David Hearst
Le mandat d'arrêt de la CPI contre Netanyahu a été, jusqu'à présent, la seule tentative sérieuse de la communauté internationale pour traduire le régime israélien en justice pour le génocide à Gaza.
Parmi l'avalanche de réactions qui ont suivi la destitution, si prévisible, du procureur général Karim Khan par la Cour pénale internationale (CPI) vendredi dernier, il y a eu une publication révélatrice. Elle a été faite par Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, qui a adressé un avertissement au maire de New York, Zohran Mamdani. Mamdani venait de qualifier le Premier ministre du régime israélien, Benjamin Netanyahu, de criminel de guerre qui devrait être arrêté la prochaine fois qu'il foulerait le sol américain, bien que Mamdani ait admis qu'il n'avait pas compétence pour le faire.
Danon a répété l'affirmation — qui semble désormais confirmée comme un fait — selon laquelle Khan a utilisé les mandats d'arrêt contre Netanyahu et son ancien ministre de la Défense pour couvrir ses présumées fautes sexuelles.
Comme l'a clairement montré l'enquête de Middle East Eye (MEE), Khan a présenté les mandats d'arrêt, méticuleusement préparés, six semaines avant même d'avoir (…)
Cubaminrex / Granma
Discours du ministre des Relations extérieures de Cuba, Bruno Rodriguez Parrilla, lors du débat de l’Assemblée générale des Nations Unies au point 38, « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba »
Le gouvernement des États-Unis mène contre Cuba une guerre multidimensionnelle, non conventionnelle, qui dure déjà depuis près de sept décennies et qui est devenue plus rude et la plus impitoyable au cours des sept derniers mois.
À cela s’est ajouté désormais le siège énergétique, équivalent à un blocus naval, qui constitue un acte de guerre. L’accès aux approvisionnements en combustible vers Cuba, qu’ils soient de nature commerciale ou humanitaire, est interdit par des menaces directes, des actions coercitives unilatérales et même par le harcèlement ou l’intimidation des pétroliers au moyen de forces navales militaires des États-Unis.
Des menaces répétées d’agression militaire ont été proférées au plus haut niveau du gouvernement étasunien, alors que des sources publiques décrivent des options et des préparatifs de guerre.
Au blocus économique, commercial et financier s’ajoutent des mesures inédites, au caractère extraterritorial extrême, telles que l’utilisation de (…)
Meriem LARIBI
Les 16 et 17 avril prochains, l’Assemblée nationale examinera la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan, officiellement intitulée « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Un texte qui a de fortes chances d’être voté et qui punira sévèrement toute forme de remise en question du fait colonial constitutif de l’État d’Israël. Sous prétexte de la lutte contre l’antisémitisme, déjà grandement encadrée par un arsenal législatif conséquent, la loi, si elle est adoptée, va grandement restreindre la liberté d’expression sur la question palestinienne.
Déposée en novembre 2024, la proposition de Caroline Yadan s’inscrit dans un contexte de forte mobilisation des acteurs pro-israéliens pour faire taire les voix dénonçant le génocide à Gaza, l’apartheid et le nettoyage ethnique en Palestine, en tentant de les stigmatiser comme des points de vue motivés par l’antisémitisme et non par la défense des droits fondamentaux du peuple palestinien. Pour les (…)

SYNOPSIS
Le militant libanais Georges Abdallah a été incarcéré près de 41 ans en France. Ce résistant communiste pro-palestinien s’est vu affubler de l’étiquette ‘’terroriste’’. À tort. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l’origine de cette durée de détention hors-norme. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.
L’AFFAIRE
Si le nom de Georges Abdallah a défrayé la chronique à l’orée de la décennie 80, il a petit à petit disparu des unes de la presse française et internationale pour sombrer dans une sorte d’oubli qu’une poignée de soutiens s’évertuait inlassablement à combattre. Pour beaucoup alors, son nom se mêlait à ceux que le Proche Orient propulse au-devant de la scène pour quelques jours, puis rejette dans l’ombre.
De temps à autre, au détour d’un ouvrage, d’une polémique ou plus souvent d’une demande de libération, il se rappelait à notre souvenir, mais bien peu (…)
Christian EYSCHEN
Interpellé par Mme Caroline Yadan, députée représentant les Français établis hors de France inscrite au Groupe Ensemble pour la République dirigé par M. Gabriel Attal, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, a non seulement appuyé sans réserve les propos volontairement inexacts prononcés par celle qui défend ouvertement, à la suite de M. Meyer Habib, les intérêts de l'État d'Israël sur les bancs de l'Assemblée nationale mais demandé, à la surprise de plusieurs diplomates du Quai d'Orsay, la tête de Mme Francesca Albanese, éminente juriste en Droit international, Rapporteur spécial de l'Organisation des Nations-Unies (ONU) sur les Territoires palestiniens occupés. Les gouvernements allemand et autrichien ont emboîté le pas de Paris et le Secrétaire général de l'ONU n'a pas apporté à l'intéressée un soutien manifeste, bien qu'il ait souvent critiqué l'action d'Israël à Gaza.
Mme Caroline Yadan et M. Jean-Noël Barrot, reprochent à Mme Francesca Albanese d'avoir prétendument qualifié l'État d'Israël d'« ennemi commun de l’Humanité » lors d'un colloque tenu à Doha par le journal Al Jazeera, en présence de représentants du Hamas et de l'Iran. Or, elle ne s'est jamais exprimée de la sorte et a publié l'intégralité de son intervention qui visait à dénoncer le système de complicités en faveur de l'action de l'État d'Israël à Gaza, constitué par la mise à disposition de celui-ci de « capitaux financiers, [d'] algorithmes [et] [d'] armes » employés contre la population de l'enclave. Le projet officiel de l'actuel gouvernement des États-Unis de faire de Gaza la « Riviera » du Proche-Orient tend à donner du crédit à l'analyse de Mme Francesca Albanese.
D'ailleurs, celle-ci a pris dans le passé des positions pour le moins gênantes pour l'État d'Israël et ses alliés. Dans un rapport de juillet 2023 présenté devant le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, elle a (…)