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Thème : Torture

L’histoire secrète de Fort Detrick,

Stephen KINZER

Aujourd’hui, c’est un laboratoire de pointe. Dans les années 1950 et 1960, il a été le centre des expériences les plus sombres du gouvernement des États-Unis. En 1954, un médecin de prison au Kentucky a isolé sept détenus noirs et leur a administré des doses « doubles, triples et quadruples » de LSD pendant 77 jours d’affilée. Personne ne sait ce qu’il est advenu des victimes. Elles sont peut-être mortes sans savoir qu’elles faisaient partie du programme très secret de la CIA visant à développer des moyens de contrôler les esprits – un programme élaboré à partir d’une base militaire peu connue au passé sombre, Fort Detrick.

L’expansion des banlieues a englouti Fort Detrick, une base militaire située à 80 km de Washington, dans la ville de Frederick, dans le Maryland. Il y a 73 ans, cependant, lorsque l’armée a choisi Detrick pour développer ses plans super-secrets de guerre bactériologique, la zone autour de la base était bien différente. En fait, elle a été choisie pour son isolement. La raison en est que Detrick, toujours florissante aujourd’hui en tant que base principale de l’armée pour la recherche biologique et comprenant maintenant près de 600 bâtiments sur 13 000 acres, a été pendant des années le centre nerveux de l’empire caché de la CIA pour les armes chimiques et le contrôle des esprits. Detrick est aujourd’hui un des laboratoires de pointe pour la recherche sur les toxines et les antitoxines, le lieu où sont développées des défenses contre tous les fléaux, du champignon tueur de cultures à l’Ebola. Son rôle de leader dans ce domaine est largement reconnu. Pendant des décennies, cependant, une grande partie de ce (...) Lire la suite »

Abattoir de Sobeval : de la cruauté des pratiques au déni des services de l’état

Jérôme HENRIQUES

Le 20 février dernier, l'association de protection animale L214 publie une vidéo révélant les pratiques atroces d'un abattoir de Dordogne. Une révélation largement relayée par les médias mais malheureusement déniée par les pouvoirs publics et conspuée par les acteurs du secteur. Retour sur un imbroglio en plusieurs actes.

Les faits datent de novembre-décembre dernier. Ils se déroulent au sein de l'abattoir Sobeval de Boulazac, en Dordogne, l'un des plus gros abattoirs de veaux de France (450 employés, 700 veaux tués par jour). Un abattoir qui pratique l'abattage standard (les veaux sont étourdis avant d'être tués) mais aussi l'abattage halal et casher (les animaux sont saignés sans étourdissement préalable). Dans les deux cas, la vidéo fait état de manquements graves à la réglementation : à savoir, des étourdissements ratés (animaux mal immobilisés, tirs mal ajustés), des "contrôles de l'inconscience et de l'insensibilité quasi inexistants" et des cas de reprise de conscience avant ou pendant la saignée, sur la chaîne d'abattage (lorsque les animaux sont suspendus par les pattes)(1)(2) ... La préfecture de Dordogne fait une toute autre lecture de ces images. Dans un communiqué publié le 20 février (soit le jour même de la sortie de la vidéo), elle explique qu'il n’y a "pas de mise en évidence de non-conformité à la (...) Lire la suite »

Assange est sorti de l’isolement dans une prison britannique

AAP

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a été sorti de l'isolement dans une prison britannique après une série de pétitions de son équipe juridique et de ses codétenus, indique son organisation.

L'Australien est détenu presque au secret avec de sévères restrictions sur son accès aux visiteurs dans la prison de Belmarsh près de Londres depuis avril, alors qu'il attend son procès d'extradition étasunien qui doit commencer le 24 février. L'ambassadeur de Wikileaks, Joseph Farrell, affirme que l'Australien de 48 ans a été transféré vendredi de l'aile médicale à une autre aile avec 40 autres détenus. Il affirme que cette avancée a eu lieu après que son équipe juridique et trois pétitions distinctes de détenus au gouverneur de la prison ont déclaré que son traitement était injuste et inéquitable. Après des réunions entre les autorités de la prison, l'équipe juridique d'Assange et les détenus, il a été transféré. "Ce transfert est une énorme victoire pour l'équipe juridique d'Assange et pour les militants qui insistent depuis des semaines pour que les autorités de la prison mettent fin au traitement punitif d'Assange", a déclaré M. Farrell dans une déclaration à l'AAP. Assange doit être jugé le mois prochain (...) Lire la suite »

