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Thème : Culture

Mouvement ouvrier et cinéma d’horreur. Aux origines : du gothique au romantisme

Jacques FRANJU
Le gothique désigne à l’origine des vestiges architecturaux de l’époque médiévale anglaise [1]. Un temps oublié et moqué, il devient au cours du XVIIIème siècle de plus en plus apprécié, notamment par les artistes et certains membres de la haute société qui trouvent de la mélancolie dans les ruines. En même temps que cette recherche d’architecture médiévale anglaise se développe une redécouverte des romans de chevalerie. Ces histoires, à l’instar des légendes de la Table ronde, font souvent appel au fantastique, à la tradition et aux nobles élans de l’âme. Elles sont peu en adéquation avec les idées des Lumières et la vénération pour l’art grec de l’époque. Tout naturellement, ce mouvement de retour sur le passé anglais se fait en antagonisme avec le mouvement philosophique en cours en Europe, qui se moque des clichés et des croyances ridicules d’un autre siècle. Pour les Lumières, ces histoires sont surfaites et pleines d’idioties. Les œuvres réalistes et à portée pédagogique sont préférées car il est d’avis qu’elles (...) Lire la suite »

Tolstoï et l’art au temps des bûchers de livres

Roberto PECCHIOLI
Là où on brûle les livres, on finit par brûler aussi les hommes [à la vérité, en Ukraine, on a commencé par brûler les hommes, à Odessa, dès le 2 mai 2014, NdT], comme l’écrivait le poète allemand Heinrich Heine. En 2022, après le cheikh Omar au VIIe siècle avec la bibliothèque d’Alexandrie, somme de la sagesse antique [que les Chrétiens avaient déjà brûlée en 391 sous l’empereur Théodose ! NdT], le ministère ukrainien de la Culture (???), en continuité d’idées avec les bûchers nazis en 1933, a ordonné la destruction de 100 millions d’exemplaires de livres. Ce sont des textes en langue russe, ou traduits du russe, langue maternelle (interdite) de millions d’Ukrainiens. Ce décret, voulu par Volodymir Zelensky, n’épargnera pas Alexandre Pouchkine, Léon Tolstoï, Fiodor Dostoïevski et, dans le domaine artistique, il chassera Vassili Kandinsky, novateur de la peinture au XXe siècle. Nous ne savons pas si Gogol et Boulgakov, Ukrainiens qui écrivirent en russe, seront sauvés. C’est bien autre chose que la cancel culture ! (...) Lire la suite »
A propos du fameux : « Dans la Révolution, tout ; contre la Révolution, rien ».

Juin 1961 : Fidel Castro s’adresse aux intellectuels

Fidel CASTRO

Allocution de conclusion aux trois réunions tenues avec des intellectuels cubains (16, 23 et 30 juin 1961) à la Bibliothèque nationale José Martí, de La Havane, le 30 juin 1961.

Décadence : en France, 60 ans plus tard, notre président a réfléchi à ce qu’est une tenue vestimentaire « décente » et il a un avis sur le « crop top » (haut court).
LGS

Compagnes et compagnons À la fin des trois séances où vous avez discuté ce problème, où vous avez soulevé beaucoup de choses intéressantes, dont un certain nombre avait déjà été discuté, quoique d’autres n’aient pas eu de réponses – concrètement, il était impossible d’aborder tout ce que vous aviez soulevé – mon tour est venu. Je ne suis pas la personne la plus autorisée pour parler de ce thème, mais puisqu’il s’agit d’une rencontre entre vous et nous, je me dois de donner ici quelques points de vue. J’étais très intéressé par ces discussions. Je crois avoir fait preuve, comme on dit, d’une « grande patience » (rires). En fait, je n’ai dû faire aucun effort héroïque, parce que nos discussions ont été instructives et, à vrai dire, agréables. Bien entendu, nous qui sommes les hommes du gouvernement – c’est mon cas – nous ne sommes pas les mieux placés pour discuter des questions dans lesquelles vous êtes des spécialistes. Nous, ceux du gouvernement, les agents de cette Révolution, nous ne sommes pas obligés… ou plutôt, (...) Lire la suite »

The Last Hilbilly : on achève bien les hilbillies.

