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Auteur : Ahmed BENSAADA

États-Unis : Déstabilisation 2.0

Ahmed BENSAADA
L’Institut national de recherche sur la défense RAND est un think tank américain financé par des fonds fédéraux et parrainé par le bureau du secrétaire à la Défense (OSD), l’État-major interarmées, le Commandement Interarmées de Combat, le Département de la Marine, le Corps des Marines, les Agences de défense et la Communauté du renseignement militaire. En 2008, soit environ trois ans avant le fallacieux « printemps » arabe, le RAND a publié une importante et exhaustive étude[i] sur le mouvement Kifaya (« C’est assez ! », en arabe), un groupe d’opposition égyptien créé en 2004 par des intellectuels de différentes sensibilités. Parmi les recommandations de l’imposant document, on peut lire : « les États-Unis devraient aider les réformateurs à obtenir et à utiliser la technologie de l’information, peut-être en offrant des incitations pour les entreprises américaines à investir dans l’infrastructure de communication et de la technologie de l’information de la région. Les compagnies américaines œuvrant dans les (...) Lire la suite »

J’ai mal au Québec

Ahmed BENSAADA
J’ai mal au Québec comme on peut avoir mal au cœur lorsqu’il est écrasé par le poids d’une atrocité ou le fardeau d’une horreur. J’ai mal au Québec comme on peut avoir mal à l’âme lorsqu’elle est lacérée par les griffes de la haine et les crocs de l’hostilité. J’ai mal au Québec comme on peut avoir mal à nos espérances lorsque nos illusions se métamorphosent en mirages et nos rêves en cauchemars. J’ai mal au Québec comme on peut avoir mal au corps lorsque des balles meurtrières traversent notre chair et que notre sang éclabousse un lieu de culte. J’ai mal au Québec comme une épouse peut avoir mal lorsqu’elle apprend que son conjoint vient d’être lâchement assassiné et qu’elle ne pourra plus se blottir contre lui, dans la joie ou dans la peine. J’ai mal au Québec comme un enfant peut avoir mal lorsqu’il comprend qu’il ne verra plus jamais son père, ne pourra plus monter sur ses épaules ou ravir son sourire. J’ai mal au Québec comme j’ai eu mal ce jour où une femme voilée, accidentellement décédée dans le métro (...) Lire la suite »

Fidel Castro à Oran

Ahmed BENSAADA
Retrouvez l'ensemble de ce dossier dans le numéro 134 de janvier 2017 d'AFRIQUE ASIE. C’était une belle et chaude journée du mois de mai 1972. Des nuages blancs et cotonneux parsemaient ce ciel bleu si typique du printemps oranais. Il ne manquait que le triangle rouge et la « Estrella Solitaria » pour parfaire le drapeau du pays de l’hôte de la journée. Mais la météo n’avait pas osé pousser l’extravagance jusqu’à ce point, même si, pour être franc, le visiteur du jour en valait la peine. Il est vrai qu’Oran, capitale de l’Ouest algérien, n’avait pas l’habitude de recevoir des personnages de cette envergure. Et ce jour-là, une décennie après l’indépendance de l’Algérie, l’invité était une icône : Fidel Castro, en personne ! Le « Líder Máximo », le compagnon du Che, l’illustre « barbudo », le rebelle de la Sierra Maestra, le héros de la « Baie des cochons », « El Comandante » : il était à Oran. Du haut de mes 14 ans, je m’étais frayé, non sans peine, un chemin à travers une foule dense, composée de dizaines de (...) Lire la suite »

Prix Nobel de l’hypocrisie

Ahmed BENSAADA

Barack Obama Le président américain a obtenu le Nobel de la paix en 2009, neuf mois seulement après sa première élection. En guise d’encouragement ? Libye, Palestine, Syrie, Yémen… Les augures se sont largement trompés : en huit ans à la Maison Blanche, celui sur qui la planète comptait pour apaiser les tensions dans le monde a un bilan guerrier « exceptionnel ».

Lorsque le prix Nobel de la paix fut décerné en 1906 à Theodore Roosevelt (président des États-Unis de 1901 à 1909), le New York Times commenta ainsi la nouvelle : « Un large sourire illumina le visage du globe quand le prix a été attribué... au citoyen le plus belliqueux des États-Unis. » (1) Environ un siècle plus tard, un journaliste du même New York Times se questionnait : « Alors, que pensez-vous du président Obama remportant le prix Nobel de la paix ? Je suis perplexe [...]. Qu’a-t-il fait ? [...] il me semble que cela aurait été logique d’attendre et de donner à Obama le prix Nobel de la paix dans sa huitième année en poste, après qu’il eut effectivement fait la paix quelque part. » (2) Il s’agissait bien sûr du prix Nobel de la paix attribué au président Barack Obama en 2009 « pour ses efforts extraordinaires pour renforcer la diplomatie et la coopération internationale entre les peuples ». Tout ça neuf mois à peine après son élection ? Comment était-ce possible ? Un monde arabe saigné, éventré, (...) Lire la suite »

Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête - Les bonnes feuilles.

