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Ce que les fichiers des FARC révèlent réellement (The Guardian)

Uniformes et matériel saisis aux FARC et présentés lors d’une conférence de presse à Quito, Equateur, 2008. Photo : Juan Antonio Serrano/EPA

La tentative d’un think tank (groupe de réflexion) conservateur pour relancer les accusations largement discréditées de l’armée colombienne sur les FARC n’est qu’une opération de pure propagande.

La publication jeudi d’un «  dossier » sur les fichiers des FARC, supposés avoir été saisis par le gouvernement colombien en 2008, est un véritable non-évènement. Le rapport, publié par International Institute for Strategic Studies (IISS) paraît être une tentative des faucons des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne pour poursuivre, par le biais de la «  propagande noire », les errements politiques de l’administration de George W. Bush, comme ceux des administrations précédentes de l’époque de la guerre froide, auxquelles ils ont appartenu. Toutes leurs conclusions sont basées sur la fausse prémisse que les documents qu’ils prétendent avoir étudiés sont authentiques.

Les observateurs impartiaux des évènements autour de la saisie présumée de fichiers informatiques des FARC, et leur publication dans les médias, sont arrivés depuis longtemps à la conclusion que ces fichiers sont pour le moins douteux. Il n’y a que l’armée colombienne, qui prétend avoir obtenu ces documents dans des ordinateurs après un bombardement illégal d’un camp des FARC situé en territoire Equatorien en mars 2008, qui pourrait savoir si ces documents sont authentiques ou pas.

L’IISS, et d’autres qui voudraient nous faire croire à l’authenticité de ces documents, s’appuient en grande partie sur une prétendue vérification de ces fichiers par Interpol. Mais ce qu’Interpol a réellement dit, dans son rapport de 2008 sur ces documents, était que le traitement de ces fichiers par l’armée colombienne «  n’était pas conforme aux principes reconnus internationalement pour la manipulation d’indices électroniques par les forces de l’ordre. » Interpol a noté qu’une semaine s’était écoulée entre la saisie des ordinateurs par la Colombie et leur remise à Interpol, période pendant laquelle les autorités colombiennes avaient en réalité modifié 9,440 fichiers et supprimé 2,905, selon l’analyse d’Interpol. Ceci «  pourrait compliquer la validation des preuves pour un éventuel procès, » a souligné Interpol à l’époque.

A la suite de leur étonnante «  découverte » et «  saisie » (les ordinateurs, nous dit-on, auraient survécu sans une égratignure à un bombardement), l’armée colombienne a fait des «  révélations » qui se sont rapidement avérées fausses. Une photo représentant une rencontre officiel de haut niveau entre l’Equateur et les FARC était en réalité un montage. Plus gênant encore, les affirmations de l’armée colombienne selon lesquelles les fichiers démontraient que les FARC planifiaient la fabrication d’une «  bombe sale » ont été publiquement démenties par le gouvernement et les experts en terrorisme des Etats-Unis.

L’authenticité des documents censés démontrer un soutien du Venezuela aux FARC étaient si douteuse que le secrétaire générale de l’Organisation des Etats Américains, José Miguel Insulza, a déclaré un mois plus tard devant une commission sur les affaires du continent américain de la Chambre des Représentants qu’il n’y avait «  aucune preuve » d’un tel soutien ou collaboration.

Encore plus dommageable pour l’armée colombienne ont été les déclarations un an plus tard du général Douglas Fraser, chef du US Southern Command, en réponse aux questions du sénateur John McCain, sur les liens supposés entre le Venezuela et les FARC et les «  révélations » des ordinateurs portables. «  Nous n’avons trouvé aucune connexion particulière vérifiable qui tendrait à prouver l’existence d’un lien direct entre le gouvernement et les terroristes. » a-t-il dit, en ajoutant, «  Je suis sceptique ». (Fraser s’est rétracté le lendemain, après une réunion avec le haut officiel du département d’état pour l’Amérique latine, Arturo Valenzuela. Mais Fraser, en tant que chef militaire pour toutes les activités en Amérique du Sud, est bien mieux placé pour savoir.)

