliards de dollars au préjudice du peuple algérien, à la faveur du relèvement substantiel des recettes pétrolières et d’une aisance financière sans précédent, dont les surplus en devises étrangères dépassent largement aujourd’hui, le seuil de 220 milliards de dollars, gérés sous la seule responsabilité de M. Bouteflika et son clan, dans l’opacité la plus totale sans qu’aucune Institution nationale ou Autorité publique de contrôle n’en connaissent ni les adresses financières, ni la structure fiduciaire, ni les mouvements scripturaux, ni l’emploi, ni les profits générés. Ce qui constitue en soi, un cas de forfaiture gravissime, justifiant largement la mise en accusation publique du Chef de l’Etat lui-même, de son Gouvernement et du Gouverneur de la Banque d’Algérie.

Un Chef de l’Etat corrupteur qui achète tout, y compris la paix sociale en dilapidant des sommes énormes dans une consommation effrénée n’ayant aucun impact économique intérieur mais profitant largement à la faune adventice d’une clientèle politique de parvenus, faite de compradores, de concessionnaires et autres nouveaux riches ; au grand dam de millions de familles démunies dont certaines en sont réduites à aller fouiller les décharges publiques. Un Chef d’Etat corrupteur, devenu maître dans la pratique exécrable et immorale des enveloppes et des "mallettes", généreusement distribuées sur fonds publics, pour acheter les servilités politiques à l’intérieur ou les silences et les complaisances des puissants à l’extérieur. Pour acheter aussi, le silence ou la complaisance de certains médias bien en vue, à l’exemple du "Monde" et autres "Nouvelobs", pas très regardants sur le chapitre de la déontologie professionnelle, qui ont récemment rewrité de vulgaires pages publicitaires à l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance - probablement rédigées à Alger même - et payées rubis sur l’ongle par le clan Bouteflika à coup de centaines de milliers d’Euros, pour les transmuter en "reportages" journalistiques élogieux à la gloire d’un Chef d’Etat surréel, visiblement accroché par le syndrome de certains Ubus africains des années 70 de triste mémoire et caressant probablement des rêves impériaux et peut-être même, dynastiques…

En finir avec la "Françalgérie" néocoloniale.

Monsieur le Président,

La tragédie humaine qu’a vécue l’Algérie durant les années 90, n’a nullement empêché les gouvernements français successifs de protéger leurs anciens soudards coloniaux, promus généraux en Algérie, en fermant les yeux sur les pires de leurs exactions, de leurs crimes, relevant quasiment tous, de la qualification de Crimes de guerre, c’est-à -dire du ressort d’un TPI ad-hoc. Pis encore, ces gouvernements français successifs ont parfois commis de véritables actes de forfaiture, relevant du délit d’entrave à la Justice, comme ce fut le cas pour le général Khaled Nezzar, chef de la junte, aujourd’hui sous le coup d’une instruction judiciaire en Suisse, du chef d’accusations graves et documentées, pour fait de Crimes de Guerre… alors qu’en Avril 2001, ce même général - sur les instances pressantes de M. Bouteflika - avait été scandaleusement soustrait à la Justice française et exfiltré sur l’Algérie par le gouvernement socialiste de cohabitation, alors dirigé par votre ami M. Jospin, qui a ainsi déshonoré la signature de la France, pays qui a ratifié la Convention de New York de 1984 contre la torture.

Ce qui laisse planer de graves interrogations, sur la nature réelle des relations entre Paris et le régime en place à Alger depuis le putsch de Janvier 1992.

Monsieur le Président,

Pardonnez-moi d’emprunter ici, l’heureuse et pertinente formule de la "Françalgérie", pour dénoncer une fois de plus, la collaboration extra-institutionnelle et contre-nature, inacceptable, entre les barbouzeries respectives des Services algériens et français, de la police politique et du renseignement, au nom du sempiternel et ô combien commode alibi, qu’est devenue la "guerre contre le terrorisme" - ce nouveau monstre du Look Ness - qui continue de couvrir tant d’exactions et tant crimes. L’expression de "guerre contre le terrorisme", cachant mal un encodage occidental sournois, pour désigner une véritable Croisade contre l’Islam, doublée d’un redéploiement néocolonial avançant à visage découvert en appuyant inconditionnellement les régimes totalitaires et corrompus dans nos régions,

Une collaboration qui s’est singulièrement développée entre l’Algérie et la France, depuis le putsch de Janvier 1992, en-dehors du moindre contrôle, laissant de larges marges à l’arbitraire, à la manipulation et aux mensonges d’Etat, souvent nourris il est vrai - chaque fois qu’il s’agit de stigmatiser notre émigration ou l’Islam et les musulmans - par les propos irresponsables et incendiaires de vos propres ministres français de l’Intérieur, de Pasqua à Vals, en passant par les Sarkozy et autres Guéant, l’un y allant de son "Karcher" l’autre, portant des jugements d’ignare sur la Civilisation musulmane, quand l’autre crie désespérément sa fidélité éternelle - et quasi canine - à Israël sans que personne ne le lui ait demandé… Allez donc savoir là -dedans, qui est de gauche et qui est de droite… tant est devenue consensuelle et "politiquement correcte", la posture islamophobe en France.

