Franco VIELMA
Ceux qui profitent de la mort de Maradona pour dénigrer Maradona et le chavisme ont une stature morale tellement inférieure qu’ils ne comprennent pas et ne comprendront jamais ce que nous sommes, nous les chavistes, ni ce qu’est Maradona.
Le chavisme ne regrette pas l’amitié de Maradona parce qu’il a pris de la drogue. Nous ne nous en soucions pas. Nous l’aimons en raison de sa dimension humaine et réelle. Tout ce que nous pouvons dire de lui, c’est qu’il était génial, merveilleux et authentique. C’était un vrai homme dans la peau du plus grand des footballeurs. Depuis le 4 février 1992 [date de la tentative de coup d’État de Hugo Chávez, NdT], nous, les chavistas, aimons ceux qui tombent et se relèvent.
Nous, les Chavistes, aimons Maradona parce qu'il a résisté aux publicités pour Visa et Coca-Cola. Être une marque comme l'était Pelé. Il a résisté au fait d'être un produit commercial comme les autres joueurs de football aujourd'hui. Les mêmes personnes qui ont critiqué Maradona pour ses problèmes personnels ont proposé de l'acheter, puis de le domestiquer et d'en faire un produit. Il préférait être libre et faire ce qu'il voulait. C'est ce qu'on appelle la dignité, un concept étranger à beaucoup.
Sa vie entre la gloire et la défaite a été marquée par la controverse. Mais peu importe, l'histoire l'absoudra, comme l'a dit Fidel, que Maradona a aimé et toujours remercié pour lui avoir sauvé la vie lors de sa réhabilitation à Cuba.
Maradona n'était pas accablé par toutes les critiques et les menaces qu'il recevait, car il était l'ami de Fidel, de Chavez, de Maduro, d'Evo, de Cristina, de Lula. Il n'a pas été blessé par tout ce qu'il a perdu, ni par les portes qui lui étaient (…)
Franco VIELMA
C’est une question qui revient sans cesse. Et c’est d’ailleurs dommage que cette question soit si courante, car cela signifie que tous ceux qui se la posent n’ont pas compris le problème. Il y a pourtant une réponse courte et une réponse longue à cette question.
La réponse courte : ce n’est pas le moment. Peu importe ce qu’il a fait. Ce n’est pas le moment.
La réponse longue : Guaido est la principale source d’information et d’erreurs dont ont besoin les services de renseignement vénézuéliens pour enquêter, et démanteler avec succès toutes les attaques qui ont été perpétrées contre le Venezuela.
C’est Guaido et l’infiltration de son entourage, ses lignes de communication, ses contacts, ses alliés, ses ennemis internes, ses rivaux au sein de l’antichavisme, ses actions, ses mouvements -secrets ou au sein de l’espace public- qui ont permis les succès des services vénézuéliens.
Si Guaido est fait prisonnier aujourd'hui, s'il quitte le pays, ou si Leopoldo Lopez et les États-Unis le remplacent demain, il faudra repartir de zéro et ce brusque changement nous sera préjudiciable. La course contre la montre ne joue pas en notre faveur.
En fait, nous devons accepter, même si cela ne nous plaît pas, que Guaido est nécessaire pour tendre des pièges politiques et opérationnels, qui annuleront son action, et détruiront les plans que les États-Unis ont construit autour de lui. Même si cela est douloureux pour le pays. Cela va au-delà des opérations secrètes. En politique, Guaidó est nécessaire car il est usé et même parce qu’il ne doit pas être un obstacle aux différentes options politiques de sortie de crise.
Guaido est devenu le principal foyer de division du camp antichaviste, et cette division est nécessaire pour la survie de la République.
Sa position aujourd'hui est celle d'un loup (ou plutôt d'un idiot) solitaire, sa présence ne tient que par la grâce (…)
Franco VIELMA
Les analyses du coup d’État en Bolivie faites depuis la France oublient bien souvent les conditions très concrètes qui surdéterminent la marge de manœuvre dont disposent les gouvernements progressistes ou révolutionnaires latino-américains pour mener à bien leur tentative de sortir du carcan capitaliste ou, du moins, d’en desserrer l’étau. Les sociétés postcoloniales, comme les appelle Alvaro García Linera, ont presque encore à faire leur 1789, autrement dit à annuler les privilèges exorbitants dont jouissent les oligarchies (encore très présentes) et les classes dominantes dans les structures politiques et économiques, voire dans la trame sociale et mentale de la nation (une notion qui n’a souvent pas beaucoup de sens, quand on voit comment la Bolivie, pour ne prendre que cet exemple, est nettement clivée selon des rapports ethniques doublés de primauté géographique régionale). Mais il était sans doute plus aisé de couper des têtes royales en France au XVIIIe siècle que d’en faire (…)
Franco VIELMA
Retour au galop du réel refoulé par les grands médias. Alors que ceux-ci qualifiaient de « prisonniers politiques » les leaders d’extrême droite arrêtés pour possession d’explosifs ou organisation de violences meurtrières avec l’appui paramilitaire d’Alvaro Uribe, la droite vénézuélienne reconnaît à présent qu’il n’existe que des « personnes arrêtées ». Plus surprenant encore, elle admet la réalité d’une guerre économique qu’elle qualifiait jusqu’ici d’invention du président Maduro « pour cacher la faillite du socialisme bolivarien ». Le sociologue vénézuélien Franco Vielma nous éclaire sur ces revirements inattendus.
A l’initiative du gouvernement bolivarien, les partis de la droite vénézuélienne ont accepté récemment de s’asseoir à la table des négociations. La première étape de ce dialogue amorcé avec l’appui de l’ex-président du Panama Martin Torrijos et de l’ex-président espagnol Rodriguez Zapatero s’est achevée le samedi 12 novembre 2016. Entouré notamment du secrétaire général de l’UNASUR et ex-président de Colombie Ernesto Samper, de Leonel Fernandez, ex-président de la République Dominicaine, l’envoyé du Vatican Claudio María Celli a lu les cinq points principaux du communiqué final : Le gouvernement et la MUD (coordination des partis d’opposition à la révolution) ont convenu de combattre ensemble toute forme de sabotage, de boycott ou d’agression envers l’économie. La priorité sera donnée aux mesures en faveur de l’approvisionnement, production et importation de médicaments et aliments, via la planification et l’application de politiques de coopération entre les secteurs public et (…)
Franco VIELMA
L'anxiété de l'opposition est évidente, ils travaillent simultanément sur la voie des institutions et à des activités profondément déstabilisatrices pour favoriser un changement politique au Venezuela en essayant de capitaliser plus de 3 ans d'affaiblissement économique qu'ils ont très bien su articuler contre la population. Ils entendent prendre le pouvoir (par n'importe quel moyen) en 2016.
En faisant un pastiche
Beaucoup d'entre nous doivent se demander : A quoi est dû le tapage autour de la question de savoir s'il y a assez de temps ou non pour un referendum révocatoire cette année. La question est que, comme l'a dit le poète J.A. Ramos Sucre dans son poème intitulé « La grêle » « le temps est une invention des horlogers ». Ou, pour le dire autrement : « le temps de Dieu n'est pas parfait ». S'il s'agit d'organiser un referendum révocatoire, le temps politique, ce sont les acteurs politiques qui le font. Récapitulons : bien que Maduro ait été élu le 14 avril 2013, le temps (…)