auteur Romain LAMEL

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La farce du Front de Gauche

Romain LAMEL

Les militants parisiens du PCF ont tranché le 19 octobre pour s’unir à 57 % dès le premier tour à la candidate du Parti Socialiste, Anne Hidalgo. Quel objectif politique derrière ce scrutin pipé de bout en bout ?

L’enjeu pouvait sembler de taille : l’orientation de la principale organisation du Front de Gauche était soumise au vote des militants de la seule fédération parisienne. Dans un pays centralisé comme la France, les politiques d’alliance décidées dans la capitale sont une question éminemment symbolique qui servent de vitrine au niveau national. 1 200 votants du PCF 75 ont donc choisi à 57 % de s’allier avec le Parti Socialiste dès le premier tour, soit seulement 170 voix d’écart essentiellement concentrées dans la section du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent et du secrétaire départemental du PCF Paris, Igor Zamichiei. Le poids de la direction du PCF a été déterminant pour imposer cette alliance avec le parti gouvernemental. Le rôle majeur de Pierre Laurent peut s’expliquer par les concessions de sièges dans les institutions octroyées par le Parti Socialiste par peur de voir surgir une alternative à sa gauche. Ainsi, le PCF verrait sa représentation augmenter de 8 à 13 (…)
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Mélenchon / PCF : la double impasse du Front de Gauche

Romain LAMEL

Le Front de Gauche est en crise depuis la fin de l’été depuis que ses deux leaders se sont affrontés par médias interposés avec les élections municipales en toile de fond. Quels objectifs politiques nourrissent les uns et les autres ? Et quelles impasses offrent-ils les uns et les autres au légitime mécontentement populaire contre la politique pro-patronale du gouvernement Hollande ? Où sont les intérêts des travailleurs dans ces calculs mesquins pour préserver leurs boutiques électorales respectives ?

La fin de l’été a été rude pour le Front de Gauche, alors que Jean-Luc Mélenchon mettait en cause à juste titre la lepénisation de Manuel Valls, le secrétaire national du Parti Communiste Français, Pierre Laurent s’est chargé de jouer les chevaliers servant du ministre de l’Intérieur en appelant à refuser « la provocation et l’invective ». Amabilité à laquelle le leader du Parti de Gauche a répondu en déclarant « On ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos ». Derrière ces petites phrases, il existe une crise plus profonde au sein du Front de Gauche à propos de la politique à suivre lors des prochaines élections municipales, une question lancinante qui tiraille le Front de Gauche depuis un an et demi : opposition ou soutien au gouvernement Hollande ? Ce dilemme ne veut être tranché ni par Jean-Luc Mélenchon, ni par le PCF qui propose l’un et l’autre une impasse politique aux secteurs avancés des classes populaires qui cherchent une issue aux contre-réformes du gouvernement (…)

A l’Elysée, dans la cour des Illusions

Romain LAMEL

Le nouveau gouvernement de François Hollande a décidé d’adopter une stratégie plus conciliatrice que celle de son prédécesseur à l’égard des organisations syndicales. Les travailleurs verront-ils la couleur de ces changements de façade ?

Le renouvellement de personnel politique à la tête de l'Etat entraîne à chaque occasion des changements de style. A cet égard, le dialogue avec les organisations syndicales a singulièrement évolué. Frustrées de n'avoir pas eu la moindre compensation leur permettant de sauver la face durant le mouvement des retraites de l'automne 2010, les relations des principales centrales syndicales avec Nicolas Sarkozy étaient notoirement mauvaises. Certaines d'entre elles, comme la CGT, la FSU ou SUD, se faisant l'écho de la vague anti-Sarko qui se faisait sentir dès avant les élections, mais aussi de leurs liens avec le PS ou le Front de gauche, ont appelé ouvertement à voter Hollande au second tour. Celui-ci élu, il tient à montrer qu'il entend bien rétablir le « dialogue social ». Ce qu'il faut lire entre les lignes, c'est qu'il essaiera, mieux que son prédécesseur, se servir des organisations syndicales pour canaliser la colère des travailleurs. Pour cela, il faut d'abord gagner leur (…)

Le FN à la sauce Marine

Romain LAMEL

Marine Le Pen emboîte le pas de son père sur la plupart des sujets : elle est aussi raciste et xénophobe que son papa… Mais dans sa version « newlook », le FN version Marine sait aussi user d’une certaine démagogie en direction du monde du travail. Mais que proposent les frontistes, exactement, en termes de fiscalité, de logement ou de santé pour les classes populaires ?

Depuis quelques années, on disait le Front National transformé, « dédiabolisé » pour utiliser l'expression la plus fréquemment utilisée par les journalistes. Loin d'un quelconque changement idéologique profond, le parti de la famille Le Pen gommait les aspects les plus polémiques d'une extrême-droite française nostalgique de l'Empire colonial et obsédée par Vichy pour se repositionner en variante de pouvoir possible face à la droite ou en association avec des secteurs de la droite traditionnelle en cas d'aggravation de la crise, avec toujours pour objectif de devenir le rempart de l'ordre derrière lequel une bourgeoisie aux abois pourrait venir s'abriter [9]. En temps de crise économique, pour qu'un parti d'extrême-droite maintienne son audience, il se retrouve à appliquer la maxime du roman de Lampedusa, Le Guépard : « Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change ». Le naturel chassé, il n'aura fallu attendre que les événements de Toulouse pour que le (…)

Que fera le Front de Gauche de la dynamique Mélenchon ?

Romain LAMEL
Jean-Luc Mélenchon connaît une réelle dynamique dans sa campagne électorale. Mais que fera le Front de Gauche de celle-ci ? Ira-t-il au gouvernement ? Quelles revendications souhaite-t-il avancer ? Le débat est bien entendu relancé à la suite du succès de la manifestation du 18 mars à la Bastille. Médias et instituts de sondage ne cessent de le souligner, la campagne du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, connaît un certain engouement. Le co-président du Parti de Gauche atteindrait désormais les 14 % dans les intentions de vote selon les dernières enquêtes d'opinion. Cet enthousiasme semble se vérifier par une affluence croissante dans ses meetings. Dimanche 18 mars, il rassemblait plusieurs dizaines de milliers de personnes entre Nation et Bastille (entre 100 et 120 000 personnes selon la direction de la Front de Gauche). La dynamique de Jean-Luc Mélenchon est le fruit d'un mécontentement social envers les politiques d'austérité, mais également du reflux social qu'a (…)