Une collaboration qui est allée jusqu’à susciter de graves soupçons contre les Services algériens et français, portant sur l’organisation en commun, de criminelles manipulations de l’opinion publique, ainsi qu’en témoigne par exemple, la ténébreuse affaire de l’attentat terroriste de Juillet 1995, dit de la station Saint-Michel du RER à Paris, sur les circonstances duquel, aucune enquête publique parlementaire ou indépendante n’a été diligentée par les autorités françaises, pour confirmer ou démentir les graves accusations mettant en cause une manipulation criminelle organisée de concert, entre Services algériens et français, pour faire basculer l’opinion du peuple français contre les islamistes algériens établis en France ou qui y avaient trouvé refuge, afin d’échapper à la répression des milices et autres commandos, commandités par les généraux putschistes.

Sans oublier l’affaire dite des internés de Folembray où l’on vit, le 9 Novembre 1993, une opération "coup-de-poing-manipulation-spectacle" montée en coordination entre les Services algériens et les barbouzes du sulfureux Pasqua. Des policiers déboulant au petit matin et procédant brutalement aux arrestations dans leurs domiciles, devant parents, épouses et enfants, de dizaines d’algériens suspects de sympathies islamistes pour les transférer manu-militari dans une caserne de Folembray : une véritable forfaiture d’Etat, contre des algériens dont certaines résidaient depuis de longues années en France et y exerçaient régulièrement leur métier. A l’exemple de l’avocat, Me Ahmed Simozrag et de ses compagnons. d’exil, qui ont ensuite été arbitrairement exilés sans jugement et sans ressources au Burkina Faso où - faute de porter des patronymes sonnant comme Gilad Shalit - ils continuent de moisir depuis Août 1994, c’est-à -dire depuis 18 ans aujourd’hui, pour simple délit d’opinion islamiste, dans une indifférence criminelle totale des médias algériens et français, si prompts à larmoyer par ailleurs, sur le drame des chiens-perdus-sans-collier…

Ce qui conduit à poser d’une manière globale, le drame humain de dizaines de milliers de familles algériennes, séparées du jour au lendemain d’un des leurs, en particulier parmi les universitaires, scientifiques et autres intellectuels, qui ont choisi l’exil forcé à leur corps défendant, pour échapper à la répression des polices politiques et/ou aux persécutions procédurières et tatillonnes de l’Administration publique, en raison de leurs opinions - pas nécessairement de sensibilité islamiste - hostiles au régime corrompu des généraux et de leurs servants civils et militaires. Ce drame est encore vécu à ce jour, par des milliers de familles, malgré l’imposture dite de la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale" et de ses textes d’application scélérats qui prétendent interdire tout débat national sur la tragédie de la décennie noire, en exigeant par ailleurs, des exilés politiques désireux de rentrer au pays, un engagement écrit, à respecter des conditions dégradantes et indignes, restreignant leur liberté citoyenne, comme le fait de renoncer à faire de la politique. Ceci dans le but ignoble et criminel, de maintenir éloignés de leur patrie, des centaines, sinon des milliers de scientifiques et chercheurs de haut standing, dont beaucoup jouissent d’une réputation internationale, maintenant ainsi, une grande nation pleine de potentialités comme l’Algérie, sous la férule d’une dictature répressive de gérontes délabrés et corrompus, qui ont perdu tout sens du réel et toute légitimité. Y compris cette légitimité "historique" dont ils se gargarisent tant, mais dont ils ont trahi la cause et les principes moraux.

Je n’aurais pas l’inélégance ici, d’oublier de citer les victimes françaises de la décennie noire en m’interrogeant sur la signification de ce black-out officiel observé par les deux gouvernements, sur l’odieuse affaire de l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, qualifié laconiquement, de "bavure" par les uns ou de "coup fourré" entre Services parallèles par les autres…Tout cela, dans l’opacité et surtout, l’impunité la plus totale, de part et d’autre.

Repentance et Traité d’amitié vont de pair

Monsieur le Président,

Le gouvernement de la France ne pourra pas se dérober indéfiniment à son devoir de solder sa dette morale historique et donc imprescriptible, d’une repentance solennelle à l’égard du peuple algérien qui en est l’ayant-droit légitime et le récipiendaire exclusif. Une repentance dont ne sauraient l’y subroger aucunes personnes physiques, ni aucunes instances ou institutions, qui parleraient illégitimement en son nom. En termes plus clairs, ni le Chef de l’Etat actuel, ni la junte clandestine des généraux putschistes, installés au pouvoir par la violence et la fraude, ne sont qualifiés pour en revendiquer le mérite ou en retirer de quelconques dividendes politiques.

