Parlons (Inter) Net
Les plumes de canard du Front national

Marine Le Pen peut bien aller danser à Vienne avec les néo-nazis autrichien(1), diriger un parti créé par des anciens collaborateurs, être sur la sellette pour des captations irrégulières d’argent public, être accusée d’avoir truandé des centaines de milliers d’euros à l’UE, avoir embauché son compagnon et même son garde du corps avec des crédits destinés à payer des assistants parlementaires, avoir été élevée dans un manoir dont François Fillon aurait aimé la localisation (St-Cloud), être devenue riche sans avoir jamais fait autre chose que de la politique, tout cela glisse sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard.
Son parti est celui de la violence physique, celui dont les adhérents et élus comptabilisent le plus de problèmes avec la justice, le plus de procès, le plus de condamnations. Cela ne l’empêche pas de clamer : « Le FN, tête haute et mains propres ».
Elle est contre l’augmentation du SMIC, contre les syndicats, contre l’abaissement de l’âge de la retraite, contre les droits des femmes, elle soutient les policiers violeurs : qu’importe !
Elle pourrait tout aussi bien, demain, parler de « détails de l’Histoire », nier l’existence des chambres à gaz, ironiser sur des « fournées », sur Durafour-crématoire : l’eau continuerait à glisser. Elle resterait au plus haut des sondages.
Elle pourrait vitrioler ma voisine sans que mon voisin y trouve à redire, incendier la grange sans que le paysan y voit autre chose qu’un exploit pyrotechnique, voler le troupeau, tuer le chien en persuadant 30% des bergers que c’est un coup des arabes, des noirs, des chômeurs, de la CGT, des homos, des clandestins, de l’establishment...
Le PS, les médias, ont joué à enlever les cales du camion de 40 tonnes en haut de la montagne. Il dévale, il emporte tout, sa remorque folle fouette les bas-côtés. Le bruit qu’il fait cache les cris d’alarme. Des spectateurs applaudissent.
Les dindes se frottent pour un câlin contre les gros mollets blancs de la bouchère. Les moutons sont impatients d’entrer dans l’abattoir pour une caresse de l’équarrisseur pâle, au crâne lisse et tatoué, surnommé Batte-de-baseball (2).
Que faire ?
Théophraste R. (Chef du bureau provisoire « Moral à zéro »).
Notes
(1) Le 27 janvier 2012, jour de la commémoration de l’holocauste et du 67ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le parti d’extrême droite autrichien FPÖ (nostalgique du Troisième Reich) avait organisé à Vienne un bal dont l’invitée d’honneur était Marine Le Pen.
(2) Dindes, moutons… Veaux, c’était déjà pris par De Gaulle.