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Thème : Antonio Gramsci

Gramsci : les relations internationales au prisme de l’hégémonie

Robert COX

En le réduisant l’hégémonie à un simple synonyme de « domination », nombre d’auteurs et autres spécialistes des relations internationales oublient qu’un important mouvement théorique inspiré des idées d’Antonio Gramsci a donné à ce concept une approche bien plus subversive, qui permet notamment une analyse critique poussée des mécanismes qui régissent l’ordre mondial. Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’essai “Gramsci, Hegemony and International Relations : An Essay in Method”, avec lequel Robert Cox posa en 1983 la première pierre du courant néo-gramscien. Une grille de lecture qui reste plus que jamais utile pour tenter de mieux comprendre les structures qui sous-tendent le système international actuel.

Préambule du traducteur Le concept d’hégémonie est employé depuis de nombreuses années dans le champ des relations internationales d’une manière qui néglige considérablement son potentiel critique, étant presque exclusivement associé à l’idée de domination. Il est par exemple très souvent utilisé en géopolitique pour qualifier la nature du pouvoir exercé par la puissance en position de force et en mesure d’imposer sa volonté aux autres États sur la scène internationale. Or, c’est faire abstraction d’un important courant qui, à partir des années 1980, a transposé à l’ordre international l’approche du concept d’hégémonie développée par le théoricien politique italien Antonio Gramsci (1891-1937), pour qui ce terme impliquait aussi – au-delà de la simple domination – la dimension idéologique du processus d’instauration et de maintien de la subordination consentie d’un groupe au profit d’un autre. Le canadien Robert Cox (1926-2018) fut le premier à introduire le concept d’hégémonie au sens gramscien dans le cadre de (...) Lire la suite »

Antonio Gramsci et la bataille contre le fascisme (Truth Dig)

Chris HEDGES
Antonio Gramsci écrivit ses Cahiers de prison à une époque assez peu différente de la nôtre. Les partis politiques dirigés par la classe libérale, parce qu’ils s’étaient détachés de la classe ouvrière, étaient faibles ou insignifiants. La gauche radicale avait été neutralisée et avait échoué à formuler une vision alternative au capitalisme. Il y avait une « crise d’autorité ». Le fascisme montait et la répression d’État devenait de plus en plus dure et totalitaire. Le régime de Benito Mussolini réclamait, comme notre État corporatiste, que soit installé un gouvernement basé sur l’efficacité, la méritocratie, la gestion de la société par des experts et des spécialistes et l’élimination de la lutte de classe par la médiation. Il célébrait également les valeurs militaires « héroïques », le traditionalisme et un passé mythique qui remontait, dans le cas de l’Italie fasciste, à l’ancienne Rome. Il récompensait aussi le conformisme et la loyauté, dénigrait les humanités et la culture au profit de la formation professionnelle et (...) Lire la suite »
Quand Gramsci analyse l’élection du chérubin du CAC 40

La « révolution passive » En Marche ! 

PERSONNE

Merci !

Vous avez sauvé et la République et les valeurs.
Vous avez sauvé et la Démocratie et les apparences.

Chère aimable clientèle, la bourse vous en saura, assurément, gré.

D’accord, on vous a un peu forcé la main, c’était un peu à l’insu de votre plein gré, mais sachez que c’était au nom du bien.

Bien évidemment, de méchantes langues diront que cela ressemble au casse du siècle (avant la casse sociale). N'empêche, ce fut un casse sans effraction, tout en douceur, tout en communication, tout en manipulation du corps électoral. Ouf ! C'est le soulagement général. Le troupeau a bien réagi, il a même oublié l'origine de ses maux du quotidien. On ne manquera pas de faire appel à sa sagesse à la prochaine occasion, à la prochaine échéance. À la vue du loup, comme un seul, ils se sont mis en marche, oubliant que certains furent, sont ou seront précipités dans l'abîme. Les moutons, avec leur naturel placide, ne se sont pas demandé les raisons de la présence du loup dans les parages. Il est là pour mieux les canaliser (détourner la contestation sociale), pour éviter qu'ils ne sortent du cadre établi. Le ban, l'arrière-ban, tout le monde a été convoqué. Dommage que cet élan spontané ne vienne pas s'inviter plus souvent : l'Humanité en serait durablement changée ! La mascarade a bien fonctionné, la (...) Lire la suite »

Le grand Gramsci : un projet alternatif de gauche à imaginer (Global-e)

Dayan JAYATILLEKA, Jean-Pierre PAGE

LGS présente ici un article de Dayan Jayatilleka suivie d’une réaction de Jean-Pierre Page.