Cette reconnaissance historique est en effet incontournable qui seule, pourrait lever les obstacles socio psychologiques accumulés tout au long de l’Histoire coloniale - et même récente… et constituera un nouveau fondement juridique et moral, véritable socle auquel pourront solidement s’arrimer, les futures relations entre nos deux pays, entre nos deux peuples, fondées sur des rapports d’égal à égal, dans le strict respect réciproque de la personnalité de chacune de nos deux nations et des intérêts mutuels bien compris entre nos deux pays, loin des discours de circonstance et de l’insignifiance des gesticulations deçà -delà , des saltimbanques de la politique, ceux de Paris comme ceux d’Alger. Des relations saines et apaisées donc, d’où seront bannies les dérives des collaborations opaques, des copinages scélérats et autres magouilles extra-institutionnelles entre Services, relevant censément de deux Etats souverains, mais qui s’autorisent en l’absence de tout contrôle politique, à faire bon marché de la légalité, de la morale, des Libertés publiques et des Droits de l’Homme.

Ce qui pose immanquablement la question de l’illégitimité du pouvoir algérien aujourd’hui en place, contre la volonté souveraine d’un peuple qui ne l’a pas désigné pour le représenter.

C’est vous dire combien, Monsieur le Président, à l’aune de ces nécessaires préalables d’assainissement politique et moral, indispensables à la refonte des relations entre nos deux pays, entre nos deux peuples, des dossiers comme le "Grand traité d’amitié" que vous avez vous-même récemment évoqué, ou encore celui dit de l’Union pour la Méditerranée, font figure - pardonnez ma franchise - d’aimables gadgets politiciens, manifestement destinés à tromper son monde en escamotant la seule vraie problématique qui vaille qu’on s’y attelle honnêtement et loyalement en priorité : la moralisation et la normalisation des relations politiques et diplomatiques entre nos deux Etats : Une France qui n’aura pas à rougir d’une déclaration solennelle reconnaissant les crimes de la colonisation et ceux de la guerre d’Algérie, le sang des algériens n’étant en rien moins précieux que celui des juifs ou de toute autre communauté humaine martyrisée Une Algérie debout, souveraine et maîtresse de son destin, gouvernée par d’authentiques représentants du pays, tenant leur légitimité du seul peuple algérien.

Conclusion

Monsieur le président,

Je ne conclurai pas cette interpellation, sans vous dire toutes les préoccupations et toutes les interrogations qui pèsent sur le peuple algérien à propos de la situation confuse et opaque qui règne au Nord du Mali ; à nos frontières Sud donc, où la seule éventualité d’une présence armée de la France ou de l’Otan, suscite de profondes inquiétudes dans la mesure où il ne se trouvera pas un seul citoyen algérien digne de ce nom, à qui l’on fera accroire que le déploiement de ces forces armées étrangères signifie autre chose qu’une menace imminente et concrète contre la sécurité de notre pays et la pleine souveraineté de notre peuple sur ses territoires et sur ses ressources naturelles ; une souveraineté reconquise sur le colonialisme, au prix d’un des plus grands tributs humains que l’Histoire des guerres d’indépendances ait jamais connus et que ce peuple est prêt à rééditer, par fidélité envers ses aïeux ; par loyauté envers les centaines de milliers de martyrs de la lutte anticoloniale et de la guerre de libération ; par obéissance aux commandements de l’Islam, sacralisant la défense de la patrie.

Car, par-delà les terribles blessures qu’a endurées et continue encore d’endurer le peuple algérien, du fait de la décennie de sang découlant du Coup d’Etat criminel du 11 Janvier 1992, perpétré par une poignée de généraux putschistes contre la volonté souveraine de ce même peuple, rares sont ceux parmi les citoyens de ce pays qui commettent la grossière erreur de confondre l’Institution militaire de notre pays qu’est l’Armée Nationale Populaire, et les généraux putschistes qui auront à répondre de leurs actes.

Ceci pour vous dire qu’il ne se trouvera pas un seul citoyen algérien digne de ce nom, pour penser que notre armée, héritière d’une Armée de Libération Nationale qui a laissé son empreinte dans l’Histoire de la décolonisation, puisse se transmuter en une espèce d’armée de mercenaires auxiliaire de l’Otan, en charge de contribuer aux desseins impérialistes manifestes des puissances occidentales. Et je me demande même, si les hommes du régime en place eux-mêmes oseraient le penser.

Abdelkader DEHBI

COMMENTAIRES  

21/12/2012 17:39 par Anonyme

Il faut d’abord connaitre ce Abdelkader DEHBI.
Il s’agit d’un opportuniste converti en un « anti bouteflika » son "ex-ami" qui ne lui a pas rendu l’ascenseur. Il défend le FIS, s’associe avec les "opposants algérien à l’étranger". Il vient de changer de position ou d’avis sur ce qui s’est déroulé en Libye et en Syrie après avoir soutenu les thèses de l’OTAN. Il ne cesse d’attaquer la DRS parce qu’elle met en échec les complots et les projets qu’il souhaite et bien des choses. Pour avoir une idée sur ce personnage voici une réponse de Mr Ait Larbi Arezki


Arezki Aït-Larbi à Abdelkader Dehbi : En finir avec l’imposture !


