PARIS : 2, 3, 4 décembre 2011

Pourquoi faire un colloque sur le thème des "Trans-Révolutions" ?

L’idée d’organiser un colloque qui traverse la révolution transsexuelle, les révolutions individuelles et les révolutions collectives m’est venue après la tenue d’une rencontre internationale qui s’est déroulée à La Havane en 2010 sur les trans-identités, le genre et la culture. Ce colloque était organisé en commun avec Mariela Castro et l’équipe du Cenesex.

Psychiatre, Psychanalyste, ancien expert près la Cour d’Appel, travaillant depuis longtemps la question transsexuelle en France, j’ai découvert l’ampleur des avancées faites à Cuba sur la façon de prendre la problématique et de la traiter. Mariela Castro est partie des symptômes historiques individuels et collectifs : ce qui n’allait pas dans la vie sociale des transsexuels, de leur souffrance et a proposé un programme dans les versants sanitaires, juridiques, sociaux, civiques qui, à ma connaissance n’a pas d’équivalent dans un autre pays. Ces avancées sont faites dans un travail en commun avec les personnes transsexuelles elles-mêmes et toutes les catégories professionnelles qui sont concernées. Micro-Révolution, dirons - nous, puisqu’elle concerne une personne sur 60 000 en général, une personne qui se sentant attrapée dans l’autre sexe depuis l’enfance, demande donc une transformation hormonochirurgicale de changement de sexe. Mon expérience pratique et théorique, dans une approche psychanalytique qui ne fait pas l’impasse sur l’apport de Marx, est rentrée en écho avec ce que soulignait Mariela Castro, à savoir qu’il y avait cette possible avancée à Cuba du fait du contexte idéologique cubain. C’est à partir de là qu’une micro-révolution, individuelle, peut apprendre sur la révolution collective, devenir transversale, traverser ce qui fonde les rapports sociaux. Or, il se trouve que l’évolution des rapports sociaux, des rapports entre les humains, en Occident, dans le monde en général est de plus en plus inquiétante. Les symptômes annonciateurs d’une crise éthique majeure deviennent chaque jour plus présents dans la civilisation capitaliste.

Les effets du capitalisme et de sa crise sur l’individuel et le collectif, le transfert social

Reprenons la question de l’individuel et du collectif.

Jusqu’à l’apparition du coup de tonnerre de la crise financière de 2008 et de ses conséquences, le capitalisme avait pu sembler, pour une majorité d’Européens, d’Américains du Nord, d’Australiens, apporter en Occident un progrès de liberté et de confort de vie, au prix de politiques guerrières et meurtrières au plan civil en Occident même, ainsi que l’exemple de l’ex-Yougoslavie le montre, mais surtout et donc de façon plus lointaine en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, sans compter l’infamie de la famine, de la mortalité infantile dans de nombreux pays de ces trois continents.

Il s’était développé et il se développe encore ce que Pier Paolo Pasolini définissait par le terme de la civilisation de consommation capitaliste comme premier vrai totalitarisme touchant l’humanité. Tout humain pris dans ce système capitaliste est confronté au ravalement de l’humain à être un objet passivé, puis un déchet, que cela soit au travail, dans la rue, dans la vie sociale. Cet humain produit dans ce système, ce type de rapport social, éventuellement contre son gré, de façon contrainte.

