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Auteur : Luk VERVAET

Julian Assange : Wanted, dead or alive

Luk VERVAET

Imaginez-vous la scène, digne du dernier James Bond. Des voitures blindées en route vers le centre de Londres. À leur bord, des hommes cagoulés et armés jusqu’aux dents. Les voitures s’arrêtent brusquement, les hommes en descendent et pénètrent l’ambassade équatorienne. La porte de l’ambassade est par hasard ouverte et, par hasard aussi bien sûr, la police anglaise regarde dans l’autre direction. Les robocops se jettent sur Julian Assange, le trainent dans une voiture et foncent vers l’aéroport de Londres où un avion de la CIA les attend pour le transporter aux États-Unis. Au cas où ce plan échouerait, il y a aussi le plan B : il faudra l’abattre ou l’empoisonner.

Ce scénario ne sort par des studios hollywoodiens. Il a été inventé de bout en bout par Mike Pompeo, en représailles à la publication de Vault 7 par Wikileaks en 2017 (1) , la plus grande fuite de documents de la CIA de son histoire. Mike Pompeo est le directeur de la CIA de l’époque et le ministre des Affaires étrangères jusqu’au début de cette année. C’est lui qui avait désigné WikiLeaks comme « non-state hostile intelligence service » (service de renseignement ennemi non étatique). C’est aussi lui qui avait plaidé pour que Snowden soit jugé, avec une condamnation qui aurait pu le condamner à la peine de mort. Le plan du kidnapping d’Assange a été discuté aux « plus hauts niveaux » de l’administration américaine (2). Son existence a été confirmée par trente fonctionnaires et ex-agents des services secrets, dont huit ont décrit en détail l’opération de la CIA. Après que le plan a été rendu public, en septembre 2021 par Yahoo News, Pompeo n’a nullement été inquiété. Dans une émission télévisée, il a tranquillement (...) Lire la suite »

Dans l’affaire Ali Aarrass, la palme d’or de l’hypocrisie va à .... Didier Reynders. La consternation après le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme

Luk VERVAET

Le 30 septembre 2021, après quatre ans de procédure, la Cour européenne des droits de l'homme a rendu sa décision dans l’affaire Ali Aarrass contre l’État belge (Reynders). Il s’agissait « de savoir si l’État belge avait l’obligation positive de lui accorder son assistance consulaire pour empêcher le risque de mauvais traitement durant son incarcération au Maroc ». Dans sa décision, la Cour a choisi le camp de Didier Reynders, ancien ministre des affaires étrangères belge, devenu entretemps le commissaire européen à la Justice « avec pour mission les Droits fondamentaux et la défense de l’État de droit ».

Le commissaire Reynders a réussi à convaincre la Cour de son infatigable soutien à Ali Aarrass. Dans sa décision la Cour déclare que « les autorités belges ne sont pas restées passives ou indifférentes. Au contraire, elles ont, en pratique, à plusieurs reprises et notamment après l’ordonnance du président du tribunal de première instance de Bruxelles du 3 février 2014, effectué des démarches auprès des autorités marocaines, soit sur une base diplomatique soit pour des motifs humanitaires, pour faire évoluer la situation du requérant ». Ainsi, le mensonge d'état a gagné Tout au long de ces douze ans, aussi bien Reynders que son prédécesseur Steven Vanackere, ont refusé et refusé encore de lever le petit doigt pour protéger Ali Aarrass. Ni pour s’opposer à son extradition. Ni pour empêcher sa torture. Ni pour s’indigner sur sa torture. Ni pour critiquer son procès inique. Ni pour s’opposer à ses conditions de détention inhumaines, contraires aux Règles Nelson Mandela, qui définissent les conditions de détention à (...) Lire la suite »

Remember the sky : le ciel bleu du 11 septembre…

Luk VERVAET, Nadine ROSA-ROSSO

Nos pays ont érigé la victimisation en nouvelle culture occidentale. Après la conquête du monde pour le christianiser, puis pour lui apporter la civilisation et enfin la démocratie et les droits humains, par le massacre des populations et le vol de leurs richesses, voici venue l’heure de nous présenter comme victimes. Victimes du terrorisme barbare. Victimes des attentats horribles qui ont bouleversé et « changé la face du monde pour toujours », peut-on lire sur presque tous les médias, sans provoquer le moindre froncement de sourcils.

Si l’on veut s’attaquer au bilan du monde, ne serait-ce pas plutôt l’effondrement du camp socialiste en 1989, suivi immédiatement par les guerres sans fin contre les pays musulmans, à commencer par la première guerre du Golfe en 1991, qui sont le vrai tournant historique ? Le jour même des attentats du 11 septembre, nous avions lancé un appel « à empêcher le gouvernement américain et les gouvernements alliés d’utiliser ces attaques comme prétexte pour attaquer des pays qui n'ont rien à voir avec ce terrorisme, mais qui ont été en désaccord avec le gouvernement américain en raison de leurs politiques indépendantes, ou de renforcer les mesures anti-démocratiques aux États-Unis et ailleurs. Une telle réaction ne ferait qu'accroître les dangers de la guerre et du fascisme » . (1) Malgré les manifestations de masse contre la guerre qui se sont étendues au monde en entier, elle a bel et bien eu lieu et ne s’est jamais arrêtée. Depuis cette date-là, on décompte en effet « entre trente-cinq et cinquante conflits (...) Lire la suite »
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« Tant qu’il se comporte bien, il ne sera pas torturé » ou les garanties des États-Unis pour l’extradition de Julian Assange

