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Auteur : Luk VERVAET

Fin de la guerre contre l’Afghanistan : fin de la justice de guerre contre Nizar Trabelsi et Malika El Aroud ?

Luk VERVAET
Le 11 septembre 2021, vingt ans après les attentats de New York et le début de la guerre contre l'Afghanistan, les dernières troupes américaines quitteront l'Afghanistan. Du moins c'était le plan. Biden a décidé d'avancer le retrait de dix jours. Car il y a urgence : le scénario d'une débâcle totale, comme celle de la guerre du Vietnam, est possible. Ce qui reste des forces d'occupation américaines risque d'être balayé par les Talibans, ceux contre qui tout a commencé et qui, jusqu'à récemment, étaient déclarés morts et enterrés. Les moins de vingt ans ne le savent peut-être pas mais les troupes belges ont été impliquées du premier au dernier jour de cette guerre criminelle. Il est peu probable que nous entendions des excuses à ce sujet en Belgique, et encore moins qu'il y ait des poursuites contre ceux qui nous ont embarqués dans une guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. La « Global war on terror », déclenchée en Afghanistan, suivie de la seconde guerre contre l'Irak et d'autres pays, a fait des (...) Lire la suite »

Une extradition de Julian Assange sous garanties américaines ? Une mascarade, la preuve par Trabelsi.

Luk VERVAET

Les campagnes contre les extraditions nous ont appris que les garanties obtenues en faveur d’un traitement humain des prisonniers concernés se transforment systématiquement en véritables cauchemars pour ceux-ci.

La juge britannique Baraitser, le 4 janvier 2021, a refusé l’extradition de Julian Assange pour des raisons médicales, afin d’éviter le risque de suicide dans une prison supermax et les Mesures Administratives Spéciales (SAM). Suite à ce jugement, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la torture, Nils Melzer, a déclaré : « La juge Vanessa Baraitser a accepté tous les arguments du Département de Justice des États-Unis, consacrant ainsi la criminalisation - en l'assimilant à de l'espionnage - du journalisme d'investigation, de la publication de la vérité et de la révélation de crimes... En conséquence, si Julian Assange reste en Grande-Bretagne et si le gouvernement américain estime un jour que sa santé s'est améliorée, la question de son extradition pourrait être posée de nouveau. Si le Département de Justice des États-Unis fait appel, la seule question qui sera débattue est celle de son état de santé et des conditions de détention dans les prisons américaines. Les États-Unis pourraient alors (...) Lire la suite »

Le jugement de Julian Assange dévoile la monstruosité du système carcéral supermax

Luk VERVAET

Le jugement sur Assange est malgré lui l’aveu de la monstruosité du système carcéral qui se pratique aux États-Unis et qui se propage aussi bien en Europe que sur d’autres continents. Eliane Martinez, de Prison Insider, écrivait : « Le modèle supermax est en train de se généraliser au monde entier… Il est considéré comme un traitement inhumain par le Comité contre la torture de l’ONU »

Le 4 janvier 2021, la juge Vanessa Baraitser a rejeté la demande des États-Unis d’extradition de Julian Assange. C’est une victoire, certes. L’enfermement d’Assange pour le reste de sa vie aux États-Unis, pour avoir exposé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, a été bloqué. Du moins provisoirement. Parce que, sur le fond, Baraitser a accepté toutes les accusations étasuniennes contre Assange. Selon la juge, Assange aurait droit à un procès équitable aux États-Unis. Pour elle, le journalisme d’investigation, c’est de « l’espionnage ». La liberté d’expression ne veut pas dire « qu’on peut publier tout ce qu’on veut ». Même si l’article 4 de la loi britannique sur l’extradition dit que : « L’extradition ne sera pas autorisée quand il s’agit d’un délit politique », elle a jugé que le traité d’extradition (le UK Extradition Act de 2003) s’appliquait bien dans le cas d’Assange. Enfin, la protection par Assange de ses sources, parmi lesquelles Chelsea Manning, (...) Lire la suite »

Les regrets du roi ne sont pas les nôtres

Luk VERVAET

Dans sa lettre à l’occasion du 60ième anniversaire de l’indépendance du Congo, avec en filigrane Black Lives Matter et la décapitation des statues de Leopold II, le Roi des Belges (et le gouvernement belge) ont formulé des regrets pour, je cite, « les actes de violence et de cruauté qui ont été commis à l’époque de l’Etat indépendant du Congo et pour les souffrances et les humiliation s pendant la période coloniale ». Des commentateurs ont remarqué que le Roi des Belges n’a pas pu sortir le mot « excuse » de sa bouche. Ce que même Macron a su faire, lorsqu’il a présenté ses excuses à l’Algérie, lors de son voyage en 2017.