Cela a une conséquence dans le transfert social quotidien, et donc répétitif : celle d’une passivité, d’une tendance à s’habituer à l’inhumain. Même si des législations sur la torture, les crimes de guerre existent, les transgressions se répètent. Ces répétitions d’informations de massacres, de dommages collatéraux, de tortures forcent à une adaptation inconsciente à l’horreur. Consciemment ou non, face à ces montées de la ségrégation et de la cruauté, le primat de gagner de l’argent et de consommer est jusqu’à maintenant majoritaire dans les sociétés occidentales. Il n’est pas sans lien avec l’idée d’une supériorité de l’humain envers un autre humain basée sur la réussite financière ou celle du consommer plus selon le mode capitaliste. Cela renvoie au fait social courant qu’un humain peut dans ce système être un déchet, étymologiquement quelque chose qui tombe, et qui tombe dans un état inférieur, un état où l’humain peut écraser un autre humain. Cela concerne le plus de jouir des hommes historiques réels qui fonctionne dans les sociétés occidentales, le plus de jouir individuel étant la sorte de plus-value psychique dégagée par le psychanalyste Jacques Lacan à la lecture de Marx. Pour autant un certain nombre de citoyens tentent de faire trou dans la perversion du système qui est le premier vrai totalitarisme où la pulsion pour la première fois dans l’histoire semble l’emporter et pousser vers le pire par l’alliance de l’exploitation capitaliste la plus brutale, de la recherche effrénée et stupide du plus gros profit à court terme et de la puissance technologique qui fascine. Le capitalisme rentre dans une phase qui peut entraîner la crevaison de l’humanité, pour reprendre un propos de Lacan dès le début des années 70 et ce dans un temps relativement court : les inconséquences pour cause de profit à court terme abondent, l’exemple de l’accident nucléaire au Japon étant paradigmatique de cette aporie mortifère du capitalisme. Homo Sapiens vulnerabilis. Pasolini appelait les démocraties libérales parlementaires, les fausses démocraties, celles qui montrent mieux leurs masques aujourd’hui du fait de la crise financière.

Comment sortir des contradictions qui mènent à l’aporie mortifère du capitalisme ?

L’aporie consiste en des contradictions qui ne trouvent pas leurs chemins. Comment éclairer le chemin ? En prenant certainement dans l’action, dans le faire pour transformer les rapports sociaux, l’orientation d’une éthique des conséquences plutôt que celle des intentions. En prenant la voie d’un retour vers Marx sans être dupe d’une toute puissance de la théorie ou de la vérité absolue. Marx a théorisé le conflit social, la lutte des classes et les combats contre l’exploitation qui doivent donner l’orientation d’un mouvement réel. En introduisant aussi la psychanalyse où le Moi n’est pas maître chez lui, où le discours psychanalytique peut faire trou dans le discours dominant, le discours du Maître. En introduisant la création artistique et culturelle comme vecteur de transformation du rapport social.

Pourquoi penser un apport de la psychanalyse dans les révolutions collectives ?

La question se pose. La psychanalyse n’a pas toujours bonne presse dans le mouvement orienté par le marxisme à juste titre. Ainsi que l’indique Lacan, les psychanalystes ont fait très peu dans la résistance au nazisme et les points de jonction entre nazisme et psychanalyse ont été à juste titre mis en évidence par le philosophe Georges Politzer en 1939, Lacan validera cette analyse. [1]

Lacan prévoyait dès la fin des années 60, contre l’opinion commune, la montée de la ségrégation notamment raciale. En 1967, il donne au nazisme «  la valeur d’un réactif précurseur (…) de la montée d’un monde organisé sur toutes les formes de ségrégation »

Cela est important car ne voit-on pas monter ce qui peut devenir une explosion meurtrière des ségrégations.

La cruauté et la ségrégation sont des phénomènes fondamentaux chez tout humain, et parmi les avancées de civilisation, il pourrait y avoir celle d’avancées concrètes dans un savoir-y-faire social et politique avec ces phénomènes, dans un rapport éthique. J’estime que c’est à ce point précis où l’on retrouve les avancées cubaines face à la question transsexuelle et la forme de ségrégation qu’elle porte. C’est une avancée de civilisation dont nous devons tirer leçon rapidement face aux catastrophes humaines et éthiques qui se profilent avec l’aporie capitaliste et qui vont nous toucher en France comme ailleurs.

