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Thème : Médias

Comment devenir un journaliste fiable de la presse mainstream ?

Medialens

L’Iran, le lobby israélien, Julian Assange, Bolsonaro et le fascisme ou encore la guerre au Yémen… Il y a certaines règles à respecter si vous comptez démontrer à vos éditeurs et aux médias qui vous emploient qu’ils peuvent avoir confiance en vous. Medialens dresse une petite liste de conseils pour tous ceux qui voudraient percer dans le monde merveilleux des médias mainstream.

Par exemple, si vous écrivez sur les relations entre l’Iran et les Etats-Unis, vous devrez vous assurer que votre histoire ne débutera pas avant 1979. C’était en effet l’année où des étudiants iraniens ont occupé l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours. C’est cet événement qui a « conduit à une hostilité mutuelle » selon le journal de la BBC. Vous ne devez en aucun cas revenir sur le coup d’État de 1953 dirigé par la CIA et qui a renversé le dirigeant iranien élu démocratiquement, Mohammad Mossadegh. Ce serait même mieux si vous pouviez juste omettre ce détail. En aucun cas, il ne faut mentionner Noam Chomsky qui déclarait en 2013 : « Le fait crucial à propos de l’Iran, ce par quoi on devrait débuter, c’est que pendant 60 ans, il n’y a pas eu un jour sans que les USA n’aient torturé des Iraniens. » Comme Chomsky l’a précisé, les USA, avec le soutien des Anglais, installèrent le Shah. C’était un dictateur brutal, décrit par Amnesty International comme le pire, le plus extrême des tortionnaires dans le (...) Lire la suite »

Fin de monde ?

Frederic LORDON
La chute d’un ordre de domination se reconnaît à la stupéfaction qui se lit sur les visages de ses desservants. Samedi, le spectacle n’était pas seulement dans la rue. Il était, et il dure toujours depuis, sur les faces ahuries de BFM, de CNews, de France 2, et d’à peu près tous les médias audiovisuels, frappées d’incompréhension radicale. Que la stupidité ait à voir avec la stupéfaction, c’est l’étymologie même qui le dit. Les voilà rendues au point d’indistinction, et leur spectacle commun se donne comme cette sorte particulière d’« information » : en continu. Comme l’esprit se rend préférentiellement aux idées qui font sa satisfaction et là où il trouve du confort, les trompettistes du « nouveau monde » et du « macronisme révolutionnaire », sans faire l’économie d’une contradiction, retournent invariablement à l’écurie de leurs vieilles catégories, les catégories du vieux monde puisque c’est celui-là qui a fait leur situation, leurs émoluments et leur magistère (lire « Macron, le spasme du système »). Et les voilà (...) Lire la suite »
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Fake news, gilets jaunes-bashing, BFM-TV, plaintes contre les manifestants

J’avais un ami journaliste, clanique.

Maxime VIVAS

J’ai (je devrais probablement dire : j’avais) un ami journaliste, militant syndical élu au niveau national, qui a connu les foudres et un procès de son employeur. C’est dire s’il fait la différence entre journalistes et propriétaires des médias. C’est dire s’il pense aussi que les journalistes ont le droit et le devoir de faire face au patron, pour défendre leurs intérêts et/ou faire valoir l’idée qu’ils se font de leur métier.

Je lui avais fait parvenir le billet de Théophraste : « Comment un journaliste de BFM-TV a failli mourir (de peur) à Toulouse. » On y lisait comment un journaliste toulousain, qui avait pourtant camouflé le logo de BFM-TV de son micro a été reconnu par les gilets jaunes (« la bave aux lèvres ») qui l’ont conspué, insulté (une vidéo le montre), frappé (selon ses dires). Il a été sauvé, dit-il, par ses deux gardes du corps. Et Théophraste de se demander pourquoi un journaliste, s’il est reconnu dans sa ville, s’expose au lynchage (c’est le mot employé par les médias) malgré ses précautions, s’il n’est pas flanqué de deux gardes du corps. La « victime » a déposé plainte. Ses confrères le défendent tous, sans chercher à savoir ce qui a bien pu provoquer la colère de la rue. Quelqu’un a parlé d’esprit de clan. Un lecteur souligne que leur esprit de clan s’arrête aux portes de l’ambassade de l’Equateur à Londres (Cf. Julian Assange dont ils se fichent tous, et qui est le plus grand des journalistes vivants). Un autre (...) Lire la suite »
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La télévision peut-elle critiquer la télévision ?

