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Thème : Grèce

Adults in the Room : un film engagé, estimable mais boiteux

Rosa LLORENS
Le film de Costa-Gavras a le mérite de remettre les projecteurs sur la Grèce et la catastrophe qu'elle vit depuis près de dix ans, et de nous montrer le vrai visage des institutions européennes. Mais c'est un film peu élaboré sur le plan formel, et on reste frustré par le point de vue adopté. « Et ceci se passait dans des temps très anciens » : depuis l'échec de l'expérience Syriza et la mise au pas de la Grèce, le silence médiatique pourrait faire croire que la Grèce a été « sauvée », comme l'annonçaient les plans de « sauvetage » successifs, depuis belle lurette (je ne me rappelais même plus le nom de Tsipras). En fait, cela se passait en 2015 : le film raconte les six mois, entre janvier et juillet, entre la victoire électorale de Syriza, et le renoncement au programme pour lequel elle avait été élue. Alors que la Grèce était déjà entre les griffes de la Troïka (Commission Européenne – BCE – FMI), sorte de tuteur, ou de Gauleiter qui lui avait été imposé, Syriza affirmait vouloir secouer le poids de la (...) Lire la suite »

Grèce. La chasse aux jeunes rebelles est ouverte.

Yannis YOULOUNTAS

Le nouveau gouvernement est en train de mettre en place une offensive sans précédent contre le mouvement libertaire et autogestionnaire, devenu gênant et réputé au fil des années. Le premier ministre fraichement élu et chef de la droite, Kyriakos Mitsotakis, a promis de « nettoyer Exarcheia » durant l’été et d’ « en finir avec Rouvikonas ». Au-delà du célèbre quartier libertaire et de l’insaisissable groupe anarchiste, c’est toute la nébuleuse révolutionnaire et le réseau squat qui sont visés, au moyen de divers outils et procédés répressifs.

Une fois de plus, ce qui se passe en Grèce donne à réfléchir sur ce qui se prépare également ailleurs en Europe, tant l’exemple grec a clairement montré la voie, par le passé, du nouveau durcissement du capitalisme sur le continent et d’une société toujours plus autoritaire. Le gouvernement va commencer par réactiver des lois scélérates déjà mises en place durant les années 20, qui visaient alors tout autant le parti communiste grec que les antiautoritaires. Cette fois, le but est, tout d’abord, d’entraver la propagande anarchiste en considérant littéralement son projet politique révolutionnaire comme une menace immédiate, donc passible en ces termes de poursuites judiciaires. Bref, une censure, non pas de la propagande anarchiste en tant que telle, mais en tant que « parole menaçante » à chaque fois qu’elle représentera un « danger pour l’ordre social et la paix civile ». Il s’agit également, notamment dans le cas précis de Rouvikonas, de classer ses actions directes pourtant sans effusion de sang dans la (...) Lire la suite »

Grèce : L’introuvable « retour à la normalité » sur fond de faillite historique de ses gauches !…

Yorgos MITRALIAS

Presque unanimement, tant les médias grecs et internationaux que les leaders des principaux partis grecs ont commenté les résultats des élections du 7 juillet en célébrant “le retour à la normalité” du pays dont la crise a défrayé la chronique européenne pendant la dernière décennie.

Retour donc à la normalité car l’addition des scores de Nouvelle Démocratie (39.9%) et de Syriza (31,4%) donne un écrasant 71,3% en faveur du bipartisme qui semble revenir en force après un intermède chaotique qui a vu des masses de citoyens abandonner les partis de leur vieux bipartisme traditionnel et se déplacer pratiquement d’une extrémité à l’autre du paysage politique en des temps record ! Et aussi, quelle meilleure preuve de la réalité de ce retour à la normalité que l’absence des députés de la très néonazie Aube Dorée des bancs du nouveau Parlement hellénique, ce qui annoncerait (?) la fin de ce pur produit d’une période agitée, mais désormais révolue... Alors, “retour à la normalité” ? Oui, sûrement, mais seulement en apparence. Et tout d’abord, parce que la crise historique (économique, mais aussi sociale et politique) qui a fait naître une Grèce qui ressemblait à l’Allemagne de Weimar comme deux gouttes d’eau, est toujours ici, indifférente aux exorcismes et autres vœux pieux que lui adressent (...) Lire la suite »

Grèce : les leçon d’un scrutin.

Antoine MANESSIS

"La pédagogie c’est la répétition" disait l’un de mes instituteurs.
Le peuple grec après celui d’Italie ou du Brésil vient de répéter donc quelques règles de grammaire politique dont les dirigeants des partis politiques, y compris chez nous, ne semblent pas comprendre.

