Rubrique ARTICLES

« La Russie et la Chine sont soutenues par un immense groupe de pays que nous appelons la majorité mondiale »

Sergueï Lavrov

Allocution et réponses aux questions des médias de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à l'issue de sa visite en République populaire de Chine, Pékin, 15 avril 2026.

Mesdames et Messieurs, Hier et aujourd'hui s'est déroulée une visite en République populaire de Chine. Hier, nous avons mené plus de quatre heures de négociations avec le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui ont couvert l'éventail le plus large de questions. Pour une part importante, nos relations bilatérales et, pour des raisons compréhensibles, la problématique internationale. D'autant plus que la situation internationale, qui se dégrade actuellement sous l'effet des actions de nos collègues occidentaux, en Ukraine, en Amérique latine, dans le détroit d'Ormuz et dans d'autres parties du continent eurasien que nous partageons avec la Chine, exerce une influence directe sur la manière dont se développent les relations bilatérales entre tous les États. Y compris entre la Russie et la Chine, ainsi qu'entre la Russie, la Chine et nos autres partenaires au sein de l'OCS, des Brics et d'autres associations multilatérales. Nous avons examiné la mise en œuvre des (…)

Le monde peut avoir la paix ou Israël, mais pas les deux

Caitlin JOHNSTONE

Israël est un État d'apartheid génocidaire dont l'existence même repose sur une stratégie de violence et d'abus incessants au Moyen-Orient. Tant que cet État continuera d'exister dans sa forme actuelle, la paix ne sera jamais atteignable.

Israël est déjà en train de saboter agressivement le cessez-le-feu de deux semaines entre l'administration Trump et l'Iran en massacrant d'énormes nombres de civils au Liban, une nation qui est explicitement exclue de toute attaque selon les conditions du cessez-le-feu acceptées par Téhéran. Les États-Unis et Israël tentent d'affirmer que le Liban ne fait pas partie de l'accord de cessez-le-feu, mais le Pakistan – que les États-Unis ont désigné pour médier l'accord – déclare que c'est faux. Le New York Times rapporte que la Maison-Blanche a participé à la communication publique du Pakistan, qui incluait explicitement le Liban dans les conditions du cessez-le-feu, avant de changer de discours après l'attaque israélienne. L'Iran aurait répondu à ces violations en interrompant à nouveau le trafic par le détroit d'Ormuz. Cela rappelle une fois de plus que le monde peut avoir la paix ou il peut avoir Israël – mais il ne peut pas avoir les deux. Israël est un État d'apartheid (…)

Vaut-il la peine d’acquérir la paix au prix de la soumission ?

Jacques-François BONALDI
Vaut-il la peine d’acquérir la paix au prix de la soumission ? Jacques-François Bonaldi J’ai lu attentivement l’article exhaustif et bien documenté du diplomate écossais, Craig John Murray, sur le Venezuela, du 31 mars, intitulé « The Weight on Delcy Rodríguez » (autrement dit : « Le Fardeau de Delcy Rodríguez » ; https://www.craigmurray.org.uk/archives/2026/03/the-weight-on-delcy-rodriguez/), que Thierry Deronne a traduit et inséré ce même jour dans son blog Venezuelainfos sous le titre de « Que se passe-t-il au Venezuela ? » (https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/03/31/que-se-passe-t-il-au-venezuela-par-craig-john-murray/) et que LGS a publié le 8 avril, sous le titre de « Le Poids des responsabilités pour Delcy Rodríguez », selon une nouvelle traduction anonyme (apparemment la même, mais avec des retouches). Mes commentaires, qui ne sont que cela, pas une étude exhaustive, partent des deux premiers textes. Suivant de près la situation vénézuélienne, comme je crois (…)
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De mai 68 à la maladie sénile de la classe politique

Maxime VIVAS

Dans les années 60, je triais des lettres dans le centre de tri Paris Brune, dans le 14ème arrondissement de Paris. Mes camarades avaient eu l’idée saugrenue de m’élire secrétaire de la section syndicale CGT qui comptait plus de 400 adhérents. Après avoir oublié d’être présent à quelques réunions que j’avais moi-même convoquées et à des délégations auprès du chef de Centre, que j’avais sollicitées par des lettres dans lesquelles j’avais pesé chaque mot, j’en vins à la conclusion que je n’étais pas the right man in the right place, comme auraient dit les chanteurs de l’époque, parfaitement anglophones puisqu’ils portaient volontiers des noms yankees.

Quand j’émis l’idée d’une démission de mon poste, mes camarades convinrent, avec une spontanéité qui me soulagea (et me vexa un peu), qu’on avait fait une mauvaise distribution de rôle. Me fut confiée alors la responsabilité du journal de section, tâche où je sus démontrer par une certaine aisance de plume que j’étais syndicalement récupérable pour la cause. Mieux : l’Humanité avait créé un réseau de correspondants de presse chargés d’écrire des articles sur les luttes sociales qu’ils vivaient. Je postulai. C’est ainsi que je me suis retrouvé en formation avec une dizaine de bénévoles dans les locaux du journal situé alors sur les grands boulevards, rue du Faubourg-Poissonnière, non loin du Grand Rex, cinéma où des cendriers étaient encastrés dans les accoudoirs des sièges et l’écran malencontreusement placé derrière un brouillard de volutes de fumée. Je vous parle d’un temps où il était interdit d’interdire et où l’on pouvait allumer une clope sans que quelqu’un se mette (…)
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Rima Hassan face à des hyènes à plumes et caméras : un suicide de la presse

Jacques-Marie BOURGET

Pendant un temps, seul à bord de mon petit pédalo perdu sur la mer d’encre, j’ai tenté de convaincre la défunte profession de journaliste que leur nouvelle mode, celle de mettre dans un même panier la Justice et la Police -pour faire naître un monstrueux service commun « Police-Justice »-, était un mauvais signe. Marier une déesse aveugle avec des lanceurs de LBD chargés d’arracher les yeux, n’était pas une bonne idée.

Mais c’est ainsi. Les arpenteurs de palais de justice et les autres confrères, qui usent leurs rangers dans les commissariats, portent donc le même maillot. Celui d’une équipe qui vous tricote une vérité unique sortie d’un même tuyau. Ainsi, au ciel, les juges Renaud et Pierre Michel peuvent danser la lambada avec Maurice Papon. Ce qui colle à l’air du temps. Cet accouplement du rhinocéros et de Thémis vient de nous servir, bien frais, un scandale exemplaire une accusation unanime. Ne voilà-t-il pas que les tandémistes « justiciers-policiers », ont accusé la députée européenne Rima Hassan de se droguer. Pour la dix neuvième fois, mais toujours vierge de toute condamnation, elle est convoquée dans un commissariat pour y répondre « d’apologie du terrorisme ». On imagine immédiatement qu’ayant fait les louanges de Netanyahou, gibier de potence de la Cour Pénale Internationale, elle doit rendre des comptes à l’humanité. Mais je me trompe de fiche. C’est pour avoir repris une réplique (…)