Analyse d’un passage à l’antenne

Pierre BOURDIEU

Vous vous êtes peut-être étouffés d’indignation en regardant comment nos médias (pas seulement les télés des milliardaires) rendent compte du mouvement des gilets jaunes. Vous êtes sans doute indignés de voir comment ils traitent ceux qui soutiennent les gilets jaunes et, plus généralement, ceux qui participent à des débats en s’écartant de la pensée unique : la pensée (sic) de Macron, celle des politiciens mous du genou, celle du CAC 40.
Dans l’article ci-dessous, qui date de 1996, Pierre Bourdieu nous explique comment marche la télé d’aujourd’hui, la télé des chiens de garde, celle qui fait tout pour discréditer la protestation populaire. A vous de voir si nous faisons abusivement « parler un mort » ou si les analyses du sociologue sont impérissables.
LGS

En France, plusieurs émissions de télévision se proposent de décrypter les images que reçoivent les téléspectateurs. Se fondant sur l’idée que la télévision peut critiquer la télévision, elles tentent de combattre la méfiance grandissante du public à l’égard de ce média. Pierre Bourdieu, qui a, en janvier dernier, participé à la principale de ces émissions, « Arrêt sur images », livre ici son témoignage. Le Monde Diplomatique. J’ai écrit ces notes dans les jours qui ont suivi mon passage à l’émission « Arrêt sur images ». J’avais, dès ce moment-là, le sentiment que ma confiance avait été abusée, mais je n’envisageais pas de les rendre publiques, pensant qu’il y aurait eu là quelque chose de déloyal. Or voilà qu’une nouvelle émission de la même série revient à quatre reprises — quel acharnement ! — sur des extraits de mes interventions, et présente ce règlement de comptes rétrospectif comme un audacieux retour critique de l’émission sur elle-même. Beau courage en effet : on ne s’est guère inquiété, en ce cas, d’opposer des « (...) Lire la suite »
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Arabie Saoudite : la complicité et l’imposture de la France de Macron

Christian RODRIGUEZ
La France doit rompre ses relations diplomatiques avec l'Arabie Saoudite après qu'un journaliste opposant au régime a été assassiné sauvagement au consulat de son pays en Turquie. Pas un mot d'indignation de la part du gouvernement, pas de rappel d'ambassadeur au moins pour information, aucune réaction de l'Elysée. Nous vous avons vu plus prompts à vous intéresser à l'ambassadeur du Venezuela ! Ah le Venezuelaaaaaa !!! Mesdames et Messieurs les journalistes, nous ne vous avons pas trop vu choqués et scandalisés par ce crime ! La liberté de la presse dans le monde ne vous intéresse donc pas ? Mais c'est sûr que c'est mieux de faire de l'audience sur Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou... Pitoyable ! Lire la suite »

C’est caché sous nos yeux : pourquoi nous ne pouvons pas voir le système nous détruire (Counterpunch)

Jonathan COOK
Je dis rarement aux lecteurs ce qu'ils doivent croire. J'essaie plutôt de les avertir qu'il serait sage de ne pas croire, du moins lorsqu'il n'y a pas de véritable preuve, ce que ceux qui sont au pouvoir nous demandent de croire. Nous avons tous des adages bien connus à propos du pouvoir : « le savoir, c'est la pouvoir », et « le pouvoir tend à corrompre alors que le pouvoir absolu tend à corrompre absolument. » Ces maximes nous touchent car elle parlent avec vérité de notre expérience du monde. Les gens qui ont le pouvoir – même un pouvoir très limité, détiennent une autorisation d'autrui – ont tendance à en abuser, parfois de façon subtile et inconsciente et parfois ouvertement et délibérément. Si nous sommes raisonnablement conscients de nous-mêmes, nous pouvons ressentir en notre for intérieur, cette tendance à exploiter à notre avantage un quelconque pouvoir dont nous jouissons, que ce soit dans nos relations avec un conjoint, nos enfants, un ami, un employé, ou juste par l'usage courant de notre (...) Lire la suite »

Les Ouïghours, first America, les médias et nous

Maxime VIVAS

Au départ, c’est le battement d’aile d’un papillon qui ne se doute pas, même s’il l’espérait secrètement, qu’il va déclencher, depuis les USA, une tempête autour de la Chine. C’est une variante de la fiole brandie par Colin Powell à l’ONU pour apeurer la planète atlantiste (laquelle se prend pour « la communauté internationale »).