Excuses est un mot qui ne se trouve pas dans le dictionnaire colonial belge. Avant de prononcer ce mot terrible, il faut encore une commission parlementaire et des scientifiques universitaires pour examiner l’affaire. Comme si tout n’était pas déjà connu. Comme si les livres et les études scientifiques sur les crimes et les horreurs de la colonisation belge au Congo n’existaient pas et ne pouvaient pas remplir un salon, si pas une bibliothèque entière. Mais le problème n’est pas là : regrets ou excuses, les mots sont faciles. Parce que, comme on le sait, qu’il s’agisse des regrets d’un roi ou des excuses de Macron, cela n’a rien changé. Ni au racisme d’État, ni à l’exploitation des pays du Sud, ni aux interventions impérialistes actuelles de ces pays. Ni au fait que les multinationales continuent à piller le monde et que les inégalités en 2020 sont devenues criantes à un niveau jamais vu : quelques 250 personnes possèdent autant que 7 milliards personnes sur cette planète. Les regrets royaux ne sont pas (...) Lire la suite »

Julian Assange, Chelsea Manning, Edward Snowden, nous vous sommes tous redevables !

Luk VERVAET

Message de solidarité du Comité Free Ali Aarrass, Bruxelles, Place Julian Assange, 29 janvier 2020

Merci à l’artiste Davide Dormino, merci au Comité Free Assange Belgium d’avoir organisé des dizaines d’actions pour Julian Assange à Bruxelles, merci à toutes les organisations qui se sont engagées pour nous permettre d’accueillir ces trois sculptures à Bruxelles. Je vous parle au nom du Comité Free Ali Aarrass. Ali Arras qui, dans une de ses dernières lettres, écrit : « Nous devons être parmi ces hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience et de l’espoir. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil ». Ali Aarrass ne vous connaît pas, il ne sait pas que vos statues sont ici ; dans sa cellule d’isolement il est coupé du monde, il ne peut ni recevoir de courrier, ni écrire une lettre. Vous ne connaissez pas Ali Aarrass. Et pourtant, il y a bien des liens entre vous. Au moment de l’arrestation d’Ali Aarrass en (...) Lire la suite »

Didier Reynders : ce que tout parlementaire européen doit savoir sur sa pratique des droits de l’homme

Luk VERVAET

La nomination de Didier Reynders en tant que commissaire européen à la Justice « avec pour mission les Droits fondamentaux et la défense de l’État de droit » est une gifle magistrale à toutes celles et tous ceux qui l’ont croisé sur le chemin de la défense des droits de l’homme en Belgique.

À l’annonce de sa nomination, Didier Reynders, dont le nom a été cité dans des affaires comme le Kazakhgate, la loi sur la transaction pénale, la gestion des fonds libyens et, tout récemment, le blanchissement d’argent et de corruption au Congo, a déclaré : « L'Union (européenne) n'est pas uniquement un grand marché : il faut une surveillance des droits fondamentaux et de la séparation des pouvoirs, comparable à celle déjà appliquée aux finances ». Commencer par aborder la question des droits de l’homme en prenant le libre marché et le monde financier comme référence en dit beaucoup sur Reynders. C’est ce monde qu’il connaît le mieux et les intérêts économiques et financiers ont toujours été sa première préoccupation. On pourrait déjà s’interroger : si les droits de l’homme en Europe seront surveillés comme le sont les multinationales et les banques, ça promet. Dorénavant, Reynders se chargera d’un "rapport annuel objectif" sur ces questions, dans lequel la situation de chaque État membre devra être analysée « sur (...) Lire la suite »
États-Unis : de l’emprisonnement à la torture

Ce que vit Nizar Trabelsi, ce qui attend Julian Assange s’il est extradé

Luk VERVAET
La possible extradition de Julian Assange a remis les pratiques de la justice étasunienne et de son système carcéral, le goulag des temps modernes, au centre de l’attention. Assange, le co-fondateur de Wikileaks, est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 2012 pour échapper à son extradition vers les États-Unis. Julian Assange, tout comme Edward Snowden, qui s’est réfugié en Russie, ont été dépeints aux États-Unis comme des terroristes et des traîtres. D’autres journalistes d’investigation aussi, comme Glenn Greenwald, Jacob Appelbaum ou Laura Poitras, ont choisi l’exil avant de courir le risque d’être arrêtés aux États-Unis. Être accusé de trahison et/ou de terrorisme aux États-Unis, ce n’est pas rien. Il suffit de regarder un petit montage vidéo de Wikileaks où des hauts responsables américains disent ouvertement qu’il faut assassiner Assange ou le condamner à la peine de mort [1]. Aujourd’hui, tout se met en place pour une extradition de Julian Assange. Récemment, selon WikiLeaks, des sources de (...) Lire la suite »

Le film "Ni juge, ni soumise" : du voyeurisme qui laisse un goût amer

Luk VERVAET

La 44e cérémonie des César récompense le documentaire belge qui a conquis 230 000 spectateurs en France...