Ahmed BENSAADA
Kamel Daoud et les violeurs de Cologne Durant la dernière nuit de l’année 2015, un très grand nombre d’agressions sexuelles contre des Allemandes a été rapporté à la police de la ville de Cologne. Selon des témoins, les suspects étaient « d’apparence arabe ou nord-africaine ». Le ministre de la justice allemand annonça que plus d’un millier de personnes étaient impliquées dans ces actes répréhensibles. Il n’en fallait pas plus, le cocktail « arabe-femme-viol » étant des plus explosifs ! Sans attendre la fin des enquêtes, les titres racoleurs ont fleuri sur les unes des médias occidentaux : « Viols contre l’humanité », « Viols à Cologne : le dégoût », « Les violences de Cologne révèlent la face cachée de l’immigration allemande », « Cologne attackers were of migrant origin » (Les assaillants de Cologne étaient d’origine immigrée), etc. La journaliste québécoise Sophie Durocher commenta ainsi l’affaire : « Mais comment pourrait-on imaginer être agressée en pleine ville par un troupeau de bêtes sauvages sans que (...) Lire la suite »

ONG : Organisations Non Grata

Ahmed BENSAADA
Depuis le succès retentissant des révolutions colorées qui ont balayé, dans les années 2000, plusieurs pays d’Europe de l’Est ou les ex-Républiques soviétiques, les missions politiques de nombreuses ONG (Organisations Non Gouvernementales) ont été mises en évidence [1]. Sous les fallacieux prétextes de l’exportation de la démocratie, des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, ces organisations – qui sont en essence des OG (organisations gouvernementales) – travaillent selon des ordres du jour concoctés par les stratèges de la politique étrangère de pays Occidentaux. Dans ce domaine, la palme revient très certainement aux États-Unis, pays qui a élevé la pratique en art absolu, difficilement égalable. En effet, le pays de l’oncle Sam s’est doté d’une panoplie d’entités politico-caritatives spécialisées dans la déstabilisation non-violente de pays considérés comme « non-amicaux » ou « non-vassaux ». Ces organismes bénéficient d’un encadrement politique de choix, de moyens matériels colossaux en plus d’un (...) Lire la suite »

Les ‘‘Printemps’’ n’ont généré que le chaos, la mort, la haine, l’exil et la désolation dans plusieurs pays arabes

Ahmed BENSAADA

Ahmed Bensaada, universitaire algérien installé au Canada depuis plusieurs années, suit attentivement les mutations et bouleversements au Maghreb et au Moyen-Orient auxquels il a consacré plusieurs articles, colloques et conférences... Sur les Printemps arabes, il a porté dès le départ un regard très critique dont il a fait la synthèse dans un livre, Arabesque américaine, puis dans Arabesque$, une nouvelle édition corrigée et enrichie, d’une actualité plus que jamais brûlante. Cinq ans après !

Entretien. Reporters : Cinq ans sont passés depuis ce qu’on a appelé les “printemps arabes”. Le bilan, on le voit, n’est pas très réjouissant voire catastrophique dans beaucoup de pays concernés. Pourquoi, selon vous ? Ahmed Bensaada : « Pas très réjouissant », vous dites ? Ces bouleversements majeurs que la bien-pensance occidentale a précipitamment et fallacieusement baptisé « printemps » n’ont généré que le chaos, la mort, la haine, l’exil et la désolation dans plusieurs pays arabes. Il faudrait peut-être demander aux citoyens des pays arabes « printanisés » si la désastreuse situation dans laquelle ils vivent peut être qualifiée de printanière. Et les chiffres sont éloquents à ce sujet. Une récente étude a montré que cette funeste saison a causé, en cinq ans, plus de 1,4 million de victimes (morts et blessés), auxquelles il faut ajouter plus de 14 millions de réfugiés. Ce « printemps » a coûté aux pays arabes plus de 833 milliards de dollars, dont 461 milliards de pertes en infrastructures détruites et en (...) Lire la suite »
Depuis un quart de siècle, le monde arabe vit au rythme des coalitions.