Juste une mise au point sur Julian Assange

PERSONNE
Quand Ils ont inventé cette histoire d’accusation de viol en Suède, je n’ai rien dit, je ne me mêlais pas de la vie privée des autres, Quand Ils ont affirmé qu’Assange avait espionné, trahi les États-Unis d’Amérique, je n’ai rien manifesté, j’avais oublié qu’Assange est un journaliste australien, Quand Ils ont prétendu qu’Assange avait fait perdre Hillary Clinton, je n’ai rien pensé, j’avais même oublié que cette dernière avait obtenu plus de voix que Trump et que Sanders avait été candidat, Quand Ils ont insinué qu’Assange était un agent russe, je n’ai rien compris à ces histoires de nationalité, et je n’avais pas retenu les révélations publiées par WikiLeaks sur la Russie (Spy files Russia, en 2017), Quand Ils ont refusé le droit d’asile politique à Assange, je n’ai rien exprimé, je le croyais en sécurité dans les démocraties occidentales, j’ignorais que, dans celles-ci, les droits humains s’arrêtaient où commençaient les raisons des États, Quand Ils ont espionné Assange durant son asile diplomatique dans (...) Lire la suite »

Des centaines de personnes se réunissent à Londres pour exiger la liberté de Julian Assange

WSWS

Des centaines de personnes ont rempli l'église St Pancras New Church à Euston jeudi soir pour une réunion réclamant la liberté du fondateur de WikiLeaks et journaliste emprisonné Julian Assange.

La plus grande réunion tenue à ce jour à Londres reflète l'opposition croissante au projet du gouvernement des EU d'extrader et d'emprisonner Assange pour avoir dénoncé des crimes de guerre, la surveillance illégale de masse et la corruption d'Etat. Intitulé "Free the Truth", les orateurs qui ont pris la parole comprenaient le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer, l'ancien ambassadeur du Royaume-Uni, Craig Murray, et le journaliste d'investigation chevronné John Pilger. Une exposition d'art l'accompagnait avec des peintures, des dessins et des sculptures, tandis que la rencontre s'ouvrait par un récital de piano de "And the Band Played Waltzing Matilda", l'un des préférés d'Assange. La réunion a été organisée par les universitaires Deepa Driver et Iain Munro, avec le soutien du Comité de défense Julian Assange. L'artiste de rap Lowkey a commencé par citer les paroles du leader chartiste emprisonné Ernest Jones : "Parce que j'ai essayé d'étendre tes libertés, les miennes (...) Lire la suite »

La torture systématique des Palestiniens dans les prisons israéliennes

Yara HAWARI

Le cas récent de Samer Arbeed met une fois de plus en lumière le recours systématique à la torture contre des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Des soldats israéliens ont arrêté Arbeed à son domicile à Ramallah le 25 septembre 2019. Ils l’ont sévèrement tabassé avant de l’emmener au centre de détention Al Moscobiyye à Jérusalem pour un interrogatoire. Deux jours plus tard, selon son avocat, il a été hospitalisé après avoir été violemment torturé et sa vie a été en danger pendant plusieurs semaines. Une instance judiciaire avait autorisé les services secrets israéliens, le Shin Bet, à utiliser des "méthodes exceptionnelles" pour obtenir des informations dans cette affaire sans passer par les tribunaux. Cela a amené Amnesty International à condamner le traitement subi par Arbeed que l’ONG a qualifié de "torture sanctionnée par la loi". 1

En août 2019, peu avant l'arrestation d'Arbeed, les forces d'occupation israéliennes avaient lancé une opération contre la jeunesse palestinienne et arrêté plus de 40 étudiants de l'Université de Birzeit. Les arrestations se sont multipliées après la détention d'Arbeed et, comme de nombreux étudiants se sont vu refuser l'accès à un avocat, on craint que nombre d'entre eux aient également été soumis à la torture. Ces actes de torture ne sont pas nouveaux. Depuis la création de l'État d'Israël en 1948, l'Agence de sécurité israélienne (ISA) torture systématiquement les Palestiniens en utilisant diverses techniques. De nombreux pays ont inscrit l'interdiction de la torture dans leur législation nationale (ce qui ne l’empêche pas de demeurer une pratique répandue sous couvert de sécurité de l'État), mais Israël a pris une voie différente : il n'a pas adopté de législation nationale interdisant l'usage de la torture, et ses tribunaux ont autorisé le recours à la torture en cas de "nécessité". Cela a permis à l'ISA (...) Lire la suite »

"La Question" d’Henri Alleg, histoire d’un manuscrit

Roland RAPPAPORT

Au moment où, comme l’a expliqué Jacques-Marie Bourget dans nos colonnes, le Parlement de Bruxelles à mis en marche l’Europe Nouvelle et "anti totalitaire", il est bon de se souvenir de la résistance héroïque en Algérie d’un très grand petit homme, le communiste Henri Alleg.

