Thème Culture/Société/Sports

Pensée critique pour réarmer la culture comme outil de résistance citoyenne. Partie 2 : Coupe du monde 2026 : De la consolation à la manipulation

Erno RENONCOURT

Précédemment, nous avons affirmé disposer de données contextuelles qui laissent supposer que l’édition 2026 de la Coupe du monde de la FIFA a été exploitée à des fins de manipulation psychologique, par des acteurs étatiques qui ont mis en place une fulgurante ‘‘influence cognitive orientée’’ à des fins géostratégiques inavouées et inavouables. Dans cet article, dans un premier temps, nous allons identifier le cas qui nous semble relever de cette manipulation et préciser en quoi elle a un enjeu géostratégique potentiel ; puis, nous mettrons en évidence le contexte des faits qui a été exploité et a permis le succès de cette manipulation ; et enfin, nous expliciterons les finalités footballistiques et géostratégiques que cette manipulation visait. Empressons-nous de dire qu’il ne s’agit pas de parti pris et de fanatisme envers la sélection de football qui a été victime de cette manipulation, mais de prendre cet exemple de cas pour prouver, s’il en était besoin, combien la perversion néolibérale sait exploiter les failles de pensée rationnelle des individus, en se glissant dans les fissures de leurs affects, leurs sensibilités idéologiques et leurs passions pour en tirer son bénéfice.

Définition, hypothèse et objet Notre propos est de situer ce débat, par la factualité de son argumentaire, comme une démarche de pensée critique visant à approprier l’intelligence éthique comme un outil de cognition et de réarmement de la culture à des fins d’autodéfense citoyenne pour des comportements plus respectueux de l’humain. Chemin faisant commençons par définir pour mieux préciser l’objet de cette stratégie de manipulation que les experts en ingénierie cognitique appellent influence cognitive orientée. Dans l’article Guerre cognitive et influence psychologique, paru en 2024, dans le numéro spécial Guerre cognitive de la revue Ingénierie cognitique, Bernard Claverie et Jean-François Trinquecoste précisent que : « L’influence cognitive orientée consiste [...] à altérer, modifier ou empêcher le déroulement autonome de la pensée d’une cible humaine ». Évidemment, le lecteur avisé pose immédiatement la question : quel peut être l’objectif d’une telle stratégie ? pour qu’elle (…)

Pensée critique pour réarmer la culture comme outil de résistance citoyenne. Partie 1 : Football, complexité, contexte, conditionnement et cognition

Erno RENONCOURT

Ce serait une défaillance pédagogique et stratégique de tourner définitivement la page de cet événement sportif planétaire qu'a été la coupe du monde de football de 2026, sans chercher dans le contexte de faits, dans lequel elle a baigné, quelques arguments pour réarmer notre engagement en réappropriant la culture comme outil de résistance. Car le football, par-delà ses paradoxes, ses mystères et sa complexité, est aussi un attracteur culturel dont le néolibéralisme se sert pour enfumer la conscience collective des peuples. Nous allons dans cette tribune en faire la démonstration.

L’édition de la coupe du monde de la FIFA de 2026 (CDM2026), organisée simultanément sur les territoires des États-Unis, du Canada et du Mexique, s’est achevée le 19 juillet dernier. Et le peuple planétaire du football, en grande majorité pauvre, est contraint de revenir à son quotidien de misère et ses devoirs d’exclu et de chair à profit de la globalisation. Un changement de perception de la réalité qui contraste avec cette période footballistique festive, durant laquelle il avait, pendant un mois, mobilisé les raisons de ses émotions pour s’évader de ses conditions de vie, oublier son exploitation déshumanisante par le néolibéralisme et trouver, dans les beaux gestes de quelques matchs de son ou ses sélections favorites, cette « consolation pure et spontanée » dont parlait Paolo Pasolini pour évoquer le football. Un basculement tragique dans le réel d’un monde qui rappelle la justesse de la pensée d’Edouardo Galeano, dans Football, Ombre et lumière (2004) : « le football est un (…)

Le football, reflet des luttes entre Occident et Sud global

Rosa LLORENS
Il y a quatre ans, la Coupe du Monde opposait déjà Mbappé et Messi ; mais la présence aujourd’hui de Lamine Yamal établit une configuration différente. Il y a quatre ans, Mbappé, avec l’arrogance qu’on lui connaît maintenant si bien, déclarait, avant la finale France-Argentine, que le football européen serait toujours supérieur au football sud-américain (le football des indigènes). On avait alors envie de soutenir l’Argentine, qui représentait le Sud global, face au mépris de l’Occident. Aujourd’hui, le visage de l’Argentine a bien changé, dirigée qu’elle est, depuis décembre 2023, par un clown psychopathe à rouflaquettes, dont le projet est de vendre son pays à Israel, par des accords commerciaux ou, plus concrètement, en lui vendant les terres de la Patagonie (c’est ainsi que l’Empire Ottoman avait commencé à vendre des terres palestiniennes à des organisations sionistes, bien avant la création d’Israel). L’Argentine est donc passée du Sud global à l’Occident ; dit comme ça, (…)

Vers un cinéma de contre-information : « L’affaire Abdallah » de Pierre Carles

Sofia BUTTARRELLI
L’affaire Abdallah est un film consacré aux longues années d’emprisonnement du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien prisonnier lié au conflit israélo-palestinien, qui a été détenu depuis plus de quarante ans en France. Il fait également suite à un autre film sorti en 2021, Fedayin, la lutte de Georges Abdallah, réalisé par le Collectif Vacarme(s) Films. La réalisation est signée Pierre Carles, documentariste qui a commencé sa carrière comme journaliste pour différentes chaînes de télévision françaises. C’est dans ce contexte qu’il développe progressivement une forte critique des médias français, menant tout au long de sa carrière un travail de contre-information dénonçant ce qu’il considère comme une culture médiatique occidentale construite et dominée par une seule classe dominante. Carles utilisera le médium cinématographique comme une arme, et ce n’est pas un hasard si ses films n’ont jamais été diffusés à la télévision. Cette critique de la (…)

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Ilyes BELLAGHA

Les académiques, les médias, les médecins, tous les corps constitués utilisent le jargon pour dominer. Comme les proxénètes avec leurs prostituées, ils créent une dépendance linguistique. Si vous ne comprenez pas leur langue, vous êtes dehors. C'est exactement ce qu'ils veulent.

INTRODUCTION Les universitaires, les IA, les médias, les médecins, tous les corps confondus et fondus dans leur moule-récipient se protègent et s'identifient en utilisant un jargon. Ah, j'ai oublié les maqueraux quand ils parlent à leurs prostituées. Mais mêler les académiciens aux jules, c'est politiquement incorrect, bien que chacun prêche sous son clocher. Ces corps, même infectés et creux, tuent la citoyenneté. I. LE PROXÉNÈTE ET SON LANGAGE Le maquereau ne parle pas normalement à sa prostituée. Il utilise un langage crypté : « faire le tapin », « le pèze », « la zone », « le micheton ». Pourquoi ? Pas pour être compris. Pour créer une dépendance linguistique. Elle entre dans son monde, elle adopte son vocabulaire, elle pense avec ses mots. Elle est capturée. C'est de la domination pure. Le langage n'est pas là pour communiquer. Il est là pour identifier qui est dedans et qui est dehors, qui maîtrise les codes et qui les subit. II. LES ACADÉMICIENS FONT EXACTEMENT (…)