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Thème : Haïti

Gérald Bloncourt, figure de la constance révolutionnaire.

Jean-Jacques CADET

Haïti-Marxisme. Gérald Bloncourt, mort le 29 octobre 2018.

En 2018, ont été publiés deux ouvrages importants pour la tradition communiste haïtienne : Bonsoir tendresse (René Depestre) et Un homme peau noire peau rouge (Gérald Bloncourt). Le premier livre est une autobiographie élaborée par le poète révolutionnaire âgé de quatre-vingt-douze ans. Dans ce récit issu pour une large part d’une série d’entretiens menée par Jean-Luc Bonniol, il est question d’aveux et de bilans de René Depestre sur ses multiples luttes engagées au profit de la justice. On retrouve cette même rhétorique dans Un homme peau noire peau rouge de Gérald Bloncourt qui, en plus d’évaluer sa vie militante, pointe les horizons indispensables vers un monde égalitaire. Les deux ouvrages se ressemblent du fait que leurs auteurs respectifs ont partagé de véritables moments révolutionnaires en Haïti, notamment dans les années 1940. Ils se croisent aussi par leur même objectif visant principalement à projeter un idéal communiste exempté des vestiges idéologiques et politiques des premiers mouvements. Ces (...) Lire la suite »
Haïti n’est qu’un grand cimetière de 11 millions d’âmes en sursis.

Pour une PoÉthique du changement profond !

Erno RENONCOURT

Comment porter l'innovation sociale dans un écosystème indigent, soumis à une précarité qui enlève toute dignité et toute humanité ? Comment empêcher l'érosion des contours et l'effondrement de l'ouvrage quand les digues ne tiennent plus ? Du constat au postulat de l'indigence, de l'effondrement au déracinement, il faut trouver les bonnes postures, les bonnes vibrations pour faire émerger une nouvelle écologie de valeurs et passer à l'intelligence.

Le Constat Le constat ne se discute plus. Tous les observateurs, disposant de ce minimum éthique permettant de supporter la vérité, sont unanimes à reconnaitre qu’Haïti est au fond du gouffre. La gouvernance publique, la gouvernance d’entreprise et la cohésion sociale sont en lambeaux. En observateur lucide, l’ex-président de la République Dominicaine, Leonel Fernandez, qui a été un acteur majeur dans la voie de la stabilité et du progrès de son pays, a déclaré, au début de ce mois d‘octobre, qu’Haïti est un pays totalement effondré sur les plans économique, social et politique. Cette chute vertigineuse dans les abysses, si elle ne date pas d’hier, a tout de même été accélérée depuis 2010. Elle était prévisible. Car les succès que nous célébrons ne sont que des enfumages qui ont réduit nos capacités rétroactives mais aussi prédictives. Obscurité totale. L’adaptation à une forme de médiocrité tranquille et confortable nous a donné l’illusion de la stabilité et du succès. Ainsi, sans repère, sans exigence de (...) Lire la suite »

La politique comme facteur expliqué de l’indigence !

Erno RENONCOURT

Nous portons le dissensus politique en affirmant haut et fort, que ce n'est pas la politique qui engendre l'indigence. L'offre politique dans n’importe quel pays est dimensionnée par la compétence des acteurs sociaux, la responsabilité des élites d'affaires, les postures professionnelles des universitaires et des cadres techniques, la confiance en la culture et ses liaisons avec la dignité humaine, la probité et l'intégrité des chercheurs, l'éthique des médias et l'engagement citoyen. Bref, l’offre politique est le reflet de la noblesse et de la grandeur de ceux qui sont dans la hiérarchie sociale. Plus ceux qui ont réussi sont humainement précaires et médiocres, plus l’offre politique sera indigente.