Comment faire un film de non-fiction sur la Justice, un documentaire, qui sera projeté dans les grandes salles de cinéma et rapportera du fric ? Rares sont ceux qui y sont parvenus. Le réalisateur et le cameraman (« légendaires » et « historiques » selon la RTBF) de Strip Tease et de Tout ça ne nous rendra pas le Congo y sont, eux, arrivés en produisant Ni juge, ni soumise. Le film fait un tabac et le grand public s’amuse. Avec un titre accrocheur, volé de l’organisation antifoulard « Ni putes, ni soumises », il met littéralement en scène une juge qui se veut atypique, sans complexes, face aux déchets humains de la société qui défilent dans son bureau, à visage découvert, avec, en trame de fond, le cold case étasunien à la belge de deux meurtres sur des prostituées. Le contenu est zéro, on n’apprend rien, mais ça marche. D’un côté l’image de la juge qui a tout vécu et qui n’est plus perturbée à la vue d’un cadavre, que ce soit en Belgique ou en Syrie. Son aspect bobo humour cynique, assaisonné de blagues (...) Lire la suite »

11 janvier 2019, dix-sept ans de non-droit à Guantanamo

Luk VERVAET

ll y a 17 ans, le 11 janvier 2002, une base militaire américaine à Cuba fut transformée en la prison la plus controversée au monde.

Cette prison, à Guantanamo Bay, fut établie géographiquement hors du territoire des États-Unis, dans une zone coloniale. Le but était de bien montrer au monde entier que l’état de droit ou les conventions humanitaires internationales ou nationales ne s’y appliqueraient pas. Depuis 2002, 779 terroristes présumés y ont été détenus dans le cadre de la Global War on Terror (GWT) que les USA ont déchaînée après les attentats du 11 septembre 2001. La grande majorité de ces 779 détenus - suspects d’appartenir à Al-Qaeda ou aux Talibans- ont été arrêtés, achetés à un prix de 5 000 dollars en moyenne ou kidnappés après l’attaque américaine contre l’Afghanistan. L’enfermement de ces prisonniers enchaînés, aux yeux bandés, à genoux, dans leur costume orange, au sein de cages d’acier, entourés de chiens et de soldats américains, devait être la démonstration de la force de l’Occident et le témoin de la capacité d’humiliation de l’ennemi par le vainqueur dans la Global War on Terror. En avril 2004, le scandale des abus et tortures (...) Lire la suite »

Quand la justice déraille à la ZAD de Haren (Bruxelles) : 10 mois de prison pour une maquette

Luk VERVAET

Le 18 avril 2018, la Cour d’appel de Bruxelles a confirmé la peine prononcée par le tribunal de première instance contre quatre militants anticarcéraux. Les quatre militants sont poursuivis pour avoir fait partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui, le 20 mai 2015, auraient détruit la maquette de la méga-prison de Haren, lors d’une action contre celle-ci, à la Régie des Bâtiments à Bruxelles. La construction de la prison de Haren divise clairement l’appareil judiciaire en Belgique.

Des juges avec nous... Si, dans leur ensemble, police, armée, prisons et appareil judiciaire constituent les piliers de l’ordre capitaliste de notre société, des contradictions traversent aussi ces institutions. Au sein de l’appareil judiciaire, des hommes, comme le Juge Luc Hennart, ou des groupes, comme l’Association Syndicale des Magistrats (ASM), s’opposent comme nous à la construction de la méga-prison à Haren. En février dernier, dans le bulletin Justine de l’ASM, Hervé Louveaux, juge auprès du Tribunal de première instance francophone de Bruxelles, a rappelé de manière remarquable les raisons de cette opposition. Parce que, écrivait-il, cette prison est trop grande, elle est trop loin, elle est trop chère (soixante millions par an pendant vingt-cinq ans, hors frais pour le personnel pénitentiaire et l’énergie). Aussi parce qu’elle comportera des salles d’audiences destinées aux juridictions d’instruction, créant ainsi « un lieu de justice aussi excentré que déplacé du point de vue symbolique ». (...) Lire la suite »
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