Alors pourquoi la psychanalyse ? Parce qu’elle est une pratique de transfert et que le transfert en tant qu’il est aussi rapport social est dans une logique qui articule inconsciemment le «  plus » et le «  moins » dans l’économie psychique, ainsi que l’indiquent Lénine et Lacan, une logique qui articule dialectiquement la déchéance et le plus de jouir. Le transfert social noue l’individuel et le collectif, l’expérience psychanalytique et l’apport de Marx. Ce transfert fonctionne comme fonctionne le transfert psychanalytique. Il y a un invariant chez Lacan : dès qu’il évoque le racisme, les discriminations et stigmatisations, il parle aussi de la fin de la cure, du passage où, dans le transfert, l’analyste prend la place de déchet à mettre à la poubelle, pour celui qui est encore sur le divan. Cela est le résultat du vidage de ce qui pousse à jouir un humain dans son rapport aux autres et à lui-même. Quelque chose est tombé dans le transfert et cela renverse et oriente l’éthique. Cette logique de bascule peut nous éclairer à condition de la lier au rapport social analysé par Marx.

L’expérience psychanalytique et l’apport de Marx

Là est la différence essentielle parmi les psychanalystes. Le risque est grand autrement de tomber dans une métaphysique psychanalytique qui renvoie dos à dos l’exploiteur et l’exploité. Ainsi que l’indique Politzer «  (. . . ) les psychanalystes ont offert aux bourgeois une autre compensation. Ils leur disent : "Nous "dépouillons" vos vertus, mais, ne vous en faites pas ; nous en faisons autant avec le prolétariat" [2]

Le psychanalyste Jacques-Alain Miller dans un article paru dans l’hebdomadaire, Le Point, le 29 septembre 2011 produit des idées homologues . . . "Obama a fait rêver. Chavez aussi a fait rêver. Maintenant, aux Etats-Unis comme au Venezuela, les progressistes déchantent" [3] Lisons un peu plus loin "Lénine, certes, a refondé la Russie et Mao la Chine, mais ce n’étaient pas des buveurs de camomille. Et pour quel résultat - sinon la refondation, ici de l’autocratie, là d’une aristocratie" [4] Mais rassurons nous "Oui, il y eut, au siècle dernier, des refondations réussies : celle de l’Allemagne, du Japon, d’Israël. Il fallut pour cela une guerre mondiale, Hiroshima, Dresde et la Shoah." [5]

La critique sévère faite par Politzer à une certaine psychanalyse est donc toujours d’actualité.

Ne pas critiquer l’exploitation capitaliste, le diktat financier, sous prétexte de politique de rêve et politique de désir, efface l’homologie qu’il y a entre le diktat financier actuel et le diktat racial du nazisme. Il convient donc de soutenir une pratique psychanalytique qui prend en compte ce que la lecture de Marx apporte à la psychanalyse. L’essence humaine dans sa réalité est l’ensemble des rapports sociaux indique Marx dans sa 6ème thèse sur Feuerbach, Lénine indique également que les rapports sociaux sont objectifs, donc inconscients «  Dans toutes les formations sociales plus ou moins complexes, et surtout dans la formation sociale capitaliste, les hommes, lorsqu’ils entrent en rapport les uns avec les autres, n’ont pas conscience des relations sociales qui s’établissent entre eux » (Matérialisme et Empirocriticisme). Les rapports sociaux, le transfert psychanalytique et l’inconscient sont ainsi articulés et permettent d’avancer vers une transformation du rapport entre individu et collectif.

Revenons sur la question du transfert social. L’axe vertical, patriarcal, celui de l’origine, est en déclin et l’axe horizontal, celui du frère, de l’autre, des égaux et de leurs différences est au premier plan des tensions sociales. Il convient d’inventer un nouveau rapport social sous peine de voir la ségrégation et la cruauté se développer horizontalement dans le lien de civilité, de civilisation, au niveau mondial.

La Révolution et les transformations des rapports sociaux

La source de la guerre concerne toujours l’humiliation de l’autre, la privation et la fabrique humaine que cet autre à haïr, trompe hypocritement, abuse socialement. En cas d’effondrement personnel ou social, de chute, le renversement transférentiel peut être rapide vers la haine. Noam Chomsky s’en inquiète et le décrit très bien dans un article paru dans Legrandsoir le 21 avril 2010. C’est ce rapport à l’effondrement d’une vie au milieu de valeurs qui ne fonctionnent plus, qui peut être déterminant vers une nouvelle catastrophe. Il s’agit d’opérer une transformation des rapports sociaux qui permette une orientation qui nous éloigne du danger qui s’annonce, le retour vers le fascisme du Un, qui peut éliminer les différences, les éradiquer, si ces différences sont prises pour des tares qui poussent à la tromperie et au statut humain de déchet, pour bâtir un Moi fort, à l’américaine, celle de Ford ou de la psychanalyse américaine. Politzer avait montré de façon éclatante le lien étroit entre la culture capitaliste américaine et le nazisme. Cela concerne la notion de sous-homme.

