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Auteur : Yanis VAROUFAKIS
"Nous savions dès le départ à quel point ils étaient sans scrupules"

Pourquoi j’ai voté contre, pourquoi j’ai voté pour

Yanis VAROUFAKIS

LGS donne à lire ici deux textes (apparemment contradictoires, mais cohérents) par lesquels l’ancien ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, explique les raisons de son vote contre le nouveau mémorandum, puis de son vote pour sa mise en oeuvre.

POURQUOI J’AI VOTÉ CONTRE J’ai décidé d’entrer en politique pour une raison : pour être aux côtés d’Alexis Tsipras dans la lutte contre la servitude de la dette. De son côté, Alexis Tsipras me fit honneur en me mobilisant pour une raison : une conception très précise de la crise fondée sur le rejet de la doctrine Papaconstantinou [conseiller économique (2004-2007) puis ministre des Finances (2009-2012) de Papandréou, NdT], selon laquelle entre la faillite désordonnée et les emprunts toxiques, l’emprunt toxique est toujours préférable. Il s’agit d’une doctrine que je rejetais car elle faisait peser une menace constante dont le but était d’imposer, dans la panique, des politiques qui garantissent une faillite permanente et, en fin de compte, la servitude par la dette. Mercredi soir, au Parlement, j’ai été appelé à choisir entre (a) adopter la doctrine en question, en votant pour le texte que les « partenaires » avaient imposé à la manière d’un coup d’État et avec une brutalité inouïe à Alexis Tsipras lors du (...) Lire la suite »
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Yanis Varoufakis met en lumière les appétits des liquidateurs de la Grèce

Yanis VAROUFAKIS

L'ex-ministre des finances grec, qui a rejeté l'accord à la Vouli hier soir, décrypte sur son blog les implications concrètes de chaque point du texte imposé par l'Eurogroupe. A travers ses remarques, il révèle ses desseins prédateurs. Il montre comment l'accord ouvre un boulevard à ceux qui ont pour projet de faire de la Grèce un paradis social et fiscal pour les entreprises transnationales qui convoitent des pans entiers du patrimoine industriel et des secteurs vitaux dont la privatisation est exigée.

A quelques heures du vote du Parlement sur l'accord du 13 juillet, l'économiste a publié une version intégrale du texte, avec ses remarques et annotations (en gras). Loin du "plan de sauvetage", ce texte est un coup d'arrêt à toute tentative de relance économique et prône la vente à la découpe du patrimoine industriel et des secteurs vitaux de l'économie grecque. (lire la version originale en anglais) "Le sommet de la zone euro souligne la nécessité cruciale de rétablir la confiance avec les autorités grecques [le gouvernement grec doit instaurer une austérité encore plus rigoureuse frappant les citoyens grecs les plus vulnérables, qui ont déjà largement souffert], condition préalable pour un éventuel futur accord sur un nouveau programme du MES [pour un report de ce prêt non viable]. À cet égard, il est essentiel que la maîtrise du processus revienne aux autorités grecques [le gouvernement Syriza doit signer une déclaration stipulant qu’il s’est soumis à la ‘logique’ de la troïka], et les engagements (...) Lire la suite »
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Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

Yanis VAROUFAKIS

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par Monica M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.

Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ? Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde - Je n'ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J'ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l'autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire. HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ? YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l'information qui arrive, qui confirme vos pires craintes...voilà qu'il est en votre "pouvoir" que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez - la situation était pire que vous l'imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n'être plus aux premières loges. HL : De quoi parlez-vous ? YV : L'absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs (...) Lire la suite »

Varoufakis : pourquoi l’Allemagne refuse d’alléger la dette de la Grèce (The Guardian)