1- Quand la gauche fait une politique de droite elle perd. Renzi ou Rousseff, pour reprendre nos deux exemples, en ont fait l'expérience. Et bien d'autres encore, France incluse, avec Mitterrand, Jospin, Hollande... En effet ceux qui votent pour la gauche s'en abstiennent quand celle-ci trahit les intérêts populaires. Et ce ne sont pas les débilités obscènes du PCF qui ose présenter Tsipras comme "rempart à la droite" qui changeront le vécu des ouvriers, des paysans et de la petite-bourgeoisie de Grèce et d'ailleurs. Tsipras est le fourrier de la droite cela est évident pour tout observateur honnête ce qui semble exclure l'HumaDimanche. Mais il est vrai que le PCF avait appelé à voter pour Macron au deuxième tour des présidentielles en 2017. On voit où mène l'obstination à servir de paillasson. Il faut donc souligner l'importance de l'abstention et constater que celle-ci est l'expression politique des classes populaires qui ne cèdent plus au chantage politico-médiatique dont la Une de l'Huma est (...) Lire la suite »
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Tsipras est venu, a trahi, et a perdu (analyse des élections grecques)

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Les élections législatives grecques ont rendu leur verdict ce dimanche 7 juillet. Au terme du scrutin le parti Nouvelle-Démocratie (droite conservatrice) l’emporte largement avec 39,85% des suffrages, confirmant ainsi sa victoire aux élections européennes de mai dernier.

Tsipras : la défaite de la trahison Les électeurs grecs ont sanctionné les promesses non-tenues et la trahison d’Alexis Tsipras et de Syriza, élus en janvier 2015 avec un programme censé transformer la Grèce et rompre avec les politiques d’austérité et les mémorandums qui avaient précipité le peuple grec dans la misère sociale. Pourtant, le 5 juillet 2015, le peuple grec donnait son accord à Tsipras pour refuser les injonctions de l’UE lors du référendum organisé à l’initiative du gouvernement où la question posée était : approuvez-vous le plan proposé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne, et le Fonds monétaire international ? Le Non l’emportait à 61,31% des voix, mais Alexis Tsipras préféra ignorer ce résultat et mettre au placard son programme pour rentrer dans le rang. Depuis, le Premier ministre grec, et son parti, n’ont fait qu’appliquer à la lettre les exigences de Bruxelles. Résultat : la confiance gagnée durement au prix de longues luttes politiques pendant plusieurs années a été (...) Lire la suite »

Le service public de santé en Grèce. Le financement d’Etat diminue encore ... Le système national de santé en déliquescence

Dimitris SOULIOTIS

Le carcan de la dette publique, les conventions de prêt et les mémorandums assassins, soutenus par le système bipolaire à deux partis, Syriza et N.D. (Nouvelle Démocratie, parti de droite), ont eu et ont toujours des conséquences particulièrement dures et inhumaines dans le domaine de la santé : les coupes drastiques dans ce secteur critique continuent. 

Les financements continuent de baisser Contrairement aux déclarations gouvernementales et conformément au budget de l'Etat pour 2018, le financement d'Etat des hôpitaux, des structures de santé régionales et du Système national de santé de premier degré* a diminué de 350 millions d'euros par rapport à 2017. Cette diminution est la conséquence des obligations qui découlent du « Mémorandum », en particulier du « Programme de stratégie financière à moyen terme (2018-2021) » imposé par l'Union européenne et signé par notre actuel gouvernement avec le plein consentement de Nouvelle Démocratie. Ces baisses, à la suite de celles des années précédentes, auront des conséquences particulièrement négatives dans les hôpitaux, où les phénomènes de ralentissement du fonctionnement et de déliquescence des services s'accentuent. La dotation d’Etat 2018-2021 fait diminuer de 617 millions d'euros les crédits d'achat d'appareils, de matériel, etc. Avec ces baisses, le Système national de santé (ESY) devra affronter des problèmes (...) Lire la suite »

Echec / succès dans l’Union Européenne

Ar ST

Depuis deux jours des réfugiés bloquent les voies à Athènes-Larissa après avoir acheté des tickets de train qu'ils ne peuvent pas utiliser, d'autres se rassemblent à Thessalonique sans vouloir retourner dans leurs camps suite à une rumeur qui annonçait l'ouverture de la frontière...

Ce que nous avons vécu aux frontières ces derniers temps avec les réfugiés et émigrés désespérés est encore un échec du traitement de la crise des réfugiés et émigrés. Des hommes qui ne veulent pas rester ici. Ici où on ne les veut pas. Où les voix de ceux qui veulent les renvoyer se multiplient. Des hommes qui veulent partir. Mais ceux qui ne les veulent pas ici...ne les laissent pas partir. Les lieux d'où ils viennent, un immense cimetière, à cause de ceux qui ont décidé de les enfermer ici... Qui les ont chassés de là-bas, qui ne les veulent pas ici, qui ne les laissent pas partir d'ici. La politique de l’UE et du gouvernement a lamentablement échoué. Les centres « d'accueil » sont devenus des lieux de martyre. Les droits humains sont réduits en déchets. Peut-être n'est-ce pas un échec... peut-être est-ce ce qui était recherché. Et que c'est un succès. Succès de transformer en enfer les fameux hot spots. Succès ces murs d’extrême droite dressés devant la logique. Succès de devenir assez (...) Lire la suite »

Quand l’Allemagne, qui refuse de dédommager les Grecs victimes de la Wermacht, verse des pensions aux fascistes espagnols de cette même Wermacht !

