auteur PERSONNE

Profession de foi d’un judéo-nazi

PERSONNE

Pour ceux qui pourraient être dubitatifs au sujet du terme d’État judéo-nazi, voire qui pourraient le juger incongru, la lecture de l’entretien d’un certain « C. », recueilli par Amos Oz (reproduit ci-dessous presque in extenso) est conseillée. Cette prose a été publiée, le 17 décembre 1982, par le quotidien israélien Davar (journal de la « gauche sioniste », ayant paru de 1925 à 1996). Vous comprendrez alors pourquoi le génocide des Palestiniens était prévu et, accessoirement, pourquoi le sionisme est bel et bien un projet contre les Juifs. Et, comment le sionisme se nourrit de l’antisémitisme. Et, comment il l’excite. Vous comprendrez aussi que « le sale boulot du sionisme n’est pas fini »...

« Peu importe le nom que vous me donnerez. Appelez-moi un monstre, un assassin si vous voulez. Mais retenez ceci : je n’ai aucune haine contre les Arabes. Bien au contraire. Je suis beaucoup plus à l’aise avec eux, avec les Bédouins surtout, qu’avec les Juifs. Les Arabes, ceux du moins que nous n’avons pas encore pervertis, sont des gens fiers, irrationnels, cruels, généreux. Les Yid (1) sont complètement faussés. Si l’on veut les redresser, il faut d’abord les tordre violemment dans le sens opposé. Voilà en un mot toute mon idéologie. Donnez à l’État d’Israël le nom qui vous plaira. Appelez-le un État judéo-nazi, comme le fit Leibowitz. Pourquoi pas ? Comme on dit, mieux vaut être un judéo-nazi vivant plutôt qu’un saint mort. Et si je suis un autre Kadhafi, cela m’est égal. Je n’ai pas besoin de l’admiration des Gentils [ non donné aux païens par les juifs et les premiers chrétiens]. Je n’ai pas besoin qu’ils m’aiment. Je n’ai pas besoin que des Juifs comme vous m’aiment, non (…)

Ne l’appelez plus l’État d’Israël

PERSONNE
Ne l’appelez plus l’État d’Israël, ni même l’État juif, car c’est un amalgame intolérable. D’une part, « être juif, c’est toujours être aux côtés des opprimés, et jamais du côté des oppresseurs » (Marek Edelman, commandant en second de l’insurrection du ghetto de Varsovie) et, d’autre part, cet État ne prétend agir au nom de tous les Juifs que pour mieux s’accaparer leur mémoire et user du génocide des Juifs comme d’un redoutable palladium. Cet État est paradoxalement contre les Juifs, c’est bien pourquoi il a toujours eu le soutien inconditionnel des antisémites (Balfour et sa déclaration, et les sionistes chrétiens de nos jours). Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler comment, dans cet État, furent traités, qualifiés les rares survivants des camps de concentration et d’extermination : de moutons qui sont allés sans résistance à l’abattoir et, parfois, surnommés même les « savons ». Ne l’appelez plus l’État d’Israël, et encore moins l’État hébreu, car c’est, là, un (…)
22 

Au commencement était le projet sioniste

PERSONNE

« La colonisation n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence » ; « le monde colonial est un monde manichéiste. Parfois, ce manichéisme va jusqu’au bout de sa logique et déshumanise le colonisé, il l’animalise ». (Frantz Fanon, Les damnés de la terre)

Au commencement était le projet sioniste, Qui prétendait avoir des buts pacifistes. (1) Qu’un pays ne saurait être colonisé Avec le consentement de ceux qui y sont nés, Était une évidence comprise par les pionniers. Qu’importe que les indigènes fussent civilisés, Ou qu’ils fussent culturellement arriérés, (2) Ils résisteraient avec la même cruauté. Au commencement était l’immigration juive, Financée par les premières institutions : Fonds national juif (1901), Banque coloniale juive (1898). Encouragé par Balfour, sa Déclaration (1917), Fut établi cet avant-poste face à l’Asie, Comme sentinelle avancée contre la barbarie. (3) Les kibboutz, les caisses de retraite, les compagnies Furent du sionisme la version adoucie. Mais déjà le sionisme révisionniste Perpétrait ses premiers attentats terroristes (1933). Les disciples de Jabotinsky, fascinés Par la violence, eurent des fascistes les traits. (4) Et chez Mussolini, le Betar s’entraîna, En 37, l’Irgoun, les (…)

Tu seras un vrai sioniste

PERSONNE
Si tu peux contempler la splendeur, le bombardement, Et sans remords te remettre à l’ouvrage, Ou voir supprimées cent vies, en une seule salve, Sans éprouver le moindre attendrissement ; Si tu peux être sérieux, sans voir le problème, Si tu peux être humain, sans cesser d’être d’airain, Et, suscitant la haine après avoir haï toi-même, Te réjouir d’effacer cet Amalek contemporain ; Si tu peux supporter d’entendre des paroles Proférées par des chefs, pour exciter des foules, Et d’entendre travestir ainsi les textes sacrés, Sans trahir, à ton tour, la croyance en ta singularité ; Si tu peux rester digne en étant ce colon, Si tu peux rester serein en devenant cet assassin, Et si tu peux prendre tout ce qui était à ce Palestinien, Sans connaître, un jour, un début de répulsion ; Si tu sais être tireur d’élite, voire suprémaciste, Sans jamais devenir sceptique ou pacifiste, Si tu sais mutiler, éliminer jusqu’à ce que ce projet, De la mer au Jourdain, devienne ta (…)

Et si c’est un Palestinien...

PERSONNE
Vous qui vivez en toute quiétude, Bien au chaud dans vos demeures, Vous qui trouvez, le soir en rentrant, La table mise et le sourire des vôtres, Considérez si c’est un homme Que celui qui cherche, en vain, une vie Parmi les décombres d’un Gaza anéanti, Saccagé par la folie meurtrière D’une idéologie, par nature, génocidaire. Considérez si c’est une femme Que celle qui porte, en son sein, l’avenir D’un peuple que l’on supplicie, Et qui, chaque nuit d’enfer, prie, Pour que toutes les bombes l’épargnent. Considérez si c’est encore un enfant Que celui qui a grandi dans un ghetto, Qui éprouve, maintenant, la faim, Que la dysenterie fauchera demain, Et qui n’aura connu que sang et larmes. Considérez si c’est une vieille dame Celle qui fut chassée de sa terre là-bas, Les yeux fatigués, le corps harassé, Que la résilience maintient encore debout, Et qui s’éteindra, avec cette seconde Nakba. Ne vous détournez pas de ce qui est, N’ignorez pas ce qui se joue en (…)