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Thème : Haïti

A l’école de la nature pour innover l’indigence

Erno RENONCOURT

D'un côté, la nature comme modèle d'intelligence du haut de ses 3.8 milliards d'années d'innovation, malgré les turbulences, les violences, les errances, le chaos et l'instabilité. D'un autre, Haïti, 217 ans d'indigence, de réussite précaire, d'éloge de la servitude, de la laideur et de la médiocrité. Et si Haïti se mettait à l’école de la nature pour apprendre a ne plus fuir son terroir, mais à puiser dans ses déchirements le plus pâle rayon d’espoir pour le projeter dans le noir pour ceux et celles qui agonisent. Brillez de votre étincelle pour faire rougir le bois mort à côté de vous et irradier de colères indigentes les foyers de l’indigence.

L'eau et l'innovation dans la nature Pour innover et changer leur environnement, notamment les écosystèmes invariants, les groupes sociaux se doivent d'imiter la nature, pour autant qu'ils veuillent atteindre une performance globale. Galilée disait que la Nature est écrite en langage mathématique. Une manière subtile de nous dire qu'elle est une bibliothèque inépuisable à la découverte de laquelle il faut se laisser aller. Ce que du reste atteste une certaine injonction de Francis Bacon : pour commander à la nature, il faut lui obéir ! Au vrai, la Nature, c'est environ 3.8 milliards d'années d'innovation écologique et globalement performante. Il va sans dire que l'humanité ne peut que s'enrichir si elle s'en inspire. Mais encore faut-il qu'elle comprenne que la base de cette innovation permanente réside dans le génome qui symbolise l'intelligence du vivant et qu'on représente à l'échelle biologique comme une mémoire en double hélice assurant la reliance entre l'humilité et la générosité. (...) Lire la suite »

La mémoire de l’esclavage sous la peau

Erno RENONCOURT
Le blues de l’indignité Le contexte est si chargé qu'il fait déborder mon éloquence, à peine ai-je fini mon dernier texte sur Armstrong que les faits me sollicitent et me poussent à livrer un commentaire sur les évènements survenus à la frontière du Mexique et du Texas impliquant les migrants haïtiens. Image de la douleur qui rythme mon blues et me ramène en mémoire ce proverbe indigent qui exalte l’indignité : Pito nou lèd nou la (Mieux vaut être laid mais vivant). L’image de ce migrant pourchassé et frappé au lasso comme un animal, mais qui refuse de lâcher son plat pour défendre son honneur est révoltant, mais éclatant d’apprentissage. Car au fond, quel honneur reste-t-il à celui qui se déracine pour survivre ? Question qui fâche évidemment ! Car comme on s’en doute, son cas ne reflète pas l'indigence de son statut social. Lui, son déracinement est physique. Mais, il y a pire, comme le déracinement culturel et humain des élites haïtienne qui est aussi en résonance avec cette image. En effet, cette image (...) Lire la suite »
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Haïti entonne le Gangster Noster sur les ruines de l’État de droit

Erno RENONCOURT

Après 25 ans de réforme politique et judiciaire, portée par une experte et imposante ingénierie institutionnelle de renforcement, célébrée notamment par l'ONU et l’Union Européenne, Haïti entonne, en chœur, le Gangster Noster sur les ruines de l’État de droit. Où est l'erreur ?

Plus le rideau effiloché se dénude sur la scène hideuse du théâtre haïtien, plus l'intrigue devient macabrement odieuse. Et, conséquemment, plus machiavélique apparait le jeu criminel des acteurs qui s’y performent, plus nette et claire se révèle leur identité mafieuse et inhumaine. Si l’Italie a sa comedia del arte, Haïti peut s’enorgueillir d’avoir sa comédie des ratés. Les diplômes académiques, les prix littéraires, les distinctions honorifiques, les médailles des légions d’honneur qui ont été généreusement distribués dans le shithole ont produit l’effet voulu par les producteurs, les réalisateurs et les metteurs en scène des grandes mégapoles. Chemin faisant, là où généralement le talent se met en valeur par l’excellence et le sens des responsabilités pour faire briller l’intelligence éthique, en Haïti, c’est par une insoutenable indécence et indignité qu’on se bouscule pour entre dans l’enfumage pour réussir ou survivre. Et l’éternelle question qui revient et qui dérange : comment un peuple prétendument bourré de (...) Lire la suite »

Comprendre les crises en Haïti

Romain MIGUS

Haïti la belle, la rebelle. Première Nation à se libérer du joug colonialiste pour fonder une république solidaire qui soutiendra les velléités d’indépendance de ses frères latino-américains.

Si les noms de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines ou encore Jean-Bertrand Aristide peuvent encore résonner comme familier en dehors du pays, Haïti est devenu depuis quelques années, trop souvent synonyme de tragédie humanitaire et de catastrophe naturelle pour le plus grand nombre.