Yorgos MITRALIAS
(A l'occasion de la révélation du scandale des pensions que l'Allemagne continue de verser à des étrangers ayant servi le Troisième Reich, nous (ré)publions l'article qui suit, écrit et publié en décembre 2015, en tant que contribution au débat concernant les responsables de l'actuel réveil des pires démons de l'entre deux-guerres.) C’était la deuxième semaine d’octobre passé quand la nouvelle est tombée en Espagne comme une bombe : l’Allemagne paye – encore aujourd’hui (!) – des pensions aux fascistes espagnols qui ont combattu aux côtés de la Wehrmacht à Stalingrad ! À la suite de cette révélation, l’un après l’autre, presque tous les journaux espagnols déterraient des semaines durant le passé douloureux et consacraient nombre d’articles à l’infâme Division Azul (Division Azur) et ses 37 000 volontaires qui, avec la bénédiction du dictateur Franco, se sont trouvés il y a 73-74 ans en Russie pour prêter main forte à l’Allemagne nazie et à sa tentative d’écraser le... bolchevisme ! Le protagoniste, mais aussi le (...) Lire la suite »

Grèce : entre austérité, répression et trahison

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Depuis le mois de juillet 2015 et la trahison d’Alexis Tsipras la Grèce va mal. Elle était déjà dans une situation catastrophique suite aux divers plans d’austérité des gouvernements successifs de droite ou sociaux-démocrates. Mais l’élection de Syriza et de Tsipras aurait pu être source d’un renouveau. Une chose inédite en Europe où pour la première fois, si l’on excepte l’expérience chypriote de l’AKEL, un parti de la gauche dite radicale accédait au pouvoir et générait un immense espoir, non seulement en Grèce, mais dans toute l’Europe.

C’était pour toutes les forces progressistes la vision, enfin, d’un verrou qui cède, du premier domino qui tombe dans cette Europe ultralibérale minée de partout par l’austérité. Mais il n’en fut pas ainsi. Après quelques mois de révoltes et de bras de fer contre la Troïka (commission européenne, FMI, et BCE) le gouvernement grec cédait et se couchait, juste après avoir convoqué un référendum où le peuple grec s’était exprimé en majorité pour- justement- ne pas céder. Depuis Alexis Tsipras est devenu un élève sérieux des institutions européennes appliquant les cures libérales qui sont imposées au peuple grec sans jamais parvenir à une amélioration de la situation pour le peuple grec. Le gouvernement d’Alexis Tsipras a ainsi continué à appliquer docilement les politiques de privatisation des entreprises grecques. Mais les salaires et les pensions diminuent et la pauvreté et l’extrême pauvreté continuent d’augmenter. C’est le résultat normal d’une telle politique. Or, désormais ce libéralisme, voir cet (...) Lire la suite »

Grèce : le virage répressif du gouvernement Syriza (Jacobin magazine)

Stathis Kouvélakis et Costas Lapavitsas

Certains dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche. (...) La réalité est que, depuis leur capitulation en juillet 2015 à la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. (...)La seule différence avec les prédécesseurs est que Tsipras et son parti ont été élus en janvier 2015 précisément dans le but de renverser ces politiques. Leur revirement de l’été 2015 – survenu quelques jours seulement après un référendum au cours duquel 61% des électeurs ont rejeté l’imposition d’un plan d’austérité – fut un choc traumatique pour la société grecque. Au cours des trois années qui ont suivi, le cynisme de Syriza a entraîné une profonde démoralisation qui imprègne tous les domaines de la vie publique. La passivité et le découragement ont été les principaux facteurs qui ont permis la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité sans rencontrer d’opposition majeure.(...) Un seuil symbolique dans cette escalade répressive a été franchi le 26 septembre, quand Panagiotis Lafazanis, une figure respectée de la gauche radicale, a reçu une convocation pour répondre à des accusations concernant sa participation à des actions de protestation hebdomadaires contre les saisies et les ventes aux enchères. (...)

Certains dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche qui protège les intérêts des travailleurs et des défavorisés, dans des conditions très difficiles. Parmi eux, Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, qui a déclaré dans un récent entretien que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant »[1]. Pour ceux qui partagent ce point de vue, le tour que prennent les événements apparaîtra comme une mauvaise surprise. La réalité est que, depuis leur capitulation en juillet 2015 à la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. Le gouvernement Syriza a ainsi procédé à une réduction drastique des dépenses (...) Lire la suite »
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