Cela devient une campagne mondiale, un bobard beuglé par des sites Internet, des journaux, des radios, des télés, des politiciens, des sinologues, des chercheurs, experts, spécialistes : une camarilla où se bousculent des malins et des coquins (voir ici l’excellent article de Ben NORTON et Ajit SINGH). En France, tout est mis en œuvre pour provoquer l’indignation de notre Marianne au bonnet phrygien. Mais c’est une fake news au parfum de CIA. Et pour cause. Le fait qu’à travers le monde la totalité (à peu près) des médias mainstream (atlantistes), des associations « humanitaires », des partis et de nombreux sites Internet aient tous repris en chœur et sans la moindre vérification préalable cette gigantesque fake news la transforme illico, de facto, en vérité universelle. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, a dit Marx. L’histoire est écrite par les vainqueurs et les vainqueurs de la guerre médiatique sont à Washington. Pas à Beijing. Avant cette affaire, le citoyen Lambda (...) Lire la suite »

La disparition du journalisme (Consortium News)

John PILGER
Le décès de Robert Parry, survenu plus tôt cette année, fut un adieu à l'ère du journalisme. Parry était 'un pionnier du journalisme indépendant', selon Seymour Hersh, avec qui il avait beaucoup en commun. Hersh a révélé le massacre de My Lai au Vietnam et le bombardement secret du Cambodge, Parry a exposé Iran-Contra, un complot de trafic de drogue et d'armes dont les ramifications s'étendaient jusqu'à la Maison-Blanche. En 2016, ils ont produit séparément des preuves convaincantes que le gouvernement Assad en Syrie n'avait pas utilisé d'armes chimiques. Ils n'ont pas été pardonnés. Rejeté par le 'mainstream', Hersh doit publier son travail à l'extérieur des Etats-Unis. Parry a créé son propre site d'information indépendant, Consortium News, où, dans un dernier article à la suite d'un accident vasculaire cérébral, il a fait référence à la vénération du journalisme pour les 'opinions approuvées' alors que 'les preuves non approuvées sont écartées ou dénigrées quelle que soit leur qualité'. Bien que le (...) Lire la suite »
L’Amérique latine innove dans l’information télévisée. Aidons-la.

Terra TV, un projet de télé Web à soutenir

Fondée par notre ami et collaborateur, le journaliste vénézuélien Thierry Deronne en 1994 l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre (EPLACITE) a formé des milliers de membres des mouvements sociaux d’Amérique Latine pour qu’ils puissent créer eux-mêmes leur image.
Thierry Deronne a participé à la fondation de plusieurs télévisions associatives et publiques comme Vive TV, dont il fut vice-président.
Au fil des ans, il a su constituer un vaste réseau qui permet aujourd’hui de passer à nouvelle une étape : la création d’un nouveau média : Terra TV.

Terra TV est un média qui veut s'émanciper des formats et récits médiatiques dominants, notamment sur les mouvements sociaux et populaires. Mais son originalité va plus loin : il sera pensé et produit par les mouvements sociaux eux-mêmes, notamment par les collectifs paysans en lutte pour la terre en Amérique latine. Il sera aussi une école intégrale de formation en ligne pour les mouvements sociaux, notamment audio-visuelle et agro-écologique, pour accompagner d’autres collectifs dans la création de formes innovantes, non formatées. Terra TV aura une triple fonction : Diffuser l’image, et faire le suivi, de la vie quotidienne et du travail en profondeur des organisations paysannes et les traduire en portugais, espagnol, anglais ou français. Mettre en ligne des modules de formation en réalisation audio-visuelle, en agroécologie, en Histoire, en économie, en philosophie, en pratiques socioculturelles, eux aussi, traduits en portugais, espagnol, anglais ou français, avec un suivi pédagogique pour (...) Lire la suite »
Sur la Chine, on ne risque rien à affabuler

Hulot et Bourdin dans le smog (chinois)

Maxime VIVAS

Avec ma compagne, je viens de séjourner, deux semaines en Chine dans la région du Xinjiang, peuplée par plusieurs ethnies dont les Ouïghours. J’en reparlerai ici plus tard.

Samedi, nous avons passé la journée à Pékin avec le journaliste Zheng Ruolin et notre jeune accompagnatrice, guide, interprète, cicérone et mentor : Peng Veijing qui a étudié le français à la Sorbonne. Zheng Ruolin travaille pour plusieurs médias publics et privés chinois. Son père, très connu en Chine, était un spécialiste de littérature française et notamment de Balzac. Zheng Ruolin, parfaitement bilingue, a été en poste à Paris pendant 20 ans. C’est là que je l’ai connu. Nous avons sympathisé et, avant son retour en Chine, je n’ai pas souvent fait un voyage de Toulouse à Paris sans prendre le temps de déjeuner avec lui. Samedi, il voulait que je lui accorde 30 minutes d’interviews sur une chaîne de télé, CCTV, qui émet en français. Il y anime l’émission dont le titre parlerait à Anne Roumanoff : « On ne nous dit pas tout ». Zheng Ruolin est venu nous prendre à notre hôtel et nous a montré d’emblée sur sa tablette une vidéo qui lui tenait à cœur. On y voyait Nicolas Hulot interviewé en février 2015 par (...) Lire la suite »
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