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Thème : Haïti

Fabriquer des experts contextuels TIPÉDANTS pour mater l’indigence

Erno RENONCOURT

Le renouvellement du mandat du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) ce 15 juin par le Conseil de Sécurité de l'ONU achève de prouver qu'Haïti n'est qu'un lieu livré à l'expérimentation des projets les plus infects que l'occident concocte par le biais de ses experts obsolètes et indigents. Ce renouvellement me permet de revenir partager quelques interrogations avec vous et disséminer quelques relents PoÉthiques pour Magnifier une Utopie de la Résistance contre l’indigence comme infrastructure du MUR de la performance collective haïtienne. Mais Comment faire jaillir une brèche d'inespéré pour désenfumer un total effondré ? Comment éviter le piège de la tenaille, broyeuse de dignité, qui magnifie les célébrations conçues pour appâter l’insignifiance ? Comment conscientiser l’indignité anoblie qui se veut réussite ? Entre provocation et contextualisation, il y a les notes d’une subversion pédagogique à potentiel étincelant.

Du mythe de la résilience au culte de l'indigence Il ne fait plus de doute qu’Haïti agonise d’impuissance et sombre dans un état d’indigence qui tue l’intelligence. Opposé à tout effort et rebelle à toute volonté de se doter d’un référentiel de valeurs pour apprendre à vivre courageusement et dignement, en se confrontant aux incertitudes de son écosystème, le collectif haïtien s'est laissé appâter par le piège des succès précaires et des célébrations qui anoblissent insignifiance. Ainsi, miné par un contexte local invariablement défaillant, et verrouillé sur des cycles d’assistance, qui se performent autant par la médiocrité des stratégies de politiques publiques que par l’indignité des élites culturelles et académiques, le collectif haïtien se complait à faire vivre, par résonances diversifiées, le mythe d’une ‘‘résilience’’ collective comme art de la survie. Le contexte global n’est pas plus réjouissant et n’inspire, du reste, aucune espérance. Pour cause, contraint par des guerres, que livrent les seigneurs du (...) Lire la suite »
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Une brève histoire des inégalités par Thomas Piketty ou comment ne pas attaquer le problème à la racine

Henri HOUBEN

L’économiste Henri Houben analyse le dernier livre de Thomas Piketty, Une brève histoire des inégalités. Dans la lignée de ses ouvrages précédents, Piketty apporte quantité d’informations éclairantes sur l’écart riches-pauvres. Il situe utilement le tout dans un contexte historique. Manque, hélas, une analyse rigoureuse des mécanismes d’exploitation, si bien que ses appels à plus d’égalité prennent des allures de voeux pieux. Explications. (IGA)

Bref est généralement une notion peu usitée par l’économiste français Thomas Piketty. Ses ouvrages majeurs, que ce soit Les hauts revenus en France au XXème siècle publié en 2001, Le Capital au XXIème siècle sorti en 2013 ou le dernier Capital et Idéologie paru en 2019, avoisinent chacun le millier de pages, voire les dépassent. De quoi rebuter plus d’un lecteur qui aurait pu être intéressé par ses propos. Sur ce plan, la Brève Histoire [1] permet de corriger ces longueurs, utiles pour approfondir un débat, mais qui peuvent se révéler peu accessibles au grand public. Le livre se présente clairement comme une synthèse des trois « pavés » livrés précédemment. De fait, il se parcourt aisément et permet de se faire une idée précise des thèses avancées par Thomas Piketty. Il en a les qualités, mais aussi les défauts. L’œuvre de l’économiste, centrée sur les inégalités sociales, se décompose habituellement en deux parties liées, mais qu’on peut facilement séparer. Il y a d’abord son analyse, la plupart du temps précise, (...) Lire la suite »

De Marx à Bourdieu pour comprendre Haïti

Erno RENONCOURT

Dans les shitholes comme Haïti, certains font inlassablement les mêmes rêves blancs grâce auxquels ils font perdurer les cauchemars noirs : transformer la vie d'ici en poubelle pour mieux mériter l'envol vers les ailleurs où la vie parait plus belle.

