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Quand la tragédie grecque occulte le secret des banques privées (où comment les banques privées ont refourgué leurs actifs toxiques à la Banque de Grèce*)

Maria Lucia FATTORELLI

« Il est nécessaire de chercher les raisons pour lesquelles la Grèce a été choisie pour se retrouver dans l'œil du cyclone, soumise à des accords et des memoranda illégaux et illégitimes, servant d'écran de fumée pour couvrir le scandaleux sauvetage illégal de banques privées depuis 2010 » écrit Maria Lucia Fattorelli [1], auditrice du Fisc brésilien à la retraite et fondatrice du mouvement « Auditoria Cidadã da Dívida – Audit Citoyen de la Dette » au Brésil.

Voici son article (30 juin 2015) :

La Grèce affronte un problème colossal de dette publique et une crise humanitaire sans précédent. La situation actuelle est infiniment pire que celle de 2010, quand la Troïka – le FMI, la Commission Européenne et la Banque Centrale Européenne – ont imposé leur « plan de sauvetage » au pays, qu’ils justifiaient par la nécessité de soutenir la Grèce. En réalité, ce plan a été un désastre complet pour la Grèce, puisque le pays n’a obtenu absolument aucun bénéfice avec les conventions d’emprunt mises en œuvre depuis.

Ce qui ne suscite aucun commentaire est qu’un autre plan de sauvetage, réussi celui-là, a été mis en place à cette même époque, en 2010, non pas pour sauver la Grèce, mais pour sauver les banques privées. Il y a, derrière la crise grecque, un énorme, et illégal, plan de sauvetage des banques privées. Et la manière dont il est mené représente un énorme risque pour toute l’Europe.

Après cinq ans, les banques ont obtenu tout ce qu’elles voulaient. De son côté, la Grèce a plongé dans une véritable tragédie : le pays a aggravé profondément son problème de dette, a perdu une partie de son patrimoine national dans la mesure où le processus de privatisation s’est accéléré, et son économie a reculé de manière dramatique.

Mais le pire de tout cela est l’incalculable coût social, représenté par la vie de milliers de personnes désespérées, qui ont vu leur revenu et leurs rêves amputés par les sévères mesures d’austérité imposées depuis 2010. La santé, l’éducation, le travail, l’assistance, les pensions, les salaires et tous les autres services sociaux ont été affectés de manière destructrice.

La répartition du Budget National de la Grèce montre la prédominance des coûts liés à la dette sur toutes les autres dépenses. De fait, les coûts des remboursements des prêts, et autres obligations liées à la dette, comme les intérêts et autres postes, absorbent 56% du budget national.

(Source : Εισηγητική Έκθεση Απολογισμού και Ισολογισμού 2013 - p. 90. Elaboré par Stavros Papaioannou).

En mai 2010, alors que toutes les attentions étaient retenues par l’avalanche d’informations sur l’interférence de la Troïka en Grèce, avec son saisissant « Plan de sauvetage », un autre plan de sauvetage bancaire, effectif celui-là, viabilisé par un ensemble de mesures illégales, était également approuvé, sans attirer aucune attention.

En un tour de passe-passe, sous prétexte de justifier la nécessité de « préserver la stabilité financière en Europe », des mesures illégales ont été prises en mai 2010 afin de garantir un système qui permettrait aux banques privées de se débarrasser de la dangereuse « bulle », c’est-à-dire de la grande quantité d’actifs toxiques – dans leur majorité des titres dématérialisés et non commercialisables – qui surchargeaient leurs comptes de patrimoine hors-bilan [2].

Une des mesures adoptées pour accélérer l’échange d’actifs des banques privées et modérer la crise bancaire a été le Securities Markets Programme SMP [3], par lequel la Banque Centrale Européenne (BCE) s’est mise à faire des achats directs de titres de créance publics et privés, tant sur le marché primaire que sur le marché secondaire. L’opération relative aux titres de la dette publique est illégale, puisqu’elle enfreint directement l’article 123 du Traité de l’Union Européenne [4]. Un tel programme ne fut qu’une seule des nombreuses « mesures non-conventionnelles » adoptées à l’époque par la BCE.

La création d’une société Special Purpose Vehicle (SPV), société basée au Luxembourg, a constitué une autre mesure mise en place pour transférer des actifs toxiques dématérialisés des banques privés vers le secteur public. Que vous le croyez ou non, des pays européens [5] sont devenus associés de cette entreprise privée, une société anonyme appelée European Financial Stability Facility – Fond Européen de Stabilité Européenne (EFSF) [6]

Ces pays se sont engagés à garantir des sommes en milliards d’euros, d’un montant initial de 440 milliards d’euros [7], pour atteindre, dès 2011, 770,78 milliards d’euros [8]. Le but réel de cette société était occulté derrière les annonces selon lesquelles elle allait fournir des « prêts » à certains pays, basés sur des « instruments financiers », et non sur de l’argent réel. Il faut ajouter que la création de la EFSF a été une exigence du FMI [9], qui y a contribué à hauteur de 250 milliards d’euros.

Ensemble, le programme SMP et la société EFSF ont été les compléments cruciaux de ce scénario [11] d’allègement des actifs, scénario nécessaire pour parachever le soutien aux banques privées amorcé au début de 2008 lors de la crise financière aux États-Unis et en Europe. Depuis le début de 2009, les banques privées réclamaient plus de soutien public pour se débarrasser de la quantité excessive d’actifs toxiques qui alourdissaient leurs comptes « hors-bilan ».

Satisfaire à cette demande pouvait se faire tant par l’achat direct de la part des États, comme également par des transferts [d’actifs] vers des sociétés indépendantes de gestion de patrimoine. Ces deux solutions furent pratiquées par le SMP et la EFSF, et les pertes liées aux actifs toxiques se sont retrouvés à la charge des citoyens européens.

L’échange d’actifs toxiques de banques privées vers une entreprise, par un simple transfert, sans paiement et sans opération d’achat/vente, aurait été illégal selon les normes comptables. EUROSTAT a modifié ces règles [12] et a permis « les opérations de liquidité menées par l’échange d’actifs », en justifiant cette démarche par « les circonstances spécifiques de turbulence financière ».

La localisation de la société EFSF au Luxembourg avait pour objectif principal d’échapper à l’application des lois internationales. En outre, la EFSF est financée en grande partie par le FMI, dans une collaboration qui aurait été tout à fait illégale au regard de ses propres statuts. Le FMI a donc modifié ses propres règles pour pouvoir fournir cette aide de 250 milliards d’euros à la EFSF [13].

Selon la Loi [14] qui a autorisé sa création, la gestion de toutes les activités liées aux instruments financiers de la société EFSF du Luxembourg, les fonctions de son conseil de directeurs, les décisions de ses associés les États-Membres, relatives aux garants, toutes ces prérogatives pouvaient être déléguées intégralement au Groupe de Travail de l’Eurogroupe (EWG – Eurogroup Working Group).

À cette époque, ce Groupe de Travail n’avait même pas de président à plein temps [15]. C’est l’Agence de Gestion de la Dette Allemande [16] qui dirige en réalité la EFSF et qui, conjointement avec la Banque Européenne d’Investissement, donne son appui au fonctionnement opérationnel de la EFSF. Le manque de légitimité de la EFSF est évident, puisqu’elle est en fait dirigée par un autre organisme. Et c’est la EFSF qui est le principal créancier de la Grèce.

