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Auteur : Mohamed BOUHAMIDI

Pour Kim Phuc la Vietnamienne et Aylan Kurdi le Syrien : « U.S go home ! »

Mohamed BOUHAMIDI

D’autres photos, avant celle d’Aylan Kurdi, ont provoqué une onde de choc qui a pu émouvoir l’opinion publique, modifier la perception d’un conflit et peser sur un rapport de force dans un conflit.

Les gens de la ma génération peuvent se rappeler de la photo prise par Nick Ut, d’Associated Press, de Kim Phuc, petite vietnamienne de neuf ans fuyant nue, au milieu d’autres enfants, le 8 juin 1972, le napalm qui brûlait ses cheveux et sa chair (1). Une indignation mondiale a soulevé les opinions publiques et s’est transformée en levier pour gagner de nouvelles forces à la cause vietnamienne et en arme supplémentaire contre la démesure des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés par les EU : utilisation du Napalm, des défoliants, de l’agent Orange, massacres répétées dans les villages, etc. A l’émotion s’applique totalement la phrase de Marx : « Quand les idées s’emparent des masses, elles deviennent une force matérielle ». Pour Kim Phuc comme pour Aylan Kurdi, cette force matérielle est entrée en action dès le choc émotionnel. Les directions pour orienter cette force en 1972 ou en 2015 sont cependant radicalement différentes. En 1972, l’Europe comptait encore dans ses populations, les (...) Lire la suite »

Ferguson et l’anthropologie de la violence

Mohamed BOUHAMIDI

La presse dominante et « la pensée démocratique » peuvent nous raconter sans s’interroger qu’à Ferguson, il a fallu 12 balles pour stopper la menace d’un noir sur la vie d’un policier blanc. La fable en version unique, sur une multitude de supports et sous des signatures souvent inspirées, abonde en détails qui dénaturent l’événement rétrogradé en moment dramatique - au sens théâtral de rebondissement - de ce cinéma américain entièrement voué à mettre à jour les visages différents et épisodiques, après les attaques des caravanes des pionniers, de La Menace Permanente et Omniprésente sur la vie de chacun des Américains.

Car au vu de ce qui va se répéter autour de cette mort en particulier mais à notre insu de tous les innombrables assassinats ordinaires de Noirs par des policiers blancs, l‘événement n’est pas le meurtre mais, contrairement à la fatalité ordinaire, les manifestations et le retour au premier plan de la perception des Noirs et des questions élémentaires de logique qui sont en partie la cause. Car, il faut beaucoup d’aplomb pour reprendre sans frémir qu’un Noir désarmé et blessé de deux balles au bras passe encore pour une menace vitale pour un policier blanc et que ce dernier a dû lui ajouter plusieurs balles supplémentaires « dans le coffre » pour écarter le danger. Un homme, même noir et même herculéen, est hors-service ou hors de combat avec combien de balles ? Le policier blanc a vu King Kong en face de lui et c’est bien ce qu’il a déclaré (1) sans que personne aux pays de la psychanalyse généralisée s’interroge sur la projection. La question est urgente de savoir comment est perçu le noir car à côté du (...) Lire la suite »

De la démystification des Frères

Mohamed BOUHAMIDI
Les Frères musulmans égyptiens auront-ils autant de mal à percevoir leur défaite que les Américains à reconnaître la fin de leur leadership solitaire sur le monde ? Le discernement théorique est, en temps politique normal, rarement une qualité des acteurs politiques, pour des raisons de formation et d’alignements idéologiques, mais surtout pour les raisons connues d’opacité des ressorts réels, mais inconscients, de nos choix et de nos actes. En période de mutation historique aussi profonde que traverse l’Egypte, ce discernement devient quasi impossible. Pour cette raison, les Frères, au lieu de comprendre la réalité des énergies qui pousse sur le champ de la confrontation politique des masses longtemps tenues à tort comme fatalistes et accommodantes, vont alimenter en carburants divers le feu qui a pris sous Moubarak, mais n’a pas encore tout à fait incendié le pays. Quelles que soient les évolutions à court terme du rapport des forces et des arrangements entre Morsi et l’armée, ou entre la direction (...) Lire la suite »
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Obama et son Vietnam du Proche-Orient

Mohamed BOUHAMIDI

Le pays du Sham - ou grande Syrie - concentre une extraordinaire diversité humaine tant au plan ethnique qu’au plan des confessions et des langues. Des églises donnent encore la messe dans la langue de Jésus et en Syriaque.

