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Auteur : Olivier FOREAU
Vautrés dans le pétainisme pour échapper au fascisme, apprêtons-nous faire front.

Le prix de la liberté

Olivier FOREAU
Thomas Hollande étant momentanément indisponible (cf. Gala, 13/04/17), c’est finalement Emmanuel Macron qui a été nommé président de la République, à notre grand soulagement car pour un peu nous replongions dans les heures les plus sombres de notre histoire. Artistes et créatifs en tous genres, porteurs d’un regard sur le monde et résolument ancrés à gauche, nous allions sans aucun doute finir parqués entre des miradors, au beau milieu d’une foule de Maghrébins, de Roms et autres victimes naturelles de la société, à cause de l’audace invétérée de nos convictions. C’est dire si nous avons eu chaud ! L’hypothèse invraisemblable « Tout le monde nous disait que c’était impossible, mais ils ne connaissaient pas la France ! », beuglait notre sauveur au Carrousel du Louvre, le soir du 7 mai dernier. En effet, tel un chien famélique à qui on aurait balancé deux gamelles de viande avariée, le peuple français vient d’exercer son choix souverain : « une hypothèse invraisemblable il y a encore un an », renchérit Le Monde (...) Lire la suite »
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Lorsque tout parfois semble perdu ou morose...

Penser printemps

Olivier FOREAU
Ultime pet de François Hollande à la face de ses électeurs, Emmanuel Macron est un produit qui se vend bien. Moitié anxiolytique, moitié analgésique, il a été spécialement conçu pour les peuples en phase terminale, ce qui explique pour une bonne part son succès dans l’hexagone. Sa campagne, qui ressemble à une pub soporifique pour de la crème dessert, marque un tournant dans la longue histoire de la lobotomie : cette fois-ci, on a atteint la moelle épinière. « Lorsque tout parfois semble perdu ou morose, il faut penser printemps », prêche notre nouvelle idole, qui même sous la torture, ne saurait guère en dire plus sur sa vision de la France. En même temps, quelqu’un qui travaille depuis des années à la démolition programmée du système social français [1] a-t-il vraiment besoin de se répandre en confidences ? Ceux qui déplorent qu’il ne parle de rien n’ont probablement pas pensé à ce qu’il dirait s’il se mettait à parler de quelque chose. Quand d’autres déroulent d’une voix morne le catalogue des privations (...) Lire la suite »

Erreurs de communication (2)

Olivier FOREAU
Jusqu’au Penelopegate, personne ne soupçonnait qu’il puisse exister un rapport entre la moralité d’un candidat et le contenu de son programme, même si le programme en question consiste à piller le pays de fond en comble. « Quand j’ai voté pour lui à la primaire c’était avant tout pour un projet », souligne Etienne, membre éminent de la normalosphère. « Moi je vote sur un programme. Y a t-il un autre candidat qui propose de réduire le déficit et la dette de notre pays ? Voter pour un « sympathique candidat » qui financera ses promesses sur le dos des générations futures, n’est-ce pas un peu superficiel comme attitude ? » renchérit Les points sur les i, impatient de voter pour un candidat qui ne promet rien, et ne financera rien. On ne compte pourtant plus ceux qui élection après élection, jurent de nous étrangler à mains nues s’il le faut pour « réduire le déficit et la dette de notre pays », et aboutissent systématiquement au résultat inverse, c’est-à-dire à une explosion sans précédent de ce qu’ils avaient (...) Lire la suite »

Erreurs de communication (1)

Olivier FOREAU
De toutes les accusations subies par François Fillon, la plus absurde est certainement l’accusation d’hypocrisie, tant rien n’indique qu’il soit plus apte à la dissimulation qu’un attelage de bourrins. Il suffit de revoir son « grand oral » face aux pontes un rien dubitatifs de la Fondation Concorde (1), en mars 2016, pour voir qu’à l’époque déjà, la finasserie n’était pas son fort : d’emblée, il annonce ni plus ni moins qu’un « blitzkrieg » à coups d’ordonnances, de votes bloqués et de 49.3, pour « changer le climat de l’économie et le climat du travail dans notre pays » en reprenant les recettes qui ont fait le succès du quinquennat actuel – sauf que cette fois-ci, au lieu de parler de mesures de gauche, on parlerait de mesures de droite. Sur le plan symbolique, c’est considérable. En effet, pourquoi ne pas appeler un chat un chat ? « Je veux prolonger la tension politique », jure-t-il. « Pour prolonger cette tension [...] il faut organiser un référendum en septembre, qui permet de maintenir l’état de tension (...) Lire la suite »

La démocratie sans frontières

Olivier FOREAU
Dans une vibrionnante tribune intitulée « En France, les femmes sont libres » (Huffington Post, 05/09/2016) Manuel Valls s’est fixé dernièrement un nouveau challenge pédagogique : faire entrer dans le crâne d’une journaliste étrangère les concepts de principes républicains et de laïcité à la française. A lire ses explications pour le moins embrouillées, on devine que la tâche est rude. D’ailleurs il concède, bon prince, à propos de la laïcité : « Je sais combien cette singularité française a du mal à être comprise à l’étranger ». Car il faut bien le reconnaître, la laïcité « à la française » n’a pas grand-chose à voir avec celle des autres. Il en va de même pour les « principes républicains », inconnus dans le reste du monde, ce qui explique le fait qu’en France les femmes soient libres, contrairement à celles qui vivent ailleurs. Difficile de lui donner tort : nos principes ne manquent pas de susciter la perplexité hors de l’hexagone, notamment à l’ONU qui voit dans les arrêtés anti-burkini une « interdiction (...) Lire la suite »