Les instruments financiers utilisés par la EFSF sont les plus risqués et les plus restreints, sont dématérialisés, non commercialisables, comme le Floating Rate Notes (billets à taux flottant), du type Pass-trough (report de la dépréciation d’une monnaie sur l’inflation NdT), comme également des arrangements cambiaux et de hedge (variété de fonds utilisant des techniques de gestions non traditionnelles NdT), et autres activités de cofinancement, qui impliquent la société fiduciaire britannique Wilmington Trust (London) Limited [17] comme instructeur pour l’émission de titres restreints, non-certifiés, qui ne peuvent être commercialisés dans aucune bourse de valeurs légitime, puisqu’ils n’obéissent à aucune règle exigée pour les titres de la dette souveraine.

Cet ensemble d’instruments financiers toxiques représente un risque pour les États-Membres, dont les garanties peuvent être exigées pour payer tous les produits financiers de la société luxembourgeoise.

Un énorme scandale aurait pu éclater en 2010, si ces procédés illégaux, tels la violation du Traité de l’UE, les altérations arbitraires dans les règles de procédure faites par la BCE, Eurostat et le FMI, et l’association des États-Membres à la société privée « à but Particulier » (Special Purpose Vehicle) luxembourgeoise avaient été révélés.

Tout ceci uniquement pour sauver les banques privées, aux dépends du risque systémique pour l’Europe entière que représente l’engagement d’États-Membres à garantir des montants en milliards d’euros pour couvrir des actifs problématiques, non-commercialisables et dématérialisés.

Ce scandale n’a jamais eu lieu parce qu’en mai 2010, la Réunion Extraordinaire du Conseil des Affaires Économiques et Sociales de l’UE [18], celle-là même qui avait décidé la création de ce « Special Purpose Vehicle », la société luxembourgeoise EFSF, donna une importance maximale à « l’Ensemble de mesures de soutien à la Grèce », laissant penser que la création de ce dispositif était destinée à la Grèce, et qu’en tant que tel, il allait garantir la stabilité financière de la région.

Depuis, la Grèce a été le centre de toutes les attentions, faisant systématiquement les gros titres des principaux médias de la planète, pendant que le schéma illégal, qui a efficacement soutenu et sauvé les banques privées, reste dans l’ombre, sans que l’on entende ou lise un seul mot à ce sujet.

Le rapport annuel de la Banque de Grèce montre un accroissement constant des comptes « hors bilan » liés aux actifs financiers en 2009 et 2010, en quantité bien supérieure au total des actifs de la banque, et cela s’est répété les années suivantes.

Par exemple, dans le Bilan Comptable de la Banque de Grèce de 2010 [19], le total des actifs au 31/12/2010 était de 138,64 milliards d’euros. Cette année-là, les comptes « hors bilan » se montèrent à 204,88 milliards d’euros. Le 31/12/2011 [20], alors que le total des actifs du Bilan était de 168,44 milliards d’euros, les comptes « hors bilan » atteignirent 279,58 milliards d’euros.

Ainsi, le transfert des actifs toxiques des banques privées vers le secteur public a été un grand succès pour les banques privées. Et le Système de la Dette (expression forgée par l’auteur – voir note 21) a été l’outil pour le couvrir.

La Grèce a été entraînée dans cette opération après plusieurs mois de pression persistante de la part de la Commission Européenne, cette dernière alléguant l’existence en Grèce d’un déficit budgétaire excessif, outre l’inconsistance de certaines données statistiques [22]. De fil en aiguille, une grande affaire fut créée autour de ces questions, jusqu’à ce que, en mai 2010, le Conseil d’Affaires Économiques et Financières déclare : « Dans la séquence de la crise en Grèce, la situation des marchés financiers est fragile et il y a un risque de contagion » [23].

C’est ainsi que la Grèce fut soumise à cet ensemble de procédures et d’obligations qui comprenait l’interférence de la Troïka avec ses mesures sévères insérées dans des plans d’ajustement annuel, et un singulier accord bilatéral, suivi de « prêts » de la société EFSF, soutenus par des instruments de financement à risque.

Des économistes grecs, des leaders politiques, et même quelques autorités du FMI avaient proposé une restructuration de la dette grecque qui rendrait, selon eux, des résultats bien meilleurs que ces mesures. Ces appels furent ignorés.

De graves dénonciations autour de la surestimation du déficit budgétaire grec – qui avait justifié la création de cette grosse affaire autour de la Grèce et l’imposition à cette dernière de l’ensemble de mesures en 2010 – furent également ignorées.

D’autres sérieuses dénonciations faites par des spécialistes [24] grecs, quant à une falsification des statistiques, ont aussi été ignorées. Leurs études montraient que le montant de 27,99 milliards d’euros avaient surchargé les statistiques de la dette publique en 2009 [25], en raison d’une majoration fictive des valeurs dans certaines catégories (comme DEKO, des obligations hospitalières et SWAP Goldman Sachs). Les statistiques des années précédentes avaient aussi été affectées par 21 milliards d’euros de swaps Goldman Sachs opportunément distribués en 2006, 2007, 2008 et 2009.

Malgré tout cela, dans une atmosphère d’urgence et sous la menace d’une « contagion », des accords [pour le moins extrêmement] particuliers furent mis en place en Grèce dès 2010, non pas à l’initiative de celle-ci, mais sous la direction des autorités de l’UE et du FMI, le tout lié à l’accomplissement d’un ensemble complet de mesures économiques, sociales et politiques préjudiciables pour le pays, imposées par les Memoranda [26].

L’analyse des mécanismes [27] insérés dans ces accords montre qu’ils n’ont en aucune façon bénéficié à la Grèce, mais qu’ils ont servi aux intérêts des banques privées, en parfaite harmonie avec les mesures illégales de sauvetage [des banques privées] approuvées en mai 2010.

Tout d’abord, l’emprunt bilatéral a utilisé un compte spécial à la BCE, par lequel les prêts consentis par les créanciers, c’est-à-dire les pays et la KFW (Kreditanstalt für Wiederaufbau - Établissement de Crédit pour la Reconstruction, institution de droit public allemande), iraient directement aux banques privées qui détenaient des titres de créance dévalorisés, cotés bien en deça de leur valeur nominale. De cette manière, cet accord bilatéral très particulier a été fignolé pour permettre le paiement intégral aux détenteurs de titres, tandis que la Grèce n’obtenait aucun bénéfice. Bien au contraire, les grecs devront payer en retour le capital, des taux d’intérêt élevés et tous les frais.

En second lieu, les « prêts » de la EFSF ont conduit à la recapitalisation des banques privées grecques, outre l’échange et le recyclage d’instruments de la dette. La Grèce n’a reçu aucun prêt véritable ou un appui de la EFSF. Par les mécanismes insérés dans les accords avec la EFSF, l’argent effectif n’est jamais parvenu à la Grèce, mais uniquement les actifs toxiques dématérialisés qui remplissent la section « hors bilan » de la Banque de Grèce. D’un autre côté, le pays a été forcé à réduire des dépenses sociales essentielles pour pouvoir payer, en espèces, les taux d’intérêt élevés et tous les coûts abusifs, et devra aussi rembourser le capital qu’elle n’a jamais reçu. Le contrat prévoit qu’un tel paiement peut également être réalisé par le biais de la remise du patrimoine public au secteur privé.

Il faut chercher les raisons pour lesquelles la Grèce a été choisie pour se retrouver dans l’œil du cyclone, soumise à des accords et à des memoranda illégaux et illégitimes, qui servent d’écran de fumée pour couvrir le sauvetage scandaleux des banques privées depuis 2010.

