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Auteur : Luk VERVAET
États-Unis : de l’emprisonnement à la torture

Ce que vit Nizar Trabelsi, ce qui attend Julian Assange s’il est extradé

Luk VERVAET
La possible extradition de Julian Assange a remis les pratiques de la justice étasunienne et de son système carcéral, le goulag des temps modernes, au centre de l’attention. Assange, le co-fondateur de Wikileaks, est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 2012 pour échapper à son extradition vers les États-Unis. Julian Assange, tout comme Edward Snowden, qui s’est réfugié en Russie, ont été dépeints aux États-Unis comme des terroristes et des traîtres. D’autres journalistes d’investigation aussi, comme Glenn Greenwald, Jacob Appelbaum ou Laura Poitras, ont choisi l’exil avant de courir le risque d’être arrêtés aux États-Unis. Être accusé de trahison et/ou de terrorisme aux États-Unis, ce n’est pas rien. Il suffit de regarder un petit montage vidéo de Wikileaks où des hauts responsables américains disent ouvertement qu’il faut assassiner Assange ou le condamner à la peine de mort [1]. Aujourd’hui, tout se met en place pour une extradition de Julian Assange. Récemment, selon WikiLeaks, des sources de (...) Lire la suite »

11 janvier 2019, dix-sept ans de non-droit à Guantanamo

Luk VERVAET

ll y a 17 ans, le 11 janvier 2002, une base militaire américaine à Cuba fut transformée en la prison la plus controversée au monde.

Cette prison, à Guantanamo Bay, fut établie géographiquement hors du territoire des États-Unis, dans une zone coloniale. Le but était de bien montrer au monde entier que l’état de droit ou les conventions humanitaires internationales ou nationales ne s’y appliqueraient pas. Depuis 2002, 779 terroristes présumés y ont été détenus dans le cadre de la Global War on Terror (GWT) que les USA ont déchaînée après les attentats du 11 septembre 2001. La grande majorité de ces 779 détenus - suspects d’appartenir à Al-Qaeda ou aux Talibans- ont été arrêtés, achetés à un prix de 5 000 dollars en moyenne ou kidnappés après l’attaque américaine contre l’Afghanistan. L’enfermement de ces prisonniers enchaînés, aux yeux bandés, à genoux, dans leur costume orange, au sein de cages d’acier, entourés de chiens et de soldats américains, devait être la démonstration de la force de l’Occident et le témoin de la capacité d’humiliation de l’ennemi par le vainqueur dans la Global War on Terror. En avril 2004, le scandale des abus et tortures (...) Lire la suite »

Quand la justice déraille à la ZAD de Haren (Bruxelles) : 10 mois de prison pour une maquette

Luk VERVAET

Le 18 avril 2018, la Cour d’appel de Bruxelles a confirmé la peine prononcée par le tribunal de première instance contre quatre militants anticarcéraux. Les quatre militants sont poursuivis pour avoir fait partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui, le 20 mai 2015, auraient détruit la maquette de la méga-prison de Haren, lors d’une action contre celle-ci, à la Régie des Bâtiments à Bruxelles. La construction de la prison de Haren divise clairement l’appareil judiciaire en Belgique.

Des juges avec nous... Si, dans leur ensemble, police, armée, prisons et appareil judiciaire constituent les piliers de l’ordre capitaliste de notre société, des contradictions traversent aussi ces institutions. Au sein de l’appareil judiciaire, des hommes, comme le Juge Luc Hennart, ou des groupes, comme l’Association Syndicale des Magistrats (ASM), s’opposent comme nous à la construction de la méga-prison à Haren. En février dernier, dans le bulletin Justine de l’ASM, Hervé Louveaux, juge auprès du Tribunal de première instance francophone de Bruxelles, a rappelé de manière remarquable les raisons de cette opposition. Parce que, écrivait-il, cette prison est trop grande, elle est trop loin, elle est trop chère (soixante millions par an pendant vingt-cinq ans, hors frais pour le personnel pénitentiaire et l’énergie). Aussi parce qu’elle comportera des salles d’audiences destinées aux juridictions d’instruction, créant ainsi « un lieu de justice aussi excentré que déplacé du point de vue symbolique ». (...) Lire la suite »

Nous sommes tous Dyab Abou Jahjah !

