Thème Moyen Orient/Proche Orient

De la Tempête du Désert à l’Ordre Eurasien : Le Crépuscule de l’Hégémonie (1991-2045)

Mustapha STAMBOULI

De l’acier des chars de 1991 aux algorithmes des drones de 2026, le monde a basculé. Trente-cinq ans après l'opération Tempête du Désert, le Proche-Orient n'est plus le théâtre d'une suprématie occidentale incontestée, mais le laboratoire d'un nouvel ordre mondial. Alors qu'Israël- Etats Unis et l'Iran- Hezbollah s'affrontent dans une guerre asymétrique sans précédent, l'économie globale tremble sous la menace d'un blocage de longue durée du détroit d'Ormuz. Entre inflation galopante et émergence d'un axe Chine-Russie-Iran prêt à redessiner les routes de l'énergie, cet article analyse comment le conflit actuel acte la fin de l'ère du pétrodollar et amorce la fragmentation irréversible de la puissance américaine.

Introduction Trente-cinq ans séparent l’opération « Tempête du Désert » des tensions critiques de ce printemps 2026. Si la géographie des conflits semble figée dans le sable, le monde, lui, a radicalement muté. En 1991, la chute du mur de Berlin laissait présager un « nouvel ordre mondial » unipolaire sous égide américaine. En 2026, nous faisons face à un désordre multipolaire où la technologie, les alliances fluides et l’interdépendance économique ont transformé la guerre en un phénomène global. Cet article analyse la métamorphose du champ de bataille et dessine les contours de l'après-guerre, marqué par l'émergence d'un nouvel axe de puissance : Chine-Russie-Iran. I. La Mutation du Champ de Bataille : De l’Acier à l’Algorithme En 1991, la guerre était une affaire de masse et de métal. L’Irak possédait une armée conventionnelle faite de divisions blindées. La réponse de la coalition fut classique : une supériorité aérienne écrasante suivie d'une offensive terrestre éclair. (…)

Des habitudes à perdre

Viktor DEDAJ
Liban : immense foule aux funérailles de Hassan Nasrallah. Stade bondé, rues adjacentes noires de monde. La presse occidentale concède "des dizaines de milliers". Plutôt des centaines de milliers, mais passons, on a l'habitude. Des avions de combat israéliens ont survolé à deux reprises la foule dans un geste d'intimidation plutôt pathétique. Venues des quatre coins du monde, des personnalités sont présentes, mais vous n'en saurez rien car, là aussi, en matière de "non information", c'est devenu une habitude. Pour ceux qui émettraient des réserves sur le personnage, je vous aurais bien orienté vers un site qui traduit régulièrement, entre autres, les discours de Nasrallah. Mais ce serait inutile car vous obtiendrez un message du ministère de l'intérieur français qui vous informe que l'accès au site est bloqué. Pour les raisons que vous pouvez imaginer, mais passons, on commence à avoir l'habitude. La première fois que j'ai lu une de ses interventions, et une fois passées les (…)
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Le peuple syrien s’est libéré des Assad mais leurs chantres campistes feignent de l’ignorer...

Yorgos MITRALIAS
Le peuple syrien s'est libéré des Assad mais leurs chantres campistes feignent de l'ignorer... Des milliers et des milliers des Syriens de tout âge qui dansent et qui s’embrassent, qui pleurent et qui chantent, qui brandissent le nouveau drapeau du pays et qui célèbrent la fin de la tyrannie, au centre des villes syriennes mais aussi à Paris, à Istanbul et à Moscou, à Berlin ou à Stockholm, partout de par le monde où se sont réfugiés les presque 7 millions de Syriens chassés de leur pays depuis 2011. Et des milliers des Syriens qui franchissent les frontières même à pied, et retournent dans leur pays après un très long exil forcé. Mais aussi, des milliers des Syriens qui cherchent leurs proches emprisonnés, torturés ou disparus dans les geôles et dans les innombrables fosses communes du régime ! Ces terribles scènes de joie mais aussi d’indicible douleur humaine qui ne peuvent que bouleverser et émouvoir profondément tout être humain tant soit peu sensible, laissent pourtant de (…)

Impérialisme et Stratégies de Libération au Moyen-Orient. (Information Clearing House)

Päl Steignan

En ce moment les USA rencontrent de grandes difficultés pour maintenir leur hégémonie au Moyen Orient. Leurs Forces ont été déclarées indésirables en Irak ; et en Syrie, les USA et leur légion étrangère de terroristes perdent du terrain et des positions au fil des mois. Les USA ont répondu à cela par une escalade significative, en déployant plus de troupes et par des menaces constantes envers l’Iran. Au même moment, nous pouvons constater de puissants mouvements de protestation au Liban, en Irak, et en Iran.

« Quand des millions d’Irakiens battaient le pavé récemment, leur principal slogan était : « Les USA hors du Moyen-Orient ! ». Comment peut-on analyser cela ?... Objectivement, il y a actuellement un certain nombre de tensions sociales au Moyen Orient. Tensions « de classes », « ethniques », « « religieuses » et « culturelles ». La région est une mosaïque de conflits et de tensions qui ne datent pas uniquement de quelques centaines d’années mais de plusieurs milliers. Il y a aussi de nombreuses raisons de se rebeller contre la corruption des classes supérieures, comme de partout dans le Monde. Mais aucune révolte ne peut réussir si elle n’est pas basée sur la réalité et sur des analyses des conditions spécifiques et individuelles de chaque région et pays. De même qu’en Afrique, les frontières au Moyen Orient ont été tracées arbitrairement. Elles sont le produit des manipulations des puissances coloniales impérialistes, et très peu fonction des dernières volontés que les (…)

"Le groupe Etat islamique est une émanation de la CIA"

Zahra Alsagban, Marcel Mione
Les puissances occidentales ont salué la défaite militaire du groupe Etat islamique en Syrie en mars dernier. Ce sont pourtant ces mêmes puissances qui ont créé les premières cellules islamistes dans la région, rappelle l'historien et ancien ministre du Liban Georges Corm. Invasion américaine de l'Irak, ingérences étrangères en Syrie ou au Yémen, l'Occident participe largement du chaos au Moyen-Orient, estime Georges Corm, invité de Géopolitis. "On n'a jamais vu les puissances occidentales envahir avec autant de facilité des pays souverains, sous de faux prétextes parfois, et sans qu'il y ait une demande d'un Parlement démocratique, ni un vote du Conseil de sécurité, ce qui est assez ahurissant", déplore-t-il. L'historien pointe même la responsabilité occidentale dans la naissance des cellules islamistes : "Les Américains sont très bavards", dit-il. "Madame Clinton nous a raconté comment ils avaient fabriqué tous ces mouvements islamistes déments et fous, qui ont semé la (…)