Cette tentative de « naturaliser » les problèmes économiques et sociaux a une double conséquence au sein de l’opinion publique internationale. D’une part, elle établit une tendance à s’en remettre au « hasard » ou à « la malchance » pour comprendre l’Histoire récente du pays. Comme conséquence de cette « naturalisation » des « problèmes » de l’ile, aucune cause politique n’est prise en compte au moment d’expliquer les situations de rébellion qui secouent Haïti depuis maintenant quatre ans. D’autre part, cette absence de référence politique laisse penser que les haïtiens sont incapables de résoudre seuls leurs problèmes économiques et sociaux. Et que, par conséquent, ils auraient besoin de manière récurrente d’une « aide » extérieure, qui, dans l’histoire du pays, s’est de nombreuses fois concrétisée par la violation de la souveraineté haïtienne. Pourtant, cette image d’Épinal d’un pays martyrisé par la fatalité est venue se fracasser sur l’icône d’un peuple en lutte, dont les mobilisations réunissent plusieurs centaines (...) Lire la suite »
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Haïti : L’algorithme de la défaillance

Erno RENONCOURT

Voici un nouveau témoignage à charge dans notre réquisitoire contre les faux semblants de la liberté d'expression qui sait si bien se dissimuler derrière les masques et les impostures pour enfumer les consciences. Nous donnons à nouveau écho de l'agonie du peuple haïtien, non pas pour attirer la pitié du monde, mais pour mettre le monde face à ses impostures.Toute agonie résulte toujours d'une sentence prononcée en haut lieu. L'effondrement d'un collectif est aussi une sentence programmée dans le cycle des renforcements institutionnels. C'est pourquoi nous cherchons à reconstituer son profil pour mettre à nu ses processus et sa boucle de résurgence. Une vraie démarche algorithmique pour faire vivre l'engagement citoyen.

La justice haïtienne entre assistance et défaillance ! Comme un nouveau motif, prolongeant, indéfiniment, l’excroissance hideuse de ses dysfonctionnements, le système judiciaire haïtien vient de graver sur le frontice des portes de ses tribunaux la devise de la friponnerie nationale : Nul ne sort blanchi des tribunaux et des cours en Haïti, s’il n’est diplomatiquement bien soutenu, politiquement corrompu ou économiquement bien pourvu. C’est la seule interprétation logique que l’on peut faire de l’incident survenu, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2020, au bureau du greffe du Tribunal de Première Instance (TPI) de Port au Prince. Incident par lequel sont portées disparues les pièces à conviction du dossier de l'assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval. Pour de nombreux observateurs, cette disparition de preuves matérielles, dans un dossier judiciaire si médiatisé, nationalement et internationalement, entérine la thèse de l’implication (1) des plus hautes autorités politiques haïtiennes dans cet (...) Lire la suite »

L’Innovation Judiciaire Invariante : Le management de la défaillance (partie 1)

Erno RENONCOURT

Voici, le premier acte d'une fouille en trois étapes pour expliciter les causes de l'errance et des défaillances du système judiciaire haïtien. Ici nous analysons le management de ce processus de défaillance pour montrer aux braves gens des shitholes qui croient dans les vertus de l'assistance technique au renforcement institutionnel que les défaillances sont toujours l'ultime raison des stratégies d’assistance qui sont, elles, réglées sur un agenda géostratégique qui vise à entretenir une dépendance vis-à-vis des états donateurs.

Arpenter les bugs judiciaires haïtiens Nous débutons notre série thématique sur l’effondrement de l’écosystème haïtien en convoquant d’abord le système judiciaire pour diagnostiquer les fondements de ses dysfonctionnements et relier objectivement ses errances à des déficiences et des défaillances stratégiquement entretenues. Dans ce récit, conduit comme un arpentage, nous mettrons en œuvre une fouille technique et éthique sur la stratégie de renforcement institutionnel qui, depuis plus de 26 ans, oriente et maintient le système judiciaire haïtien sur une trajectoire défaillante. Et cela, à grands coups d’innovations juridiques et technologiques médiatisées qui laissent, pourtant, invariants les problèmes structurels diagnostiqués (partie1 : le processus du management de la défaillance). Puis, nous jetterons un éclairage intense sur l’opacité des processus et des méthodes de travail des organes judiciaires haïtiens, pour révéler les boucles récurrentes qui assurent leur réputation d’abattoir pour les (...) Lire la suite »

L’exceptionnalisme Haïtien

Boaz Anglade

Lorsqu’on qualifie Haïti de pays « exceptionnel », c’est rarement dans le sens positif du terme. Une Haïti exceptionnelle fait souvent référence à un endroit étrange et énigmatique où les théories et pratiques applicables à d’autres sociétés échouent de manière inexplicable.

