Un lecteur du Grand Soir
Un siècle après son assassinat, la classe politique dans son ensemble ou presque va célébrer la mémoire de Jean Jaurès. L’occasion de mettre certains face à leurs responsabilités et leurs contradictions. Alors, qu’est-ce qu’il disait Jaurès ?
« Nous les avons souvent entendues, les grandes paroles contre la tyrannie du peuple ! Et pendant qu’on la dénonce, on maintient la tyrannie réelle du capital. Je n’ai pas entendu dire que depuis un siècle le peuple ait abusé des forces qui étaient dans ses mains ; c’est lui, en somme, qui a aidé, par les grandes journées révolutionnaires, au mouvement de la Révolution ; et pourtant à peine la Révolution fut-elle installée et maîtresse, que les citoyens actifs et riches supprimaient les droits politiques des prolétaires qui avaient fait la Révolution. Voilà comment le peuple abuse de sa victoire… La vérité, c’est que la force de la démocratie, du prolétariat, rencontre tous les jours devant elle des obstacles formidables, tous ceux du passé, tous ceux du présent, les résistances de l’Eglise, celles des grandes fortunes ; que l’ouvrier et le paysan ont à peine le temps de penser de loin en loin à l’exercice intermittent de leur souveraineté. C’est miracle s’ils arrivent à pouvoir (…)
Un lecteur du Grand Soir
Un siècle après son assassinat, la classe politique dans son ensemble ou presque va célébrer la mémoire de Jean Jaurès. L’occasion de mettre certains face à leurs responsabilités et leurs contradictions. Alors, qu’est-ce qu’il disait Jaurès ?
« La vraie politique, ce n’est ni le parti pris d’invective contre les grands serviteurs du pays, ni la manie d’opposition, ni la légèreté à ouvrir des crises ministérielles sans issue, ni l’étourderie à risquer une réforme sans lui avoir préparé une majorité, ni la rivalité de groupes et la diplomatie de couloir, ni l’abus des formules vaines que l’étude ne remplit jamais, ni la déclamation démagogique qui corrompt le peuple et ne le sert pas, ni le don-quichottisme aveugle qui sacrifie aux solennelles erreurs du libre-échange la substance même de la nation, ni le dédain transcendant des intérêts matériels et positifs du pays, base nécessaire de sa grandeur comme nation et de son développement moral.
Non, la vraie politique n’est rien de tout cela. Mais elle n’est pas davantage cette sagesse étroite et égoïste qui se borne à gérer les intérêts constitués de la nation, renonce à établir une égalité vraiment humaine d’intérêts, de puissance et de droits entre tous les membres de (…)
Un lecteur du Grand Soir
Une proposition de lecture pour sortir du prêt-à-penser économique qu’on nous mâchouille dans les médias afin que la digestion soit moins douloureuse : un article de Frédéric Lordon, “ Les entreprises ne créent pas l’emploi. Les irresponsables du pacte de responsabilité" (sans oublier certains des commentaires qui ont nourri ma réflexion).
Même si finalement cet article reste une analyse dans le cadre du capitalisme (en essayant de prouver par une sorte de néo-keynésianisme qu’une politique de la demande est souvent plus logique que celle de l’offre), il rappelle, agrémenté des commentaires, quelques éléments essentiels et notamment que :
* Les entreprises ne créent pas l’emploi mais convertissent en emplois les demandes de biens et services qui leurs sont adressées en fonction de la conjoncture macroéconomique.
* Le capital prend actuellement les sociétés en otage par une grève de l’investissement et de la redistribution par les salaires (et là, Pujadas est content : on associe « grève » et « prise d’otages » dans la même phrase). Bien sûr, il y a différents types et tailles d’entreprises : l’article a trop tendance à confondre entrepreneurs, dirigeants et actionnaires... Mais si les grandes entreprises n’embauchent pas, et ne permettent pas de relancer ainsi la demande, ce n’est pas parce que la concurrence est (…)
Un lecteur du Grand Soir
C'est pourtant très tentant de vous parler des cerveaux atteints de "Dieudo" et "Schumi"... Mais pour commencer l'année, trois articles que ne liront pas nos journalistes postés depuis plusieurs jours devant l'hôpital de Grenoble et la salle de spectacle de Nantes. Le rideau a bougé là non ?
"Je vais appeler le chef de la rédaction, il y a quand même vachement d'eau à Quimperlé, c'est spectaculaire et on trouvera peut-être des cons qui nous disent que c'est la faute des noirs et des juifs si la rivière déborde et que les assurances ne remboursent pas, alors que les rideaux qui bougent et les assurances qui ne remboursent pas, ça emmerde les gens quand ils rentrent du travail. Il faut les distraire."
Distraire, verbe transitif.
Sens 1 : Séparer un élément d'un tout.
Sens 2 : Divertir
Sens 3 : Déranger, détourner l'attention de quelqu'un
Faites votre choix.
Trois articles donc :
* Sur l'utilisation abusive des antibiotiques dans l'agriculture et l'aquaculture, afin de (…)
Un lecteur du Grand Soir
Ah, le petit tailleur rose de Jacqueline ! Ah, le joli but de Mamadou ! Oh, il neige ! On peut facilement se livrer à l'anticipation du traitement médiatique de la journée de demain, qui pourrait ressembler à une belle diversion. Essayons ensemble de tout mélanger pour voir ce que cela donne. Et comme le dit notre cher Théophraste : pas besoin de tout comprendre si on a compris l’essentiel.
Demain, on vous dira rapidement (« on passe rapidement à autre chose David, les images d’archives ça emmerde les gens ») que Lee Harvey Oswald a tué Kennedy il y a 50 ans sans vous dire qui a tué Lee Harvey Oswald 2 jours plus tard. Ne demandez-pas pourquoi, on a plein de reportages passionnants à vous montrer sur la neige au mois de novembre. 30 centimètres à Saint-Etienne bon sang ! Et puis, pour John, ne doutons de rien, on a retrouvé la carabine, la chemise ensanglantée et tout et tout...
Demain, on ne vous dira pas (même pas rapidement) que les économistes de la Commission européenne (…)