Au temps béni des coalitions

Ahmed BENSAADA

Et, de coalition en coalition, ce monde s’enfonce un peu plus dans la régression, le chaos et la désolation. De coalition en coalition, ce monde n’a connu que les massacres, les viols, les exodes et les ruines. De coalition en coalition, le sang de centaines de milliers d’Arabes a coulé, abreuvant non seulement la haine des Arabes entre eux, mais aussi entre les Arabes et les Occidentaux.

Pourtant, de coalition en coalition, ces mêmes Occidentaux nous avaient promis de semer, grâce à leurs armes sophistiquées et leurs bombes intelligentes, aussi bien la Démocratie, la Paix et la Prospérité que les Droits de l’homme et la Liberté d’expression. Bien au contraire, de coalition en coalition, des pays arabes entiers se sont écroulés et la Démocratie tant attendue a été remplacée par une doctrine qui promeut l’art de manger les cœurs et de couper les têtes. Pourtant, de coalition en coalition, les bien-pensants nous avaient promis de lutter contre l’axe du mal, le sanglant djihadisme et l’horrible terrorisme. Bien au contraire, de coalition en coalition, de 2002 à 2014, le nombre de morts causés par des attentats terroristes a augmenté de ... 4500% ! Pourtant, de coalition en coalition, les Grands de ce monde nous avaient garanti un avenir meilleur, un épanouissement culturel et une prospérité économique. Bien au contraire, de coalition en coalition, le seul avenir palpable a été celui de (...) Lire la suite »

Gun TV : l’étrange réponse américaine à l’épidémie des armes à feu aux États-Unis

Ahmed BENSAADA

Dès le 20 janvier 2016, une chaîne de télévision spécialisée dans la vente des armes à feu verra le jour dans le paysage audiovisuel américain. Tout simplement baptisée « Gun TV », cette chaîne émettra, à terme, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Une sorte de « télé-achat » qui permettra aux Étasuniens, assis confortablement dans leurs fauteuils, de commander leurs fusils et pistolets comme on achète des ustensiles de cuisines ou d’inoffensifs appareils électroménagers.

Le spot publicitaire publié sur le site de Gun TV est très explicite. Une voix féminine très enthousiaste nous apprend que les États-Unis comptent 130 000 armuriers, que le commerce des armes a généré 37,7 milliards de dollars en 2013 et que ce pays possède la population civile la mieux armée du monde avec 89 armes pour 100 résidents. En fait, alors que les États-Unis ne représentent que 4% de la population mondiale, leurs citoyens civils possèdent plus de 40% des armes détenues dans le monde. On peut aussi lire sur le site que « Gun TV s’adressera à plus de 85 millions d’Américains qui possèdent plus de 270 millions d’armes avec une télévision de classe mondiale, un vaste choix d’armes à feu et une programmation originale ». Cette nouveauté télévisuelle va être lancée alors que juste pour l’année 2015, les États-Unis ont connu, à ce jour, 353 fusillades, soit plus d’une par jour en moyenne ! Et que dire des années précédentes : 364 en 2013 et 336 en 2014. Au 5 décembre 2015, le bilan macabre de l’année en (...) Lire la suite »
Avec Bernard-Henri Lévy, le « rossignol des charniers »

Et du « printemps » s’écoula un inutile flot de sang arabe…

Ahmed BENSAADA

« We came, we saw, he died » [1].

C’est ainsi que Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, avait accueilli l’annonce du sauvage assassinat de Kadhafi. La tirade césarienne, théâtralement prononcée en appuyant chaque phrase avec un mouvement de l’avant-bras, était accompagnée d’un sourire fendu jusqu’aux oreilles, d’yeux pétillants de joie et d’un gloussement de plaisir que seul un profond bonheur peut procurer.

La nature humaine est ainsi faite : il y a des sentiments qu’il est difficile de dissimuler, même lorsqu’on est au sommet du pouvoir et que la retenue est une exigence de la fonction. Mais pourquoi diable madame Clinton a-t-elle réagit si joyeusement à un lynchage si inhumain ? Éprouvait-elle tant d’animosité pour Kadhafi qu’elle n’a pas pu respecter son devoir de réserve ? Et cela nous amène à une question fondamentale : l’inimitié des décideurs politiques peut-elle influencer la politique d’un pays envers un autre, quitte à y provoquer le chaos, la mort et la désolation ? La Libye Comme dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, des appels à manifester en Libye ont été relayés par les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête. Ainsi le 17 février 2011, un « Jour de colère » a été décrété, évènement qui a collecté près de 10 000 inscriptions sur Facebook. La contestation n’a pas débuté dans la capitale, mais à Benghazi, la seconde ville du pays. Des jeunes ont manifesté dans les rues, brandissant des (...) Lire la suite »
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