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Auteur : Romain MIGUS
Comprendre la situation en Colombie

D’où vient et où va la Colombie ?

Romain MIGUS

D’insoutenables violences submergent la Colombie. L’armée, la police, et des groupes paramilitaires assassinent le peuple colombien impunément. Les Colombiens crient leur désespoir et leur rage en espérant que leur réalité transcende les frontières. Cela dure depuis longtemps, très longtemps, trop longtemps. Depuis la trahison de Simon Bolivar par Francisco de Paula Santander, au XIXe siècle, l’oligarchie colombienne n’a eu de cesse d’étouffer avec zèle toutes les velléités de révolte populaire. Une situation qui a pris une tournure encore plus tragique avec l’assassinat de Jorge Eliecer Gaitan en 1948, évènement fondateur d’une guerre sans répit contre le peuple. Comment se fait-il qu’une chape de plomb médiatique et politique ait, depuis au moins 60 ans, couvert les cris de souffrance de ce peuple opprimé ?

Ce qui se déroule désormais sous nos yeux n’est que le dernier épisode d’une guerre de classe (et devrait-on aussi ajouter de la guerre d’indépendance initiée il y a 200 ans) dont la recrudescence correspond à l’arrivée d’un secteur mafieux dans les arcanes du pouvoir. Qu’est-ce que l’uribisme ? L’uribisme est le système mis en place par l’ancien président Alvaro Uribe Velez et une partie de l’oligarchie foncière avant même leur accès au pouvoir en 2002. Ce système est une excroissance narco-mafieuse de la guerre civile qui dévore le pays depuis plusieurs décennies. Originaire d’un secteur de propriétaires ruraux qui s’est développé aux côtés des narcotrafiquants, l’uribisme forme une communauté d’intérêt avec l’oligarchie traditionnelle et la bourgeoisie industrielle tout en préservant un développement autonome. Élu en 2002 dans le contexte de la guerre civile qui déchire le pays entre l’État colombien épaulé par des milices paramilitaires, et les guérillas des Farcs et de l’Eln, Alvaro Uribe est la figure (...) Lire la suite »

Chronologie des actions militaires contre le Venezuela

Romain MIGUS

Le Venezuela est en guerre. Une guerre hybride où se mêle plusieurs fronts : institutionnel, diplomatique, psychologique, économique et militaire. Sur ce dernier front, le Venezuela est constamment harcelé par des groupes irréguliers composés de déserteurs, de mercenaires, de membres de la pègres, et de services spéciaux étrangers. Nous avons précédemment décrit les stratégies militaires à l’oeuvre au Venezuela depuis quelques années. En complément, nous avons élaboré une chronologie de ces actions militaires visant à renverser le gouvernement de la Révolution boliviarienne. Ce sont ici des faits bruts, incontestables et que vous ne lirez dans aucun média dominant.

10 juin 2013 : Neuf paramilitaires ont été capturés à Coloncito (Táchira) et Guanare (Portuguesa), membres de Los Rastrojos, liés au chef paramilitaire colombien José María Barrera, alias « Chepe Barrera », armés de fusils d’assaut, de grenades et de pistolets. Les autorités ont trouvé une boîte noire prête à être utilisée pour un faux positif dans un accident d’avion. Les paramilitaires capturés auraient dit qu’un troisième groupe se trouvait déjà dans la capitale avec des armes de sniper. Ils avaient prévu de se rendre dans la capitale de l’État, où ils se verraient confier une mission à accomplir à Caracas : assassiner le président Maduro. 25 mars 2014 : Un groupe de généraux de l’aviation militaire a été capturé, qui possédaient des liens directs avec les secteurs de la droite. Ils ont eux-mêmes déclaré que « cette semaine était décisive ». Ils préparaient un plan de soulèvement militaire, dénoncé par des officiers de rang inférieur. Il s’agissait du général de brigade (Av) José Daniel Machillanda Díaz, du général (...) Lire la suite »

Pérou : Le cri du Peuple et le rugissement des élites

Romain MIGUS

Le Pérou est une énigme. C’est certainement le pays qui condense le plus d’imaginaire social dans nos pays, et pourtant il reste l’un des plus méconnu d’Amérique du Sud. Grâce au dynamisme de son secteur touristique, chacun peut associer facilement la nation andine au Machu Pichu, aux lamas, à sa riche gastronomie, et à un certain folklore qui résonne parfois dans les bars ou métros des capitales européennes. Pour les lecteurs de Tintin ou les adeptes des Cités d’Or, l’évocation du Pérou active un imaginaire, certes non dépourvu de colonialisme, mais qui fait que le pays entretient l’illusion d’une certaine proximité, à l’inverse de nombreux de ses voisins régionaux.

