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Thème : Culture

L’époque, un documentaire de Matthieu Bareyre

Dominique MUSELET
J’ai été invitée jeudi dernier à une projection privée du documentaire de Matthieu Bareyre qui sort le 17 avril. Je me suis mise tout au fond de la salle parce que dans beaucoup de documentaires les images bougent beaucoup trop. Les réalisateurs pensent peut-être que ça fait plus moderne, mais moi ça me donne le mal de mer ! J’ai vite été rassurée. La qualité, aussi bien visuelle que sonore, était au rendez-vous, bien que le film soit entièrement tourné de nuit. Rien à redire de ce côté. Ma seconde crainte, c’était de m’ennuyer. Je savais que le film portait sur la jeunesse en révolte/recherche, un sujet que je connais trop bien en tant que grand-mère de quatre jeunes. Allais-je me payer une nouvelle leçon de morale sans issue ? Je ne me suis pas ennuyée du tout. Le film n’a pas la prétention de nous apprendre quoi que ce soit ni de nous culpabiliser. Il nous fait voir les deux côtés de la pièce. Les témoignages de jeunes sincères, drôles ou désabusés sont entrecoupés de scènes d’affrontements avec la (...) Lire la suite »

Le film "Ni juge, ni soumise" : du voyeurisme qui laisse un goût amer

Luk VERVAET

La 44e cérémonie des César récompense le documentaire belge qui a conquis 230 000 spectateurs en France...

Comment faire un film de non-fiction sur la Justice, un documentaire, qui sera projeté dans les grandes salles de cinéma et rapportera du fric ? Rares sont ceux qui y sont parvenus. Le réalisateur et le cameraman (« légendaires » et « historiques » selon la RTBF) de Strip Tease et de Tout ça ne nous rendra pas le Congo y sont, eux, arrivés en produisant Ni juge, ni soumise. Le film fait un tabac et le grand public s’amuse. Avec un titre accrocheur, volé de l’organisation antifoulard « Ni putes, ni soumises », il met littéralement en scène une juge qui se veut atypique, sans complexes, face aux déchets humains de la société qui défilent dans son bureau, à visage découvert, avec, en trame de fond, le cold case étasunien à la belge de deux meurtres sur des prostituées. Le contenu est zéro, on n’apprend rien, mais ça marche. D’un côté l’image de la juge qui a tout vécu et qui n’est plus perturbée à la vue d’un cadavre, que ce soit en Belgique ou en Syrie. Son aspect bobo humour cynique, assaisonné de blagues (...) Lire la suite »

Expressions du monde

Jean-Pierre BREGNARD
Cet ouvrage a nécessité treize ans de travail rigoureux en collaboration avec une vingtaine de bilingues, pour transcrire, dans une quinzaine de langues du monde (représentatives des grandes familles linguistiques), des expressions plus ou moins équivalentes sur les situations de base de notre condition humaine, soit environ 300 « contextes » placés sous des « étiquettes » sémantiques pouvant englober diverses nuances. Ce livre réunit également près de 7 000 expressions françaises avec leurs origines et explications, faciles à retrouver grâce à un index alphabétique. En suivant le même canevas, cet ouvrage pourrait être réalisé dans beaucoup d’autres langues, représentant un nombre toujours plus élevé de lecteurs et de cultures. Dans les écoles, cet ouvrage ne peut qu’ouvrir à la communication et à l’approche des langues. Ce livre se prêtera également à toutes sortes de jeux de devinettes. Celui ou celle qui n’a pas trop envie de se creuser le citron peut aborder ce livre, au-delà de l’introduction, sous (...) Lire la suite »

Info anodine pour les écrivains naïfs qui se croient libres d’écrire.

Maxime VIVAS

Vivendi, mastodonte qui possède en partie Universal Music Group, la maison de disques qui vient de censurer un rappeur irrespectueux envers Brigitte Macron (1) vient d’acheter pour 900 millions d’euros Editis, 2e groupe éditorial français.