C'est vous dire la précieuse diversité humaine de cette région (et de ses connexions méditerranéennes) qui dit les origines et les péripéties de la formation de la pensée et de l'imaginaire du Monde Occidental. Croyances, écriture et Ecritures, mythes et Raison, cosmogonies, géométrie et arithmétique, philosophie, concepts et modèles politiques, tout ou presque de la culture occidentale vient de cette région, musée vivant qu'aucun incendie, y compris les croisades et le Sykes-Picot, n'a pu détruire. Un monde sensé et une humanité intelligente auraient témoigné au pays du Sham la même attention respectueuse manifestée à la biodiversité sans laquelle rien ne peut se régénérer. La dispersion des Chrétiens d'Irak montre le désastre infligé à cette diversité par les politiques des Etats-Unis, d'Israël et de leurs auxiliaires wahhabites. Un jour, il faudra bien rajouter aux crimes de l'impérialisme l'atteinte à l'« homo diversité » au même titre que l'atteinte à la biodiversité. En réglant les petits et les grands (...) Lire la suite »

Le maccarthysme newlook et les nouvelles chasses aux sorcières

Mohamed BOUHAMIDI
Dans sa mort, comme de son vivant, Stéphane Hessel reste hors de portée des menaces du CRIF de « déconstruire » sa vie et son aura. La charge de Pasquier a été lourde dès la formulation de l'idée de transfert au Panthéon de la dépouille du vieux résistant. La panique suinte de la « littérature » de Pasquier. Jugez-en : « Nous ne pensons pas que la mise au pavois de Stéphane Hessel, malgré ses accommodements avec la vérité historique et sa faiblesse argumentative, en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société et sur le rôle aberrant qu'y joue le marketing des individus qu'on transforme à bas prix en luminaires idéologiques. Stéphane Hessel fut avant tout un maître à ne pas penser. » Pasquier veut s'en prendre au « désarroi intellectuel » et promet la traque aux « accommodements ». Chacun peut deviner les difficultés supplémentaires de Pasquier de s'attaquer à un Hessel transféré au Panthéon et son affolement devant cette consécration pour un homme déjà immense par ses engagements. Hessel était déjà (...) Lire la suite »

La Syrie et la poussée irrésistible de la guerre

Mohamed BOUHAMIDI
En même temps, mais de lieux différents, Kerry et Hague nous avouent envoyer des armes en Syrie. Non létales. Les téléphones qui permettent de coordonner des actions sanglantes n'entrent-ils pas dans la panoplie des tueurs ? Ils ont surpassé, dans le registre fourbes et hypocrites, le pourtant solide Paolo Dall'Oglio, le jésuite italien qui a appelé à armer les rebelles au nom de l'oecuménisme, ravalé par lui au rang d'habillage religieux de sa trouvaille : la « démocratie consensuelle », nouvelle appellation pour le modèle libanais de « démocratie confessionnelle », dans laquelle la primauté revient à l'identité religieuse sur l'identité nationale, et la politique un exercice sans fin de sauvegarde d'intérêts communautaristes. C'est le sens concret et immédiat, pour la Syrie, du « … combat universel pour les droits de l'homme et la démocratie… », dans lequel Paolo Dall'Oglio s'inscrit et inscrit son oecuménisme. Viendrait-il à Paolo Dall'Oglio l'idée de proposer une démocratie consensuelle à l'Europe et (...) Lire la suite »

La politique impériale d’agression permanente et l’irrésistible retour du refoulé

Mohamed BOUHAMIDI
En principe, l'ordre capitaliste, plus que tous les autres qui l'ont précédé ou qui le côtoient depuis le XVIe siècle, révèle les liens étroits entre la politique et les intérêts économiques et sociaux de groupes et de forces représentés par les Etats et les partis. A première vue, selon ce que nous avons de la bouche même des acteurs et de l'examen de l'histoire la plus récente, celle du siècle passé, la grande masse des citoyens du monde devrait être blindée et imperméable à la propagande impérialiste qui a fait passer cinq siècles d'esclavage colonial, de pillage et d'extermination pour une mission civilisatrice. Sur chaque piste d'une matière première - bois, cacao, caoutchouc, or, diamants, charbon, phosphate, fer, cuivre, pétrole, coton - nous retrouvons les lieux des guerres de conquête et de spoliation, les lieux des chantiers exténuants, les routes des migrations forcées vers les guerres des pays colonialistes ou vers leurs plantations et grands travaux, etc. Pourtant cette géographie des guerres (...) Lire la suite »

