Thème Culture/Société/Sports

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La diplomatie du “Restaurant du Dragon” : lire la Chine à travers le souffle du quotidien.

Anonyme
Alors que le film chinois Bienvenue au Restaurant du Dragon – ou Once Upon a Time in the Middle East – connaît un succès retentissant aussi bien en Chine qu’à l’étranger, certains médias occidentaux s’en sont emparés pour l’associer, non sans ironie, à la politique étrangère chinoise, allant jusqu’à forger l’expression de « diplomatie du Restaurant du Dragon ». Dans un récent commentaire, The Economist s’appuie sur les thèmes simples du film – « bien manger », « bien élever ses enfants » – pour réduire la diplomatie chinoise à une mécanique guidée par les seuls intérêts commerciaux, dénuée de toute profondeur idéologique. Mais cette lecture confond pragmatisme et superficialité, assimile développement et mercantilisme, et prend les aspirations fondamentales des gens ordinaires pour un vide politique. Or, la véritable question soulevée par Once Upon a Time in the Middle East n’est pas de savoir si la gastronomie peut remplacer la diplomatie, mais bien : que sont la paix et le (…)
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Le noir, la peau, le poing

Ilyes BELLAGHA

Piaf, Simone, Shakira — ou ce que le corps de la femme n'a pas à prouver.

On nous a appris à lire le corps de la femme comme on lit une déposition. Voilé, il témoignerait de sa soumission. Dénudé, il témoignerait de sa liberté. Dans les deux cas, on lui demande la même chose : faire preuve. Prouver, par la surface, ce qui se passe — ou ce qu'on imagine se passer — à l'intérieur. C'est cette demande de preuve qu'il faut d'abord regarder en face, avant de parler de Piaf, de Simone ou de Shakira, parce qu'elle est le fond sur lequel les trois se détachent, chacune à sa manière, chacune sans jamais l'avoir vraiment choisi. Un homme torse nu ne dit rien. Un homme boutonné jusqu'au col ne dit rien non plus, sinon qu'il fait froid ou qu'il a une réunion. Son corps a le privilège rare de la neutralité — il peut se taire. Le corps féminin, lui, n'a jamais eu ce droit. Couvert ou découvert, il parle malgré lui, on le fait parler, on l'oblige à témoigner d'une conscience qu'on ne lui a jamais laissé la paix de simplement avoir. C'est peut-être là, avant toute (…)
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Football : terrain d’appropriation de la complexité et d’apprentissage de l’éthique (fin)

Erno RENONCOURT

Dans les deux parties précédentes, nous avons tenté de déployer un effort cognitif pour penser le football comme terrain d’appropriation de la complexité. Pour ce faire, nous l’avons situé dans le champ de ces activités humaines paradoxales qui, traversées par de puissants enjeux économiques, politiques et géostratégiques, ont peu à peu perdu cette part de sacré et d’émerveillement qui a pendant longtemps servi de consolation aux exclus de la mondialisation. Chemin faisant, nous avons cherché à identifier, contextualiser et modéliser les faits qui ont été stratégiquement exploités, durant le mondial 2026, par les ingénieurs physiciens du chaos pour ternir la réputation de l’Albiceleste et la rendre impopulaire aux yeux du monde.

Sur l’efficacité de la manipulation Toute l’efficacité de cette campagne a résidé dans la sophistication de son opérationnalisation. Hybride et diversifiée, elle a dissimulé ses finalités en exploitant habilement les incertitudes géopolitiques, les paradoxes footballistiques, les passions des fanatiques et les colères légitimes des militants anti racistes et anti fascistes du monde entier. Or ces flux contrastés se sont amplifiés jusqu’à l’enchevêtrement dans le contexte du mondial. Si bien que leur synchronisation a généré de puissantes ondes de choc qui ont orienté l’opinion publique mondiale vers le chemin le plus court (le vide cognitif) que trouve toujours la conscience collective humaine en contexte d’incertitudes et de chaos : trouver un bouc émissaire sur qui décharger les colères. Opportunément l’Albiceleste s’était présentée, durant ce mondial 2026, dans les habits sanctifiés de la brebis galeuse. Et logiquement, elle a été immolée sur l’autel de l’anti trumpisme. Les (…)
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Pensée critique pour réarmer la culture comme outil de résistance citoyenne. Partie 2 : Coupe du monde 2026 : De la consolation à la manipulation