Cette humiliation se doit peut-être au fait que la Grèce a été historiquement une référence mondiale pour l’humanité, car elle est le berceau de la démocratie, le symbole de l’éthique et des droits de l’homme. Le Système de la Dette ne peut admettre de telles valeurs, puisqu’elle n’a absolument aucun scrupule à provoquer des dégâts à des pays et à leur peuple pour obtenir du profit.

Le Parlement grec a déjà mis en place la Commission de la Vérité sur la dette publique et nous a donné la chance de révéler ces faits, si importants pour refuser le Système de la Dette qui a soumis non seulement la Grèce, mais aussi beaucoup d’autres pays, spoliés par le secteur financier privé. Ce n’est que par la transparence et l’accès à la vérité que les pays pourront vaincre ceux qui veulent les mettre à genoux.

Il est temps que la vérité l’emporte, il est le temps de placer les droits humains, la démocratie et l’éthique au-dessus de n’importe quel autre intérêt subalterne. C’est la tâche de la Grèce, et qui doit être accomplie sans attendre.

Maria Lucia Fattorelli

Notes

* complément du titre rajouté par le traducteur.

Voir également l’article « Les « bad banks » européennes détiennent 1 000 milliards d’euros d’actifs toxiques » http://www.lafinancepourtous.com/Actualites/Les-bad-banks-europeennes-detiennent-1-000-milliards-d-euros-d-actifs-toxiques

Traduit de l’original en portugais par Lucien pour Le Grand Soir.

[1] Maria Lucia Fattorelli est auditrice du Fisc brésilien depuis 1982, coordinatrice de l’Audit Citoyen de la Dette Publique de l’Équateur, a été membre du CAIC (Commission pour l’Audit Intégral du Crédit Public), créée par le Président Rafael Correa en 2007 ; est diplômée en Administration et en Sciences Comptables ; Coordinatrice Nationale de l’Audit Citoyen de la Dette au Brésil (www.auditoriacidada.org.br). A participé activement aux travaux de la Commission Parlementaire d’Enquête réalisée au Brésil (rendue inviable par le lobby des banques privées) sur la Dette Publique brésilienne. Est l’auteur du livre Auditoria Da Divida Externa. Questão De Soberania (Contraponto Editora, 2003). Travaille actuellement sur l’audit de la Dette Publique de la Grèce, invitée par la Présidente du Parlement grec, la Députée Zoe Konstantopoulou, pour collaborer au Comité de la Vérité sur la Dette Publique Créée le 4 avril 2015.

[2] Hors-bilan signifie une section extérieure aux comptes de bilan normal, où les actifs problématiques, tels que les actifs non négociables dématérialisés sont informés.

ACTIFS TOXIQUES - DÉFINITION : les actifs toxiques sont des actifs financiers que l’on ne peut plus vendre. En effet, ce sont des produits dont personnes ne veut, du fait qu’ils n’ont plus aucune valeur sur le marché. Ce sont des produits qui sont devenus non liquides. Pour les détenteurs de ce type d’actif, cela à un coût important. C’est une perte sèche pour un montant égale au coût d’achat des actifs, la vente étant impossible. Ce type de produits était réservé aux institutionnels de part les montants importants à investir. Ces institutionnels étaient notamment des banques et des fonds de placement. Le terme actif toxique a été essentiellement utilisé pour les subprimes, des crédits hypothécaires. Avant que la crise des subprimes n’éclate, ces produits étaient très appréciés du fait de la rentabilité élevée qu’ils donnaient. Le risque était très fort mais l’appât du gain était trop important. Les institutionnels se sont donc précipités sur ce type de produits mais, lorsque la crise à éclatée, leurs bilans ont été plombés. Ces institutions ont du procéder à des dépréciations massives, les mettant dans des situations financières souvent difficiles. De nombreuses banques ont fait faillite, la plus connue étant Lehman Brothers. Cela a entraîné une crise systémique, les acteurs défaillants dans leurs engagements mettant en difficulté financière d’autres acteurs déjà fragile. C’est pour limiter cela que le plan Paulson a été voté. Ce plan concerne directement les actifs toxiques détenus par les institutionnels. En effet, il permet à ses détenteurs de pouvoir vendre ces actifs, l’État se portant acheteur en dernier recours. Les pertes sont cependant bien présentes, l’État rachetant ces actifs à un prix bien inférieur au prix auquel les banques les ont acquis. Pour cette raison, de nombreuses banques doivent se recapitaliser en procédant à des augmentations de capital. Source ActuFinance.fr

[3] Securities Markets Programme (SMP) – BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE. Glossaire politique monétaire. Disponible depuis :
[https://www.ecb.europa.eu/home/glossary/html/act4s.en.html#696]->https://www.ecb.europa.eu/home/glossary/html/act4s.en.html#696]]

[4] LE TRAITÉ DE LISBONNE. Article 123. Disponible à partir : http://www.lisbon-treaty.org/wcm/the-lisbon-treaty/treaty-on-the-functioning-of-the-european-union-and-comments/part-3-union-policies-and-internal-actions/title-viii-economic-and-monetary-policy/chapter-1-economic-policy/391-article-123.html [Consulté le 4 juin 2015]

[5] La zone euro des États membres ou actionnaires du FESF : Royaume de Belgique, République Fédérale d’Allemagne, Irlande, Royaume d’Espagne, la République française, la République italienne, la République de Chypre, le Grand-Duché de Luxembourg, la République de Malte, Royaume des Pays-Bas, République d’Autriche, la République portugaise, la République de Slovénie, la République slovaque, la République de Finlande et République hellénique.

[6] La société FESF privée a été créée comme un Mécanisme européen de la stabilisation financière (MESF), dans : http://ec.europa.eu/economy_finance/eu_borrower/efsm/index_en.htm

[7] Commission européenne (2010) Communication de la Commission au Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil, la Banque centrale européenne, le Comité économique et social et au Comité des régions – Renforcer la coordination des politiques économiques.
http://ec.europa.eu/economy_finance/articles/euro/documents/2010-05-12-com(2010)250_final.pdf – Page 10.

[8] IRISH STATUTE BOOK (2011) Fonds Européen de Stabilité Financière et le Fonds de Prêt de la Zone euro (Amendment) Act 2011. Disponible auprès de : http://www.irishstatutebook.ie/2011/en/act/pub/0025/print.html # s2 [Consulté le 4 juin 2015].

[9] Déclaration faite par M. Panagiotis Roumeliotis, ancien représentant de la Grèce au FMI, à la « Commission de la Vérité sur la Dette Publique », au Parlement grec, le 15 Juin à 2015.

[10] EUROPEAN FINANCIAL STABILITY FACILITY (2010) A propos de FESF [en ligne] Disponible à partir :
http://www.efsf.europa.eu/about/index.htm et http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf– Question A9 [Consulté le 3 juin 2015].

[11] HAAN, Jacob de ; OSSTERLOO, Sander ; SCHOENMAKER, Dirk. Financial Markets and Institutions – A European Perspective (2012) 2nd edition. Cambridge, UK. Asset relief schemes, Van Riet (2010) Page 62.