Haïti doit réapprendre en urgence à penser dans la contestation et la critique, en osant faire preuve d'insolence inspirante et d'impertinence constructive. C'est seulement ainsi qu'elle pourra faire émerger un brin d’intelligence à projeter sur ceux et celles qui agonisent dans le noir. C’est au nom de cette urgence cognitive salutaire que nous contestons la pensée simplifiante provenant des politiques, des médias et des experts, qui sont les PME du métissage néocolonial, pour dire que si Haïti se présente invariablement dans des habits de déchéance, comme un shithole éternellement assisté, c’est parce qu’une certaine expertise nationale et internationale travaille à faire de la vie d’ici une poubelle en échange de succès précaires dans des ailleurs où la vie parait plus belle. En effet, dans les shitholes comme Haïti, certains font inlassablement les mêmes rêves blancs grâce auxquels ils font perdurer les cauchemars noirs : faire de la vie une poubelle ici pour mieux mériter leur billet retour vers les (...) Lire la suite »

A l’école de la nature pour innover l’indigence

Erno RENONCOURT

D'un côté, la nature comme modèle d'intelligence du haut de ses 3.8 milliards d'années d'innovation, malgré les turbulences, les violences, les errances, le chaos et l'instabilité. D'un autre, Haïti, 217 ans d'indigence, de réussite précaire, d'éloge de la servitude, de la laideur et de la médiocrité. Et si Haïti se mettait à l’école de la nature pour apprendre a ne plus fuir son terroir, mais à puiser dans ses déchirements le plus pâle rayon d’espoir pour le projeter dans le noir pour ceux et celles qui agonisent. Brillez de votre étincelle pour faire rougir le bois mort à côté de vous et irradier de colères indigentes les foyers de l’indigence.

L'eau et l'innovation dans la nature Pour innover et changer leur environnement, notamment les écosystèmes invariants, les groupes sociaux se doivent d'imiter la nature, pour autant qu'ils veuillent atteindre une performance globale. Galilée disait que la Nature est écrite en langage mathématique. Une manière subtile de nous dire qu'elle est une bibliothèque inépuisable à la découverte de laquelle il faut se laisser aller. Ce que du reste atteste une certaine injonction de Francis Bacon : pour commander à la nature, il faut lui obéir ! Au vrai, la Nature, c'est environ 3.8 milliards d'années d'innovation écologique et globalement performante. Il va sans dire que l'humanité ne peut que s'enrichir si elle s'en inspire. Mais encore faut-il qu'elle comprenne que la base de cette innovation permanente réside dans le génome qui symbolise l'intelligence du vivant et qu'on représente à l'échelle biologique comme une mémoire en double hélice assurant la reliance entre l'humilité et la générosité. (...) Lire la suite »

La mémoire de l’esclavage sous la peau

Erno RENONCOURT
Le blues de l’indignité Le contexte est si chargé qu'il fait déborder mon éloquence, à peine ai-je fini mon dernier texte sur Armstrong que les faits me sollicitent et me poussent à livrer un commentaire sur les évènements survenus à la frontière du Mexique et du Texas impliquant les migrants haïtiens. Image de la douleur qui rythme mon blues et me ramène en mémoire ce proverbe indigent qui exalte l’indignité : Pito nou lèd nou la (Mieux vaut être laid mais vivant). L’image de ce migrant pourchassé et frappé au lasso comme un animal, mais qui refuse de lâcher son plat pour défendre son honneur est révoltant, mais éclatant d’apprentissage. Car au fond, quel honneur reste-t-il à celui qui se déracine pour survivre ? Question qui fâche évidemment ! Car comme on s’en doute, son cas ne reflète pas l'indigence de son statut social. Lui, son déracinement est physique. Mais, il y a pire, comme le déracinement culturel et humain des élites haïtienne qui est aussi en résonance avec cette image. En effet, cette image (...) Lire la suite »
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Haïti entonne le Gangster Noster sur les ruines de l’État de droit

Erno RENONCOURT

Après 25 ans de réforme politique et judiciaire, portée par une experte et imposante ingénierie institutionnelle de renforcement, célébrée notamment par l'ONU et l’Union Européenne, Haïti entonne, en chœur, le Gangster Noster sur les ruines de l’État de droit. Où est l'erreur ?