Erno RENONCOURT

Précédemment, nous avons affirmé disposer de données contextuelles qui laissent supposer que l’édition 2026 de la Coupe du monde de la FIFA a été exploitée à des fins de manipulation psychologique, par des acteurs étatiques qui ont mis en place une fulgurante ‘‘influence cognitive orientée’’ à des fins géostratégiques inavouées et inavouables. Dans cet article, dans un premier temps, nous allons identifier le cas qui nous semble relever de cette manipulation et préciser en quoi elle a un enjeu géostratégique potentiel ; puis, nous mettrons en évidence le contexte des faits qui a été exploité et a permis le succès de cette manipulation ; et enfin, nous expliciterons les finalités footballistiques et géostratégiques que cette manipulation visait. Empressons-nous de dire qu’il ne s’agit pas de parti pris et de fanatisme envers la sélection de football qui a été victime de cette manipulation, mais de prendre cet exemple de cas pour prouver, s’il en était besoin, combien la perversion néolibérale sait exploiter les failles de pensée rationnelle des individus, en se glissant dans les fissures de leurs affects, leurs sensibilités idéologiques et leurs passions pour en tirer son bénéfice.

Définition, hypothèse et objet Notre propos est de situer ce débat, par la factualité de son argumentaire, comme une démarche de pensée critique visant à approprier l’intelligence éthique comme un outil de cognition et de réarmement de la culture à des fins d’autodéfense citoyenne pour des comportements plus respectueux de l’humain. Chemin faisant commençons par définir pour mieux préciser l’objet de cette stratégie de manipulation que les experts en ingénierie cognitique appellent influence cognitive orientée. Dans l’article Guerre cognitive et influence psychologique, paru en 2024, dans le numéro spécial Guerre cognitive de la revue Ingénierie cognitique, Bernard Claverie et Jean-François Trinquecoste précisent que : « L’influence cognitive orientée consiste [...] à altérer, modifier ou empêcher le déroulement autonome de la pensée d’une cible humaine ». Évidemment, le lecteur avisé pose immédiatement la question : quel peut être l’objectif d’une telle stratégie ? pour qu’elle (…)
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Pensée critique pour réarmer la culture comme outil de résistance citoyenne. Partie 1 : Football, complexité, contexte, conditionnement et cognition

Erno RENONCOURT

Ce serait une défaillance pédagogique et stratégique de tourner définitivement la page de cet événement sportif planétaire qu'a été la coupe du monde de football de 2026, sans chercher dans le contexte de faits, dans lequel elle a baigné, quelques arguments pour réarmer notre engagement en réappropriant la culture comme outil de résistance. Car le football, par-delà ses paradoxes, ses mystères et sa complexité, est aussi un attracteur culturel dont le néolibéralisme se sert pour enfumer la conscience collective des peuples. Nous allons dans cette tribune en faire la démonstration.

L’édition de la coupe du monde de la FIFA de 2026 (CDM2026), organisée simultanément sur les territoires des États-Unis, du Canada et du Mexique, s’est achevée le 19 juillet dernier. Et le peuple planétaire du football, en grande majorité pauvre, est contraint de revenir à son quotidien de misère et ses devoirs d’exclu et de chair à profit de la globalisation. Un changement de perception de la réalité qui contraste avec cette période footballistique festive, durant laquelle il avait, pendant un mois, mobilisé les raisons de ses émotions pour s’évader de ses conditions de vie, oublier son exploitation déshumanisante par le néolibéralisme et trouver, dans les beaux gestes de quelques matchs de son ou ses sélections favorites, cette « consolation pure et spontanée » dont parlait Paolo Pasolini pour évoquer le football. Un basculement tragique dans le réel d’un monde qui rappelle la justesse de la pensée d’Edouardo Galeano, dans Football, Ombre et lumière (2004) : « le football est un (…)