Prendre la mesure de l’indigence La détection, dans l’espace-temps social haïtien, du rayonnement indigent, nous donne un puissant moyen de mesurer son impact sur l’écosystème organisationnel et institutionnel. Dans tout écosystème dominé par l’irresponsabilité et l’impunité, la corruption et l’injustice, l’indigence s’accumule en couches épaisses sur les succès personnels. Une indigence palpable dans tout ce qui respire et bouge, dans tout ce qui s’érige et grouille. Pour peu que l’on prenne le temps de sortir de sa petite zone de confort médiocre pour voir le réel, au détour de chaque rue, dans le paysage décoré par les constructions anarchiques malgré leur modernité, dans les postures professionnelles recourbées et recroquevillées de la servilité, dans le regard des foules, ce qu’on découvre est indicible. Un VIDE terrifiant qu’aucun essai sociologique et qu’aucune statistique ne pourront jamais exprimer et quantifier. Un vide comme écho d’un gigantesque tohubohu humain. Ici, tout se tient dans un permanent (...) Lire la suite »
Haïti : des millions d’êtres pétris de talent ne survivent que par l’assistance humanitaire

Le paradoxe du rayonnement indigent

Erno RENONCOURT

Dans certaines sociétés, le contraste est exponentiellement saisissant dès qu’on cherche à mesurer la contribution des talents des individuels de leur membre dans la performance globale de leur écosystème. Pour s’en convaincre, il suffit de projeter la somme des compétences et des succès individuels sur les murs de la stabilité institutionnelle et de la cohésion sociale de leur pays. Et on ne peut qu'être interloqué, choqué et même révolté de ne trouver aucune trace d’intelligence, aucune empreinte de performance. Un vrai rayonnement obscur tient lieu de paradoxe : le rayon projeté par le regroupement de certains organismes vivants étincelants s’étale comme une ombre diffuse et confuse ! C'est à un tel phénomène qu'on assiste en Haïti.

C’est là un cas d’espèce qui intéresserait la physique quantique. Imaginez des particules étincelantes de lumière qui deviennent obscures quand elles se regroupent pour former un faisceau convergent ! Imaginez des photons de lumière qui, en s’assemblant, rayonnent d’obscurité ! Cette étrangeté scientifique pourrait aisément porter le nom de paradoxe du rayonnement obscur ! On pourrait penser qu’un tel phénomène, s’il n’est pas du tout improbable, reste quand même très rare à observer. Sauf, si on se met à dériver dans l’espace intersidéral qui est, du reste, peuplé de bizarreries cosmiques et de mystères stellaires. Alors là, on pourrait bien, en explorant les zones sombres de l’univers, dans le vide intersidéral, découvrir les trous noirs peuplés d’étoiles qui meurent sous le poids de leur énergie sombre. Pourtant, Il en est ainsi de certaines sociétés qui se désagrègent à perte de valeurs et d’humanité en diffusant uniformément dans l’espace-temps de leur écosystème un rayonnement indigent. Cela n’a rien de (...) Lire la suite »

Haïti : La répression policière et la complicité de l’ambassade de France

REHMONCO
Nous dénonçons et condamnons la répression sauvage effectuée par la police haïtienne contre des manifestant(e)s pacifiques autant dans la capitale que dans les autres villes du pays. Depuis le 9 juin 2019, alors que les masses populaires continuent à investir une fois de plus les pavés pour réclamer la démission de Jovenel Moise et la fin de l’État néocolonial en Haïti, la répression atteint une nouvelle phase. Elle ne se limite plus aux massacres à répétition dans les différents quartiers populaires comme dans le cas de La Saline, de Carrefour-feuille, de Cité-soleil, etc. Le régime néo-duvaliériste Tet Kale utilise maintenant les services des gangs armées et certains membres de la police pour terroriser les résidents de ces quartiers. La répression s’opère ouvertement, elle est dans la rue où l’on peut voir des hommes en civil, à côté de policiers, tirer à hauteur d’homme, à l’arme automatique, sur les manifestant(e)s. En dépit des dizaines de morts, de viols collectifs de femmes, des milliers de familles (...) Lire la suite »