Cependant, dès que l’on s’aventure sur les chemins des réalités politiques et économiques, le Pérou demeure une grande inconnue. Des pays moins emblématiques pour le citoyen occidental, tel que l’Uruguay ou l’Équateur, ont su attirer l’attention grâce aux processus politiques menés par des leaders charismatiques comme Pepe Mujica ou Rafael Correa. Pendant ce temps, le Pérou, englué dans une crise institutionnelle systémique depuis de nombreuses années, n’a généré que peu d’attention médiatique et politique. Une fois encore, le hasard des calendriers électoraux a focalisé l’intérêt politique sur l’Équateur où simultanément aux élections péruviennes se déroulaient le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Et durant de long mois, avant que celle-ci ne soit finalement repoussée, l’élection pour la Convention Constituante au Chili -prévue initialement à la même date- a éveillé toutes les attentions outre-Atlantique. Pourtant, le Pérou vit une situation politique intense. Et riche d’enseignement pour les luttes politiques et sociales en Occident. Un système politique à l’agonie Pour saisir la dynamique politique et économique du Pérou, il faut remonter le fil chronologique aux années 90. Le pays se trouve alors aspiré dans une féroce spirale inflationnnaire, et est plongé dans la guerre civile contre la guérilla du Sentier Lumineux. Les péruviens veulent du changement et de la stabilité. Ils portent, contre toute attente, Alberto Fujimori à la présidence du Pérou. Celui-ci va se livrer à une guerre sans merci contre les groupes insurrectionnels, et parallèlement opérer une thérapie de choc économique d’une extrême violence qui placera le Pérou sur les rails du néolibéralisme. Afin de contourner un parlement (...) Lire la suite »

Comprendre les crises en Haïti

Romain MIGUS

Haïti la belle, la rebelle. Première Nation à se libérer du joug colonialiste pour fonder une république solidaire qui soutiendra les velléités d’indépendance de ses frères latino-américains.

Si les noms de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines ou encore Jean-Bertrand Aristide peuvent encore résonner comme familier en dehors du pays, Haïti est devenu depuis quelques années, trop souvent synonyme de tragédie humanitaire et de catastrophe naturelle pour le plus grand nombre.

Cette tentative de « naturaliser » les problèmes économiques et sociaux a une double conséquence au sein de l’opinion publique internationale. D’une part, elle établit une tendance à s’en remettre au « hasard » ou à « la malchance » pour comprendre l’Histoire récente du pays. Comme conséquence de cette « naturalisation » des « problèmes » de l’ile, aucune cause politique n’est prise en compte au moment d’expliquer les situations de rébellion qui secouent Haïti depuis maintenant quatre ans. D’autre part, cette absence de référence politique laisse penser que les haïtiens sont incapables de résoudre seuls leurs problèmes économiques et sociaux. Et que, par conséquent, ils auraient besoin de manière récurrente d’une « aide » extérieure, qui, dans l’histoire du pays, s’est de nombreuses fois concrétisée par la violation de la souveraineté haïtienne. Pourtant, cette image d’Épinal d’un pays martyrisé par la fatalité est venue se fracasser sur l’icône d’un peuple en lutte, dont les mobilisations réunissent plusieurs centaines (...) Lire la suite »
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Interview du Ministre de la Justice de Bolivie sur le cas Jeannine Añez

Romain MIGUS

Dans cette interview exclusive, Ivan LIMA, le Ministre de la Justice et de la Transparence institutionnelle de l’État plurinational de Bolivie répond à nos questions sur le cas Jeannine Añez.