Même convertis à une contestation Nintendo, les serviteurs du régime peinent à contrôler leurs réflexes de supplétifs. Dans leur pitoyable frénésie à sortir de l’anonymat, ils sombrent dans une pathétique confusion mentale, dans laquelle la mauvaise foi le dispute à l’approximation.
Par des éructations venues d’un autre âge, un certain Abdelkader Dehbi, agent des services de renseignements (Malg) puis de la Sécurité militaire, a réussi à faire diversion et à détourner un débat de fond vers les bas fonds de l’insulte raciste, de l’anathème et de la vulgarité dont il semble si coutumier. La technique est bien connue. Traînant une érudition de précieuse ridicule sous couverture d’intellectuel opposant, le chargé de mission crie à la haine en déversant la sienne, et s’autoproclame dépositaire de l’Etat civil national pour délivrer aux uns des brevets de conformité identitaire, et parquer tous les autres dans les ghettos de l’indignité.
Aux vociférations de M. Dehbi, qui feint de cracher dans l’écuelle du pouvoir après avoir avalé la soupe de l’allégeance clanique avec d’indécents borborygmes, j’étais tenté d’opposer la seule réponse qui sied à ce genre d’individus : le silence. Dans un pitoyable narcissisme paranoïaque, ne voilà -t-il pas qu’il relance la provocation en jouant les vertus outragées, et pousse la suffisance jusqu’à m’adresser, par le biais d’une dizaine de blogs et de sites web, un « droit de réponse contre un lynchage », comme si mon article, (« Assumer la rupture idéologique pour restaurer nos libertés ») paru dans El Watan du 12 décembre, et repris par le Matin, lui était personnellement destiné.
Je me vois donc contraint de remettre les pendules à l’heure, pour ne pas donner aux manipulateurs de l’ombre dont il est la vitrine présentable, la satisfaction d’avoir torpillé encore une fois un débat de fond, occultant ainsi les véritables enjeux.
C’est une « constante » bien connue chez les faux dévots adeptes du rite Johnny Walker, qui ont vécu dans la luxure et la corruption ; à l’âge de la retraite, ils prennent Dieu comme bouclier et la religion comme tenue de camouflage pour opérer une ultime escroquerie. Au risque de choquer tous ces islamistes mous en service commandé qui prêchent la haine et l’exclusion sans s’exposer au moindre risque, j’avoue qu’il m’arrive d’avoir des échanges fructueux, d’une rare convivialité et dans le respect mutuel, avec des islamistes de conviction - notamment les Bouialistes historiques - autrement plus dignes que les imposteurs qui s’expriment aujourd’hui en leur nom. Parmi eux, le plus représentatif des salafistes, Ali Belhadj, avec qui j’ai partagé, dans les années 80, les geôles de Berrouaghia et de Lambèse, lorsque M. Dehbi et ses complices en cagoule officiaient dans les services de la « dictature socialiste ». Au-delà de ses excès, et sans me faire d’illusions sur le sort qu’il réserverait à nos libertés s’il accédait un jour au pouvoir, je considère Ali Belhadj comme un adversaire loyal qui, par son intégrité, donne des cauchemars aux chargés de mission du pouvoir. A commencer par tous ces rentiers du système déguisés en agitateurs du clavier, qui dénoncent le « coup d’Etat de janvier 1992 » et invoquent « le choix du peuple » au nom de la même idéologie, pour surfer sur le sang des 200.000 victimes d’un drame qu’ils ont contribué à provoquer.
Si les chantres de cet islamisme de bazar qui prônent un arabisme agressif étaient conséquents avec eux-mêmes, ils liraient la presse arabophone, au lieu de s’encanailler avec El Watan et Liberté, ces supports de « l’anti-arabisme militant ». Ils sauraient alors que dans la crise déclenchée par l’Egypte contre l’Algérie, Ali Belhadj a choisi son camp sans ambiguïté. Dans un sursaut patriotique qui mérite d’être souligné, il a interpellé cheikh Mohamed-Sid Tantaoui, l’imam égyptien d’Al Azhar, pour lui reprocher son silence complice sur les insultes égyptiennes contre l’Algérie, son peuple, ses martyrs, son drapeau. Ali Belhadj a conclu son long réquisitoire par un verdict sans équivoque : « vous avez gardé le silence. Qui occulte la vérité est un diable muet » ! (El Khabar du 08/12/2009). Mais peut-on demander à un vieux cheval de retour perclus de rhumatismes, de courir comme un jeune pur-sang arabe ?
Malgré une technique de laboratoire qui a réussi à induire en erreur nombre d’internautes, vous avez fini, M. Dehbi, par tomber le masque et trahir vos accointances claniques en détournant avec autant de légèreté mon propos sur un sujet aussi sensible. Vous écrivez : « le brûlot de M. Arezki Aït Larbi, flétrissant l’Islam, qualifié de "matrice idéologique du terrorisme" et les Arabes, brocardés en "diplomatie du loukoum" ».
