Thème Yougoslavie (ex)

L’Italie enquête sur les "safaris humains" de Sarajevo (Al Jazeera)

Edna Mohamed

Selon une plainte déposée devant la justice, les participants étaient transportés par avion de l’Italie vers la Bosnie dans les années 1990, où ils payaient pour tirer sur les citoyens de la ville assiégée.

Le ministère public italien a ouvert une enquête sur des allégations selon lesquelles des Italiens se seraient rendus à Sarajevo, le temps d'un week-end, pour participer à des "safaris de tireurs d'élite" et tirer sur des citoyens pendant le siège de la ville par l'armée bosno-serbe, qui a fait plus de 11 000 morts entre 1992 et 1996. Ces prétendus "safaris" - référence grotesque aux expéditions de chasse ou d'observation d'animaux sauvages - ont eu lieu alors que les forces bosno-serbes assiégeaient la ville dans ce qui est devenu le plus long siège d'une ville dans l'histoire moderne de l'Europe. L'enquête milanaise, dirigée par le procureur Alessandro Gobbis, a été lancée après que le journaliste et romancier Ezio Gavazzeni, en collaboration avec les avocats Nicola Brigida et l'ancien juge Guido Salvini, a déposé une plainte pour "meurtre aggravé par la cruauté et des motifs méprisables" contre des groupes présumés d'Italiens qui se rendaient à Sarajevo pour participer à ces (…)
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Nettoyage ethnique des Serbes soutenu par les États-Unis, a déclaré secrètement un haut diplomate au dirigeant croate (The GrayZone)

Kit KLARENBERG

Le nettoyage ethnique de centaines de milliers de Serbes par un dirigeant croate soutenu par les États-Unis était prémédité, selon des documents récemment découverts révélant la planification de l’opération. Une fois le bain de sang apaisé, Richard Holbrooke, haut diplomate américain, lui a assuré : « Nous avons dit publiquement… que nous étions inquiets, mais en privé, vous saviez ce que nous voulions. »

Le 4 août 2025 marque le 30e anniversaire de l'opération Tempête. Peu connue en dehors de l'ex-Yougoslavie, cette campagne militaire a déclenché un cataclysme génocidaire qui a expulsé violemment toute la population serbe de Croatie. Surnommé « le nettoyage ethnique le plus efficace jamais vu dans les Balkans » par l'homme politique suédois Carl Bildt, les forces croates ont saccagé les zones protégées par l'ONU de la République serbe autoproclamée de Krajina, pillant, incendiant, violant et tuant à travers la province. Jusqu'à 350 000 habitants ont fui, dont beaucoup à pied, pour ne jamais revenir. Pendant ce temps, des milliers d'autres ont été sommairement exécutés. Alors que ces scènes horribles se déroulaient, les Casques bleus de l'ONU chargés de protéger la Krajina observaient sans intervenir. Pendant ce temps, les responsables américains niaient catégoriquement que ces horribles massacres et déplacements massifs constituaient un nettoyage ethnique, et encore moins des (…)

Balkans : sur les ruines de la Yougoslavie (Reportage)

Loïc Ramirez, Erwan Briand
Balkans, sur les ruines de la Yougoslavie. Rembobiner le fil de l'histoire, relire le passé afin de comprendre pourquoi les Balkans restent aujourd'hui une poudrière au cœur du continent, c'est l'idée de ce film documentaire... Réalisé pour Le Grand Soir par Loïc Ramirez et Erwan Briand.

« The Last Socialist Artefact » ou la nostalgie des vrais gens et des vrais métiers

Dominique MUSELET

La série télévisée est née avec la télévision et pendant longtemps elle a été méprisée, à juste titre, pour ses feuilletons sirupeux et interminables. La bourgeoisie était cinéphile et, à l’époque, le cinéma était un art. Les choses se sont inversées aux abords des années 1990 avec l’arrivée sur les écrans de la série Twin Peaks de David Lynch. « Dans l’océan de conformisme qu’est devenue ces dernières années la télévision, Twin Peaks brille de l’éclat surprenant de la singularité », écrit Le Monde en juillet 1991 avant de lancer une prophétie : « C’est dire qu’il a toutes les chances de devenir une série culte. »

Un nouveau marché s’ouvre alors et fait la fortune des nouvelles plateformes de vidéos à la demande comme HBO, Netflix, Hulu, qui font assaut de qualité, comme le souligne The Apologist en 2018 : « Il y a une vraie audace et créativité qui ressortent des séries en ce moment. Une écriture soignée et même intransigeante, comme le prouvent des shows du calibre de True Detective, Westworld ou encore The Haunting Of Hill House très récemment. Et vu sous cet angle, le cinéma commence à se berner lui-même en s’entêtant à développer des remakes et des blockbusters inintéressants. La prise de risque sérielle contraste avec celle du 7ème art. » On pourrait espérer que, stimulé par la crainte d’être complètement détrôné, le cinéma se réinvente et que les deux genres se complètent comme le roman et la nouvelle en littérature. Mais on voit déjà que de plus en plus de séries souffrent à leur tour de ce qui, à mon sens, a tué le cinéma, à savoir le politiquement correct paresseux. On se moquait (…)

Handke Prix Nobel ; le travail de la transparence contre l’opacité de la langue médiatique

Rosa LLORENS

Coup de tonnerre dans le ciel serein des Nobel : après 20 ans de Purgatoire (depuis qu’en 1996 il a commencé à défendre la Serbie contre « la communauté internationale »), Peter Handke accède au Paradis du Nobel ! Les haines qu’il a déchaînées ne désarment pas pour autant, mais cette reconnaissance officielle permet de reparler de la guerre médiatique déchaînée, aussi criminellement que celle des bombes, contre la Yougoslavie, et de mesurer la grandeur de l’écrivain.

Journaux et revues, littéraires ou non, ne manquent pas de nous faire connaître les réactions indignées de Croates et Albanais : Actualitté nous informe que le Premier ministre albanais, Edi Rama, a réagi sur Twitter : « Jamais je n'aurais pensé qu'un Prix Nobel puisse me faire vomir ». A-t-il vomi en apprenant que l'UCK, l'armée des Albanais du Kosovo, se livrait à un trafic massif d'organes prélevés sur des prisonniers serbes (Sur le Kosovo, voir, de Pierre Péan, Une guerre « juste » pour un Etat mafieux) ? Pourtant, en 2010, il fallait déjà avoir l'estomac bien accroché lorsqu'on a appris que le Nobel était attribué à Mario Vargas Llosa, ex-candidat libéral (c'est-à-dire adepte des criminels « Chicago boys ») à la présidence du Pérou. Courrier International, courageusement, s'abrite, pour salir Handke, derrière The Guardian : « Le dramaturge autrichien, dont les origines slovènes lui avaient inspiré un nationalisme fervent pendant la guerre des Balkans, avait publiquement (…)