RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibeseBuzz
 
11 

Syrie : nouvelle donne ?

Le « printemps » syrien va probablement se faire entre Syriens. Le chef de l’armée des Etats-Unis, le général Martin Dempsey, nous en bouche un coin. Il dit qu’il est « prématuré de prendre la décision d’armer l’opposition en Syrie » et « met au défi quiconque d’identifier clairement ce qu’est le mouvement d’opposition en Syrie actuellement ». De toute évidence, le monsieur n’est pas en phase et se fiche de l’être avec les « amis de la Syrie » et avec les médias qui, eux, savent ce qui se passe et qui est le mouvement d’opposition. Il faut deviner que le général dont l’implication est autrement plus risquée et coûteuse que celle des propagandistes, s’informe ailleurs que chez le gars de l’OSDH planqué à Londres et ne s’amuse pas. Pour être plus explicite, il s’épanche : « Il y a des informations selon lesquelles Al-Qaïda est impliqué et qu’ils cherchent à soutenir l’opposition. Je veux dire qu’il y a plusieurs intervenants et que chacun essaye de jouer sa partition propre pour renforcer sa position ». Il en rajoute une couche : « La Syrie est une arène en ce moment où tous les divers intérêts essaient d’intervenir ». Dommage qu’il n’en dise pas plus que ce qu’il sait réellement, mais à la bonne heure !

On apprend de source sûre que la situation est loin d’être aussi nette que l’on veut nous faire accroire. Notons qu’à aucun moment il n’a fait allusion à un bombardement dont seraient victimes des populations civiles. Ainsi, on comprend pourquoi les bruits de botte se sont particulièrement faits discrets et pourquoi le Tunisien chargé de parler au nom de la « communauté internationale » répète à qui veut l’entendre qu’il est contre une intervention militaire. Pathétiquement, il dit qu’il ne veut pas d’un scénario à l’irakienne. Il aurait pu tout autant se référer au cas des voisins Libyens, propulsés dans une effroyable situation de non-droit.

Dans la foulée, il est intéressant de constater les effets de l’euphorie va-t-en guerre sur les journalistes des médias engagés dans l’affaire. Un éditorial d’un quotidien algérien en plein dans la verve « printanière » a fait une fleur à Hitler, en le déclassant dans le palmarès des criminels de guerre et en plaçant devant lui Bachar El Assad. L’argument de l’auteur se veut convaincant : Hitler n’a pas tué des Allemands, il a tué « des juifs, des tziganes et d’autres peuples », Bachar a tué des Syriens. C’est pour dire qu’on ne sort jamais indemne si on ne fait pas attention à ne pas se laisser porter allègrement par les vents dominants. Le plus sûr est de ne pas devancer l’appel. Quand on est dans ce type de disposition, il faut marcher au pas et rester à l’écoute des décideurs, surtout qu’ils sont autant imprévisibles que la Bourse qui dicte leurs politiques. Le mieux, toutefois, serait bien évidemment de se méfier de toute opération qui enthousiasme ceux dont on sait les sentiments à l’égard des indigènes, se voudraient-ils « démocrates », comme il sied pour entrer dans leurs bonnes grâces et se donner l’illusion de s’être émancipé à leur regard.

Les Syriens quant à eux vont élire leur premier Parlement qu’ils souhaitent représentatif. Ils nous diront peut-être s’il valait mieux cela qu’un CNT largué par l’OTAN. Pour les Libyens nous connaissons la réponse, y compris de la bouche des « révolutionnaires ».

Ahmed Halfaoui

http://www.lesdebats.com/editions/220212/les%20debats.htm#H

URL de cet article 15935
Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?
Jean BRICMONT

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impostures intellectuelles », avec Alan Sokal, (Odile Jacob, 1997 / LGF, 1999) et « A l’ombre des Lumières », avec Régis Debray, (Odile Jacob, 2003).
Présentation de l’ouvrage
Une des caractéristiques du discours politique, de la droite à la gauche, est qu’il est aujourd’hui entièrement dominé par ce qu’on pourrait appeler l’impératif d’ingérence.
Nous sommes constamment appelés à défendre les (...)

Agrandir | voir bibliographie

 

"Nous avons tiré sur un nombre considérable de personnes et en avons tué beaucoup, et pour autant que je sache, aucune de ces victimes ne représentait une menace établie pour nos forces".

Stanley McChrystal, ex Commandant des forces armées U.S en Afganistan
(Propos publiés dans l’hebdomadaire "Época" , Brésil, n° du 12 avril 2010).

La vérité éclate : un accès de franchise de la Banque d’Angleterre démolit les bases théoriques de l’austérité. (The Guardian)
On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ». La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche. Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de (...)
15 
Colombie : Le poids des maux, le choc des photos.
Vous avez oublié les photos (bidons) du faux charnier de Timisoara en Roumanie ? En décembre 1989, elles démontrèrent au monde entier la férocité du régime communiste roumain. La presse avança le chiffre d’une dizaine de milliers de morts. Ceausescu renversé et exécuté, on a appris que les cadavres (moins de 200) avaient été sortis de la morgue d’un hôpital pour une mise en scène politico-macabre que les médias avalèrent illico et propagèrent urbi et orbi sans chercher à vérifier. Et voici que nous en (...)
12 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
17 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.