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Thème : Justice sociale
Retraites, congé pour décès d’enfant, immobilier, MEDEF, Mali...

La semaine de la lutte de longue durée

Jean-Luc MELENCHON

L’interminable conflit de la réforme des retraites ne dure que du fait du prince. On le sait. Ce qui était moins donné d’avance, c’est l’incroyable résistance dans la durée de tant de catégories sociales. Toute la situation dès lors fonctionne comme une immense école de formation. Les gens les plus éloignés de toute réflexion politique entrent dans le sujet en explorant et en consultant tous les arguments. Il est rare qu’ils en restent aux seuls aspects techniques du sujet. Le thème des retraites devient bien vite le déclencheur d’une pensée plus large sur la société et le sens de la vie.

Le régime Macroniste a provoqué un déplacement culturel de masse. La domination des fadaises néolibérales est close de façon frappante. D’amples secteurs de la société ont pris conscience des limites du « chacun pour soi » comme mode gestion de la vie en société. Ne pas croire que cela soit aussi abstrait qu’il y parait. L’épisode du refus des jours de congés pour le décès d’un enfant en dit plus long qu’un simple aveu de cruauté imbécile de la part des robots de « En Marche ». À vrai dire, nous pensions tous que la mesure « passerait comme une lettre à la poste ». Le refus nous surpris les premiers. Comme les arguments macronistes étaient parlants ! Et comme l’indignation le fut tout autant. Les sondeurs perpétuels de l’Élysée donnèrent l’alerte. Certes, le revirement de Macron et du régime surligne le coup que le régime vient de se donner. Mais il lui sera moins coûteux que de persister et de rester jusqu’à la fin du mandat avec l’image terrible de ces faces de pierre qui refusaient de « se payer de bons sentiments (...) Lire la suite »
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Cri dans la nuit après le procès de Bobigny

Notre dignité

Adrien QUATENNENS

Tout juste rentré à Lille dans la soirée, épuisé, j’étais parti me coucher. Mais ce soir, je ne trouve pas le sommeil. Après 48 heures passées à la contenir, l’émotion m’atteint

Le même sentiment d’injustice m’a envahi que le jour des perquisitions. Il m’a été insupportable de voir mes plus proches amis et camarades à la barre. En fait, je mesure l’ampleur de ce que nous venons de vivre pendant deux jours au tribunal correctionnel de Bobigny auprès de nos six camarades mis en cause pour les évènements ayant eu lieu lors des perquisitions contre La France Insoumise. Deux jours ? Que dis-je ! Ce que nous vivons depuis bientôt un an que le tribunal médiatique a utilisé contre nous les quelques images illustrant la profonde colère et l’injustice ressentie ce matin là sans que jamais l’ensemble de la matinée ni ses faits générateurs ne soient relatés malgré la disponibilité d’autres images, ni que les raisons de cette colère ne soient jamais interrogées. Rappelons que tout ce cirque a commencé sur la base de deux dénonciations sans preuve et que c’est sur celle-ci qu’une opération disproportionnée digne du grand banditisme ou de l’anti-terrorisme, n’ayant pour seul et véritable objectif (...) Lire la suite »
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Discours de J-L Mélenchon dans l’hémicycle

Jean-Luc MELENCHON

Le mercredi 12 juin 2019, Jean-Luc Mélenchon répondait au discours de politique générale d’Édouard Philippe depuis la tribune de l’Assemblée nationale. Voici la retranscription de son intervention.

Monsieur le Premier ministre, Je n’ai que 10 minutes et personne n’aura eu le temps de démêler le pesant catalogue que vous nous avez présenté tout à l’heure. Je vais donc à l’essentiel. Vous venez à l’Assemblée nationale pour nous demander de vous appuyer pour commencer une nouvelle étape de votre politique après les élections européennes. Les députés de « la France insoumise » s’y opposeront. Ici, par nos votes. Hors de ces murs, par les moyens pacifiques de l’action citoyenne. Comme nous le faisons avec l’appel à référendum contre votre privatisation d’Aéroports de Paris. Notre désaccord n’est pas ponctuel, vous le savez bien. Il est global. Il est global. Il implique deux visions du monde. Un peu comme cette cinquième République qui est la vôtre – et qui est la monarchie présidentielle, à nos yeux, partout – et cette sixième république dont nous nous réclamons et qui est la démocratie partout. Monsieur le Premier ministre, ce n’est pas votre personne qui est visée. Vous êtes un adversaire respecté. C’est (...) Lire la suite »
Les combats à moitié menés font des combats totalement perdus