Rosa Llorens
Les critiques de The Last Hilbilly, unanimement positives, semblaient promettre une nouvelle vision de l’Amérique profonde, non plus la vision, moraliste, méprisante et haineuse, qu’en donnent les opinion-makers citadins des deux côtes, mais le péquenot vu par lui-même. Mais au lieu de l’anti-Easy Rider qu’on pouvait espérer, on a un Easy Rider aggravé, où c’est le hilbilly qui se condamne lui-même. Easy Rider, film culte de 1969, est présenté comme une ode à la liberté, symbolisée par les deux bikers qui traversent l’Amérique, dormant à la belle étoile, échappant à toute obligation sociale, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à des rustres violents, qui les haïssent « parce que, explique doctement le héros, Captain America, ils ont peur de la liberté ». Mais la conception de la liberté des deux bikers est singulièrement indigente : elle consiste à faire ce qu’on veut, sans être limité par aucune contrainte sociale. Pas de contrainte sociale, parce que les deux héros financent leur virée avec l’argent de la drogue, que (...) Lire la suite »
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200 mètres : le train-train en Palestine occupée.

Rosa LLORENS
Pour leur réouverture, les cinémas semblent nous avoir préparé une pochette-surprise de feel-good movies , dont le fleuron est l’hagiographique L’oubli que nous serons, avec l’inévitable Javier Cámara, spécialiste, avec le don qu’il a de se faire rougir le bout du nez pour exprimer des émotions intenses, du mélo. Que pouvait-on attendre de 200 mètres, d’Amine Nayfeh, co-production qataro-italo-suédo-jordanienne ? Mustafa habite chez sa mère, à 200 mètres de sa femme et leurs trois enfants, séparé d’eux par le Mur israélien ; lorsque son fils a un accident et que Mustafa veut aller le voir à l’hôpital, ces 200 mètres deviennent, suivant un schéma maintenant bien établi, une odyssée de 200 km. Qu’apporte cette énième variation sur le système d’apartheid routier israélien et de check-points où les Palestiniens s’entassent comme des poissons pris dans la nasse ? Dans Paradise Now, de 2005, où jouait déjà Ali Suliman, celui-ci menait, sur les chapeaux de roues, une discussion passionnée sur l’emploi de la violence, avec (...) Lire la suite »

Compliqué

Bernard GENSANE
Un des mots les plus utilisés par les médias neuneux et les politiques médiocres est “ compliqué ”. Il s’agit là d’une de ces nombreuses simplifications qui appauvrit la langue française dans son sémantisme, et donc la pensée qui va avec. Ce type de phénomène est toujours, pour partie, idéologique. Ces assassins de notre langue utilisent “ compliqué ” en lieu et place, selon les contextes, de : complexe, alambiqué, recherché, ardu, nébuleux, difficile (je vous passe difficultueux), délicat, épineux, emberlificoté, byzantin, ardu, subtil, raffiné. Parmi deux ou trois dizaines d’autres termes. En fait, le plus souvent, on nous balance “ compliqué ” pour signifier “difficile ”. Mais en utilisant ce terme de manière floue, on opacifie la réalité et on on l’atténue lorsqu’elle est hostile. Dire « ce sera compliqué pour Jacques de se sortir de cette situation », c’est beaucoup plus doux et moins dramatique que « ce sera ardu ou épineux ». Et pourtant, l’adjectif compliqué n’est pas inintéressant en soi. Mais les neuneux (...) Lire la suite »
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La culture générale pour tous, une ambition scolaire dépassée ?

Olivier MOTTINT
Pour l’Aped, l’acquisition par tous les jeunes d’une « culture classique » constitue l’un des éléments constitutifs d’une Ecole véritablement démocratique. Pourtant bon nombre de discours, dont certains tenus par des voix se réclamant du progressisme, tendent à mettre en cause — ou du moins à relativiser — l’opportunité d’un tel objectif. La culture générale est ainsi suspectée d’être un simple instrument de domination, de reproduction ou de distinction sociale. Ou encore un encombrant bagage pour naviguer dans un « monde moderne en perpétuel changement », qui réclamerait bien davantage des « têtes bien faites » aptes à s’adapter plutôt que des têtes trop pleines de lourds savoirs invariablement présentés comme inertes... Alors, la démocratisation de la culture générale par l’Ecole... une ambition surannée ? La culture... Un élitisme excluant au service des dominants ? Ardent défenseur de la culture populaire, Claude Duneton (1979) écrivait ces lignes, il y a un peu plus de 40 ans : « C’est que nous croyons à la (...) Lire la suite »
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Ils ont à notre disposition un mode d’emploi de la vie, sans la vie

