Patrick LE HYARIC
L’éditorial du Hors-série « Que reste-t-il du 11 septembre ? ».
Chacun garde le souvenir précis de ce 11 septembre 2001, où le monde découvrit effaré les images de l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center. La réalité rattrapait la fiction dans un nuage de cendres, un paysage de désolation. Le monde s’en trouva ébranlé et l’histoire, que d’aucuns prétendaient finie, se ranima brusquement. Un nouvel « ennemi » apparut. Le terrorisme islamique frappait déjà, mais personne n’imaginait une telle capacité opérationnelle, au cœur de l’Empire étasunien.
De fait, le terrible attentat allait rebattre les cartes de la géopolitique mondiale et engager l’Occident dans une interminable et laborieuse « guerre contre le terrorisme », bien souvent prétexte au redéploiement des logiques impérialistes. Des puissances occidentales, seule la France eut le courage de refuser d’engager ses troupes en Irak en 2003, avant de succomber, elle aussi, aux sirènes de la lutte contre « l’axe du mal », concept forgé par les thuriféraires d’un Occident (…)
Patrick LE HYARIC
L'hypocrisie des puissances occidentales n'a pas de limites. On imagine la tournure qu’auraient pris les évènements suite aux révélations de l'affaire "Pégasus" si au lieu d’Israël c’était la Russie qui était mise en cause. Mais n'oublions pas que les clients de la société NSO Group ne font que suivre la voie tracée par les "grands" de ce monde. Retour sur un texte publié en 2013 suite aux révélations de l'ancien agent américain Edward Snowden, nous rappelant à quel point France et Union européenne restent honteusement inféodés à l’impérium nord-américain.
La mollesse des réactions des institutions européennes et du gouvernement français face à l’ampleur des révélations sur l’espionnage des institutions, des gouvernements, des entreprises, des citoyens par les services secrets nord-américains, signe une nouvelle capitulation devant l’empire. Encore qu’on puisse se demander s’il ne s’agit pas d’une coupable et inquiétante connivence au service des milieux d’affaires occidentaux. La lutte contre le terrorisme ne sert dans cette affaire que de paravent. Comment en effet qualifier autrement une simple convocation de l’ambassadeur des Etats-Unis au Quai d’Orsay ou de mielleuses paroles de protestation, régurgitées de la table du Conseil européen, tandis qu’au Parlement européen, il aura fallu s’armer de patience et de diplomatie pour obtenir une petite majorité pour voter une résolution suspendant temporairement un accord de livraison aux Etats-Unis des données bancaires de tous les citoyens européens, baptisée « SWIFT ». Aucune de ces (…)
Patrick LE HYARIC
A la recherche d’une hégémonie culturelle pour accéder au pouvoir, l’extrême droite est entrée dans une guerre de position, cherchant à sceller, par une bataille idéologique de tous les instants, l’alliance entre une partie du bloc populaire, que l’élection et la politique de M. Macron a renforcé et homogénéisé, et la bourgeoisie la plus réactionnaire, garante des intérêts capitalistes. C’est, on le sait, la stratégie qui fut celle du fascisme. Celui-ci ne ressemblerait sûrement pas au précédent, tant l’emprise du capital internationalisé est forte et cornaque les initiatives politiques. Mais il ne sera pas pour autant plus doux.
Dans les guerres de positions, mieux vaut choisir et préparer son terrain. C’est ce à quoi s’emploie l’extrême droite qui profite d’une bienveillance médiatique ahurissante pour avancer ses pions.
La tribune d’une poignée de généraux de seconde section qui n’ont reçu leur grade que par la grâce de leur mise en retraite – restant ainsi sous l’autorité (…)
Patrick LE HYARIC
La France doit exprimer à la face du monde son refus net du racisme en même temps que sa vocation universelle et républicaine. Elle doit tout autant sortir des logiques impérialistes dans lesquelles elle s’est placée sous commandement du grand capital et de l’impérium Nord-Américain, car sa politique extérieure actuelle est la cause de nombreux de nos problèmes intérieurs.
Plus de dix jours après l’atroce assassinat de Samuel Paty, l’onde de choc continue de secouer une France assommée. Les débats sont vifs et la cohésion dont a globalement su se prévaloir la France face aux derniers attentats se fissure dangereusement.
Anciens, actuels ministres et quelques intellectuels de média s’évertuent à cibler les organisations de gauche en rendant un bien mauvais service à l’unité nationale qu’ils prétendent défendre. Il est insupportable que ce chœur de « politiciens » veuille faire assimiler dans la plus grande confusion les militants antiracistes avec l’islamisme politique en reprenant à leur compte, pour les qualifier, le concept, inventé par l’extrême droite, d’islamo-gauchisme. Faire des militants antiracistes les alliés du djihadisme islamique est abject et ne sert que les intérêts d’un agenda obscurantiste partagé par les extrêmes-droites islamistes et nationalistes.
La France n’est pas plus prémunie d’un nationalisme et d’un racisme dispensés à (…)
Patrick LE HYARIC
L’Oruç Reis est enfin rentré au port mais le ministre Turc des affaires étrangères a prévenu : « N’y voyez surtout pas un pas en arrière ».
Dernier chapitre d’une longue série de bravades, voilà près d’un mois que ce navire de recherche d’hydrocarbure déployé par Ankara dans les eaux territoriales helléniques attisait les tensions entre la Grèce et la Turquie, pourtant supposées alliées puisque toutes deux membres de l’Otan.
Forages illégaux dans les eaux chypriotes, survol d’îles grecques par des chasseurs-bombardiers, le président Erdogan n’en est pas à ses premiers méfaits dans le secteur. Et celui qui avait déjà invectivé Emmanuel Macron en novembre dernier (« en état de mort cérébrale », 28/11/2019) n’hésite plus maintenant à le menacer directement (« Vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi », 12/09/2020) pour mieux s’affirmer aux yeux du monde.
Fort d’un « régime de terreur » – pour reprendre les mots du prix Nobel de littérature Orhan Pamuk – instauré graduellement depuis son accession au poste de premier ministre en 2003, le réactionnaire Recep Tayyip Erdogan poursuit ses desseins impérialistes, (…)