Luk VERVAET

Le 4 janvier 2021, la juge britannique Vanessa Baraitser a refusé l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis pour raisons médicales. Assange risque une peine maximale de 175 ans de prison (de facto la prison à vie) aux États-Unis si les dix-huit chefs d'accusation (violations de l'Espionage Act de 1917 et du Computer Fraud and Abuse Act de 1986) sont confirmés.

Baraitser a refusé l'extradition parce que la santé mentale d'Assange était si préoccupante qu'il y avait un risque qu'il se suicide s'il était enfermé dans une prison supermax américaine et/ou placé sous un régime de mesures administratives spéciales (SAM, Special administrative measures). Il s'agissait d'une rare reconnaissance officielle de l'horreur du système carcéral étasunien (1), et d'une confirmation des publications scientifiques (2) et des résolutions des Nations Unies (3) qui assimilent l'isolement prolongé dans une prison supermax à de la torture, tout comme les SAM qui coupent complètement le prisonnier du monde extérieur . Baraitser a fondé son verdict sur le rapport psychiatrique du professeur Michael Kopelman et peut-être aussi sur les témoignages concernant le système carcéral aux EU. Mais avec son verdict, elle a laissé la porte grande ouverte à l'extradition d'Assange. En ce qui concerne le contenu des accusations, elle s’est rangée résolument du côté des EU. Elle savait pertinemment (...) Lire la suite »

Ces monstrueux Talibans et nous

Luk VERVAET

On aurait dit un écho d’un passé colonial. À l’époque, les journaux publiaient des informations alarmantes chaque fois qu’il y avait une révolte de « barbares » contre l’autorité coloniale : les Boxers en Chine, les Mau-Mau au Kenya, les Simbas au Congo. Tous, sans exception, des barbares qui osaient se révolter contre la chrétienté, la civilisation et les droits de l’homme (dans cet ordre précis), imposés par les maitres occidentaux dans les colonies, dans le même temps qu’ils y terrorisaient les populations et y pillaient les matières premières.

Les titres des infos de la semaine écoulée ont tous été du genre : les fondamentalistes islamistes talibans sont de retour. Les barbares talibans s’emparent des villes l’une ville après l’autre, Kaboul tombe dans leurs mains. Dans un laps de temps d’une dizaine de jours, le régime installé par l’Occident dans ce pays s’est enfui et une armée de 300 000 hommes s’est rendue à une armée de guérilla de quelque 75 000 hommes. La rapidité des événements a surpris tout le monde. Même si tous ceux qui avaient quelque peu suivi la guerre savaient qu’une défaite de l’Occident était inéluctable. Il y a dix ans, à l’aide de documents secrets, Wikileaks [1] montrait déjà que la résistance des Talibans était en train de gagner et qu’elle était bien répandue dans tous les coins du pays. Matthew Hoh, un capitaine de l’armée des EU qui avait démissionné en septembre 2009 pour protester contre la guerre en Afghanistan, décrivait comme suit la résistance dans ce pays : « La révolte pachtoune est composée d’innombrables groupes (...) Lire la suite »

Fin de la guerre contre l’Afghanistan : fin de la justice de guerre contre Nizar Trabelsi et Malika El Aroud ?

Luk VERVAET
Le 11 septembre 2021, vingt ans après les attentats de New York et le début de la guerre contre l'Afghanistan, les dernières troupes américaines quitteront l'Afghanistan. Du moins c'était le plan. Biden a décidé d'avancer le retrait de dix jours. Car il y a urgence : le scénario d'une débâcle totale, comme celle de la guerre du Vietnam, est possible. Ce qui reste des forces d'occupation américaines risque d'être balayé par les Talibans, ceux contre qui tout a commencé et qui, jusqu'à récemment, étaient déclarés morts et enterrés. Les moins de vingt ans ne le savent peut-être pas mais les troupes belges ont été impliquées du premier au dernier jour de cette guerre criminelle. Il est peu probable que nous entendions des excuses à ce sujet en Belgique, et encore moins qu'il y ait des poursuites contre ceux qui nous ont embarqués dans une guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. La « Global war on terror », déclenchée en Afghanistan, suivie de la seconde guerre contre l'Irak et d'autres pays, a fait des (...) Lire la suite »

Une extradition de Julian Assange sous garanties américaines ? Une mascarade, la preuve par Trabelsi.

Luk VERVAET

Les campagnes contre les extraditions nous ont appris que les garanties obtenues en faveur d’un traitement humain des prisonniers concernés se transforment systématiquement en véritables cauchemars pour ceux-ci.