La Culture est une première nécessité

Guy CHAPOUILLIE

La mise à l’arrêt des remonte-pentes ne m’a pas remonté le moral. Je fais grise mine car j’ai la conviction d’être gouverné par une férocité bourgeoise, comme l’écrivit Pasolini dans « La rabia », avide de rentes et prête à sacrifier le peuple pour l’Unité d’une Europe libérale alignée sur les lois du marché peu soucieuses des communs qui font la cohésion et l’identité d’un peuple.

Or, Emmanuel Macron, fiévreux ou non, ce qui ne change rien, ne cesse de nous abreuver, jusqu'à la nausée, de segments de sa pensée où, s'il avoue désormais faire parti des gaulois récalcitrants, il montre à quel point il ne supporte pas vraiment la parole des autres. Il craint tout simplement ce qu'il nomme le commentaire permanent au nom d'une hiérarchie de la connaissance et de l'intelligence qu'il confond assez souvent. Pourtant quoi de plus légitime pour un peuple dans sa diversité que de tenter d'y voir clair, de la ramener, quoi ! Avec son entêtement de ne pas chercher à comprendre en dehors de ses choix, une lecture de Spinoza lui ferait le plus grand bien, il montre clairement que son principal souci est de trouver comment taire l'évocation fréquente du doute, le foisonnement des questions qui, au fond, ne sont que les manifestations d'une volonté de comprendre et d'y voir plus clair... Par exemple, pour faire face à la pandémie il y a eu une augmentation de 84 lits de réanimation en (...) Lire la suite »
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Macron, Fidel et la culture

Michel TAUPIN

« Au peuple, nous n’allons pas lui dire de croire, nous allons lui dire de lire » (Fidel).

Avez-vous remarqué qu’après son incroyable cadeau aux géants de la grande distribution, et face à la colère justifiée des libraires, Macron n’a pas choisi de reculer en laissant les librairies ouvertes, ce dont elles se seraient contentées, non, il a pris la décision la plus honteuse qui soit : interdire partout, y compris dans les grandes surfaces et les plateformes numériques, la vente de livres ! Quand il entend le mot « culture », Macron, lui aussi, sort son revolver... Comme Ariane Ascaride, je m’indigne que Macron n’ait à aucun moment prononcé, lors de son intervention télévisée, ce beau mot de « Culture ». C’est dire à quel point, pour lui et son gouvernement, cette « chose » est accessoire ! D‘ailleurs, avoir confié son ministère à la dénommée Bachelot, une des bouffonnes du spécimen emblématique de l’anti-culture, ce fagotin d’Hanouna, est une autre preuve de son mépris pour elle, mais aussi des craintes qui le hantent quand elle se répand dans les milieux populaires. Il sait trop bien ce que la culture (...) Lire la suite »

Jeune pape, nouveau pape : bis repetita non placent.

Rosa LLORENS
Dans Youth, Paolo Sorrentino mettait dans la bouche de Jane Fonda, refusant un rôle dans le film en projet d'un des héros, une apologie des séries : les films, c'est ringard, et les séries télé payent beaucoup mieux. C'était un plaidoyer pro domo, puisque le cinéaste devait déjà négocier, ou avoir signé, avec Canal Plus. Si Sorrentino y a sans doute économiquement gagné, le spectateur peut-il se féliciter de cette nouvelle donne ? Y a-t-il quelque chose à attendre des séries ? The Young Pope avait suscité de grandes attentes, et le générique du moins était très excitant, avec la marche triomphale de Jude Law, en parallèle avec la course de la météorite qui finissait par renverser de façon jouissive le pape Wojtyla, en référence à l'œuvre de Maurizio Cattelan. La question qu'on se posait, c'était : Sorrentino a-t-il quelque chose d'audacieux, de subversif à nous dire ? Certes, la réponse était écrite d'avance : une série grand public (et pour public payant) ne peut qu'être consensuelle. Et, de fait, pour nous (...) Lire la suite »
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