RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
Thème : Culture

Compliqué

Bernard GENSANE
Un des mots les plus utilisés par les médias neuneux et les politiques médiocres est “ compliqué ”. Il s’agit là d’une de ces nombreuses simplifications qui appauvrit la langue française dans son sémantisme, et donc la pensée qui va avec. Ce type de phénomène est toujours, pour partie, idéologique. Ces assassins de notre langue utilisent “ compliqué ” en lieu et place, selon les contextes, de : complexe, alambiqué, recherché, ardu, nébuleux, difficile (je vous passe difficultueux), délicat, épineux, emberlificoté, byzantin, ardu, subtil, raffiné. Parmi deux ou trois dizaines d’autres termes. En fait, le plus souvent, on nous balance “ compliqué ” pour signifier “difficile ”. Mais en utilisant ce terme de manière floue, on opacifie la réalité et on on l’atténue lorsqu’elle est hostile. Dire « ce sera compliqué pour Jacques de se sortir de cette situation », c’est beaucoup plus doux et moins dramatique que « ce sera ardu ou épineux ». Et pourtant, l’adjectif compliqué n’est pas inintéressant en soi. Mais les neuneux (...) Lire la suite »
10 

La culture générale pour tous, une ambition scolaire dépassée ?

Olivier MOTTINT
Pour l’Aped, l’acquisition par tous les jeunes d’une « culture classique » constitue l’un des éléments constitutifs d’une Ecole véritablement démocratique. Pourtant bon nombre de discours, dont certains tenus par des voix se réclamant du progressisme, tendent à mettre en cause — ou du moins à relativiser — l’opportunité d’un tel objectif. La culture générale est ainsi suspectée d’être un simple instrument de domination, de reproduction ou de distinction sociale. Ou encore un encombrant bagage pour naviguer dans un « monde moderne en perpétuel changement », qui réclamerait bien davantage des « têtes bien faites » aptes à s’adapter plutôt que des têtes trop pleines de lourds savoirs invariablement présentés comme inertes... Alors, la démocratisation de la culture générale par l’Ecole... une ambition surannée ? La culture... Un élitisme excluant au service des dominants ? Ardent défenseur de la culture populaire, Claude Duneton (1979) écrivait ces lignes, il y a un peu plus de 40 ans : « C’est que nous croyons à la (...) Lire la suite »
22 
Ils ont à notre disposition un mode d’emploi de la vie, sans la vie

La Culture est une première nécessité

Guy CHAPOUILLIE

La mise à l’arrêt des remonte-pentes ne m’a pas remonté le moral. Je fais grise mine car j’ai la conviction d’être gouverné par une férocité bourgeoise, comme l’écrivit Pasolini dans « La rabia », avide de rentes et prête à sacrifier le peuple pour l’Unité d’une Europe libérale alignée sur les lois du marché peu soucieuses des communs qui font la cohésion et l’identité d’un peuple.

Or, Emmanuel Macron, fiévreux ou non, ce qui ne change rien, ne cesse de nous abreuver, jusqu'à la nausée, de segments de sa pensée où, s'il avoue désormais faire parti des gaulois récalcitrants, il montre à quel point il ne supporte pas vraiment la parole des autres. Il craint tout simplement ce qu'il nomme le commentaire permanent au nom d'une hiérarchie de la connaissance et de l'intelligence qu'il confond assez souvent. Pourtant quoi de plus légitime pour un peuple dans sa diversité que de tenter d'y voir clair, de la ramener, quoi ! Avec son entêtement de ne pas chercher à comprendre en dehors de ses choix, une lecture de Spinoza lui ferait le plus grand bien, il montre clairement que son principal souci est de trouver comment taire l'évocation fréquente du doute, le foisonnement des questions qui, au fond, ne sont que les manifestations d'une volonté de comprendre et d'y voir plus clair... Par exemple, pour faire face à la pandémie il y a eu une augmentation de 84 lits de réanimation en (...) Lire la suite »
13 

Macron, Fidel et la culture

Michel TAUPIN

« Au peuple, nous n’allons pas lui dire de croire, nous allons lui dire de lire » (Fidel).