Pour une écriture à 100% inclusive

Marie-Charlotte DE LAMOTTE

La francophonie, rassemble des femmes et des hommes qui partagent une langue commune, le français. Le 12 octobre 2018, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé à sa tête la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

La nouvelle secrétaire générale de la Francophonie a déclaré vouloir travailler avec « tous ». Elle a insisté : avec « tous les membres » après avoir pris « toute la mesure de chacun ». Tous ? Chacun ? Pas de femmes, donc ? Louise Mushikiwabo a succédé à Michaëlle Jean, fille d'émigrés haïtiens au Québec, ancienne journaliste, ex-gouverneure générale du Canada et envoyée spéciale de l'Unesco en Haïti. Faisant allusion au passé colonial, elle avait dit : « La langue française nous a été enfoncée dans la gorge ». Le dégorgeoir n’est pas près d’être utilisé avec une Louise Mushikiwabo qui ignore superbement l’écriture inclusive. Hélas, cette usurpatrice est à la tête d’une organisation qui a autorité sur 300 millions de locuteurs de notre langue, répartis sur les cinq continents. Et 88 Etats et gouvernements sont membres de l’OIF. Force est de constater que, trahissant les courageu.ses.x militant-e-s français.e.s de l’écriture inclusive, Louise Mushikiwabo a dores et déjà abandonné un juste combat féministe, comme je viens (...) Lire la suite »
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Faut-il que les gilets jaunes, la police ou l’armée tirent sur Luc Ferry ?

Maxime VIVAS

Luc Ferry est agrégé de philosophie, docteur d’État en sciences politiques, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche. Rien que ça ! Il est l’auteur de nombreux ouvrages philosophiques et chroniqueur au Figaro et à Radio Classique.

Ce n’est donc pas un sous-développé du bulbe comme Aurore Bergé, Eric Brunet, ou Pierre Haski (j’en ai d’autres, mais…). Sur Radio Classique, il a déclaré, le 7 janvier 2019, que les policiers devaient se servir « de leurs armes, une bonne fois » contre les « salopards d’extrême gauche et d’extrême droite ou des quartiers ». Et comme il a eu peur que cela ne suffise pas, il a appuyé : « On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. » Sans même avoir fait une année de philo et un mois à Sciences po, chacun comprend qu’il demande que les policiers, épaulés par l’armée, tirent sur la foule des gilets jaunes. Car, il est évidemment impossible, avant de tirer, de trier entre les idées des manifestants et leur lieu de vie. Impossible de distinguer les gilets jaunes venus pour casser (une infime minorité) et ceux qui s’enragent soudain (comme le boxeur Cristophe Dettinger) au spectacle d’une violence aveugle, déclenchée délibérément par les forces du désordre. Pour avoir (...) Lire la suite »
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Le rôle de l’opposition n’est pas d’absoudre la police, quoi qu’elle fasse

Le préfet de police qui ne voulait pas que soient frappés les manifestants à terre

Maurice GRIMAUD
Le 29 mai 1968, le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, est inquiet de la montée de la violence. Il craint des morts. Il écrit une lettre (ci-après) à ses 25 000 hommes. En même temps qu’il leur témoigne sa confiance et son admiration pour leur sang-froid et leur courage, il les met en garde (et c’est le véritable but de la lettre) contre tout excès de violence, comme « frapper un manifestant tombé à terre » ou « … encore plus grave, frapper des manifestants après arrestation ». Dans « le but de défendre la police dans son honneur et devant la nation » il leur demande « de faire une guerre impitoyable à tous ceux, heureusement très peu nombreux, qui par leurs actes inconsidérés accréditeraient précisément cette image déplaisante que l'on cherche à donner [d’eux] ». A ce jour, tout, dans le comportement du président de la République, dans les propos du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur, de la ministre de la Justice, des autres membres du gouvernement, des députés LREM, du préfet de police de (...) Lire la suite »
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En offrant une vie bonne et juste, la gratuité est révolutionnaire

Liberté, égalité, gratuité

Paul ARIES

Le site LGS partenaire du Forum national de la gratuité qui aura lieu le samedi 5 janvier 2019 à Lyon publie la conclusion du livre-manifeste Gratuité vs capitalisme (Larousse). Tous les partis et mouvements des gauches et de l‘écologie vous donnent rendez-vous le samedi 5 janvier pour fêter la gratuité ! Construisons la gratuité et l’espoir, construisons la sortie du capitalisme !
Toutes informations sur le site :
Appelgratuite.canalblog.com