[12] EUROSTAT (2009) New decision of Eurostat on deficit and debt - The statistical recording of public interventions to support financial institutions and financial markets during the financial crisis. Disponible http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/5071614/2-15072009-BP-EN.PDF/37382919-ebff-4dca-9175-64d78e780257?version=1.0 [Consulté le 4 juin 2015]

[13] “Most Directors (...) called for the Fund to collaborate with other institutions, such as the Bank for International Settlements, the Financial Stability Board, and national authorities, in meeting this goal.” In IMF (2013) Selected Decisions. Disponíble http://www.imf.org/external/pubs/ft/sd/2013/123113.pdf - Page 72 [Consulté le 4 juin 2015]

[14] LOI SUR L’European Financial Stability Facility 2010. FESF accord-cadre, l’article 12 (1) a, b, c, d, et (3) ; Article 10 (1), (2) et (3) ; Article 12 (4) ; Article 10 (8).).

[15] Ce n’est seulement qu’à partir d’octobre 2011, selon une décision du Conseil le 26 Avril 2012, que le EWG a eu un président à temps plein : JOURNAL OFFICIEL DE L’UNION EUROPÉENNE (2012) Décision officiel. Disponible depuis : http://europa.eu/efc/pdf/council_decision_2012_245_ec_of_26_april_2012_on_a_revision_of_the_statutes_of_the_efc.pdf.
La même personne, Thomas Wieser, avait été le président du Comité économique et financier (CEF) de Mars 2009 à Mars 2011 : CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE. Groupe de travail de l’Eurogroupe. Disponible depuis :
http://www.consilium.europa.eu/en/council-eu/eurogroup/eurogroup-working-group/

[16] FOND EUROPEEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (2013) FESF questions générales. Disponible depuis :
http://www.efsf.europa.eu/attachments/faq_en.pdf – Question A6. [Consulté le 4 juin 2015].
Voir aussi : L’Agence de Gestion de la Dette Allemande a émis des titres du FESF au nom du FESF.
FOND EUROPEEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (2010) Plans de financement de l’UE et de FESF visant à fournir une aide financière à l’Irlande. Disponible depuis :
http://www.efsf.europa.eu/mediacentre/news/2010/2010-006-eu-and-efsf-funding-plans-to-provide-financial-assistance-for-ireland.htm [Consulté le 4 juin 2015]

[17] Accord de Cofinancement, PREAMBULE (A) et Article 1 – Définitions et interprétation des « Obligations ». Disponible au http://crisisobs.gr/wp-content/uploads/2012/02/7-co-financing-agreement.pdf [Consulté le 4 juin 2015]
Ces obligations sont émises sous une forme dématérialisée et non certifiée. Elles sont très restreintes car elles sont émises directement dans un certain but et non offertes sur le marché, comme l’exigent la Loi des valeurs mobilières et les règles déterminées par la SEC. Elles sont émise en vertu d’une règle d’exception autorisée uniquement pour les émissions privées, pas pour les Pays.

[18] AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES - Réunion Extraordinaire du Conseil - Bruxelles, 9/10 mai 2010. CONCLUSIONS DU CONSEIL
https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf

[19] BANQUE DE GRECE - RAPPORT ANNUEL 2010 BILAN p. A4 http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2010.pdf
[20] BANQUE DE GRECE RAPPORT ANNUEL 2011 BILAN p. A4. http://www.bankofgreece.gr/BogEkdoseis/Annrep2011.pdf

[21] Système de la Dette - Expression créée par l’auteur, suite à plusieurs procédures d’audit citoyen de la dette dans différentes instances, pour qualifier l’utilisation abusive de l’instrument de la dette publique, dans le but de soustraire des ressources à l’État, au lieu de lui en apporter, et fonctionnant comme un ensemble d’engrenages liant le système politique, le système juridique, le modèle économique basé sur des plans d’ajustement, les grands médias et la corruption.

[22] 24 mars 2009 – Avis de la Commission – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-05/2009-03-24_el_104-5_en.pdf

27 avril 2009 – Décision du Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-06_council/2009-04-27_el_104-6_council_en.pdf

10 novembre 2009 – Conclusions du Conseil – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111025.pdf

8 JANVIER 2010- Rapport de la Commission – http://ec.europa.eu/eurostat/documents/4187653/6404656/COM_2010_report_greek/c8523cfa-d3c1-4954-8ea1-64bb11e59b3a

2 décembre 2009 – Décision du Conseil – https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ecofin/111706.pdf

11 février 2010 – Déclaration des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne. – http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/en/ec/112856.pdf

16 février 2010 – Décision donnant Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-02-16_el_126-9_council_en.pdf

[23] 9/10 mai 2010 – Conclusions du Conseil – Réunion extraordinaire – En vertu de la justification de la « crise grecque », les mesures pour sauver les banques sont mises en œuvre.
https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/Conclusions_Extraordinary_meeting_May2010-EN.pdf

10 MAY 2010 – Décision du Conseil – http://ec.europa.eu/economy_finance/economic_governance/sgp/pdf/30_edps/104-09_council/2010-05-10_el_126-9_council_en.pdf

[24] La Professeure Zoe Georganta, Professeur d’Économétrie Appliquée et de la Productivité, Ex-membre de la contribution du conseil ELSTAT à « La Commission de la Vérité sur la Dette Publique » le 21 mai 2015.
[25] HF international (2011) Georgantas a déclaré que le déficit de 2009 « avait été délibérément gonflé pour nous mettre dans le rouge ». Disponible à partir de l’adresse http://hellasfrappe.blogspot.gr/2011/09/shocking-report-official-admist-2009.html

[26] Un ensemble de 3 Memoranda accompagne la Lettre d’Intention que le gouvernement grec a dû signer pour recevoir un prêt Stand-Bye du FMI, dans laquelle elle s’engage à réaliser les contre-réformes, des coupes budgétaires dans les services sociaux, et créer en même temps des fonds privés, alimentés par des fonds publics, pour réaliser le sauvetage des banques privées (HFSF - Hellenic Financial Stability Fund), et accélérer les privatisations (HRADF - Hellenic Republic Asset Development Fund).

[27] Les mécanismes sont résumés dans le chapitre 4 du rapport préliminaire présenté par la Commission de la vérité sur la dette publique, le 17 Juin 2015. Disponible auprès de : http://www.hellenicparliament.gr/UserFiles/8158407a-fc31-4ff2-a8d3- 433701dbe6d4 / Report_web.pdf.

 http://www.ihu.unisinos.br/noticias/544075-tragedia-grega-esconde-segredo-de-bancos-privados

COMMENTAIRES  

16/08/2015 16:43 par triaire

cet article est passionnant ....Je vais le recommander à tous mes amis .Merci Madame .
Ce système pour quelques uns fait marcher avec une bande de voyous en col blanc, la planète sur la tête .

16/08/2015 21:53 par lambert

Article édifiant et qui montre bien entre quelles mains nous sommes, mais quand je lis ce genre d’entourloupes illégales, je ne peux m’empêcher de me demander ce qui pousse les pays qui en sont victimes à les accepter et pourquoi.
.
Soit on me répond qu’ils n’ont pas le choix et en ce cas il ne sert à rien de dénoncer ces procédés car cela revient à reconnaître qu’il n’y a pas d’autre alternative. Soit on me répond autre chose, mais laquelle ? C’est ça que j’aimerais bien savoir après avoir lu ce genre d’articles car je suis naturellement enclin à faire supporter aussi la responsabilité de telles manœuvres sur ceux qui les acceptent.

16/08/2015 23:29 par Roger

A la lecture de cet article très argumenté et documenté, on a vite l’impression qu’une bande d’escrocs a pris le pouvoir et se comporte comme un "conseil de famille" de la mafia...en pire !