Avec un peu moins de mauvaise foi, vous auriez, par un simple copier/coller, rapporté la phrase exacte et complète dont vous avez exhibé une partie comme pièce à conviction de votre pitoyable fatwa : « Malgré des salves conjoncturelles contre la « matrice idéologique du terrorisme » dans le discours d’officiels autorisés, l’intégrisme continue de rythmer le fonctionnement des institutions ». Le passage que je cite en italique, et vous le savez bien, est de Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur, qui ciblait, non pas l’Islam qu’il n’a jamais renié, mais l’intégrisme, dont vous essayez d’incarner la branche molle, opportuniste et corrompue. Yazid Zerhouni étant l’un des anciens patrons de la Sécurité militaire, je comprends que vous ne puissiez vous attaquer à un (ex ?) supérieur.
Quant à la « diplomatie du loukoum » qui brocarderait les arabes, elle concerne l’attitude timorée du pouvoir, dont vous continuez à défendre les options les moins honorables, notamment à l’égard de l’Egypte. Un autre copier/coller du passage torturé de mon article suffira à révéler vos procédés peu glorieux : « Traînant le complexe traditionnel de l’enseigne « arabe » franchisée, les autorités algériennes hésitent encore à opposer une riposte ferme à la maison-mère qui nous a pourtant retiré son label dévalué. A force de prêcher une normalisation « fraternelle » à sens unique, cette diplomatie de la guimauve et du loukoum risque de sombrer dans le renoncement, la servilité et la soumission. »
Comme tous les agents formés à l’intrigue et aux techniques de manipulation, vous êtes, M. Dehbi, obsédé par le mythe des origines et la génétique des races visant à détecter, par des prises de sang et des tests ADN, qui descend de qui, qui est berbère, arabe, ou papou ancien. En un mot, qui sera autorisé à vivre dans l’espace idyllique de vos fantasmes, et qui doit disparaître dans ses catacombes. Dans l’histoire, cette approche sinistre que vous brandissez comme un étendard dans une version sous développée, porte un nom qui donne froid dans le dos.
Comme de nombreux Algériens, je préfère, pour ma part, m’inscrire dans le présent et regarder vers l’avenir. Si je respecte le passé, les origines, les ancêtres et les culture de mes compatriotes dans toute leur diversité, je respecte encore plus les miens pour tenter de les imposer aux autres par la contrainte et l’intimidation.
Vous êtes Arabe ? Descendant du Prophète comme vous le prétendez dans un autre de vos écrits, ou sorti de la cuisse de Jupiter selon votre posture de donneur de leçons, nul ne vous conteste le droit légitime de le proclamer haut et fort, et de vivre sereinement votre identité. Mais au nom de quel privilège de naissance, au nom de quel droit du sol voulez-vous interdire aux autres, les Berbères en général, et les Kabyles en particulier, de se revendiquer de la leur, qui est moins tout aussi légitime que la vôtre ?
Natif de Meknès au Maroc, vous auriez, semble-t-il, pris le maquis dans les bureaux du Malg, durant la guerre de libération nationale, en qualité de « permanent salarié du FLN ». Ce palmarès héroïque vous autorise-t-il à rejeter dans le camp de la collaboration, ceux qui n’ont pas eu cette « chance », et stigmatiser les enfants du Djurdjura, de l’Akfadou, de la Soummam, des Aurès, et d’ailleurs comme une création coloniale ? Pour avoir résisté sur le terrain des opérations au napalm, aux tortures et aux ratissages de l’armée française, dans la faim, le froid et le dénuement, ils ont été vaccinés contre ce syndrome de planqués accourant au secours de la victoire, de Don Quichotte défiant le ridicule, d’imposteurs et autres faussaires de la mémoire qui cherchent, un demi siècle après l’indépendance, à rejouer une guerre sur Playstation avec la France, « pseudo patrie des droits de l’Homme ». Il en va de ce patriotisme sonore comme des frites d’une célèbre marque : ce sont ceux qui en ont fait le moins qui en parlent le plus !
Vous vous revendiquez de l’Islam ? C’est une religion respectable lorsqu’elle n’est pas l’otage des idéologies totalitaires. La foi, qui relève de la liberté de conscience de chaque individu, est cependant trop précieuse pour être laissée aux bons soins des Gardes verts et des nouveaux commissaires politiques. Au risque de vous occasionner une nouvelle crise d’urticaire, je voudrais vous rappeler un passage de mon article (El Watan du 27/05/2008) consacré à Habiba K, la chrétienne persécutée de Tiaret : « (…) Dans la sphère privée, toutes les croyances sont respectables. Instrumentalisées à des fins politiques, toutes les religions sont potentiellement liberticides et peuvent engendrer de terribles drames et des fleuves de sang ». Pourriez-vous admettre enfin que des Algériens puissent, sans autorisation ni licence, se revendiquer de cet islam tranquille et apaisé de nos ancêtres ? Que d’autres Algériens pratiquent une autre religion ? Que d’autres encore n’en pratiquent aucune ?