Dans la construction d'un nouvel imaginaire public, comme dans toute autre forme d'activité humaine, vous êtes pris entre deux réalités : vous devez rebrousser chemin jusqu'au point où vous vous êtes trompé, mais vous ne pouvez pas rentrer chez vous. La crise politique actuelle nécessite des réponses aux réalités de notre temps, l'ordre mondial actuel à la fois dans ses dimensions politiques et économiques, que certains marxistes pourraient définir comme l'impérialisme néolibéral. « Notre temps » ici se réfère à l'histoire du monde après la chute du socialisme mondial. A gauche ou au centre-gauche progressiste, il y a une absence d'imaginaire public global. Ou plutôt, il n'est plus « global ». Ce que nous avons, ce sont des blocs d'opinions concurrents, chacun contenant des éléments légitimes et justifiables. Mais ces blocs d'opinion concurrents et intérieurement contradictoires s'entrechoquent et se confondent, pour former des ensembles complexes, hétérodoxes et fluides sans précédent. Entretemps, au (...) Lire la suite »

Gramsci, les « monstres », l’hyperpatriarcat et les intégrismes religieux.

Christian DELARUE

On cite beaucoup cette phrase de Gramsci en ce moment (1) : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Gus Massiah, ce vieux militant tiers-mondiste avant d’être altermondialiste (2), l’a encore fait le 28 janvier dernier à Paris lors de la réunion de refondation de la Fondation Copernic.

On a beaucoup cité dans cette réunion de la Fondation Copernic le néolibéralisme ou le capitalisme financier comme « monstre » qui sape les quelques bases conquises (en 36, en 46, plus tard encore en France) d’une civilisation démocratique sociale et écologique pourtant largement à construire (pour mériter le nom de socialisme ou d’éco-socialisme). On a moins évoqué le FN qui instrumentalise le féminisme sans jamais parler d’égalité. Tout comme tous les intégristes religieux de la planète. Ne les oublions pas ! Contre des rapports sociaux millénaires d’inégalités hommes - femmes. L’égalité hommes - femmes et la liberté des femmes constituent une conquête partagée par de nombreuses femmes et de nombreux hommes progressistes (qui ne se disent pas tous pour autant pro-féministes faute de s’y reconnaitre dans les différents courants), une conquête de civilisation fragile et à affermir certes, mais aussi à défendre face aux contre-mouvements réactionnaires dont le FN et les intégristes religieux qui, l’un et (...) Lire la suite »

Qui sommes-nous, où allons -nous ?

Mauris DWAABALA

Quelques réflexions inspirées par la lecture de notes du penseur révolutionnaire italien A. Gramsci (1891-1937).(*)

Voir et prévoir Est-il difficile, sinon impossible, de dresser un tableau objectif d'un état social et économique ? Une sorte d'instantané photographique ou bien, encore mieux, le mouvement de cet objet saisi dans sa complexité, comme le ferait une séquence vidéo ? Avec l'assurance que le plan suivant va arriver en respectant une certaine logique ? Ce que la plupart des experts patentés ne se privent pas de faire, implicitement le plus souvent. Aujourd'hui il est déjà délicat d'affirmer ce qui fait société, autrement que sur les plans culturel, politique, national et historique bref, idéologiques et encore... : le fait de pouvoir manger dans un Mc Donald ou de porter des jeans sur à peu près toute la planète, au moins dans ses grands centres urbains, ou d'y débarquer dans un aéroport sont-ils suffisants ? La France ? Douteux tant sa dépendance économique à l'égard du reste du monde est forte. L'Europe ? Non moins douteux, pour la même raison, mais aussi à cause du disparate de ce qui la compose. Le (...) Lire la suite »