Luk VERVAET
En Belgique, on peut sans problème défendre les assassinats ciblés systématiques, réalisés avec des drones par le Mossad, le service secret israélien, contre des dirigeants et des militaires palestiniens. Ou l’assassinat par balles, en pleine rue, comme le 15 décembre dernier, il y a à peine trois semaines : Mohammed Alzoari, un dirigeant du Hamas, abattu près de sa maison en Tunisie. On a aussi pu applaudir sans souci à l’opération Plomb durci, dans laquelle Israël a bombardé Gaza sans relâche de décembre 2008 à janvier 2009. Avec la mort de 1315 Palestiniens, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, et 5285 blessés comme bilan... Mais si vous défendez par contre le droit reconnu internationalement des Palestiniens à résister par tous les moyens contre cette machine de guerre et l’occupation illégale de la Palestine, comme Dyab Abou Jahjah après l’attaque palestinienne contre un groupe de soldats israéliens à Jérusalem, alors il faut en payer le prix ! Le secrétaire d'Etat Theo Franken et le mensuel Joods (...) Lire la suite »

L’enfermement en isolement signifie la mise à mort sociale d’Ali Aarrass

Luk VERVAET

Une réponse à monsieur Tamek de la DGAPR du Maroc

Les témoignages de Farida, sa sœur (1), et de Houria, son épouse (2), les deux personnes avec qui Ali Aarrass a eu un contact depuis son transfert à la prison de Tiflet, il y a plus de deux mois, sont sans appel. Ali Aarrass est bel et bien enfermé en isolement total, dans des conditions inhumaines. Aucune raison n’a été donnée, ni pour son transfert, ni pour sa mise en isolement. Les autorités marocaines veulent-elles contraindre définitivement au silence un homme qui n’a pas cessé de revendiquer ses droits et de dénoncer les conditions de détention, les abus et la violence au sein des prisons marocaines ? Son transfert à Tiflet est survenu deux mois après la sortie de petites vidéos sur les abus au sein de la prison de Salé II en juillet et août 2016 (3). A défaut de trouver le(s) coupable(s) pour ces publications clandestines, les autorités ont accusé Ali d’en être l’auteur. L’homme, qui a toujours assumé la responsabilité pour ses actes et ses propos, quel que soit le prix à payer, a nié. Début (...) Lire la suite »
Réflexions sur la violence de l’Etat.

La lutte contre la méga-prison à Haren (Bruxelles) : 10 mois de prison pour la destruction d’une maquette !

Luk VERVAET

Le vendredi 19 février 2016, le Tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné quatre militants anti-prison à dix mois de prison (avec un sursis de trois ans) et à une amende de 3600 euros. Ce n’est pas tout. Cette condamnation des 4 pour avoir participé, le 20 mai 2015, à la destruction de la maquette de la prison de Haren, lors d’une manifestation à la Régie des Bâtiments, ouvre aussi la voie à cette dernière pour réclamer 40.000 euros de dommages et intérêts... [1]

Un jugement délirant, hors proportion, qui m’amène à quelques réflexions sur la violence de Haren. I. Le tribunal fait un choix politique D’abord, par son jugement le tribunal fait un choix politique. Celui d’être le relais de la frustration des autorités pénitentiaires, des entreprises et des banquiers [2] contre le mouvement anti-méga-prison à Haren : la maquette détruite étant le symbole d’un projet au point mort. Huit ans après le lancement de l’idée de la construction de cette méga-prison, ses promoteurs, réunis dans un partenariat public privé, n’arrivent toujours pas à démarrer les travaux. Ils se retrouvent sans permis d’environnement. Sans permis d’urbanisme. Avec sur le dos un audit de la Cour des comptes sur le financement de la prison de Haren demandé par six partis politiques. Tenant compte de tous ces facteurs qui montrent que ce projet n'a aucune légalité, le tribunal aurait pu classer l’affaire de la maquette sans suite. Il aurait pu s’inspirer du jugement du Tribunal correctionnel de (...) Lire la suite »

Au nom des sans-voix, lettre ouverte sur la méga-prison à Haren (Bruxelles)

Luk VERVAET

Bruxelles, 1er mai 2015 à : la Commission de concertation du Département urbanisme de la Ville de Bruxelles Concerne : la fermeture des trois prisons bruxelloises et la construction de la méga-prison à Haren.

Mesdames, Messieurs, Je m’adresse à vous en tant qu’ancien enseignant à la prison de Saint-Gilles, une des trois prisons bruxelloises que les autorités pénitentiaires veulent fermer pour les remplacer par une méga-prison à Haren. S’adresser à votre commission semble être devenu un des seuls recours démocratiques dont disposent encore les citoyens de cette ville pour faire entendre leurs voix. Je vous en remercie. Tout en vous signalant que la voix des premiers concernés - les détenus, les ex-détenus, leurs familles - a été d’office exclue de tout le débat autour du Masterplan 2008-2016. Dès lors, mon courrier veut aussi donner de la voix à ces sans-voix. Pendant que vous menez votre consultation, nous recevons des signaux, venus de nos nombreux organes de pouvoir nationaux ou locaux, disant que tout est décidé. Qu’il n’y aura pas de marche-arrière quant aux décisions de fermeture et de construction. S’agit-il de décourager les milliers de personnes qui s’opposent à ce projet ? La démocratie (...) Lire la suite »

D’Utøya à Charlie Hebdo

Luk VERVAET

Pendant les informations sur le massacre chez Charlie Hebdo, la presse a tenu à mettre aussi les événements en perspective. A dès lors défilé la liste des attentats terroristes en Europe les 10, 20 dernières années. Je ne pouvais qu’assister consterné : dans cette mise en perspective, aucune trace ou presque du terrorisme raciste et fasciste. Il ne s’agit pas ici de comparer les attentats les uns aux autres, ni de prétendre que la cruauté des uns justifierait celle des autres.