Dans les études littéraires haïtiennes, ce concept porte un nom : « l’exceptionnalisme haïtien », une expression popularisée par le professeur Michel-Rolph Trouillot dans son brillant essai intitulé « The Odd and the Ordinary ». Dans cet essai, datant de 1990, Trouillot souligne qu’Haïti est beaucoup trop souvent représentée comme un pays grotesquement unique, bizarre, erratique, et donc inexplicable. Dans ce même essai, Trouillot se révolte contre l’exceptionnalisme haïtien et encourage les adeptes des études haïtiennes à outrepasser cette idéologie qu’il a d’ailleurs qualifiée de « fiction » [1]. Selon Trouillot, une telle idéologie non seulement occulte la place d’Haïti dans le monde, mais la propulse aussi au-delà du domaine de l’analyse ou de la comparaison. Il voit également en cette idéologie un bouc émissaire qui atténue la responsabilité des puissances occidentales dans la condition d’Haïti, ce qui révèle une forme de musellement de l’histoire [2]. De plus, dans sa forme la plus répugnante, d’après (...) Lire la suite »

[Guide de lecture] Le marxisme haïtien.

Jean-Jacques CADET
Le marxisme haïtien [1] est doublement victime de l’Occident et de l’Amérique latine. Il n’est jamais question de ces grandes thèses dans les productions de ces deux régions. En d’autres termes, la pensée marxiste haïtienne subit une exclusion systématique, malgré l’étendue de son développement conceptuel. D’ailleurs, les plus grands marxistes haïtiens ont vécu en Europe et en Amérique latine : Gérard Pierre-Charles [2] et Michel Hector [3] ont passé, comme universitaires dynamiques, plus de dix ans au Mexique, de même que Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis [4] et René Depestre [5] ont vécu en France. Ils ont même rencontré de grands intellectuels : Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Nicolas Guillén, Aimé Césaire, etc. La pensée de ces marxistes haïtiens est très rarement mise en avant par ces figures devenues au fil du temps des camarades de lutte. Le cas de l’Amérique latine reste incongru car Gérard Pierre-Charles, chercheur de haut niveau au Mexique, produit de pertinentes réflexions sur les singularités (...) Lire la suite »

Échos d’une catastrophe espérée

Erno RENONCOURT

Sans base factuelle argumentée, sans perspective réaliste intégrant la médecine traditionnelle comme piste stratégique de thérapie préventive, les recommandations du comité scientifique haïtien chargé de la riposte stratégique face au COVID19 ressemblent davantage aux échos d'une catastrophe virale espérée. Voici l'acte 1 d'une tribune pour relever les défaillances de cette communication.

Prédictions inquiétantes et recommandations insignifiantes Les prédictions et recommandations du comité scientifique haïtien, en charge de la stratégie nationale de riposte face au Covid19, ont été si maladroitement et si grotesquement présentées qu’elles ont suscité dans l’opinion publique nationale une vague de méfiance prompte à décrédibiliser tout discours rationnel sur le coronavirus en Haïti. Cette communication a été si foireuse que les prédictions épidémiologiques et les recommandations stratégiques proposées pour Haïti, par ce comité scientifique, s’apparentent davantage aux prémices euphoriques d’une campagne de mobilisation de fonds par simulation de catastrophe sanitaire espérée, sinon planifiée. Fort heureusement, la défiance collective, particulièrement à l’affut, en cette période de confinement, a permis à l’opinion publique haïtienne de repérer les nombreuses failles qui autorisent à questionner la méthodologie de travail de ce dit comité scientifique. Pour notre part, nous avons relevé, dans cette (...) Lire la suite »

L’impensé sanitaire haïtien face au COVID19

Erno RENONCOURT

Voici une tribune pour décrypter les non-dits d'un entretien entre un éditorialiste et un brillant infectiologue autour du COVID19 en Haïti. En cette saison de contagion, une telle affiche fait saliver. Hélas, puisque que cela se passe dans un shithole, lors le signifiant potentiel du chercheur devient insignifiant éclatant dans l'impensé médiatique. Comme pour rappeler que, malgré l'horrible laideur qui les déforme, les shitholes ont des paradoxes qui livrent des enseignements utiles pour leur déconstruction.

Un insignifiant médiatique plein de signification La communication des autorités haïtiennes sur le COVID19 est affreusement lacunaire. Portée par des messages officiels contradictoires, documentée par un bulletin épidémiologique aux statistiques imprécises, alimentée par des données confuses et peu fiables, elle reste, dans le fond, manifestement douteuse. Énigmatique. Même dans sa forme infographique, en apparence, « digitalement recherchée et numériquement cartographiée », elle ne fait pas illusion, tant elle est globalement insignifiante. Foireuse serait même le meilleur adjectif pour qualifier une telle production en période sanitaire exceptionnelle ! Toutefois, par-delà son caractère désinvoltement énigmatique, cette insignifiance médiatique est pleine de sens. Encore un de ces paradoxes inouïs de pertinence dont les échos rythment les légendes indigentes des shitholes. En effet, quoi de plus révélateur qu’une insignifiance significativement opportune ! C’est indéniablement instructif de comprendre (...) Lire la suite »
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