Rocard : Michou facho ?

Sur le site de Rue 89, Pierre Haski nous signale un petit article publié par Libération :

Michel Rocard : « Il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire »

« Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire. » Michel Rocard se lâche, dans une interview à Libération, avec, en particulier, cette petite phrase sur un pouvoir militaire en Grèce...

Pour l’ancien premier ministre, soutien de François Hollande, les mesures d’austérité - « une décroissance forcée », dit-il - imposées à la Grèce posent la question démocratique dans ce pays : « comment fait-on dans ce contexte pour maintenir des élections ? Il n’est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu’il va perdre 25 % de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes. Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire. »

Il ajoute :

« Il devient de plus en plus indispensable d’annuler partout une bonne partie de la dette non payable. Mais attention, la grande bulle qui menace, elle est privée ! Une éventuelle crise de la dette souveraine européenne ne serait qu’un petit détonateur. Nous sommes dans l’imbécillité politique collective. »

Rocard s’est accroché à des nonosses et à des hochets jusqu’au bout. Avant cela, il fut un dirigeant politique " de gauche " qui a soutenu tous les reculs sociaux mis en oeuvre par la droite, quand il ne les avait pas impulsés lui-même.

Mais non, Rocard : pour être gérée d’une main de fer, la Grèce n’a pas besoin des militaires (te souviens-tu de leur dictature à la fin des années soixante ?). Les banquiers que tu fréquentes depuis des dizaines d’années suffisent amplement.

Adieu Rocard, tu as réussi à nous faire oublier ta marionnette des Guignols.

http://bernard-gensane.over-blog.com/

COMMENTAIRES  

06/03/2012 09:41 par Touzensemble

Ce glissement si facile d’éléphants du PS vers la droite, (ici, vers le pouvoir de l’armée !) rend ahurissant le score du PS dans les sondages et la persistance de l’idée d’un vote utile.

Il faut casser (le 22 avril) cette termitère centriste, et ramener à gauche ce qui peut l’être : les électeurs et les militants de base.

06/03/2012 09:54 par Bernard Gensane

Je tourne et retourne ce qu’a dit Rocard pour lui donner un sens FAVORABLE, mais je n’y parviens pas.

L’intégralité de l’interview est ici :

http://www.liberation.fr/politiques/01012393328-on-est-dans-l-imbecillite-politique-collective

Ce qu’il exprime est vraiment ambigu : cela signifie que l’Europe a mis les Grecs dans un tel carcan qu’il ne peut plus y avoir de pratiques, de vie démocratiques dans leur pays. Et comme les deux grands partis qui se partagent le pouvoir depuis des décennies sont la peste et le choléra, l’horizon est bouchée.

Pourquoi la seule issue devrait-elle être un pouvoir militaire ? Là , Rocard est dans le catastrophisme. Et pourquoi un pouvoir militaire en Grèce, et pas, par exemple, en Espagne, qui est dans une situation largement aussi lamentable que la Grèce ?

L’alternative (au sens français du terme) de Rocard, c’est donc pour l’Europe la dictature des marchés ou celle d’un pouvoir politique musclé.

A quand les camps d’internement pour les "têtes dures" ?

06/03/2012 09:59 par pilhaouer

Ce genre d’accusation est suffisamment grave pour être étayée .
Nous sommes solidaires avec LGS pour dénoncer les accusations ignobles de certains, ce n’est pas pour accepter la même chose, même s’il s’agit de Rocard, pour lequel je n’ai guère de sympathie.

Le minimum est de citer :

« Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d »issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire. » Michel Rocard se lâche, dans une interview à Libération, avec, en particulier, cette petite phrase sur un pouvoir militaire en Grèce...

Pour l’ancien Premier ministre, soutien de François Hollande, les mesures d’austérité - « une décroissance forcée », dit-il - imposées à la Grèce posent la question démocratique dans ce pays :

« comment fait-on dans ce contexte pour maintenir des élections ? Il n’est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu’il va perdre 25% de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes. Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d »issue en Grèce qu »’vec un pouvoir militaire. »

Il ajoute :

«  Il devient de plus en plus indispensable d’annuler partout une bonne partie de la dette non payable. Mais attention, la grande bulle qui menace, elle est privée ! Une éventuelle crise de la dette souveraine européenne ne serait qu »un petit détonateur. Nous sommes dans l’imbécillité politique collective. »

(passages en gras, c’est moi)

Même si ce n’est pas d’une grande clarté (c’est Rocard, ( ;-)) ) , on comprend qu’il voulait seulement démontrer l’absurdité des mesures imposées à la Grèce et montrer où cela peut conduire et non suggérer l’installation d’un régime fasciste.

http://www.rue89.com/rue89-presiden...