La rhétorique du fléau

Olivier FOREAU
A en croire Le Monde, l’attentat du 14 juillet à Nice marquerait une étape décisive puisque l’unité nationale, notre dernier rempart contre la barbarie, vire au crêpage de chignon préélectoral entre les idéologues de la matraque et ceux du camp d’internement, entre partisans du flicage généralisé et partisans de la guerre totale. Du coup, voilà Bernard Cazeneuve dans la tourmente (Le Monde 22.07.16)... Quel gâchis ! Si la bassesse du débat public en arrive à dégoûter même Manuel Valls, c’est que cette fois on a dû tomber particulièrement bas. Mais au-delà des accusations réciproques d’incompétence et de mensonge, ni l’exécutif ni l’opposition ne se hasardent à dire quel dispositif policier aurait permis d’éviter à coup sûr ce qui s’est passé, pour la simple raison qu’un tel dispositif n’existe pas. Tous admettent sans trop de peine que les attentats ont un caractère essentiellement imprévisible, qu’une énième polémique sur les défaillances des uns ou des autres n’y changera rien – et c’est bien pourquoi ils s’y (...) Lire la suite »
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Le problème avec les Espagnols

Un peuple hors de contrôle

Olivier FOREAU
Le 11 mars 2004, à trois jours des élections nationales, une série d’attentats à la bombe ravageait Madrid, faisant 191 morts. L’effroi et l’émotion des Espagnols ne les ont pas empêchés de se souvenir que l’année précédente, ils avaient été embringués à leur corps défendant dans une opération terroriste d’encore bien plus grande envergure, la guerre d’Irak (plus d’un million de morts civils), et de voir que ce qui arrivait maintenant, c’était l’addition à payer. Ils n’ont eu aucune difficulté à comprendre que la cause de ce qui venait de se produire n’était ni le fanatisme, ni l’obscurantisme, ni l’islamo-fascisme, ni aucun isme en vérité mais un individu bien réel nommé José Maria Aznar, chef du gouvernement, et sa politique de collaboration enthousiaste (bien que massivement rejetée par l’opinion) avec l’entreprise génocidaire de George W. Bush. Le même Aznar avait d’ailleurs senti le vent venir, et son premier réflexe fut d’essayer de tout mettre sur le dos de l’ETA afin de faire diversion, mais manque de chance (...) Lire la suite »
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L'état d'urgence vu depuis la normalosphère

Les bons sentiments et leurs dangers

Olivier FOREAU
Inutile de se dissimuler les choses : la présidentielle de 2017 n’a pas encore eu lieu qu’elle ne captive déjà plus grand-monde, à part celles et ceux qui s’y présentent et quelques bookmakers. Il a fallu que ce soit le président de la République lui-même qui nous ouvre les yeux, en prouvant jour après jour, depuis le début de son mandat, que cette élection n’a jamais servi à changer quoi que ce soit. Chacun a fini par comprendre qu’elle sert au contraire à ne rien changer, à maintenir les choses en l’état, à tout faire pour sauver les meubles. Chacun a compris également qu’on n’est pas obligé de voter pour changer de régime, et ce n’est certainement pas Manuel Valls qui dira l’inverse : « Il y a un besoin d’autorité, d’ordre, exprimé par les Français. Nous sommes confrontés à une menace terroriste » (France Inter 15/06/16). Ce besoin d’autorité est sur le point d’être satisfait, et nous passons enfin d’une parodie de démocratie à quelque chose de plus sérieux, un modèle policier rappelant un peu l’Allemagne de (...) Lire la suite »

13 novembre : des malentendus en rafale

Olivier FOREAU
Le 12 novembre 2015, le moral était au beau fixe pour le magazine Challenges, qui célébrait en ces termes la vente prochaine de soixante chasseurs Rafale aux Emirats Arabes Unis : « Le climat des négociations actuelles paraît quasi-miraculeux [...] La signature des contrats égyptien et qatarien a clairement renforcé l’image du chasseur français. Celui-ci a aussi bénéficié de l’exposition médiatique de son déploiement sur les théâtres irakien et syrien. » L’Irak et la Syrie transformés en foires de l’armement avec démonstrations en live sur des populations réelles, c’est dire si tout allait pour le mieux quand pas plus tard que le lendemain soir, il a fallu qu’une bande de barbares gâche l’ambiance en canardant la foule à Paris, avec un mépris pour la vie humaine qu’on a du mal à concevoir. Un survivant témoigne : « Ils nous ont expliqué que c’était les bombes larguées en Syrie qui les poussaient à être là », explique Sébastien, qui est resté 2h30 en compagnie des assaillants (RTL, 17/11/15). De toute évidence, (...) Lire la suite »