Le rapport détourné ou les non-dits du scandale Petro Caribe

Erno RENONCOURT
De l‘indigence à la résilience ! Une fois de plus, Haïti est projetée dans la lumière des évènements internationaux par l’enfumage d’un foisonnant fumier qui génère par récurrence les flammes d’une sourde précarité et d’une permanente instabilité. Le feuilleton Petro Caribe vient confirmer un certain postulat de l’indigence. Entendez par là un cycle destructeur, porté tantôt par des ondes cycloniques, tantôt par des ondes sismiques et constamment par des ondes politiques. Un cycle chaotique, exploité à profit par les élites locales pour leur succès économique et par les acteurs internationaux pour l’expérimentation de leurs projets douteux portés par une expertise sinon rompue à l’escroquerie du moins frappée d’obsolescence. Ainsi, dans une impuissance totale, plus de onze millions d’âmes subissent la violence d’un ordre de choses qui, pour déshumanisant qu’il soit ne conduit pas à la révolte qu’on devait attendre dans des conditions normales de dignité, d’engagement citoyenne véritable et de conscience politique. (...) Lire la suite »

La quadrature du temps et de la méthode

Erno RENONCOURT

L'épistémologie nous a appris qu'on ne progresse pas avec ses certitudes pas plus en répétant des activités verrouillées sur des solutions toutes faites. Le progrès et l'innovation sociale ne se conjuguent qu'au temps de la prise de risque et par l’éloignement des zones de confort pour se confronter sans cesse aux incertitudes d'un contexte social qui ne délivre ses causes et ses structures qu'à ceux qui prennent le temps de comprendre pour construire la reliance et trouver les stratégies optimales pour l'action intelligente. L’échec de certains projets, malgré la renommée des agences qui les portent, malgré l’expertise et les milliards qui les supportent, sera toujours dicté et acté, tant qu’ils se limiteront aux activités du prêt à opérationnaliser conçu comme modèle de développement à reproduire dans les pays du sud. L'échec de ce modèle s’explique par un paradoxe qu'on peut désigner sous le nom de la quadrature du temps et de la méthode pour gérer l'urgence. Expertise indigente : Mode d'emploi.

Le postulat de l’action intelligente : de la méthode et du temps Il est méthodologiquement admis qu’aucune action efficiente ne peut être apportée par l’homme, comme réponse opportune, aux problèmes auxquels il est confronté, que par une réflexion intelligente inscrite dans la durée. Le postulat de l’action intelligente suppose un effort dans le temps et par la méthode pour transformer les problèmes en des études de CAS afin de faire émerger la reliance propre à l’intelligence. L’action s’inscrit comme couronnement d’une réflexion porteuse de connaissance par ses succès ou par ses expériences. C’est d’ailleurs ce que nous apprend l’économie de la connaissance : la connaissance ne peut être produite que là où on prend le temps d’agir avec attention. Un enseignement rassurant, matérialisé par l’équation dite flux de la connaissance : φ(k) ∝ At. Nous faisons l’hypothèse fortement probable que « l’action avec attention » ne peut être, dans ce contexte, que l’action guidée par la réflexion intelligente et la méthode. (...) Lire la suite »

Haïti, cet improbable pays !

Erno RENONCOURT

Un peuple meurt sous le poids de ses indigences, l'histoire d'une épopée, celle de Vertières, se gomme sous la pesanteur des impostures qui jalonnent l'existence de ceux et de celles qui ont hérité, des aïeux, l’indépendance. La légende des peuples n'est pas éternelle, elle s'estompe et tombe dans l'oubli, faute de dignité active et mobilisatrice. Vertières n'est qu'un mythe du passé, éclaboussé par l'échec d'un collectif dont ses représentants illustres n'ont pas assez d'honneur et de dignité pour transformer leur présent en une source d’exaltation capable de magnifier les épopées du passé. Ils se contentent de vivre dans les rêves d’ailleurs et de profiter de leurs petites accointances avec les anciens maîtres. Les peuples qui survivent dans la mémoire humaine relèvent bien haut la flamme de leur dignité pour réinventer les faits de gloire de leur passé. Quand ils sont impuissants, insignifiants, ils dérivent dans l’espace-temps comme d’indigentes épaves refusées par tous les ports d’escale.