En Syrie comme en Libye comme chez nous…

Mohamed BOUHAMIDI

Pour toute bonne mémoire, le développement du drame syrien ne cesse de rappeler les douleurs et les souffrances de la société et du peuple (faut-il préciser la différence de ces deux notions ?) algériens entre 1992 et 1998/99. Non pas que les actes terroristes aient cessé, mais nous avons passé le paroxysme, des crimes de masse, si effrayants par leur ampleur et leur gratuité qu’ils provoquaient l’hébétude.

Plus de 1 000 morts en une nuit à Had Ch'Kala, des centaines à Raïs, des dizaines à Bentalha, etc. Nos confrères honnêtes de la presse algérienne peuvent se souvenir de notre profonde sidération de la mise à mort de bébés par enfournement, par écartèlement, par égorgement etc. La méthode ne constituait pas le coeur de la question, mais rajoutait à l'effarement du meurtre lui-même. En faisant l'effort du souvenir de ces tourments que nous voulons naturellement refouler, nous pouvons revivre l'importance obsessionnelle, pour nous, de savoir et de comprendre ce que ces terroristes pouvaient avoir dans la tête pour commettre de tels crimes et pouvoir après en parler froidement. L'incompréhension reflétait tout à la fois le vertige de tels abîmes, et la difficulté à imaginer les mobiles de ces hommes de notre propre sang, notre propre engeance. Aucune explication ne tenait la route. Et elles furent nombreuses. Certains d'entre nous se souviennent des émissions avec ce criminologue de la police, psychanalyste (...) Lire la suite »
Guerres de reconquête et de contrôle des routes de l’énergie

Poutine, les Chinois, la Syrie et nous

Mohamed BOUHAMIDI

Les premières réactions occidentales confirment la place centrale qu’occupent la question syrienne et le veto russe dans les enjeux planétaires actuels.

Dans une sorte d'auto-exorcisme, les médias dominants et les plus grands responsables occidentaux ont escamoté par dénégation la réalité, la consistance et l'autonomie du veto chinois. Ces derniers ont dû réitérer leur position et insister sur les principes constants de respect strict des souverainetés nationales pour que parfois leur position apparaisse dans les infos et dans les commentaires, cependant, sans jamais paraître comme autre chose qu'une position suiviste. A elle seule, cette dénégation massive et constante mérite une analyse sur la difficulté des Euro-Américains à voir les Chinois autrement que comme des métèques ou une anomalie de l'histoire à corriger au plus vite. Pourtant, la position chinoise a le mieux exprimé, et des façons les plus diverses, la possibilité de sortir de la crise profonde qui frappe le monde capitaliste occidental. Ces positions chinoises sont limpides. Elles affirment que les dirigeants chinois sont parfaitement conscients que la Chine (comme la Russie) est le but (...) Lire la suite »

Libye : Le retour au tribalisme, au clanisme et à la royauté religieusement obscurantiste

Mohamed BOUHAMIDI
La proclamation d'une entité autonome dans l'Est libyen rappelle cruellement la réalité sociologique d'une Libye patriarcale et tribale. Notons, au passage, que ce genre de structures sociales ne laisse aucune place au choix politique individuel et fait du vote d'une personne l'expression du choix du clan et non du sien. C'est dire l'imposture de ceux qui ont habillé la destruction de l'Etat libyen et de la Libye avec les oripeaux démocratiques déjà mis en haillons en Irak, en Afghanistan, à Ghaza, dans l'île de Grenade, à Guantanamo, dans le Patriot Act ou dans la légalisation américaine de la torture. Pendant que la presse dominante encensait la destruction de la Libye, suivie, avec zèle, par la presse néocoloniale indigène, des dizaines d'articles et de textes alternatifs alertaient sur le web de l'inéluctable dislocation de ce pays avec la démolition de l'Etat libyen et des buts réels des agresseurs, lesquels avaient obstinément refusé les propositions africaines de négociations, acceptées du (...) Lire la suite »
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