L’article original vient de Libération :

http://www.liberation.fr/politiques/01012393328-on-est-dans-l-imbecillite-politique-collective

Et le titre n’est pas du tout, comme sur RUE89 : "Michel Rocard : « Il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire »" mais :

Michel Rocard : « On est dans l’imbécillité politique collective » .

Bernard Gensane n’est pas remonté jusqu’à l’article original.

Il aurait constaté, outre le titre, qu’avant le passage incriminé, on trouve ceci :

Et là , je fais une hypothèse, la seule du livre, c’est que l’obligation de la décroissance conduit à la guerre civile. Ce n’est pas tenable et ça pose d’ailleurs une question majeure pour la Grèce qui subit une décroissance forcée :

06/03/2012 13:16 par Michail

06/03/2012 à 09:59, par pilhaouer

Même si ce n’est pas d’une grande clarté (c’est Rocard)…

Il est vrai qu’en matière de manque de clarté et de culture de la contradiction, il s’agit d’un orfèvre peut-être inégalé !

Un simple coup d’oeil sur son cursus proprement schizophrénique de brillant haut fonctionnaire de l’administration des finances de l’État, alors qu’il a soutenu parallèlement et successivement des positions aussi singulières que la dite rénovation de la gauche non communiste, le socialisme autogestionnaire, (compte tenu de sa carrière administrative, il fallait tout de même l’oser celle-là  !!!!) etc, sans parler de ses prestations de ministre puis de premier ministre et de ses mouvements alternatifs d’essuie-glace sur l’échiquier politique français, suffisent à se convaincre que l’animal politique n’a clairement peur de rien !

06/03/2012 17:23 par Anymous

Ce qui est d’une grande clarté c’est l’aveu d’impuissance.

Quelqu’un n’a t’il pas dit que l’impuissace mêne au crime, ou c’était plutôt : "La violence est l’ultime recours des impuissants".

On ne leur avait pas dit de se casser ?
Il va peut-être falloir les virer... avant qu’il ne soit trop tard.

Si ce n’est pas du fascisme ce serait un ’totalitarisme avec démocratie factice’ ?

En tout cas le sentiment de "désolation", cher à Annah Arendt, comme soutient du développement de ce nouveau totalitatisme, semble se développer.

Evidemment il faudra appeler cela autrement que fascisme, l’interdit est encore fort (merci à ceux qui ont fait vivre la mémoire et que l’on remercie de moins en moins).

En attendant les socialistes banalisent ou parlent d’autre chose.
Des présidentielles tous les 3 ans voilà qui aiderait à maintenir la relative paix sociale qui précède les élections.
Ne leur donnons pas trop d’idées.

22/03/2012 00:44 par Bonjour

Ce que dit Rocard est très clair. Il n’y a rien de facho dans son énoncé. Bien entendu, nous ne souhaitons pas en arriver à cette extrémité, mais la bulle privée est trop menaçante - les créanciers exigent la privatisation de pratiquement tous les services publics, tandis que la population s’appauvrit, doit revendre ses biens. La souveraineté est menacée à un point tel que seule l’armée pourrait défendre le secteur public et le patrimoine grec. J’aime beaucoup son expression de "bulle privée". Bien vu Rocard.

22/03/2012 14:12 par Bonjour

Avant d’avoir lu cet entretien avec Michel Rocard rapporté opportunément par M. Gensane, je pensais à quelque chose de similaire :

La création par les citoyens et les parlementaires grecs d’un comité de sauvegarde du patrimoine public et des particuliers.

Comment se fait-il qu’une dette publique puisse être doublée en quelques années seulement, avec des créanciers allant jusqu’à exiger au plus fort de la crise des taux approchant les 20% (je crois avoir lu 17% si je me souviens bien).

L’imposition qui en résulte appauvrit la population et contrecarre l’activité économique.

A ce stade, ce n’est plus de l’usure, c’est du vol.

Et contre le vol à grande échelle, il n’y a plus qu’un rempart. Une protection de type militaire.

Il faut relire la liste des biens publics privatisés. C’est écoeurant. Un grand nombre de ministères, des installations portuaires, des infrastructures, des mines (ressources naturelles). Les biens de l’église orthodoxe sont également visés... Tout y passe.

Il s’agit donc ici d’une mesure de sauvegarde contre l’usurpation injuste, pas de l’instauration d’une dictature.

Cette mesure de sauvegarde n’est pas incompatible avec le multipartisme.
Au contraire, elle serait une garantie pour la démocratie, par le maintien du service public.

Le totalitarisme qui nous menace, c’est celui d’une oligarchie privée, hypertrophiée au point qu’elle contrôle les finances publiques, l’essentiel de la propriété, les médias (dont les "divertissements" qui nous conditionnent), la sécurité, le judiciaire, les partis politiques, l’essentiel des rouages économiques et des sources de revenus.

Voilà où est le danger du totalitarisme aujourd’hui.

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