Editis ? Lisons Livres Hebdo https://www.livreshebdo.fr/article/vivendi-acquiert-100-deditis « Le groupe est implanté en éducation, référence, littérature générale, jeunesse, illustré à travers plusieurs filiales : Place des éditeurs (Plon, Perrin, Presses de la Renaissance, Acropole, Belfond, Hemma, Hors collection, Langue au chat, Omnibus, Pré-aux-Clercs, Presses de la Cité, la licence Lonely Planet…), Robert Laffont (Julliard, Nil), XO/Oh ! éditions, Sonatine, Cherche-Midi, La découverte, Univers Poche (Pocket, PKJ, 10/18, Fleuve, Kurokawa, Langues pour tous, 12-21), Edi 8 (Plon-Perrin, Presses de la Renaissance, First, Gründ, 404, Les Escales, Le Dragon d’or, Solar, Tana, Slalom), Editis Education (Nathan, Bordas, Le Robert, Retz, Clé International, Syros, Dæsign), ainsi qu’Interforum (l'un des leaders de la distribution). Sous son impulsion, le groupe s’est renforcé récemment dans le numérique (édition, imprimerie…) et l’éducatifavec l’ESLSCA Paris Business School et l’EDC Paris Business School ». (...) Lire la suite »

Le goût du fantastique

Bernard GENSANE
Elsa Gribinski est une éditrice, une traductrice et une autrice très précieuse. Elle nous propose ici un recueil de petits bijoux de la littérature fantastique qu’elle contextualise et remet en perspective. Quand on se plonge dans la littérature fantastique, le passage obligé – et cela fonctionne de Maupassant à Lafcadio Hearn en passant par le Cyclope d’Homère – est cette analyse de Tzvetan Todorov, dans son Introduction à la littérature fantastique : « Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons, sans diables, sylphides, ni vampires, se produit un événement qui ne peut s’expliquer par les lois de ce même monde familier. Celui qui perçoit l’événement doit opter pour l’une des deux solutions possibles : ou bien il s’agit d’une illusion des sens, d’un produit de l’imagination et les lois du monde restent alors ce qu’elles sont ; ou bien l’événement a véritablement eu lieu, il est partie intégrante de la réalité, mais alors cette réalité est régie par des lois inconnues de nous. Ou bien le (...) Lire la suite »

Un sculpteur hitlérien débarque à Roubaix

M.R.

Comment célébrer un artiste pro-nazi en toute discrétion ? Voilà le défi du Musée de La Piscine et de la ville de Roubaix qui s'apprêtent à inaugurer la reconstitution de l'atelier d'Henri Bouchard le 20 octobre 2018 dans sa toute nouvelle extension. Sculpteur Vichyste officiel, militant de la politique culturelle du Reich, il se proposait « d'assainir les Beaux-arts » contre le complot d'une « organisation occulte et internationale de marchands ».

Le musée roubaisien La Piscine(1) inaugure son extension à 8 millions d'euros afin d'y reconstituer l'atelier parisien d'Henri Bouchard. Vous n'y couperez pas. L’évènement sera couvert par le Journal des Arts, France Culture fête la réouverture avec une semaine spéciale à Roubaix, La Voix du Nord et France 3 se préparent à l’événement. Mais personne pour évoquer le passé de l’artiste. Car il y a un hic : comment célébrer un artiste antisémite qui chantait les louanges de la politique culturelle hitlérienne sans passer soi-même pour un antisémite ? Le Hic Henri Bouchard (1875-1960) fut un artiste raciste, antisémite, membre du Groupe bien-nommé « Collaboration », une organisation d’intellectuels militant pour un européisme nationaliste et autoritaire. À la fin de l’année 1941, Bouchard part en goguette en compagnie d’autres artistes (2) français pour l’Allemagne nazie, à dix kilomètres du camp de Buchenwald, et quatre ans après l'exposition Art dégénéré à Munich ; terme inventé par le régime nazi pour interdire (...) Lire la suite »

Le blues de Cunégonde ou le népotisme dans la chanson française...

Jean LECENDENT

La censure ? Bien sûr qu’elle existe dans le domaine de la chanson, de la musique et plus que jamais !

1) Elle est dictée et basée sur les forces de l'argent, le népotisme et ses cohortes de pistonnages multiples ( les relations /ou pas en lien et appartenance à ses origines sociales, fils ou filles à papa ou les enfants de la baballe, le bon goût / le mauvais goût, ce qui est bien / ce qui ne l'est pas, ce qui est tendance / ou pas, à la mode / ou ringard, etc ... ). Bref, le capitalisme dans sa version la plus putréfiante : l'ultralibéralisme, avec un plus socialo-bobo : les « aides » aux associations génétiquement compatibles ( c'est-à-dire qui ont toutes une incroyable et très similaire vision artistico-culturelle ) qui sous le prétexte d'un rééquilibrage en faveur de la jeunesse, de la création etc., enfoncent encore plus le clou à droite dans la gorge de ceux qui n'ont pas l'esthétique du moment ou de convenance. (un des "monuments" en matière d'hypocrisie sélective et du bon goût temporel, institutionnalisé, ex : le festival de Bourges ) Pour pouvoir être écouté quand tu fais de la musique il faut (...) Lire la suite »
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« Belle » journée !