18/08/2015 09:05 par macno

Je reviens sur cette idée développée par Costis Melolidakis, dont le Grand Soir n’a pas, ou pas encore voulu (?) passer l’article :
« Grèce : Gouverner avec des illusions n’est pas seulement catastrophique, c’est en fin de compte criminel »
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15550,
...qui d’une certaine manière est rejoint par Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons »
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6245
...qui est bel et bien évoquée ici par l’analyse très pertinente de Maria Lucia FATTORELLI, analyse que Varoufakis ne pouvait pas ne pas avoir faite lui aussi, et qui inexorablement amenait à cette conclusion :
- la Grèce n’était pas en situation de """négociations""" entre gens de bonne compagnie, mais en situation de guerre unilatérale (et sûrement avec une bonne part d’idéologie), enclenchée par l’UE...
LA question de fond est : pourquoi Tsipras n’a-t-il pas, n’a-t-il pas pu, ou n’a-t-il pas voulu élaborer de Plan B ?
Était-ce une question d’illusions, d’incompétence, de simple volonté ou de volonté politique ou que sais-je encore ?
Je n’ai pas la réponse.
Toujours est-il à mon humble avis, qu’il faut que la Gauche arrête de se poser des questions sur l’Europe sociale et de se contenter de faire des "vœux pieux" tel celui de faire un « (appel à) toutes les forces démocratiques et de gauche à travailler ensemble à un projet commun pour sortir l’Europe de la tourmente libérale », ça ne suffira pas.
Le temps d’un véritable plan A est arrivé, mais n’est-il pas trop tard ?
Se bercer d’illusions ce n’est pas seulement catastrophique, c’est en fin de compte criminel...
Mais de TRÈS bonnes questions commencent à être posées même sur des médias/Système comme BMF, Voir la chronique éco d’Emmanuel Lechypre de ce matin 18.08 (trop tôt pour la trouver).

18/08/2015 10:17 par legrandsoir

Si LGS publiait (ou avait publié) tous les articles reçus sur la Grèce, nous serions devenus un journal grec en langue française.
Mais il n’est pas interdit de penser que dans les choix des articles, ne sont pas priorisés ceux qui affirment que la guerre est perdue à cause de généraux traîtres.
La guerre ne fait que commencer.
Par ailleurs, voyez notre "charte" : "Ne seront pas publiés les attaques contre les pays en état de résistance".
Dans les faits, notre volonté de ne pas corseter le débat d’idées nous incite parfois à la souplesse avec cette règle. Mais où placer le curseur ?

18/08/2015 15:19 par macno

@ legrandsoir
Il ne s’agissait pas de dire « que la guerre est perdue à cause de généraux traîtres », d’ailleurs j’y ai pensé à cet aspect du problème mais ces articles ne parlaient jamais de trahison.
Il s’agissait vraiment de faire le point sur une montagne d’incohérences de la part deTsipras, car tout ce qui est dit dans l’article de Maria Lucia Fattorelli, normalement Varoufakis devait être au courant, et par conséquent Tsipras aussi, et il DEVRAIT y avoir une explication au manque cruel de plan B.
À part de l’incompétence quelle autre explication ?
Moi non plus je n’ai pas pensé une seconde à l’aspect "trahison" et quant à l’incompétence elle n’est jamais à exclure...
C’est uniquement l’aspect de « l’idéalisme illusoire dans toute sa gloire » pour reprendre une expression de Costis Melolidakis qui m’avait interpellé...
C’est un "mal" qui touche beaucoup de monde dans ce monde cruel, et souvent dans les commentaires du GS...
Il y a aussi bien de « l’idéalisme illusoire dans toute sa gloire » dans les aficionados du « sortir de l’Euro » et de sa baguette magique, que dans les adeptes bisousnours du « changer l’UE pour une Europe sociale »...
L’article de Maria Lucia Fattorelli est assez terrible dans le constat et les analyses qu’elle fait, plutôt plus même que l’article que j’avais proposé, car il pose de lancinantes questions sur la responsabilité de ceux qui n’ont au minimum rien vu venir...
Effectivement il y a beaucoup d’articles sur la Grèce et beaucoup vont peu ou prou dans la même direction : "la pauvre Grèce attaquée par ces charognards de l’UE".
Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas tout.
Il y a donc des leçons à prendre, qui se perdent...
Mais à mon avis cette histoire ne fait que commencer...

18/08/2015 16:17 par legrandsoir

À part de l’incompétence quelle autre explication ?

Le rapport de force ? L’ignorance des desseins ennemis (on croit qu’ils veulent une zone frontalière, ils veulent le pays) ?
Parfois, les meilleurs généraux perdent une bataille contre des hordes abruties mais prêtes à tout.
Etc.

18/08/2015 18:08 par macno

J’ai bien relu le texte de Costis Melolidakis pour la xième fois, mais je n’arrive pas à vous suivre. C’est un texte qui est autant extrêmement important qu’il est lucide et dérangeant. Et en plus il précise clairement où il se situe politiquement :
Voir sa conclusion :

Les positions de nos partenaires ne se sont jamais, pas une seule seconde, éloignées du Discours Rationnel. Elles étaient toujours aussi prévisibles que parfaitement logiques. Mais, surtout, elles étaient européennes. Car, c’était et c’est la logique des mécanismes européens, c’est la logique de l’Union européenne, comme la gauche grecque le proclamait depuis les années 1960. Une logique de classe, clairement une logique de mécanismes qui visent à arracher la richesse des faibles et à la transférer aux puissants. Même maintenant où, dorénavant tout le monde, y compris les « institutions » elles-mêmes, voit bien que le troisième mémorandum n’atteindra aucun des ses objectifs, pourquoi donc l’UE insiste-t-elle ? Serait-elle prise de déraison ? Non, pour la simple et bonne raison qu’il existe des filets et des bijoux de famille sur lesquels ils n’ont pas encore mis le grappin. Il s’agit d’une logique transparente que seules les illusions que vous portez en vous peuvent vous empêcher de voir.

Et les futurs gisements de gaz de la Grèce feront peut-être partie de ces "bijoux de famille".
C’est un texte en forme de leçons peut-être, mais de leçons salutaires dont celle d’abandonner toute illusion.
Il y en a qui en ont encore sérieusement besoin.
L’auto-congratulation du gouvernement français est tout bonnement ahurissante.
Mais je pense que des yeux commencent à se dessiller sur l’Europe.
Voir cette chronique économique de Emmanuel Lechypre qui n’est pas révolutionnaire soit, mais ma foi elle est quand même relativement étonnante : « La course à la réduction du coût du travail se poursuit en Europe » :
http://www.dailymotion.com/video/x323777

19/08/2015 09:28 par Autrement

Puisqu’on en est dans ces commentaires à se demander, à propos de la tragédie grecque, si c’est Eschyle, Sophocle, Euripide ou Giraudoux qui a le mieux interprété et mis en scène le personnage d’Électre, dans la situation qui est la sienne, j’ajouterais à la liste de macno l’interprétation par Yannis Youlountas du personnage de Tsipras : elle me paraît d’autant plus intéressante que l’hypothèse de l’auteur est que Tsipras a péché...par souverainisme : voir ICI.
Personnellement, je trouve le texte de Melolidakis étroitement doctrinaire, ce qui le rend largement inutile. On croirait (presque) lire François Furet s’efforçant de reconstituer dans sa démarche "Le passé d’une illusion". Le récit de Stathis Kouvelakis était beaucoup plus suggestif. À la rétrospective ouvertement malveillante de Melolidakis, j’opposerais volontiers la prospective énergique de Sapir et son éloge de Varoufakis, qui ouvre l’avenir sur des avancées possible, au lieu de le refermer sur un échec : ICI . Même si je trouve que la question est plutôt l’avenir de la Grèce et le nôtre, que celui d’un personnage particulier, pris tragiquement ou non dans la situation qui est la sienne, et que la question de la dette est plus importante pour cet avenir que celle de la monnaie. En fait, le piège de l’Euro est encore plus politique que monétaire, comme le montre tout le déroulement des "négociations".