Mais le plus révélateur est peut-être le rapprochement en cours entre les gouvernements du Venezuela et de Colombie, depuis que Juan Manuel Santos a succédé à Alvaro Uribe comme président de la Colombie. Si la Colombie avait réellement des preuves d’un soutien du Venezuela aux FARC, est-ce que Santos aurait accepté aussi facilement un rapprochement avec l’administration de Chavez, en renforçant les relations politiques et commerciales ? Il est intéressant de noter que Santos, en tant que ministre de la Défense de la Colombien à l’époque, est celui qui a supervisé le bombardement du camp des FARC.

La politique des Etats-Unus, au cours d’une bonne partie de l’administration Uribe (2002-2010), semblait se consacrer à provoquer des tensions entre la Colombie et le Venezuela. Depuis l’accession au pouvoir de Santos, et depuis que la Colombie regarde «  vers l’avenir » et qu’elle a même abandonné un accord signé sous Uribe sur un renforcement de la présence militaire des Etats-Unis en Colombie, les promoteurs de cette politique espèrent relancer les tensions par l’intermédiaire de l’IISS.

On nous demande de croire sur parole d’anciens officiers du renseignement et des conseillers à la sécurité nationale de l’ancienne administration Bush - qui supervisent les activités de l’IISS - et leur confrères en Grande-Bretagne parmi lesquels on trouve d’anciens conseillers de Blair et de Thatcher. Par exemple, l’expert de l’IISS choisi pour présenter leur dossier cette semaine à Washington est un ancien officier du renseignement britannique qui a dirigé des opérations de renseignement en Amérique latine. D’autres membres éminents du conseil consultatif de l’IISS sont Robert D. Blackwill (ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale de George W. Bush), Eliot Cohen (ancien conseiller à l’ex secrétaire d’Etat Condoleezza Rice pour les affaires stratégiques), Sir David Manning (ancien conseiller aux affaires étrangères de Tony Blair) et le Prince Faisal bin Salman bin Adulaziz de l’Arabie Saoudite. En d’autres termes, quelques uns de ceux qui ont menti aux peuples des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne pour envahir l’Irak veulent à présent nous faire croire à leurs «  révélations » sur le Venezuela, l’Equateur et les FARC.

L’IISS est rempli de fins connaisseurs en matière de «  propagande noire » - une information créée de toutes pièces ou altérée et dont la source est cachée dans un but de servir des objectifs politiques. La «  propagande noire » est aussi vieille que l’espionnage lui-même et est couramment employée par la CIA et le MI6. L’ancien officier de la CIA, Philip Agee, a décrit plusieurs opérations de cette nature dans son livre de mémoires Inside the Company : CIA Diary publié dans les années 70.

Ce n’est pas la première fois que les partisans de Bush recourent à la «  propagande noire » pour salir le gouvernement de Chavez et l’affaiblir. L’administration Bush a soutenu le bref coup d’état contre Chavez en avril 2002. Le recours à une information altérée - un vidéo manipulée pour faire croire que les supporters Chavez avaient abattu des manifestants désarmés - a joué un rôle clé dans le coup d’état. Alors pourquoi faudrait-il prendre au sérieux les affirmations d’anciens hauts fonctionnaires de l’administration Bush sur le Venezuela, l’Equateur et les FARC ?

Malheureusement, il y a encore de nombreuses voix qui se font entendre et qui voient l’Amérique latine à travers le prisme de la guerre froide, comme les dirigeants actuels des commissions des affaires étrangères et des affaires du continent américain de la Chambre des Représentants (US), ainsi que différents commentateurs dans les grands médias étatsuniens, qui ne seraient que trop heureux de prendre pour argent comptant les propos des barbouzes et néocons de l’IISS - comme ils l’ont déjà fait lors de la préparation de l’invasion de l’Irak.

Greg Grandin et Miguel Tinker Sala

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2011/may/10/farc-fi...

Traduction "les Farc annonceront-ils l’ouvrerture d’un compte Facebook et Twitter ?" par Viktor Dedaj pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

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