Le ministre explique la situation et démonte les diverses Fakes news et autres réécritures de l’Histoire auxquelles se livrent en ce moment les médias, qui encore hier, soutenaient le coup d’État contre Evo Morales,

Sommaire : 1min16 : Quels sont les processus judiciaires qui ont aboutit à l'arrestation de Añez et d'autres personnalités politiques ? 5min24 : Quelles sont les garanties judiciaires et en matière de droits de l'Homme offertes par l'État bolivien ? 8min14 : Comment analyser les récentes attaques médiatiques et politiques au système judiciaire bolivien ? 11min27 : Certains accusent la justice bolivienne de pratiquer un "lawfare de gauche", quelles sont les différences avec la judiciarisation de la politique dans d'autres pays d'Amérique Latine qui a conduit à écarter ou emprisonner des leaders comme Dilma Rousseff, Lula, Jorge Glas, Cristina Kirchner ou Rafael Correa ? Lire la suite »

Juan Guaido reçu au Sénat. A quoi joue la France ?

Romain MIGUS

Ce 2 décembre 2020, le Sénat français a officiellement reçu Juan Guaido via vidéo conférence. A quelques jours des prochaines élections législatives au Venezuela, la volonté d’afficher notre République aux côtés de ce triste personnage a de quoi surprendre. En réalité, elle s’inscrit dans la continuité de notre diplomatie depuis près de deux ans.

Notons tout de même que les sénateurs socialistes ont déclaré que cette audition était "inopportune" à quelques jours du scrutin. Leurs homologues communistes ont qualifié la présence de Guaido de "malvenue". Il n'empêche que le politicien vénézuélien a tout de même pu s'exprimer entre deux contre-vérités (voire calomnies) des sénateurs de droite et de LREM. Faut-il encore rappeler qui est Juan Guaido ? Visiblement oui. Juan Guaido est le visage d’une opération de changement de régime initié par Donald Trump, et dont héritera certainement Joe Biden. A travers une tentative de coup d’État institutionnel, celui-ci s’est auto-proclamé président par intérim du Venezuela au détour d’une rue, en janvier 2019. Le réseau de pays qui a inféodé sa politique étrangère à celle des USA l’a immédiatement reconnu comme tel, sans prendre un seul instant en compte l’opinion du Peuple vénézuélien. Mais cette opération s’est heurtée tout autant à la résistance des Vénézuéliens qu’à celle des institutions de l’État. Le 30 avril 2019, (...) Lire la suite »

Interview de Adán CHÁVEZ, ambassadeur du Venezuela à Cuba

Romain MIGUS

Le nom doit vous dire quelque chose puisqu’il s’agit du frère du Comandante Hugo Chávez. Adán Chávez est actuellement ambassadeur du Venezuela à Cuba et responsable international du Parti Socialiste Uni du Venezuela.

Il répond à nos questions sur les enjeux des élections législatives, le système électoral, le programme du Psuv pour cette élection, la position des USA et de l’UE et la décision du Parti Communiste du Venezuela de faire cavalier seul.

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Élections au Venezuela : comprendre les enjeux du scrutin (3e partie)

Règlements de compte au sein de l’opposition vénézuélienne

Romain MIGUS

[Les élections législatives du 6 décembre 2020 au Venezuela ont des enjeux considérables. Plus qu’une élection de députés, il s’agit de construire un consensus démocratique pour remettre le Venezuela sur les rails institutionnels, sortir de la spirale de violence impulsée par une fraction de l’opposition, et faire front pour stopper le pillage du pays par les puissances occidentales. A n’en point douter, ces élections vont devenir une bataille géopolitique et un terrain fertile aux fakes news. Dans cette série de sept articles, Romain Migus, dresse une radiographie de la situation pré-électorale afin de nous donner des clés pour comprendre les enjeux et mieux appréhender les rapports de force existants]