Mais l’histoire est une pièce de théâtre qui continue. Et puisqu’il s’agit de dissiper des illusions, et avant tout les illusions du grand nombre sans lequel justement l’histoire piétine, une analyse de la dette comme celle de Maria Lucia Fattorelli, précise et démonstrative, ou comme celles d’Eric Toussaint, sont beaucoup plus utiles à connaître et à diffuser massivement que l’aigre décorticage d’un Melolidakis. Car au commencement était l’action. Macno citait récemment les travaux de J. Généreux, avec lesquel moi aussi je m’étais sentie "en phase", comme on dit quand le courant passe, ou quand on approuve la devise que s’est choisie Youlountas : "Je lutte donc je suis".

19/08/2015 22:04 par macno

Effectivement le texte de Melolidakis est raide, mais doctrinaire(?). Il est un peu obligé de l’être, on n’est pas ici dans une comedia dell’arte (quoique !).
Cette histoire d’absence de plan B est beaucoup trop incompréhensible ; la preuve en est que personne n’arrive à se mettre d’accord sur une explication qui tienne la route et un tant soit peu commune. À la suite du texte de Melolidakis il y a un lien vers un article, une demande d’explication de Dimitris Kazakis : Quel chèque Varoufakis a-t-il encaissé, avec son OUI d’hier ?
https://kristina1963.wordpress.com/2015/07/25/quel-cheque-varoufakis-a-t-il-encaisse-avec-son-oui-dhier/
Bon, c’est une autre vision de Varoufakis, pas vraiment des plus flatteuses qui tranche avec celle de Sapir.
J’ai le sentiment que Varoufakis s’est retrouvé prisonnier des positions de Tsipras car ce n’était pas les siennes, et surtout de l’absence de "roue de secours". À mon avis c’est lui qui a vraiment demandé son retrait de la "négociation".
Sans plan B, il avait deviné la suite des événement et devenait pour ainsi dire inutile..
Il y a d’autres articles sur ce site https://kristina1963.wordpress.com/ qui ne sont pas tendres non plus avec Varoufakis...
Je ne sais vraiment que penser, car j’aime bien Varoufakis...
Mais si ça se trouve on est tous à côté de la plaque.
Vous ne sentez pas cette forte odeur de gaz qui flotte sur tout l’Est du bassin méditerranéen, et ce depuis 2012 ? Année où précisément Tsipras est allé rendre une petite visite outre Atlantique...
Les cartes seraient très certainement rebattues, mais dans quel sens ?
Et si tout ça était calculé ?

20/08/2015 11:01 par Autrement

macno.
La "logique européenne" que décrit Melolidakis à la fin du passage que vous citez est évidemment exacte. Le problème ("depuis 1960" ?) est de savoir quel était et quel est encore le meilleur moyen de la briser. D’autant qu’en Grèce comme partout ailleurs, c’est la mal- ou la désinformation (voir la conférence de V. Dedaj mise en ligne par LGS) qui fait la loi dans l’opinion publique, et le battage européen y a été aussi lyrique qu’assommant, permettant ainsi à Mario Draghi ex de Goldman Sachs de truquer les comptes publics de la Grèce (avec la complicité ND-Pasok) pour que la Grèce puisse entrer dans l’eurozone et que l’esclavage pour dette puisse rendre à plein.

Je ne doute pas que, comme vous dites, l’odeur du gaz naturel et du pétrole, repérée depuis plusieurs années dans les eaux territoriales de la Grèce par divers rapaces, joue un rôle important dans les événements récents, non seulement dans la stratégie de l’eurogroup mais aussi dans celle du US-FMI. Je pense que la très inquiétante alliance militaire de la Grèce avec israël-USA, déjà existante et à laquelle le programme de Syriza, très pro-palestinien, devait mettre fin, a évidemment pour sous-entendu la réservation de ces zones pour une exploitation privée ultérieure. La présence de la partie Chypriote grec dans cette alliance est le prétexte - ou la réelle raison secondaire - , du renouvellement de l’accord militaire, car la Turquie présente à Chypre convoite aussi une partie de ces eaux.
Ceci dit, s’il y a un traître dans l’histoire, ce n’est pas Tsipras ni Varoufakis, et encore moins Syriza, mais évidemment le ministre "souverainiste" (au sens où c’est le capital national qui doit être "souverain"...) Kamménos. Je pense que pendant que Tsipras s’empêtrait dans des négociations économiques sans issue (parce que l’enjeu en était politique, et que l’Allemagne, partisan de la manière forte, se moquait complètement que l’économie européenne continue à péricliter, pourvu que ce soit à son profit), les USA, eux, n’ont pas attendu six mois pour trouver un relais solide à leurs intérêts, en la personne de Kamménos, ministre ANEL, surtout après le RV médiatisé de Tsipras avec Poutine et les spéculations sur le trajet de l’oléoduc. Tsipras ne se serait certainement pas tourné vers les BRICS s’il était revenu de son "petit voyage outre-atlantique" de 2012 avec dans sa valise un accord de cession des zones fuligineuses à une Compagnie US.
Aux Thermopyles aussi (voir le magnifique poème de Kavafis), il y avait un traître, nommé Ephialtès (de Trachis), qui indiqua aux Perses un sentier de montagne pour tourner pendant la nuit le blocus de Léonidas. Ephialtès en grec moderne (εφιάλτης, prononcer ’efialtis’), cela signifie "cauchemar".
Il ne faut pas oublier non plus que rôdent sur internet, outre la droite toujours encline à salir et calomnier n’importe qui pour n’importe quoi, des ennemis acharnée de Syriza en la personne du KKE.
Je ne peux pas m’empêcher de penser que si le KKE, au lieu de camper avec un hautain sectarisme sur sa position de sortie immédiate de l’euro, avait consenti à soutenir Syriza et à lui assurer sa majorité absolue, et même à lui fournir des ministres (au lieu de le contraindre à chercher sa majorité ailleurs), les choses auraient pu tourner autrement. La minorité révolutionnaire de Syriza aurait été renforcée, et la manoeuvre Kamménos aurait été exclue. De plus, pendant ces six mois, l’opinion grecque aurait pu être politiquement préparée à un éventuel plan B.
Au lieu de cela, le KKE n’a cessé de tirer à boulets rouges contre Syriza "parti bourgeois", et continue, afin de dissimuler ce que son propre sectarisme porte de responsabilité dans l’affaire. Sectarisme en Grèce, opportunisme en France : le défaut commun des "partis" communistes est de croire que leur intérêt de "parti" (puisqu’ils se croient eux et eux seuls l’avant-garde de la révolution) passe avant toute autre considération. Doù l’indigence des stratégies.