Plus le rideau effiloché se dénude sur la scène hideuse du théâtre haïtien, plus l'intrigue devient macabrement odieuse. Et, conséquemment, plus machiavélique apparait le jeu criminel des acteurs qui s’y performent, plus nette et claire se révèle leur identité mafieuse et inhumaine. Si l’Italie a sa comedia del arte, Haïti peut s’enorgueillir d’avoir sa comédie des ratés. Les diplômes académiques, les prix littéraires, les distinctions honorifiques, les médailles des légions d’honneur qui ont été généreusement distribués dans le shithole ont produit l’effet voulu par les producteurs, les réalisateurs et les metteurs en scène des grandes mégapoles. Chemin faisant, là où généralement le talent se met en valeur par l’excellence et le sens des responsabilités pour faire briller l’intelligence éthique, en Haïti, c’est par une insoutenable indécence et indignité qu’on se bouscule pour entre dans l’enfumage pour réussir ou survivre. Et l’éternelle question qui revient et qui dérange : comment un peuple prétendument bourré de (...) Lire la suite »

Comprendre les crises en Haïti

Romain MIGUS

Haïti la belle, la rebelle. Première Nation à se libérer du joug colonialiste pour fonder une république solidaire qui soutiendra les velléités d’indépendance de ses frères latino-américains.

Si les noms de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines ou encore Jean-Bertrand Aristide peuvent encore résonner comme familier en dehors du pays, Haïti est devenu depuis quelques années, trop souvent synonyme de tragédie humanitaire et de catastrophe naturelle pour le plus grand nombre.

Cette tentative de « naturaliser » les problèmes économiques et sociaux a une double conséquence au sein de l’opinion publique internationale. D’une part, elle établit une tendance à s’en remettre au « hasard » ou à « la malchance » pour comprendre l’Histoire récente du pays. Comme conséquence de cette « naturalisation » des « problèmes » de l’ile, aucune cause politique n’est prise en compte au moment d’expliquer les situations de rébellion qui secouent Haïti depuis maintenant quatre ans. D’autre part, cette absence de référence politique laisse penser que les haïtiens sont incapables de résoudre seuls leurs problèmes économiques et sociaux. Et que, par conséquent, ils auraient besoin de manière récurrente d’une « aide » extérieure, qui, dans l’histoire du pays, s’est de nombreuses fois concrétisée par la violation de la souveraineté haïtienne. Pourtant, cette image d’Épinal d’un pays martyrisé par la fatalité est venue se fracasser sur l’icône d’un peuple en lutte, dont les mobilisations réunissent plusieurs centaines (...) Lire la suite »
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Haïti : L’algorithme de la défaillance

Erno RENONCOURT

Voici un nouveau témoignage à charge dans notre réquisitoire contre les faux semblants de la liberté d'expression qui sait si bien se dissimuler derrière les masques et les impostures pour enfumer les consciences. Nous donnons à nouveau écho de l'agonie du peuple haïtien, non pas pour attirer la pitié du monde, mais pour mettre le monde face à ses impostures.Toute agonie résulte toujours d'une sentence prononcée en haut lieu. L'effondrement d'un collectif est aussi une sentence programmée dans le cycle des renforcements institutionnels. C'est pourquoi nous cherchons à reconstituer son profil pour mettre à nu ses processus et sa boucle de résurgence. Une vraie démarche algorithmique pour faire vivre l'engagement citoyen.