La Révolution transsexuelle

Or c’est là qu’intervient la micro-révolution transsexuelle. Les transsexuels ne sont-ils pas pris pour des sous-hommes, des personnes qui trompent sur leur identité, qui en jouissent, qui abusent ? Cela concerne la vérité de l’être, le rapport éthique.

C’est là que les personnes transsexuelles nous enseignent. Il y a un effondrement personnel d’une valeur, dans l’enfance de la personne transsexuelle, la valeur commune qui fait tenir un corps, une identité, celle qui concerne la puissance virile. Renoncer au faux semblant de cette valeur phallique a des conséquences cruelles pour la personne transsexuelle dans ses rapports sociaux avec des réactions de moquerie et de ségrégation, de violence parfois meurtrière.

Voilà l’effondrement de vie de la personne transsexuelle et ses effets, qui nous enseignent donc dans d’autres registres sur l’effondrement subjectif lié à une crise sociale par exemple. L’aboutissement personnel de la transsexualité est bien une révolution : il y a abolition d’un ordre ancien et transformation des rapports sociaux, abolition de l’identité sexuelle imposée par un ordre social qui ne fonctionnait plus pour la personne et transformation dans l’identité sexuelle qui a poussé vers la vie face à l’effondrement de l’enfance.

Dans une révolution il y a abolition d’un ordre ancien, qui ne fonctionne qu’au prix d’une aporie mortifère, et transformation d’un rapport social. La personne transsexuelle abolit son identité première qui ne fonctionne plus pour lui et change le rapport social, sa participation à la vie sociale.

Le renversement cubain et son apport pour une civilisation de l’émancipation humaine

Le contexte idéologique à Cuba est favorable à cette orientation de stratégie sociale, souligne donc Mariela Castro. Cela me paraît paradigmatique d’une conception de l’être humain qui est fondamentalement pris dans les rapports sociaux, et dans ces rapports sociaux, il y a fondamentalement de la ségrégation à traiter. Le schéma individualiste capitaliste est ici entièrement renversé : l’évolution d’une personnalité, d’une personne n’est pas seulement une individualité mais aussi le produit, l’effet d’un rapport social. Cela concerne d’autant plus l’articulation du singulier et du collectif dans la problématique actuelle que la personne transsexuelle est confrontée donc sur le plan de l’identité sexuelle à ce qui nous touche collectivement avec le développement capitaliste actuel : une valeur humaine qui ne fonctionne plus, la valeur homme ou femme, le non-sens qui pousse à la transformation. La logique inconsciente qui pousse une personne transsexuelle à la transformation d’un système qui pour elle ne fonctionne plus est paradigmatique de ce qui pousse à la Révolution et à l’émancipation humaine. Il sera donc très intéressant d’être à l’écoute de la question transsexuelle dans son rapport à la crise capitaliste et ses effets dans le monde. Il sera très intéressant de saisir ce qui se produit à Cuba, là où la valeur humaine ne correspond pas au développement d’une supériorité financière comme dans le rapport social européen. J’avais noté dans un article du Grandsoir le 12 décembre 2010 que la dimension historico-culturelle comme orientation de base de l’enseignement de la psychologie à Cuba permet d’analyser les problématiques du point de vue de l’histoire. Voilà ce qui se transmet aussi du travail de Mariela Castro. Les histoires singulières et collectives sont en effet de la même étoffe et la mise en avant de la culture place le phénomène du transfert social avec celle de la personne humaine. Cette approche fait partie du «  Pensamiento cubano » mais plus spécifiquement pour la psychologie elle met en évidence le rôle fondateur de la pensée du psychologue russe Lev Vygotski (1896-1934) qui a introduit notamment le fait que le développement de l’enfant est fonction des groupes sociaux avant le facteur strictement individuel. Le souci cubain de définir l’application concrète de la psychologie pour l’émancipation humaine est un matériel très important, complètement méconnu en Europe. Organiser un certain type de rapport à la production n’est pas sans effet sur la question de la valeur humaine, et ce qui se produit à Cuba via les avancées sur la transsexualité correspond bien au développement de l’éthique et de la civilisation pour rompre avec le rabaissement de l’humanité que produit le capitalisme. Voilà ce qui va être au travail ce week-end avec des rencontres internationales entre la France, la Chine, l’Amérique Latine, la Grèce mais aussi des pratique diverses : économie, philosophie, cinématographie, écriture et journalisme notamment. Encore une fois, il convient d’inventer un nouveau rapport social sous peine de voir la ségrégation et la cruauté se développer horizontalement dans le lien de civilité, de civilisation, au niveau mondial.