La juge britannique Baraitser, le 4 janvier 2021, a refusé l’extradition de Julian Assange pour des raisons médicales, afin d’éviter le risque de suicide dans une prison supermax et les Mesures Administratives Spéciales (SAM). Suite à ce jugement, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer, a déclaré : « La juge Vanessa Baraitser a accepté tous les arguments du Département de Justice des États-Unis, consacrant ainsi la criminalisation - en l'assimilant à de l'espionnage - du journalisme d'investigation, de la publication de la vérité et de la révélation de crimes... En conséquence, si Julian Assange reste en Grande-Bretagne et si le gouvernement américain estime un jour que sa santé s'est améliorée, la question de son extradition pourrait être posée de nouveau. Si le Département de Justice des États-Unis fait appel, la seule question qui sera débattue est celle de son état de santé et des conditions de détention dans les prisons américaines. Les États-Unis pourraient alors (...) Lire la suite »

Le jugement de Julian Assange dévoile la monstruosité du système carcéral supermax

Luk VERVAET

Le jugement sur Assange est malgré lui l’aveu de la monstruosité du système carcéral qui se pratique aux États-Unis et qui se propage aussi bien en Europe que sur d’autres continents. Eliane Martinez, de Prison Insider, écrivait : « Le modèle supermax est en train de se généraliser au monde entier… Il est considéré comme un traitement inhumain par le Comité contre la torture de l’ONU »

Le 4 janvier 2021, la juge Vanessa Baraitser a rejeté la demande des États-Unis d’extradition de Julian Assange. C’est une victoire, certes. L’enfermement d’Assange pour le reste de sa vie aux États-Unis, pour avoir exposé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, a été bloqué. Du moins provisoirement. Parce que, sur le fond, Baraitser a accepté toutes les accusations étasuniennes contre Assange. Selon la juge, Assange aurait droit à un procès équitable aux États-Unis. Pour elle, le journalisme d’investigation, c’est de « l’espionnage ». La liberté d’expression ne veut pas dire « qu’on peut publier tout ce qu’on veut ». Même si l’article 4 de la loi britannique sur l’extradition dit que : « L’extradition ne sera pas autorisée quand il s’agit d’un délit politique », elle a jugé que le traité d’extradition (le UK Extradition Act de 2003) s’appliquait bien dans le cas d’Assange. Enfin, la protection par Assange de ses sources, parmi lesquelles Chelsea Manning, (...) Lire la suite »

Les regrets du roi ne sont pas les nôtres

Luk VERVAET

Dans sa lettre à l’occasion du 60ième anniversaire de l’indépendance du Congo, avec en filigrane Black Lives Matter et la décapitation des statues de Leopold II, le Roi des Belges (et le gouvernement belge) ont formulé des regrets pour, je cite, « les actes de violence et de cruauté qui ont été commis à l’époque de l’Etat indépendant du Congo et pour les souffrances et les humiliation s pendant la période coloniale ». Des commentateurs ont remarqué que le Roi des Belges n’a pas pu sortir le mot « excuse » de sa bouche. Ce que même Macron a su faire, lorsqu’il a présenté ses excuses à l’Algérie, lors de son voyage en 2017.

Excuses est un mot qui ne se trouve pas dans le dictionnaire colonial belge. Avant de prononcer ce mot terrible, il faut encore une commission parlementaire et des scientifiques universitaires pour examiner l’affaire. Comme si tout n’était pas déjà connu. Comme si les livres et les études scientifiques sur les crimes et les horreurs de la colonisation belge au Congo n’existaient pas et ne pouvaient pas remplir un salon, si pas une bibliothèque entière. Mais le problème n’est pas là : regrets ou excuses, les mots sont faciles. Parce que, comme on le sait, qu’il s’agisse des regrets d’un roi ou des excuses de Macron, cela n’a rien changé. Ni au racisme d’État, ni à l’exploitation des pays du Sud, ni aux interventions impérialistes actuelles de ces pays. Ni au fait que les multinationales continuent à piller le monde et que les inégalités en 2020 sont devenues criantes à un niveau jamais vu : quelques 250 personnes possèdent autant que 7 milliards personnes sur cette planète. Les regrets royaux ne sont pas (...) Lire la suite »

Julian Assange, Chelsea Manning, Edward Snowden, nous vous sommes tous redevables !

Luk VERVAET

Message de solidarité du Comité Free Ali Aarrass, Bruxelles, Place Julian Assange, 29 janvier 2020

Merci à l’artiste Davide Dormino, merci au Comité Free Assange Belgium d’avoir organisé des dizaines d’actions pour Julian Assange à Bruxelles, merci à toutes les organisations qui se sont engagées pour nous permettre d’accueillir ces trois sculptures à Bruxelles. Je vous parle au nom du Comité Free Ali Aarrass. Ali Arras qui, dans une de ses dernières lettres, écrit : « Nous devons être parmi ces hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience et de l’espoir. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil ». Ali Aarrass ne vous connaît pas, il ne sait pas que vos statues sont ici ; dans sa cellule d’isolement il est coupé du monde, il ne peut ni recevoir de courrier, ni écrire une lettre. Vous ne connaissez pas Ali Aarrass. Et pourtant, il y a bien des liens entre vous. Au moment de l’arrestation d’Ali Aarrass en (...) Lire la suite »
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