La justice haïtienne entre assistance et défaillance ! Comme un nouveau motif, prolongeant, indéfiniment, l’excroissance hideuse de ses dysfonctionnements, le système judiciaire haïtien vient de graver sur le frontice des portes de ses tribunaux la devise de la friponnerie nationale : Nul ne sort blanchi des tribunaux et des cours en Haïti, s’il n’est diplomatiquement bien soutenu, politiquement corrompu ou économiquement bien pourvu. C’est la seule interprétation logique que l’on peut faire de l’incident survenu, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2020, au bureau du greffe du Tribunal de Première Instance (TPI) de Port au Prince. Incident par lequel sont portées disparues les pièces à conviction du dossier de l'assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval. Pour de nombreux observateurs, cette disparition de preuves matérielles, dans un dossier judiciaire si médiatisé, nationalement et internationalement, entérine la thèse de l’implication (1) des plus hautes autorités politiques haïtiennes dans cet (...) Lire la suite »

L’Innovation Judiciaire Invariante : Le management de la défaillance (partie 1)

Erno RENONCOURT

Voici, le premier acte d'une fouille en trois étapes pour expliciter les causes de l'errance et des défaillances du système judiciaire haïtien. Ici nous analysons le management de ce processus de défaillance pour montrer aux braves gens des shitholes qui croient dans les vertus de l'assistance technique au renforcement institutionnel que les défaillances sont toujours l'ultime raison des stratégies d’assistance qui sont, elles, réglées sur un agenda géostratégique qui vise à entretenir une dépendance vis-à-vis des états donateurs.

Arpenter les bugs judiciaires haïtiens Nous débutons notre série thématique sur l’effondrement de l’écosystème haïtien en convoquant d’abord le système judiciaire pour diagnostiquer les fondements de ses dysfonctionnements et relier objectivement ses errances à des déficiences et des défaillances stratégiquement entretenues. Dans ce récit, conduit comme un arpentage, nous mettrons en œuvre une fouille technique et éthique sur la stratégie de renforcement institutionnel qui, depuis plus de 26 ans, oriente et maintient le système judiciaire haïtien sur une trajectoire défaillante. Et cela, à grands coups d’innovations juridiques et technologiques médiatisées qui laissent, pourtant, invariants les problèmes structurels diagnostiqués (partie1 : le processus du management de la défaillance). Puis, nous jetterons un éclairage intense sur l’opacité des processus et des méthodes de travail des organes judiciaires haïtiens, pour révéler les boucles récurrentes qui assurent leur réputation d’abattoir pour les (...) Lire la suite »

L’exceptionnalisme Haïtien

Boaz Anglade

Lorsqu’on qualifie Haïti de pays « exceptionnel », c’est rarement dans le sens positif du terme. Une Haïti exceptionnelle fait souvent référence à un endroit étrange et énigmatique où les théories et pratiques applicables à d’autres sociétés échouent de manière inexplicable.

Dans les études littéraires haïtiennes, ce concept porte un nom : « l’exceptionnalisme haïtien », une expression popularisée par le professeur Michel-Rolph Trouillot dans son brillant essai intitulé « The Odd and the Ordinary ». Dans cet essai, datant de 1990, Trouillot souligne qu’Haïti est beaucoup trop souvent représentée comme un pays grotesquement unique, bizarre, erratique, et donc inexplicable. Dans ce même essai, Trouillot se révolte contre l’exceptionnalisme haïtien et encourage les adeptes des études haïtiennes à outrepasser cette idéologie qu’il a d’ailleurs qualifiée de « fiction » [1]. Selon Trouillot, une telle idéologie non seulement occulte la place d’Haïti dans le monde, mais la propulse aussi au-delà du domaine de l’analyse ou de la comparaison. Il voit également en cette idéologie un bouc émissaire qui atténue la responsabilité des puissances occidentales dans la condition d’Haïti, ce qui révèle une forme de musellement de l’histoire [2]. De plus, dans sa forme la plus répugnante, d’après (...) Lire la suite »
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