Avez-vous remarqué qu’après son incroyable cadeau aux géants de la grande distribution, et face à la colère justifiée des libraires, Macron n’a pas choisi de reculer en laissant les librairies ouvertes, ce dont elles se seraient contentées, non, il a pris la décision la plus honteuse qui soit : interdire partout, y compris dans les grandes surfaces et les plateformes numériques, la vente de livres ! Quand il entend le mot « culture », Macron, lui aussi, sort son revolver... Comme Ariane Ascaride, je m’indigne que Macron n’ait à aucun moment prononcé, lors de son intervention télévisée, ce beau mot de « Culture ». C’est dire à quel point, pour lui et son gouvernement, cette « chose » est accessoire ! D‘ailleurs, avoir confié son ministère à la dénommée Bachelot, une des bouffonnes du spécimen emblématique de l’anti-culture, ce fagotin d’Hanouna, est une autre preuve de son mépris pour elle, mais aussi des craintes qui le hantent quand elle se répand dans les milieux populaires. Il sait trop bien ce que la culture (...) Lire la suite »

Jeune pape, nouveau pape : bis repetita non placent.

Rosa LLORENS
Dans Youth, Paolo Sorrentino mettait dans la bouche de Jane Fonda, refusant un rôle dans le film en projet d'un des héros, une apologie des séries : les films, c'est ringard, et les séries télé payent beaucoup mieux. C'était un plaidoyer pro domo, puisque le cinéaste devait déjà négocier, ou avoir signé, avec Canal Plus. Si Sorrentino y a sans doute économiquement gagné, le spectateur peut-il se féliciter de cette nouvelle donne ? Y a-t-il quelque chose à attendre des séries ? The Young Pope avait suscité de grandes attentes, et le générique du moins était très excitant, avec la marche triomphale de Jude Law, en parallèle avec la course de la météorite qui finissait par renverser de façon jouissive le pape Wojtyla, en référence à l'œuvre de Maurizio Cattelan. La question qu'on se posait, c'était : Sorrentino a-t-il quelque chose d'audacieux, de subversif à nous dire ? Certes, la réponse était écrite d'avance : une série grand public (et pour public payant) ne peut qu'être consensuelle. Et, de fait, pour nous (...) Lire la suite »

Les Misérables : un film formellement réussi mais idéologiquement décevant.

Rosa LLORENS

On avait beau y aller plein d’a priori (encore un film de banlieue, un remake de La Haine vingt ans après...), Les Misérables se révèle comme un excellent film, justifiant bien son prix à Cannes. Cependant, on est troublé, dans son enthousiasme, par le chœur de louanges des médias. On prend alors conscience que, malgré la violence, caractéristique des films de banlieue, celui-ci comme les autres, Les Misérables n’a rien de subversif : c’est sur ce plan, idéologique, qu’on peut faire des réserves.

La Haine donnait de la banlieue une vision mythologique : puisqu'on parlait d'exclus, de victimes de la société, il fallait que, dans le trio de jeunes, il y ait un Juif ; voilà donc la France défavorisée multiraciale : des Arabes, des Noirs, et des Juifs ! Le film est construit sur cette véritable escroquerie sociologique : parmi les victimes des contrôles musclés, des gardes à vue abusives, des bavures, il n'y a jamais de juif. Sur le plan sociologique, Les Misérables, eux, sont honnêtes : on y parle d'Arabes, de Gitans, de Noirs – et on voit même, dans une courte séquence, un « Gaulois » aux yeux bleus, converti à l'Islam. Ce qui n'empêche pas d'être surpris par la composition ethnique de la banlieue représentée (Clichy-Montfermeil) : il y a une énorme majorité de Noirs. De quoi donner raison aux thèses de Christophe Guilluy : non, les immigrés ne sont pas destinés à pourrir dans les banlieues « sensibles » ; on parle d'eux comme s'ils constituaient une population éternellement stable, à travers les (...) Lire la suite »

L’époque, un documentaire de Matthieu Bareyre

Dominique MUSELET
J’ai été invitée jeudi dernier à une projection privée du documentaire de Matthieu Bareyre qui sort le 17 avril. Je me suis mise tout au fond de la salle parce que dans beaucoup de documentaires les images bougent beaucoup trop. Les réalisateurs pensent peut-être que ça fait plus moderne, mais moi ça me donne le mal de mer ! J’ai vite été rassurée. La qualité, aussi bien visuelle que sonore, était au rendez-vous, bien que le film soit entièrement tourné de nuit. Rien à redire de ce côté. Ma seconde crainte, c’était de m’ennuyer. Je savais que le film portait sur la jeunesse en révolte/recherche, un sujet que je connais trop bien en tant que grand-mère de quatre jeunes. Allais-je me payer une nouvelle leçon de morale sans issue ? Je ne me suis pas ennuyée du tout. Le film n’a pas la prétention de nous apprendre quoi que ce soit ni de nous culpabiliser. Il nous fait voir les deux côtés de la pièce. Les témoignages de jeunes sincères, drôles ou désabusés sont entrecoupés de scènes d’affrontements avec la (...) Lire la suite »

Le film "Ni juge, ni soumise" : du voyeurisme qui laisse un goût amer

Luk VERVAET

La 44e cérémonie des César récompense le documentaire belge qui a conquis 230 000 spectateurs en France...