Règlements de compte au sein de l’opposition L’opposition vénézuélienne n’a jamais été un bloc monolithique. Les querelles d’égo, les différences d’approches dans les options stratégiques ont toujours favorisé les divisions internes. Les multiples factions se sont toujours néanmoins unies sur la base de leur anti-chavisme. Le socle identitaire commun de l’opposition vénézuélienne a longtemps reposé sur ce qu’ils ne sont pas. Mais depuis le 23 janvier 2012, toutes les partis de l’opposition sont tombés d’accord sur un programme commun, basé sur un retour au néolibéralisme, sur l’atomisation de l’État et des services publics, et sur une politique étrangère affilié à celle dictée par Washington. Le pendule politique de l’opposition Depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez, en 1999, les querelles internes au sein de l’opposition ont toujours porté sur deux types de stratégies : celle démocratique, reconnaissant l’existence du chavisme et prétendant lui disputer le pouvoir à travers les urnes, et la stratégie (...) Lire la suite »
Élections au Venezuela : comprendre les enjeux du scrutin (2e partie)

De nouvelles garanties électorales au Venezuela

Romain MIGUS

Les élections législatives du 6 décembre 2020 au Venezuela ont des enjeux considérables. Plus qu’une élection de députés, il s’agit de construire un consensus démocratique pour remettre le Venezuela sur les rails institutionnels, sortir de la spirale de violence impulsée par une fraction de l’opposition, et faire front pour stopper le pillage du pays par les puissances occidentales. A n’en point douter, ces élections vont devenir une bataille géopolitique et un terrain fertile aux fakes news. Dans cette série de sept articles, Romain Migus, dresse une radiographie de la situation pré-électorale afin de nous donner des clés pour comprendre les enjeux et mieux appréhender les rapports de force existants. 

Élections au Venezuela : comprendre les enjeux du scrutin (2e partie) De nouvelles garanties électorales Les élections législatives du 6 décembre 2020 marqueront l’attachement des vénézuéliens à résoudre de manière souveraine et démocratique la crise politique initié par l’auto-proclamation de Juan Guaido. Dès juin 2019, des fissures apparaissent dans le bloc d’opposition, et le leader de Guaido commence à être critiqué par des politiciens et (surtout) des médias antichavistes. Des affaires de corruption, de détournement d’argent plombent son entourage et des liens entre Guaido et les cartels de la drogue colombiens sont mis à jour. Le gouvernement bolivarien, voyant que l’unanimité de façade cache une bataille de chiffonniers va dès cette date s’engager sur le chemin de la concertation démocratique. L’objectif recherché et de renforcer l’institutionnalité de l’État, mais surtout de ramener la paix sociale dans le pays. Il s’agit de tourner la page du putsch permanent pour faire revenir l’opposition dans le (...) Lire la suite »

Élections au Venezuela : comprendre les enjeux du scrutin : 1ère partie

Romain MIGUS

Les élections législatives du 6 décembre 2020 au Venezuela ont des enjeux considérables. Plus qu’une élection de députés, il s’agit de construire un consensus démocratique pour remettre le Venezuela sur les rails institutionnels, sortir de la spirale de violence impulsée par une fraction de l’opposition, et faire front pour stopper le pillage du pays par les puissances occidentales. A n’en point douter, ces élections vont devenir une bataille géopolitique et un terrain fertile aux fakes news. Dans cette série de sept articles, Romain Migus, dresse une radiographie de la situation pré-électorale afin de nous donner des clés pour comprendre les enjeux et mieux appréhender les rapports de force existants.

La crise politique et institutionelle profonde que traverse le Venezuela ne date pas d’hier. Dès sa victoire aux élections législatives de 2015, l’oppsosition a comencé à élaborer des mécanismes pour renverser le président Maduro. Alternant les moyens pseudos légaux avec des épisodes insurrectionnels, l’anti-chavisme s’est d’emblée écarté d’une situation -inédite- de cohabitation politique pour s’engager sur les voies tortueuses des raccourcis antidémocratiques. Cette stratégie, qui a eu des effets désastreux sur l’institutionnalité du pays et des conséquences calamiteuses pour la population, a abouti presque logiquement à la tentative de coup d’État institutionnel, mis en place par les États-Unis et leurs alliés puis appliqué par Juan Guaido. Au lendemain de sa victoire aux législatives en 2015, les quatre grands partis d’opposition (Acción Democratica, Primero Justicia, Un Nuevo Tiempo et Voluntad Popular) tombèrent d’accord pour se partager le perchoir. Une présidence tournante de l’Assemblée Nationale fut (...) Lire la suite »
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