Yanis VAROUFAKIS
Le Sommet de l'Union européenne de demain scellera le destin de la Grèce dans la Zone Euro. Pendant que j'écris ces lignes, Euclid Tsakalotos, mon camarade, grand ami et successeur au Ministère des Finances de la Grèce, va participer à une réunion de l'Eurogroupe qui déterminera si un accord entre la Grèce et nos créanciers est possible et si cet accord comporte un allègement de la dette qui permettrait à l'économie grecque d'être viable dans la Zone euro. Euclid apporte avec lui un plan de restructuration de la dette, modéré et bien pensé, qui respecte sans aucun doute à la fois les intérêts de la Grèce et de ses créanciers (j'ai l'intention d'en publier les détails lundi, une fois que la poussière sera retombée). Si ces modestes propositions de restructuration sont rejetées, comme les propos du ministre des Finances allemand le suggèrent, le Sommet de l'Union européenne de dimanche décidera si l'UE jette la Grèce hors de la Zone Euro maintenant ou si elle l'y maintient pendant un temps plus ou moins long, (...) Lire la suite »

Yanis Varoufakis : Comment je suis devenu un marxiste fantasque (The Guardian)

Yanis VAROUFAKIS

Avant d’entrer en politique, Yanis Varoufakis, l’iconoclaste ministre grec des Finances, qui joue un rôle de premier plan, en cette nouvelle période troublée de la zone euro, avait rédigé cette critique virulente du capitalisme européen, tout en indiquant les leçons que la Gauche pouvait tirer des erreurs de Marx

En 2008, le capitalisme mondial fut pris de spasmes, pour la deuxième fois. La crise financière déclencha une réaction en chaine, qui entraîna l’Europe dans une spirale récessive, dont les effets continuent à se faire sentir aujourd’hui encore. La situation actuelle de l’Europe ne constitue pas seulement une menace pour les travailleurs, les déshérités, les banquiers, les classes sociales ou, en fait, les nations. Non : l’attitude actuelle de l’Europe représente une menace pour la civilisation, telle que nous la connaissons. Si mon pronostic se vérifie, et si nous n’avons pas simplement affaire à une crise cyclique de plus, qui sera surmontée sous peu, les radicaux se retrouvent face à la question suivante : devrions-nous nous réjouir de cette crise du capitalisme européen, voir en elle la possibilité de son remplacement par un système meilleur ? Ou bien, devrait-elle nous inquiéter, au point de justifier notre engagement dans une campagne de stabilisation du capitalisme européen ? Pour moi, la réponse (...) Lire la suite »
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Lettre de Yanis Varoufakis, ministre des Finances grec, parue dans le New York Times

Ce n’est pas le temps pour les Jeux en Europe

Yanis VAROUFAKIS

ATHENES – Je vous écris cet article au moment d’une négociation cruciale avec les créanciers de mon pays – une négociation dont le résultat peut marquer une génération, et même un tournant dans l’expérience de l’union monétaire européenne.
Les théoriciens des jeux analysent les négociations comme s’il s’agissait de se partager un gâteau entre joueurs égoïstes.

Parce que j’ai passé de nombreuses années sur la théorie des jeux, au cours de ma vie antérieure de chercheur universitaire, certains commentateurs se sont précipités pour dire qu’en tant que nouveau ministre des Finances de la Grèce, j’étais occupé à concocter bluffs et stratagèmes pour améliorer une main faible. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Si mes travaux sur la théorie des jeux m’ont appris quelque chose c’est bien que ce serait pure folie de penser aux délibérations en cours entre la Grèce et nos partenaires comme un jeu de négociation devant être gagné ou perdu à coups de bluffs et subterfuges tactiques. Le problème avec la théorie des jeux, comme je le disais à mes étudiants, c’est qu’il prend pour acquises les motivations des joueurs. Au poker ou au blackjack cette hypothèse n’est pas problématique. Mais dans les délibérations actuelles entre nos partenaires européens et le nouveau gouvernement de la Grèce, toute la question est de forger de nouveaux motifs. Il s’agit de façonner une (...) Lire la suite »
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