À noter qu’il faut toujours tenir compte avant tout d’une situation concrète : si je crois que le PCF a eu tort de participer au gouvernement Mitterand (et personnellement je n’ai jamais eu d’admiration pour Mitterand, j’étais alors au PCF et ne regrette pas d’y avoir été), je pense profondemént que le KKE a eu tort, d’un point de vue pratique de lutte des classes, de ne pas venir au secours de Syriza.

Ma conclusion est donc une fois de plus que des travaux comme ceux de Maria Lucia Fattorelli ou d’Eric Toussaint sont la vraie boussole du bon sens en matière de pensée politique, et que les répercuter sous une forme accessible au grand public, en leur disant "Indignez-vous, voilà ce qu’est dans la réalité le capitalisme financier", est le meilleur moyen d’élever la conscience politique du grand nombre, et de mobiliser massivement nos concitoyens contre l’intolérable violence matérielle et symbolique qu’ils subissent dans leur vie quotidienne. Que les "institutions", comme l’a dit un intervenant, sont devenus des repaires mafieux. Ceci afin de leur montrer que la souveraineté populaire telle qu’elle pourrait s’exercer dans le cadre d’une autre constitution (la 5ème étant incurablement vouée à la démence sénile), et l’intervention citoyenne à tous les niveaux de décision, est tout autre chose que le "souverainisme" ou le "républicanisme" qui sert de masque à tous ceux qui ont peur d’un gouvernement réellement populaire ; un gouvernement qui serait uni, nationalement et internationalement, avec tous ceux qui luttent contre le Capital, source de tous les maux, et qui tirerait sa force de l’appui des 99% contre le 1%.

20/08/2015 13:54 par Dwaabala

À propos de situation concrète :

le devoir d’une gauche digne de ce nom n’est pas de prétendre soutenir Tsípras en vantant son imaginaire ralliement à l’austérité, ce qui reviendrait à le soutenir comme la corde soutient le pendu, mais de le soutenir vraiment en élargissant le front de lutte européen contre l’austérité, pour des financements allant à la création d’emplois et de richesses, aux services publics et non plus à l’enrichissement des créanciers, pour la restructuration européenne de la dette.

LGS Pierre Laurent interpelle Laurent Joffrin

20/08/2015 15:32 par Dominique

Il ne faut pas prendre les financiers pour plus bêtes qu’ils sont. Dans le cadre du capitalisme, ils sont loin d’être incompétents, au contraire ils font leur travail du mieux qu’ils peuvent. Le problème à plusieurs aspect. D’abord, le mythe de la croissance infinie, une des bases de l’économie capitaliste, est une croyance d’ordre pseudo-religieuse à laquelle plus aucun économiste sérieux ne croit, mais à laquelle toutes celles et ceux qui aimerait voir leur(s) compte(s) en banque grossir se raccrochent. Ensuite, le pouvoir et l’argent corrompent. Ce qui impliquent que nos dirigeants sont des ânes qui n’essaient qu’une chose : maintenir à flot par tous les moyens possible le Titanic en perdition qu’est le capitalisme contemporain.

Car il s’agit bien d’un Titanic en perdition. Historiquement, le caapitalisme a pu développer de la croissance grâce aux colonisations. Ce qui implique que le monde est globalisé dés que l’Europe a eu colonisé toute la planète, mis-à-part de très rares régions comme l’Éthiopie. Dés ce moment, le capitalisme a du trouver d’autres débouchés pour assouvir sa soif de croissance. La révolution industrielle allait les lui fournir. Dés le début de l’industrialisation, le besoin en ressources naturelles n’a cessé d’augmenter de façon exponentielle. Le problème aujourd’hui est que nombreuses de ces ressources sont finies (non renouvelables) et que le capitalisme commence à buter contre l’épuisement inéluctable de ces ressources. Certaines ont déjà disparu (= ne sont plus rentable soit financièrement, soit technologiquement, soit pour ces deux raisons combinées) ou vont bientôt disparaître.

C’est état de fait est complètement absent du discours économique dominant, lequel voudrait nous faire croire que les bulles financières éclatent d’elles-mêmes comme des bulles de savon. Or il n’en est rien, contrairement aux chocs pétroliers précédents dont les causes étaient avant tout politiques, la crise actuelle a été causée par la lente augmentation des prix du brut pendant plusieurs années, ceci jusqu’au point où l’offre ne pouvant plus répondre à la demande, ces prix se sont emballés, les spéculateurs qui ne spéculent jamais sur une valeur à la baisse sont en rajouté une couche en se jetant dessus, Ceci a fait freiner l’économie réelle, et ce n’est que quand l’économie réelle a commencé à freiner que la bulle immobilière US a pété.

Depuis ils ont développé le pétrole non conventionnel, mais ça ne va pas durer longtemps car par exemple, déjà la moitié du pétrole obtenu dans les sables bitumeux a été extrait et consommé. De plus, le même problème de pic de production va se reproduire tôt ou tard pour toutes les autres matières premières, Par exemple pour le nickel sont lequel il est impossible de fabriquer de l’acier inoxydable, ou pour l’uranium qui ne durera pas plus longtemps que le pétrole (avec le nombre actuel de centrales en activité, et comme il s’en construit plus qu’il ne s’en démonte...).

À ce point il n’est pas inutile de se souvenir qu’historiquement, les marchands d’armes et les rois furent les premiers clients des banques. Je ne sais plus qui, peut-être Lénine, a écrit que le capitalisme porte la guerre en lui comme la nuée porte l’orage. Or, malgré son prix Nobel de la paix, Obama lors de son seul premier mandat a dépensé plus d’argent pour faire des guerres que Bush en deux mandats. Et c’est bien là le sort que les dirigeants nous réservent : la guerre.

Le pétrole à lui seul représente un énorme défit : sans pétrole, il n’y a aussi plus de plastic pour les biens de consommation, ni plus d’engrais et de pesticides pour l’agriculture industrielles (les OGM résistant à ces saloperies ne serviront donc à rien car ils n’auront pas de quoi les nourrir dans une terre rendue morte par l’abus de procédés mécaniques et chimiques). Dans un de ses livres, Michael Ruppert présente une courbe sur laquelle il a mis l’évolution de la population mondiale et l’évolution de la production mondiale de pétrole. Ces deux courbes sont absolument semblables, et ceci jusque dans les chocs pétroliers précédents. En conclusion, ces deux courbes illustrent très bien ce qui nous attend avec la fin de l’âge pas n’importe quel capitalisme mais du pétrole si nous continuons à laisser faire les salauds qui nous dirigent.

Il y a eu Cuba, Puis Caracas, et le Chiapas. Mais même révolutionnaires, ces mouvement sont limités par le contexte mondial qui est celui d’un capitalisme aux abois, d’un capitalisme qui s’apprête à exterminer la race humaine.Mais comme le dit le poète, le vrai poète, celui dont Platon ne veut pas dans sa république : "Nous sommes partout !"