Mais à l’impossible nul n’est tenu. Entre les chimères d’une nation fantaisiste, la « nation arabe », et la réalité de la patrie éternelle, l’Algérie, nous avons fait des choix diamétralement opposés. A une identité artificielle en mille-feuilles, superposition par décret d’ « amazighité, arabité, islamité », qui trahit une concession tactique pour préserver le triptyque totalitaire d’un « peuple, une langue, une religion », je suis partisan, pour ma part, d’une cohabitation horizontale, dans le respect mutuel d’identités multiples, plus conforme aux réalités d’une société plurielle, riche de sa diversité. Je vous invite à relire sans préjugés ce passage de mon article qui a déclenché votre rafale d’invectives : « Après des décennies d’égarement et de bricolage, l’heure est aux bilans sans complaisance. A défaut d’intégrer tous ses enfants, dans la richesse de leurs différences, l’Algérie risque de poursuivre sa course folle dans la déchéance, l’auto-flagellation, le mépris de soi et la haine des autres, avant d’imploser dans un irréversible syndrome balkanique. Il est encore temps de rectifier la trajectoire pour éviter la fatalité du pire. En faisant le pari de l’intelligence, du courage et de la raison, le pays pourra se relever dans le respect de toutes les composantes de son identité plurielle. Avec ses femmes enfin libérées et ses hommes moins misogynes. Ses arabes ayant fait le deuil de l’Andalousie perdue et recentrés sur l’Algérie, et ses berbères non « arabisés par l’islam » mais acceptés dans le présent et tournés vers l’avenir. Ses musulmans tolérants, ses chrétiens paisibles et ses laïques libertaires. Ses francophones moins complexés et ses arabisants moins sectaires. Ses gauchistes utopiques et ses libéraux solidaires. Tous réunis par cet ardent désir de vivre en citoyens libres, dans un pays enfin libéré de l’autoritarisme, de l’intolérance et de l’exclusion ».
Si je reste fermement convaincu que cette Algérie plurielle, qui évitera de nouveaux drames à nos enfants, sera un jour réconciliée dans le respect de toutes ses composantes, votre réaction épidermique et intempestive me rappelle que le chemin est encore long. Dites-nous loyalement que vous refusez (et c’est votre droit !) cette Algérie de Larbi Ben M’hidi, de Abane Ramdane et de Djamila Bouhired, lui préférant un pays dilué dans une vaste entité dont il reste à définir les frontières, les barbelés et les miradors, avec un peuple uniforme, une religion unique et une langue sacrée. En attendant qu’un émir ou un calife s’autoproclame commandeur des croyants. Peut-être parviendrez-vous alors à convaincre les récalcitrants qui résistent encore au bonheur que vous leurs promettez comme un bonimenteur sur la place du marché, d’en devenir de fervents adeptes.
Au lieu de ce débat qui aurait enrichi la (re)connaissance des uns par les autres, et l’échange vif mais serein des idées entre citoyens d’un même pays, vous avez dégainé l’injure et l’excommunication, pour déclencher une polémique gigogne qui justifierait votre feuille de route et flatterait votre nombrilisme. Eh bien, M. Dehbi, cette querelle que vous me cherchez avec autant d’ardeur, vous ne l’aurez pas. Car, si j’apprécie la confrontation avec des adversaires aussi redoutables soient-ils, mais respectables par l’honnêteté de leur argumentation, le rêve que je partage pour ce pays avec des millions d’Algériens m’interdit de vous suivre sur le chemin d’une déchéance aussi affirmée.
Si vous voulez débattre loyalement, déchirez, au préalable, votre ordre de mission, enlevez vos oeillères idéologiques, oubliez vos misérables luttes de clans, répudiez votre haine, fermez votre ghetto ethnique et sortez de votre tribu pour aller vers vos compatriotes, quelles que soient leurs origines, leurs langues, leurs religions ou leurs convictions politiques. Si, toutefois, vous considérez encore l’Algérie comme votre patrie, malgré les fantasmes qui vous poussent vers cette quête morbide d’une patrie de rechange.
En attendant, crachez votre venin une dernière fois et laissez les Algériens, dans la diversité de leurs convictions, poursuivre le débat contradictoire dans la sérénité. Un débat expurgé des relents racistes et xénophobes, et recentré sur l’essentiel : la reconquête de nos libertés bafouées, et la cohabitation de tous dans le respect de chacun. Malgré les pesanteurs d’un passé décomposé dont vous peinez à être un des représentants attitrés, c’est le palpitant défi d’avenir qui attend les nouvelles générations.