La gratuité tire les leçons des échecs des politiques d’émancipation depuis du 20e siècle. Tout appel au sacrifice au nom du bonheur des générations futures se conclut dans le sang. Nous ne croyons plus aux lendemains qui chantent car nous voulons chanter au présent. Cette bonne nouvelle possède à la fois un fondement matériel et un fondement idéel. La planète est déjà bien assez riche pour permettre à sept milliards d’humains de vivre bien. Les nouveaux gros mots de l’émancipation (buen vivir sud-américain, plus vivre négro-africain, écologisme des pauvres en Inde) montrent que les peuples ne désirent pas « toujours plus ». Au terme de ce voyage aussi gourmand que gourmet au sein des expériences de gratuité, qui sont autant de laboratoires d’un monde en gestation, je crois nécessaire d’établir dix grands repères permettant d’avancer, dès maintenant, vers une civilisation de la gratuité. Gratuité ou barbarie La gratuité est une réponse à la crise systémique qui menace l’avenir même de l’humanité. C’est bien (...) Lire la suite »

Le monde serait un meilleur endroit sans les riches (Jacobin)

Sam Pizzigati

Ils rendent notre culture grossière, érodent notre avenir économique et affaiblissent notre démocratie. Les ultra-riches n’ont aucune valeur sociale.

Avons-nous besoin - le progrès exige-t-il - de grandes fortunes privées ? Les grands défenseurs des grandes fortunes avancent régulièrement cet argument. La perspective de devenir phénoménalement riche, jurent-ils, donne aux gens de grand talent une puissante motivation pour faire de grandes choses. L'énorme richesse que ces êtres talentueux accumulent, poursuivent-ils, propulse la philanthropie vers l'avant et profite aux individus et aux institutions qui ont besoin d'un coup de pouce. Même les riches oisifs, comme l'a un jour insisté le saint patron conservateur Frederick Hayek, ont un rôle socialement constructif à jouer. La richesse leur donne la liberté d'expérimenter 'de nouveaux styles de vie', de nouveaux 'champs de pensée et d'opinion, de goûts et de croyances'. Les riches enrichissent notre culture. Ces défenseurs ont tort. Les incroyablement riches n'ont pas de valeur sociale nette. Leur présence rend notre culture plus grossière, érode notre avenir économique et affaiblit notre (...) Lire la suite »

Onze contre onze millions

David Garcia
9 millions de personnes officiellement « sous le seuil de pauvreté » dans notre pays. On parle ici du seuil officiel : avoir moins de 846 euros de revenus par mois. Mais même cette définition ne met pas tout le monde d’accord en France, un autre seuil à 1015 euros existe… Rajoutez à ce chiffre quelques millions de gueux supplémentaires, qui bien que n’atteignant pas ce graal du seuil de pauvreté, rament quand même pas mal à la traîne des premiers de cordée (chômeurs, familles monoparentales, temps partiels imposés, etc.) et vous dépassez sans effort le chiffre de 11 millions. Tout ce calcul donc, juste pour pouvoir faire un bon jeu de mots, et un bon titre, me direz-vous ? Ben pas forcément. Car il y a aussi ces millions de personnes qui vivotent juste au-dessus du fameux seuil : bénéficiaires du minimum vieillesse, étudiants , chômeurs, RSA, invalides du travail, accidentés de la vie comme l’état le dit si pudiquement… Avec tout ça, toutes ces cohortes, vous atteignez sans aucun doute un chiffre (...) Lire la suite »

Penser l’oligarchie, la classe dominante et le peuple-classe.

Christian DELARUE

Il y eu d'abord des intuitions en lien avec des contextes (29 mai 2005 puis Occupy Wall Street) le tout sur fond d'une histoire militante qui articulait sans trop théoriser "ordre des peuples" et "ordre des classes"

Puis vint un premier travail un peu élaboré - qui date de l’été 2012 avec une publication dans Mouvements : "Classe dominante et oligarchie contre peuple souverain et peuple-classe" - qui opérait un lien théorique entre "ordre des peuples" et "ordre des classes" (repris de feu Georges Labica) sous le concept de "peuple-classe" (qui n'est pas de moi) . CF : http://mouvements.info/classe-dominante-et-oligarchie-contre-peuple-souverain-et-peuple-classe/ La période actuelle, néolibéralisme ou capitalisme financiarisé mondial, se caractérise par l’énorme pouvoir d’une toute petite minorité de riches très grands possédants, minorité très haut placée en surplomb du reste de la société mondiale. I - Les très grands possédants et le reste. On retrouve ces grands possédants dans tous les pays, au nord comme au sud. Il n’existe aucune formation sociale (ou « pays ») sans oligarchie, sans classe économique dominante et sans "caste" politique associée. Mais c’est dans les formations sociales capitalistes (...) Lire la suite »
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