Il n’y a pas d’excuse. Il n’y a pas de justification.

Ce qui m’inquiète, c’est que « le terrorisme » soit assimilé à « la terreur de l’islam ». Et que se crée dans ce cadre une fausse unité nationale de l’état et du peuple. Ce qui m’inquiète, c’est la partialité de notre indignation et de notre humanité, lorsqu’il s’agit de la violence terroriste contre « les autres », contre les minorités. C’est précisément cette partialité qui emporte l’opinion publique, consciemment ou inconsciemment, vers encore plus de peur et de haine, vers plus de racisme et d’islamophobie. Le massacre chez Charlie Hebdo, suivi des deux autres tueries et prises d’otage à Paris, donne l’impression que nous avons été ou que nous sommes assaillis de toutes parts par des djihadistes d’Al Qaeda. Après Charlie Hebdo, l’usage des mots a radicalement changé. Il y a quinze ans, seul Bush parlait en termes de "nous" contre "eux" » et de « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Aujourd’hui, les responsables politiques parlent sans vergogne d’une « guerre entre la barbarie et la civilisation ». La (...) Lire la suite »

A l’occasion du sixième anniversaire de la détention d’Ali Aarrass

Luk VERVAET

Intervention de Luk Vervaet à la Table ronde sur "La double nationalité en Belgique au regard du droit international et des droits de l’Homme", Espace Magh Bruxelles, le vendredi 28 mars 2014

Le 1er avril est le sixième anniversaire de la mise en détention d'Ali Aarrass. Une campagne pour sa libération s’est développée depuis cinq ans grâce à l’engagement de centaines d’activistes. Dans cette campagne, saluons le combat acharné des avocats et des organisations des droits de l'homme, qui veillent sur nos libertés et nos droits. Mais le travail des anges ne suffit pas. Si c’était le cas, Ali serait libre depuis longtemps. « Politics trumps the law » Il y a quelques semaines, lors d’une tournée organisée par le London Guantanamo Campaign, j’ai rencontré Denis Edney, l'avocat canadien d'Omar Kadr. Omar Kadr, Canadien capturé par les Américains en Afghanistan, a été enfermé à la prison hors-la-loi de Guantanamo à l’âge de15 ans. Il y était le plus jeune des détenus. Il a aujourd'hui 27 ans. En 2010, ce jeune homme, qui a toujours clamé son innocence, a été contraint de plaider coupable pour pouvoir sortir de Guantanamo et être extradé au Canada (2). Son avocat Dennis Edney est parmi les avocats des plus (...) Lire la suite »

La Belgique et le Maroc : une histoire de torture et de traitements inhumains et dégradants

Luk VERVAET

Ces dernières semaines, au Maroc, les tortionnaires ont été touchés en plein cœur. En France, Mostafa Naim, animateur social, Adil Lamtalsi, producteur de cinéma, Naama Asfari, militant sahraoui, son épouse, Claude Mangin et Zakaria Moumni, champion du monde de boxe thaïe, ont tous déposé plainte contre la torture dont ils ont été victimes après leur arrestation au Maroc.

Suite à ces plaintes, déposées par ces (ex-) détenus et l'ACAT (Action des Chrétiens contre la torture), et en particulier suite à celle déposée contre le tortionnaire Abdellatif El Hammouchi, le Maroc a annoncé le 26 février dernier « la suspension de l'exécution de tous les accords de coopération judiciaire avec la France ". Le magistrat de liaison marocain en France a été rappelé. Depuis, plus moyen d'exécuter un acte de mariage ou de filiation en France ou au Maroc. Plus de demandes d'extradition, d'auditions de témoins, ou de transferts de détenus. Hélène Legeay, de l'ACAT, déclarait à ce propos : « En empêchant le transfèrement de détenus français condamnés au Maroc, les autorités marocaines cherchent à les empêcher de porter plainte pour torture à leur arrivée en France ». Monsieur El Hammouchi n'est pas n'importe qui. Au sein de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), il est le directeur général de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Il est ainsi un des hommes les plus (...) Lire la suite »
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