Comment faire un film de non-fiction sur la Justice, un documentaire, qui sera projeté dans les grandes salles de cinéma et rapportera du fric ? Rares sont ceux qui y sont parvenus. Le réalisateur et le cameraman (« légendaires » et « historiques » selon la RTBF) de Strip Tease et de Tout ça ne nous rendra pas le Congo y sont, eux, arrivés en produisant Ni juge, ni soumise. Le film fait un tabac et le grand public s’amuse. Avec un titre accrocheur, volé de l’organisation antifoulard « Ni putes, ni soumises », il met littéralement en scène une juge qui se veut atypique, sans complexes, face aux déchets humains de la société qui défilent dans son bureau, à visage découvert, avec, en trame de fond, le cold case étasunien à la belge de deux meurtres sur des prostituées. Le contenu est zéro, on n’apprend rien, mais ça marche. D’un côté l’image de la juge qui a tout vécu et qui n’est plus perturbée à la vue d’un cadavre, que ce soit en Belgique ou en Syrie. Son aspect bobo humour cynique, assaisonné de blagues (...) Lire la suite »

Expressions du monde

Jean-Pierre BREGNARD
Cet ouvrage a nécessité treize ans de travail rigoureux en collaboration avec une vingtaine de bilingues, pour transcrire, dans une quinzaine de langues du monde (représentatives des grandes familles linguistiques), des expressions plus ou moins équivalentes sur les situations de base de notre condition humaine, soit environ 300 « contextes » placés sous des « étiquettes » sémantiques pouvant englober diverses nuances. Ce livre réunit également près de 7 000 expressions françaises avec leurs origines et explications, faciles à retrouver grâce à un index alphabétique. En suivant le même canevas, cet ouvrage pourrait être réalisé dans beaucoup d’autres langues, représentant un nombre toujours plus élevé de lecteurs et de cultures. Dans les écoles, cet ouvrage ne peut qu’ouvrir à la communication et à l’approche des langues. Ce livre se prêtera également à toutes sortes de jeux de devinettes. Celui ou celle qui n’a pas trop envie de se creuser le citron peut aborder ce livre, au-delà de l’introduction, sous (...) Lire la suite »

Info anodine pour les écrivains naïfs qui se croient libres d’écrire.

Maxime VIVAS

Vivendi, mastodonte qui possède en partie Universal Music Group, la maison de disques qui vient de censurer un rappeur irrespectueux envers Brigitte Macron (1) vient d’acheter pour 900 millions d’euros Editis, 2e groupe éditorial français.

Editis ? Lisons Livres Hebdo https://www.livreshebdo.fr/article/vivendi-acquiert-100-deditis « Le groupe est implanté en éducation, référence, littérature générale, jeunesse, illustré à travers plusieurs filiales : Place des éditeurs (Plon, Perrin, Presses de la Renaissance, Acropole, Belfond, Hemma, Hors collection, Langue au chat, Omnibus, Pré-aux-Clercs, Presses de la Cité, la licence Lonely Planet…), Robert Laffont (Julliard, Nil), XO/Oh ! éditions, Sonatine, Cherche-Midi, La découverte, Univers Poche (Pocket, PKJ, 10/18, Fleuve, Kurokawa, Langues pour tous, 12-21), Edi 8 (Plon-Perrin, Presses de la Renaissance, First, Gründ, 404, Les Escales, Le Dragon d’or, Solar, Tana, Slalom), Editis Education (Nathan, Bordas, Le Robert, Retz, Clé International, Syros, Dæsign), ainsi qu’Interforum (l'un des leaders de la distribution). Sous son impulsion, le groupe s’est renforcé récemment dans le numérique (édition, imprimerie…) et l’éducatifavec l’ESLSCA Paris Business School et l’EDC Paris Business School ». (...) Lire la suite »
afficher la suite 0 | 10 | 20