Arezki Aït-Larbi (Journaliste)

http://www.lematindz.net/news/2898-arezki-ait-larbi-a-abdelkader-dehbi-en-finir-avec-limposture-.html

21/12/2012 21:23 par Safiya

Vous m’en direz tant cher Anonyme, intuitivement, je me méfiais de ce bonhomme et le zappais allègrement par trop rebutée par son ton revanchard et imbu de ses hautes études. Donc, il serait un ancien des "services".

L’intermède Ali Belhadj me laisse dubitative, ce personnage, même loyal, même intègre, me fait froid dans le dos. Car un homme qui pourrit son enfant, lui vole l’innocence de l’enfance et le transforme en harangueur de foule alors qu’il n’était pas plus haut que trois pommes, quoi qu’on puisse en dire, me fait fuir...

Courageuse mais pas téméraire, je n’ai pu aller au-delà de "Mais peut-on demander à un vieux cheval de retour perclus de rhumatisme de courir comme un jeune pur-sang arabe ?" Il me semble qu’au niveau revanchard, c’est hadj moussa et moussa hadj (ou dans la langue familière de Voltaire bonnet blanc et blanc bonnet)...

Un secret que je vous sussure à l’oreille cher Anonyme, j’adôôôrrre le cheval barbe !

23/12/2012 17:41 par Abdelkader Dehbi

@ --- Ahmed :

Les écrits de "ce" Dehbi - comme vous dites - étant là depuis plus de 24 ans - 1988 - je ne peux éprouver que du mépris pour vos pitoyables accusations… De deux choses l’une : ou bien vous n’êtes qu’un misérable provocateur payé "à la pige" par vos maîtres anonymes - par exemple les généraux putschistes et tortionnaires comme Khaled Nezzar, dont les lourds dossiers d’accusation pour Crimes de Guerre sont actuellement en phase d’instruction par le Tribunal Fédéral Suisse ; ou bien vous êtes vous-même le pigiste et berbériste notoire, travaillant pour le Figaro sous le nom de Arezki Aït-Larbi, qui avait publié sur "Le Matin" en Décembre 2009 un violent pamphlet contre l’Egypte, les arabes et les musulmans, à la suite des malheureux incident de foot entre l’Algérie et l’Egypte.

A la suite de ce violent pamphlet, dont vous avez malhonnêtement omis d’indiquer le lien :
http://www.lematindz.net/news/2887-opinion-algerie-egypte-assumer-la-rupture-ideologique-pour-restaurer-nos-li.html ......... je me suis fait un devoir de demander à la Rédaction de "Le Matin", de publier un droit de réponse de la part du citoyen que je suis et dont lien ci-après :
http://www.lematindz.net/news/2891-abdelkader-dehbi-repond-a-arezki-ait-larbi-geometrie-politique.html

Bien entendu, là aussi, votre honnêteté n’est pas allée jusqu’à publier ce droit de réponse, qui a donné lieu à la réaction de l’intéressé ; préférant apparemment, le confort des accusations gratuites et stupides.

@ — Safiya :

Je ne sais pas pourquoi je vous imagine aisément embrigadée par les chaouchs de M. Bouteflika à Tlemcen, pour faire partie de cette improbable et indigne chorale féminine qui chantait l’autre jour "Bienvenue, M.Hollande et bienvenue M. Bouteflika", comme on l’eût fait il y a 40 ans, dans un village de brousse recevant le Daktary blanc… A moins que ce ne fut une Dactari basanée.

23/12/2012 19:56 par Safiya

Grand bien vous fasse alors @AekDehbi. Vous êtes libre de m’imaginer comme bon vous semble. Venant de vous, cela m’indiffère de la plus parfaite manière.

23/12/2012 20:08 par legrandsoir

@ Safiya & Dehbi et les autres

Merci d’éviter d’utiliser les forums du GS pour des attaques personnelles, SVP.

24/12/2012 14:01 par Vagabond

L’Algérie est si bien servie que j’en ai la larme à l’oeil !

25/12/2012 13:54 par Ahmed

Précision au sujet de M DEHBI

Cessez votre arrogance. A votre âge !

Je suis peut-être un officier de la DRS (ou sécurité militaire), que vous "˜aimez’, qui fait la brosse aux « généraux » et fait le « chaouch » à Bouteflika votre « ex-ami » (vous le dite dans un de vos écrits). Et vous vous roulez pour qui ? Pour les Emirs du Golfe ? Pour Abassi ? Pour le Maroc que vous défendez à propos de l’ouverture des frontières et contre le Polisario ? Il suffit de lire vos torchons pour bien vous connaitre ; ils ressemblent à ceux d’un certain Farid Mnebhi le marocain spécialiste des articles « anti-algérien » qui a une tribune sur le site « Israël-flash » et le site « le quotidien d’Algérie ». Ce dernier avec le site « Hoggar » aiment aussi vous publier en censurant les commentaires qui vous fustigent ou qui ne sont pas dans la ligne « anti pouvoir ».

http://www.hoggar.org/index.php?option=com_content&view=...

Ce M Dehbi ne cesse de souhaiter à l’Algérie un « Printemps » comme en Libye, une ingérence de sa « communauté internationale » pour nous débarrasser de notre « dictateur », de notre DRS qui défend son pays en mettant en échec les complots qui se trament depuis 1962 ? M. DEHBI a bien soutenu les « thouars » de l’Otan pour destituer Kadhafi. Il soutient aussi ceux de Syrie comme l’Otan et les monarchies du Golfe. Sa « spécialité », est le dénigrement des pouvoirs post FIS ; c’est-à -dire celui de Bouteflika (son ex -ami qu’il « a aidé » selon un de ses écrits) ! La période Chadli que les algériens exècrent et qui a mené à la révolte de 1988, non du tout !
Il se prend pour qui jusqu’à traiter un chef d’Etat élu par le peuple (le Président de son pays) de façon insolente dans ses écrits et lors d’une de ses interviews à ce « Rachda », pro-Fis, qui se déclare "˜opposition algérienne’ sise à Londres. Il l’avait traité, entre autre, de « corrompu et de corrupteur ». Bouteflika à tout le Droit de le poursuivre en justice. Il ne le fait pas parce qu’il doit bien « l’aimer » ! Non, parce qu’il est négligeable et sans valeur. Au "pouvoir" ils doivent bien le connaitre pour ne pas l’avoir inclus dans leur rang.
Dès qu’un commentateur le contredit ou le fustige, il le traite de tous les noms. Toujours en train d’épier ceux qui écrivent des choses favorables sur l’Algérie. Presque tous ses commentaires ou articles, quel que soit leur objet, tournent autour de l’Algérie, le « régime des généraux », la « DRS » et Bouteflika, le "˜putsch’ de 1992 qui a empêché des fossoyeurs, des obscurantistes, des tueurs, qu’il soutien, de prendre le pouvoir. S’il y a sècheresse ou inondation il s’arrangera pour l’imputer aux « généraux », à la DRS ou à Bouteflika. Bien que, pratiquement, les « généraux » actuels ne sont plus de sa génération, voire de l’âge de son fils, il persiste quand même dans ses travers. Son entêtement dans cette voie traduit plus une frustration, un besoin de régler un compte ; une irrésistible jalousie ; une démarche propre aux ratés. Il se croit tout permis même celui de décider de ce qui légitime ou ne l’est pas ; de l’écrit qui est correct ou pas en distribuant des satisfécits ou des accusations gratuites et débiles contre des contradicteurs, qu’il ne connait pas, d’être à la solde de et de ou de faire des « commentaires sur commande », d’être des « commentateur-délégué » ou d’être les « semblables des régimes des généraux corrompus ».… tout en parlant « nom du peuple » qui ne lui demande rien ! Qu’il parle au nom du FIS ou de ce qui reste d’accord !