Hervé Hubert
Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Service

http://www. trip-artpsychanalyserevolution. com/

EN COMPLEMENT

Programme du Colloque : http://www. legrandsoir. info/colloque-international-pour-une-civilisation-de-l-emancipation-humaine-trans-revolutions-revolutions-individuelles-et.html avec Samir AMIN - Mariela CASTRO - Maxime VIVAS - Rémy HERRERA - Hernando CALVO OSPINA - Salim LAMRANI - Jacques BIDET - Carlo SANTULLI - Calliope RIGOPOULOU - Hervé HUBERT - Eduardo RISPOLI - Berthe Elise LOLO - Dimitra ATHANASOPOULOU - Elisa RENNO DOS MARES GUIA - Yangos ANDREADIS - Xiaoxi XIAO - Jing ZHAO - Chuanping LIU - Magda GOMEZ - Alberto ROQUE GUERRA - Erik SCHNEIDER - Giovana RINCON - Axel LEOTARD - François GERAU - Marc HABIB - Geneviève KRICK - Agnès VANNOUVONG - Obey AMENT . . .

[1Hervé HUBERT, Entre apport et aporie de la critique marxiste : retour sur la critique de Georges Politzer faite à la psychanalyse. Perspectives actuelles. Congrès Marx International. Université de nanterre. Septembre 2010. Section Etudes Marxistes.

[2POLITZER G, Ecrits 2 les Fondements de la Psychologie, Editions Sociales, Paris, 1973, p. 277

[3MILLER J-A, La politique du rêve et la politique du désir, Le Point, 29 septembre 2011, p 72

[4idem

[5idem


COMMENTAIRES  

01/12/2011 09:15 par babelouest

La transsexualité ne serait-elle pas classée par un grand nombre de gens exactement au même titre que l’altérité, la notion de "l’étranger" ?

Il existe un mot terrible dans la langue anglaise : c’est le mot alien . En français, un aliéné n’est il pas un fou ? un personnage qui n’est plus "comme nous", qui a perdu son humanité ? Autre sens : aliéner quelqu’un, c’est lui faire perdre quelque chose. Cela peut-être un bien matériel ou un droit à la considération pour des actions. Or, pour un anglo-saxon, un Alien est tout simplement un étranger : donc un sous-humain, ou pire.

Ce n’est sans doute pas anodin, si Milton a écrit son "Paradise Lost". Il y a bien cette notion de rejet, de mérite, etc... Et bizarrement, les pères fondateurs de la Constitution US s’en sont paraît-il inspirés.

Être transexuel(le), est-ce être femme, ou homme, légalement ? Si la législation ne transcende pas ce distinguo, la suite peut être difficile. La métamorphose physique ne change en rien le fait que vous êtes humain (au sens général et neutre du terme). N’est-ce pas le plus important ?

Bien entendu, le système capitaliste, très normatif, va buter sur de telles questions, parce que le transsexuel "n’entre pas dans les cases". Donc c’est d’office un rebelle au $Y$T€M. D’où les persécutions envers ces personnes qui ont simplement voulu mettre leur corps en accord avec leur sensibilité intérieure.