Bernard GENSANE
Des linguistes, des sociologues l’ont exprimé il y a bien longtemps : la langue que nous parlons n’est pas en nous. Nous sommes dans la langue. Une des raisons pour lesquelles, lorsque le capitalisme financier nous oblige insidieusement à nous exprimer en anglo-américain, dans la langue de Wall Street, en globish, il se commet un crime d’acculturation contre notre intelligence, notre intégrité, notre identité. Nous entrons dans la langue comme dans un costume déjà taillé pour nous. En tant que “ garçon ”, je ne peux pas me représenter à quel point une fille française, souffre lorsqu’on lui dit, dès la prime enfance, qu’elle appartient par raccroc au genre humain car elle n’est pas un “ Homme ”. Comment reçoit-elle, dès les petites classes, la notion que, en grammaire, en “ bon français ”, le masculin l’emporte sur le féminin ? Ce costume prêt-à-porter dans lequel nous entrons tout petits, la langue de notre mère, la langue de l’école, est, comme l’a formulé Émile Benveniste, « nécessairement l’instrument (...) Lire la suite »

El Presidente ou la démocratie à huis clos

Rosa LLORENS
Qu'arrive-t-il donc aux réalisateurs qu'on tenait pour des valeurs sûres ? Raoul Peck, auteur de l'anti-colonialiste Lumumba en 2000, plus récemment de I am not your Negro, réflexion sur le racisme consubstantiel aux Etats-Unis, a commis un Jeune Karl Marx, sorti cet automne, où notre Charly forme avec Jenny sa femme (parité oblige !) et Freddy (Friedrich Engels) un trio de joyeux lurons dont le slogan est "Je triompherai et [accessoirement] je changerai le monde". On y apprend essentiellement que Marx prenait à son petit déjeuner, non pas du café, mais de la soupe à l'oignon, soupe qui est devenue la tarte à la crème des critiques, s'extasiant sur l'exactitude de la reconstitution historique. Le Palestinien Hany abu-Assad (Paradise Now, Omar), après avoir réalisé pour le Qatar et autres émirats pétroliers un consensuel et hollywoodien Chanteur de Gaza (2015), est passé avec armes et bagages à Hollywood pour tourner avec Kate Winslet un film d'amour et de montagne (La montagne entre nous). Dans le (...) Lire la suite »
Un poète, un homme hors du commun.

PEY, PEY, PEY

Jean ORTIZ

Serge Pey est un extraordinaire poète, dans tous les sens du mot : qui sort de la règle, de l’usage ordinaires, qui n’est pas courant, exceptionnel, inhabituel, qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité, qui s’écarte énormément du niveau moyen, ordinaire, qui, par ses qualités, sort de la moyenne, qui est très grand, intense, immense.
C’est un militant qui a mené la lutte clandestine dans le Chili de Pinochet.
C’est un de mes amis.
C’est un lecteur assidu du Grand Soir qu’il a défendu quand nous étions sous la grêle des calomnies.

Quelle bonne nouvelle que l’attribution du plus grand prix littéraire pour la poésie à cet homme-là !
Son ami Jean Ortiz (qui se ressemble s’assemble) lui rend hommage dans un article publié par l’Humanité.
Lisons, nous en serons meilleurs. Et plus heureux.

Maxime Vivas

Serge Pey, préfacier de notre « Vive le Che ! », vient d’être couronné à l’unanimité du Prix Apollinaire de poésie 2017, prix prestigieux s’il en est, équivalent d’un Goncourt de poésie. Créé par Cocteau en 1941. Couronné ! Le libertaire Serge Pey a dû goûter comme il se doit la saveur du mot, lui, le coupeur de têtes non-pensantes. Il est difficile d’écrire sur un copain. Nous savons tous que Serge et son œuvre méritent... un mausolée, ou le Nobel !! Pour le mausolée, il y est réfractaire ; et comme l’homme au chapeau noir ne se vend pas, le Nobel n’est pas pour deux mains. Ce prix lui a été décerné sur la terrasse du célèbre café littéraire Les deux magots, où Apollinaire avait ses alcools. Nul doute que Serge adore les magots !! Il a passé une vie à s’enrichir, à s’enrichir des autres, des luttes, des rêves, des résistances, des roseaux de pluie des indiens mexicains, des hallucinations au peyotl, des combats avec le MIR de Miguel Henríquez... Il y a trente ans, je l’avais invité pour réaliser une « performance (...) Lire la suite »
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