L'avocat Roland Rappaport raconte comment le manuscrit, écrit sur du papier toilette, fut sorti en 1957 de la prison de Barberousse à Alger, feuille par feuille. Publié le 24 juillet 2013. Comment se fait-il qu'Henri Alleg ait été celui qui a produit La Question (Minuit, 1958), "un témoignage sobre ayant le ton neutre de l'Histoire" comme l'a écrit François Mauriac ? Ils se comptaient pourtant par milliers, ceux qui ont eu à subir le supplice de l'électricité et de la baignoire pendant la guerre d'Algérie. Beaucoup y ont succombé et, pour d'autres, les tortures infligées ne restèrent pas sans effet. Les victimes qui n'avaient pas pleinement résisté demeurèrent marquées pour toujours, moralement atteintes, porteuses d'un sentiment de culpabilité. Dès lors, comment écrire avec l'énergie nécessaire ? Certes, comme je l'ai lu ces derniers jours, Henri Alleg, journaliste militant, était accoutumé à l'usage de la plume, mais je pense qu'il n'a pas été suffisamment souligné que, s'il a pu s'exprimer comme il (...) Lire la suite »

Didier Reynders : ce que tout parlementaire européen doit savoir sur sa pratique des droits de l’homme

Luk VERVAET

La nomination de Didier Reynders en tant que commissaire européen à la Justice « avec pour mission les Droits fondamentaux et la défense de l’État de droit » est une gifle magistrale à toutes celles et tous ceux qui l’ont croisé sur le chemin de la défense des droits de l’homme en Belgique.

À l’annonce de sa nomination, Didier Reynders, dont le nom a été cité dans des affaires comme le Kazakhgate, la loi sur la transaction pénale, la gestion des fonds libyens et, tout récemment, le blanchissement d’argent et de corruption au Congo, a déclaré : « L'Union (européenne) n'est pas uniquement un grand marché : il faut une surveillance des droits fondamentaux et de la séparation des pouvoirs, comparable à celle déjà appliquée aux finances ». Commencer par aborder la question des droits de l’homme en prenant le libre marché et le monde financier comme référence en dit beaucoup sur Reynders. C’est ce monde qu’il connaît le mieux et les intérêts économiques et financiers ont toujours été sa première préoccupation. On pourrait déjà s’interroger : si les droits de l’homme en Europe seront surveillés comme le sont les multinationales et les banques, ça promet. Dorénavant, Reynders se chargera d’un "rapport annuel objectif" sur ces questions, dans lequel la situation de chaque État membre devra être analysée « sur (...) Lire la suite »

Décès d’un tortionnaire

Smail HADJ ALI
Belkacem Babaci, dit "Belzébuth", ex-officier de la Sécurité Militaire (SM), un des nombreux tortionnaires de patriotes progressistes qui se sont opposés politiquement au coup d’État militaire du 19 juin 1965, vient de mourir. On le dit « "Illustre historien", Défenseur du patrimoine historique", et Formidable remonteur de mémoire. » Le jour de son décès, la presse algérienne quasi unanime, subitement prise d'un terrible trou de mémoire, a pleuré sa mort et lui a rendu un hommage inconditionnel et dithyrambique, sans un mot sur son passé de tortionnaire. Voici, afin de compléter sa notice nécrologique, quelques faits– relatés par B.Hadj Ali et H. Zahouane, « "oubliés" » par toutes les pleureuses médiatiques. Ci-joint un extrait de L’Arbitraire de Bachir Hadj Ali, publié aux Éditions de Minuit, en1966. Livre interdit en Algérie, il sera publié en Algérie en 1991, par la maison d’édition Dar El Ijtihad, publication décidée par les fils et l'épouse de Bachir Hadj Ali, suite à l'interview par un hebdomadaire (...) Lire la suite »
États-Unis : de l’emprisonnement à la torture

Ce que vit Nizar Trabelsi, ce qui attend Julian Assange s’il est extradé

Luk VERVAET
La possible extradition de Julian Assange a remis les pratiques de la justice étasunienne et de son système carcéral, le goulag des temps modernes, au centre de l’attention. Assange, le co-fondateur de Wikileaks, est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 2012 pour échapper à son extradition vers les États-Unis. Julian Assange, tout comme Edward Snowden, qui s’est réfugié en Russie, ont été dépeints aux États-Unis comme des terroristes et des traîtres. D’autres journalistes d’investigation aussi, comme Glenn Greenwald, Jacob Appelbaum ou Laura Poitras, ont choisi l’exil avant de courir le risque d’être arrêtés aux États-Unis. Être accusé de trahison et/ou de terrorisme aux États-Unis, ce n’est pas rien. Il suffit de regarder un petit montage vidéo de Wikileaks où des hauts responsables américains disent ouvertement qu’il faut assassiner Assange ou le condamner à la peine de mort [1]. Aujourd’hui, tout se met en place pour une extradition de Julian Assange. Récemment, selon WikiLeaks, des sources de (...) Lire la suite »
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