Franchement, croit-il que la DRS, dont-il reconnait la capacité, l’efficacité, a besoin de nous pour répondre à ses inepties ? Il faut vraiment être têtu et autoritaire pour reprocher aux autres de critiquer ses positions pro axe Otan pendant que lui ne cessez de dénigrer, faussement et par tromperie, avec virulence l’Algérie, ses représentants, ses institutions, ses journaux, ses partis, sa justice. Il n’y a que lui qui a raison ! N’est-ce pas psychopathique ?
Ce serviteur des causes perdues n’est pas plus clairvoyant qu’il ne croit l’être ! Ayant connu les arcanes du pouvoir, qui l’a évincé, il croit connaitre mieux que les autres en se permettant de leur dicter avec dédain ce qu’ils doivent retenir et faire. Comprenez : révoltez-vous pendant que leurs rejetons font des affaires ! De l’orgueil. La haine et la revanche transparaissent clairement dans ses écrits qui s’observent plus comme du clabaudage, diatribe, "˜secrets’ d’alcôves et des propos méprisants.

Nous sommes en droit absolu, comme lui, d’avoir des avis différends, de dénoncer ou dévoiler ce que nous pensons être des mensonges, de la propagande, de la diversion, de la subversion ou une vérité sur des sites destinés aux débats et à la libre expression.

08/01/2013 11:49 par Abdelkader Dehbi

@ — Ahmed :

Ce serait bien si, au lieu de vous accrocher à mes godasses comme de la gadoue, vous écriviez - sous votre identité réelle - un article à la gloire de vos maîtres, les généraux putschistes, criminels et corrompus et à celle de leur complice M. Bouteflika. C’est beaucoup plus courageux à mon avis...

Voici pour votre information, un brillant article que vient de publier un ancien dirigeant du FIS, sur la visite de Hollande en Algérie et ses exhalaisons sionistes et OAS.

http://hoggar.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3444:2013-01-08-09-17-50&catid=57:ziani-cherif-rachid&Itemid=36

08/01/2013 12:20 par legrandsoir

du FIS ?!?!? (et en arabe ?)

08/01/2013 13:52 par Abdelkader Dehbi

@ — Ràƒ©daction LGS :

L’auteur de l’article est un màƒ©decin de formation. Il a àƒ©tàƒ© dàƒ©mocratiquement àƒ©lu dàƒ©putàƒ© du FIS en Dàƒ©cembre 1991 et il s’est retrouvàƒ© trois semaines plus tard, dans un camp de concentration - oui je dis bien de concentration - dans le Sud de l’Algàƒ©rie, apràƒ ¨s le Coup d’Etat du 11 Janvier 1992 perpàƒ©tràƒ© par d’anciens soudards de l’armàƒ©e coloniale devenus "gàƒ©nàƒ©raux" apràƒ ¨s la disparition du Pràƒ©sident Boumàƒ©diàƒ ¨ne et l’arrivàƒ©e d’un ignare - M. Chadli Bendjedid - àƒ la tàƒ ªte du pays pour "dàƒ©tricoter" tout ce qui avait àƒ©tàƒ© accompli dans le cadre d’un systàƒ ¨me politique authentiquement socialiste et patriotique, màƒ ªme s’il àƒ©tait autoritaire.
Mais revenons au FIS qui a àƒ©tàƒ© diabolisàƒ© durant toute la dàƒ©cennie noire - 1992 / 1999 - par la junte des gàƒ©nàƒ©raux putschistes qui lui collait systàƒ©màƒ©tiquement tous les attentats commis sous false flag. Comme par exemple la liquidation des 7 moines de Tibhirine que le ràƒ©gime d’Alger cherche àƒ enterrer avec l’aide complaisante du Gouvernement franàƒ§ais qui cherchera nàƒ©cessairement àƒ en tirer profit, politiquement et àƒ©conomiquement.

(Commentaires désactivés)