L’expérience se poursuit donc à Cuba : il serait sans doute intéressant de savoir ce qu’il en est dans d’autres pays où les valeurs bolivaristes ont désormais droit de cité, et où en même temps la pesanteur religieuse peut freiner l’épanouissement de la liberté d’être soi-même en harmonie avec les autres.

01/12/2011 16:22 par Palmer

01/12/2011 à 09:15, par babelouest

(...) Il existe un mot terrible dans la langue anglaise : c’est le mot alien . (...)

Ce mot n’a rien de terrible en anglais, il a pour étymologie le mot latin "alienus" qui signifie entre autres sens "qui est à un autre" "d’autrui", si ce mot a quelque chose de terrible c’est en latin, pas en anglais ! L’anglais ne fait que reprendre un mot latin...

01/12/2011 20:41 par babelouest

@ Palmer
ALIEN
Mais pour un latin, ce terme reste choquant, quoi qu’on puisse penser par ailleurs. Ce n’est pas comme si les anglo-saxons avaient traité des personnes qui leur étaient étrangères avec des égards. Bien au contraire.

01/12/2011 21:22 par Palmer

@01/12/2011 à 20:41, par babelouest

Les "anglo-saxons" - comme vous dites - ne sont pas plus xénophobes que les autres Occidentaux, pour ce qui est des Britanniques par exemple, ils le sont même peut être moins que leurs voisins "continentaux", la notion de nationnalité ayant toujours été - et le restant toujours d’ailleurs - une notion très controversée au sein même des sujet du dit "Royaume Uni"... (qui ne se nomme pas ainsi pour rien & qui ne l’est certainnement pas autant que son nom voudrait le laisser penser...)

02/12/2011 04:54 par babelouest

@ Palmer
Sans vouloir être méchant, c’est aux amérindiens que je pensais.. .Il n’est pas certain qu’ils aient tellement préféré les anglo-saxons, aux français par exemple.

02/12/2011 07:48 par Palmer

02/12/2011 à 04:54, par babelouest
@ Palmer
Sans vouloir être méchant, c’est aux amérindiens que je pensais.. .Il n’est pas certain qu’ils aient tellement préféré les anglo-saxons, aux français par exemple.

Sans vouloir être cruel non plus, les Français n’ont pas une cote terrible en Guyane dite "française" non plus par exemple, ni parmi les indigènes, ni même parmi les descendants d’esclaves africains... Ils sont assez modérément appréciés aussi dans les Caraïbes dites "françaises" et n’ont en outre pas laissé un souvenir impérissable en Algérie, ni au Vietnam, ni même en Afrique subsaharienne... ;-)

03/12/2011 01:16 par emcee

En effet, "alien" n’a pas de connotation péjorative en anglais, c’est un terme administratif qui désigne les non-citoyens américains (il faut bien les appeler d’une certaine façon), et qui vient du latin "alienus", qui veut dire "autre", étranger. "Etranger", qui est justement le nom qu’on donne à ceux qui n’ont pas la nationalité française. La connotation péjorative ne peut venir que des termes qu’on accole à ces mots et des intentions contenues dans les propos.
Quant au génocide indien sur le continent américain, il a été perpétré par les Européens, anglais, certes, mais également français, hollandais ou ... espagnols.
D’autre part, s’arrêter à cela pour désigner un racisme dominant chez les "Anglo-saxons" est bien "étrange" : c’est un peu vite oublier la suite de l’Histoire, dont toute la période de l’esclavage et le commerce triangulaire qui profitait aux négriers britanniques, certes, mais également à bien d’autres, comme aux armateurs négriers français, installés dans divers ports tels Bordeaux, La Rochelle, le Havre, Nantes, etc.
Et, en remontant le cours de l’histoire jusqu’à nos jours, on retrouve ces mêmes Européens qui se sont disputé et partagé le reste de la planète, commettant des massacres pour conquérir des territoires.
Et apparemment, ce n’est pas tout à fait fini.
Difficile, dans ces conditions, de décréter qui est plus ou moins raciste que les autres.

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