20/08/2015 18:32 par Autrement

Cher Dwaabala, me croirez-vous si je vous dis, non seulement que j’ai dans ma bibliothèque (en France, ici je suis encore en Grèce où j’essaye au jour le jour de mieux comprendre ce qui se passe, et je suis de votre avis pour Kamménos) la même édition que vous du Capital, mais encore que, contrairement à Althusser qui n’avait lu que le Livre I, moi je l’ai lu en entier, poussée à cela par les travaux de Lucien Sève sur Marx que je trouvais passionnants, et encore plus, par ma responsabilité sur le terrain (à l’époque, juste après 68, et j’avais déjà 30 à cette date) de ...secrétaire de cellule d’une fac de lettres ? Ma vie militante a été par la suite mouvementée. Quoi qu’il en soit, là n’est pas le sujet. Je crois que c’est Benzékri qui, à propos du discours de P. Laurent, a mis le doigt sur la faille : si des paroles telles que celles que vous citez ne sont plus crédibles, et soulèvent des tollés pour cause de continuelles équivoques, c’est parce qu’il s’est obstiné à rester dans l’alliance électorale du PS, lequel PS au vu et au su de tous a avec la droite trafiqué encore notre constitution pour faire accepter les fameux "traités" européens. J’ai fait (libre de tout parti mais engagée au FdG) toute la campagne des dernières municipales, et les ravages causés par cette position dans la gauche radicale sont patents. J’ai rappelé aux camarades l’importance du Non de 2005 pour la position à prendre, et le respect en cela de nos concitoyens : on m’a répondu que personne n’y pensait plus, et qu’il fallait se mettre municipalement "au service de la population" (et l’ANI ? et tout le reste ? et l’austérité ? qui découlait bien de la politique imposée par ces traités ?!!). Je passe sur les péripéties qui ont conduit à une liste PS-PCF. Il me semble qu’à l’heure qu’il est, à la lumière des événements de Grèce, P. Laurent, Ian Brossat et autres cadres rigides dans leur pratique de routine sont indéfendables, et que les défendre tels quels nuit au développement des luttes, autant dans la gauche radicale que chez les communistes eux-mêmes (dont beaucoup s’imaginent encore que ce sont les gens comme moi qui veulent leur disparition !!).

20/08/2015 20:58 par Dwaabala

Chère vieille militante,
je ne sais ce qu’avait lu Althusser (ce qui l’intéressait était la philosophie, il aurait très bien pu se contenter du Livre I à cette fin), mais je me souviens de ce que m’avait répondu Christophe Darmangeat (http://www.legrandsoir.info/keynes-vs-neo-classiques-gauche-contre-droite-economie-et-politique.html) à ce sujet dans dans une correspondance privée qu’il me pardonnera de divulguer :
Mille excuses, j’avais lu trop vite.
Cela dit, je ne sais pas si c’est une bonne chose d’aller plus loin qu’Althusser : en plus de tuer ma femme, vais-je aussi éventrer mes chats ? ;-)
Cordialement

Entre le Livre I et le Livre III du Capital, il y a les plateaux arides du Livre II. Il n’est pas sûr que Y. Varoufakis, malgré sa haute qualification, ait aussi bien lu que vous le Capital (http://www.legrandsoir.info/yanis-varoufakis-comment-je-suis-devenu-un-marxiste-fantasque-the-guardian.html, texte que E. Balibar avait qualifié de proprement stupéfiant) quand il affirme :
Marx commit sa première erreur – par omission – lorsqu’il ne réfléchit pas suffisamment aux effets de ses propres théories sur les monde qu’il théorisait...
La seconde erreur de Marx, celle que j’attribue à l’action, fut la plus grave... ce même homme finit par faire joujou avec des modèles algébriques simplistes...

Avez-vous remarqué cette seconde erreur de Marx, à la lecture de Marx ?
J’ai pour principe de méfier des marxistes, se déclarassent-ils fantasques, qui relèvent les erreurs de Marx, sans les accompagner d’une critique prudente et circonstanciée .
Quant au reste, ce que je remarque sur ce fil et ailleurs où j’ai proposé l’article de P. Laurent (http://www.legrandsoir.info/revisez-vos-lecons.html), c’est le flot d’ignorance politique qui se déverse actuellement sur les thèmes sortir de l’euro, sortir de l’Europe. Qui ne sont à mon humble regard que l’expression nouvelle mais enflammée de ce que l’on appelait au bon vieux temps : l’apolitisme .
Dangereux, car cet apolitisme, s’il a déjà sa femme providentielle à l’extrême-droite, n’attend plus que son pendant non moins illusoire à gauche pour sortir de l"Europe, mais en attendant ne fait que diviser la gauche.
Voyez un peu comme cela sortirait les travailleurs des rets de la finance !

20/08/2015 23:10 par macno

@ Autrement
« les USA, eux, n’ont pas attendu six mois pour trouver un relais solide à leurs intérêts, en la personne de Kakemonos ».
Là je ne connais pas exactement le parti de Kamménos , mais je ne suis pas d’accord sur la teneur de cette phrase.
Ce dont je suis presque certain par contre c’est qu’un nationaliste de droite n’irait pas vendre son âme à Washington, c’est à dire au diable en personne, c’est antinomique...
Les partis dits de "l’extrême droite nationaliste" sont en opposition et même farouche contre le Système, qui le lui rend bien en prenant un malin plaisir à les faire éclater, leurs chères nations, pour leur confisquer leurs pouvoirs...
Par exemple, Victor Orban n’est vraiment pas en odeur de sainteté ni avec l’UE, ni avec les Américains...
Mais il y aurait beaucoup à dire sur l’extrême droite tant le regard porté dessus par la Gauche est dérisoire. Il y a autant de sortes d’ED que de Gauche, mais le fascisme n’en a laissé qu’un lugubre amalgame...
Quand je suppose une tactique de la part de Tsipras, cette alliance avec ANEL en est bien évidemment une, et de nommer Kamménos ministre de la défense ou des armées, enfin peu importe, en est certainement une aussi.
Laquelle, alors ça ?
Mais non, cet accord avec Israël n’a pas été faite dans le dos de Tsipras et du reste du gouvernement ce n’est pas crédible !
Quel est le poids de ANEL dans ces élections et donc dans ce gouvernement ? Avancer une telle idée c’est les insulter, car dans ce cas là ils seraient encore pires que nuls.
Tout est entrain de se recomposer au Moyen Orient et assez étrangement d’ailleurs.
Dedefensa.org : Esquisse d’une recomposition considérable : http://www.dedefensa.org/article-esquisse_d_une_recomposition_consid_rable_11_08_2015.html
Primo cet accord de la Grèce avec Israël n’a rien à voir avec les Palestiniens, je l’ai dit, et deuzio, il y a plein de deuzio et je les ai pour la plupart exprimés mais comme ils changent souvent en ce moment...
Ça fait pas mal de temps qu’Israël sent son heure de disgrâce auprès des Américains arriver. Le temps fait que l’AIPAC se vide inexorablement des "Anciens" et que les jeunes n’en ont plus rien à faire de leur "Terre Promise", mais je l’ai déjà dit aussi...
Mais qu’Israël soient entrain de se rapprocher de la Russie, ça c’est peut-être nouveau.
Mais on est très certainement entrain de parler de la préface d’un livre qui n’est pas encore écrit...
Je persiste, j’aime bien le titre de Costis Melolidakis : Gouverner avec des illusions n’est pas simplement catastrophique, c’est en fin de compte criminel.
Et des illusions, on en est tous plus ou moins équipés...
Mais Tsipras a-t-il vraiment des "illusions" ? Je ne serais pas loin d’en douter...
Mais espérons que comme a dit Stathis Kouvélakis, que : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons »
(vraiment, à suivre...)

21/08/2015 21:25 par macno

Je ne pensais pas si bien dire...
Mais maintenant on va très certainement parler de la préface d’un livre qui n’est lui non plus pas encore écrit...
Je ne m’attendais pas à ça, quoique, en y réfléchissant bien, c’est dans la pure logique des choses...
Cette odeur de gaz avec cette absence de plan B, me faisaient penser à de la politique (géo)politicienne, on y est...

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