De l’impuissance à l’insignifiance Entre corruption et misère, entre défaillance institutionnelle et instabilité, entre désespérance et envies d’ailleurs, entre terrorisme d’état et colère violente des masses, entre escroquerie et soumission, entre impunité et inertie, le chaos haïtien s’enlise et perpétue le drame et la détresse d’une population d’environ onze millions d’âmes. Preuve s’il en fallait que le nombre ne fait pas la puissance et qu’en situation de déficit d’intelligence, aussi nombreux qu’on puisse être, on sera toujours insignifiant. Onze millions de personnes qui se laissent terroriser par une poignée de médiocres et de corrompus, cela s’appelle de l’impuissance. Onze millions d’êtres humains qui se laissent réduire à l’état d’insignifiance absolue par une poignée de migrants dont la prospérité des affaires sur le temps semble conférer le statut particulier de nouveaux colons, cela s’appelle de l’insignifiance. Quand toute une collectivité, constituée de groupuscules sociaux dispersés, désarticulés, (...) Lire la suite »

Pour comprendre la révolte des Haïtiens

Maurice LEMOINE
« Le Gouvernement des Etats-Unis exhorte tous les citoyens, partis politiques et organisations de la société civile à s’exprimer pacifiquement. La violence aggrave l’instabilité et la souffrance du peuple (…). » Ce n’est bien entendu ni à l’opposition vénézuélienne, en phase insurrectionnelle en 2014 et 2017, ni à celle du Nicaragua, pareillement soulevée en 2018, que l’ambassade des Etats-Unis a adressé ce message. Ce 15 février 2019, à Port-au-Prince, la déclaration est destinée aux Haïtiens qui, depuis le 7 février, se soulèvent contre le pouvoir dans les principales villes du pays le plus pauvre d’Amérique latine et des Caraïbes. D’ailleurs, pour éviter toute ambiguïté, l’ambassade américaine précise en direction des forces de l’ordre qui mènent la répression : « Nous félicitons la Police nationale haïtienne d’avoir œuvré pour le maintien de la paix et de la stabilité tout en veillant à ce que les citoyens haïtiens exercent le droit de faire entendre leur voix. » Un droit des plus relatifs, pour qui aime pinailler : (...) Lire la suite »

Les crises haïtienne et vénézuélienne révèlent l’élasticité de la notion de démocratie des Etats-Unis

Feguenson Hermogène

Quel lien existe-t-il entre la crise politique haïtienne actuelle et l’impasse politique dans laquelle se trouve le gouvernement vénézuélien ?

Le 7 février dernier, plusieurs milliers de citoyen-ne-s ont gagné les rues dans les différentes villes du pays pour exiger le procès des dilapidateurs des fonds du programme Petro-Caribe * ; la démission du chef d’État et de son gouvernement. Cela a été aussi l’occasion de lancer un cri de colère contre l’inflation due, en partie, à la dépréciation de notre monnaie. Rappelons que ce soulèvement populaire s’inscrit également dans la lignée des manifestations qui ont eu lieu les 6 et 7 juillet, le 17 octobre et le 18 novembre de l’an dernier. Celles-ci ont remis en cause non seulement la gestion désastreuse de la chose publique par l’équipe au pouvoir, mais aussi le fondement inégalitaire de la formation sociale haïtienne. Le saccage des supermarchés appartenant à des membres influents de l’oligarchie locale peut en témoigner. Les insurrections de la fin de l’année 2018 ont ébranlé l’État profond haïtien (concept évoqué par Peter Dale Scott*) au plus haut niveau. L’option de démission de l’actuel numéro 1 (...) Lire la suite »
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