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Combattants pour l’indépendance de l’Algérie : ces Français injustement oubliés

«  La vie d’un homme, la mienne, compte peu. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir. Et l’Algérie sera libre demain. Je suis persuadé que l’amitié entre Français et Algériens se ressoudera ». Fernand Iveton (Déclaration peu avant d’être guillotiné)

Il y a 35 ans tombait sous le tranchant de la guillotine Fernand Iveton : Son crime avoir combattu pour l’indépendance de son pays l’Algérie. 35 ans au détour d’un inventaire l’Ocfln se rappelle de Fernand Yveton et envisage de lui rendre hommage. En ce cinquantième anniversaire de l’indépendance, force est de constater que l’Algérie n’honore pas suffisamment ceux qui se sont battu pour l’indépendance de l’Algérie, certains au nom de leur algérianité, d’autres au nom de la justice et «  des droits de l’homme et qui n’en déplaise à Jules Ferry, sont valables aussi dans les colonies » .

Avec Fernand Iveton l’Algérien de coeur et de naissance, il faudrait rendre justice à tous ceux qui - sans être des indigènes au sens de la colonisation- et dans l’ombre au péril de leur vie ont cru à l’indépendance de l’Algérie. Leurs pays. Pour les milliers d’autres qui décident de mettre leur vie en danger notamment en France, ont-ils été des traitres à leur patrie ? Assurément non ! au contraire ils ont été pour reprendre l’élégante expression du philosophe Francis Jeanson, l’honneur de la France.

Fernand Iveton, né le 12 juin 1926 au Clos-Salembier (Alger) et exécuté le 11 février 1957. C’était un Français d’Algérie militant anti-colonialiste pendant la guerre d’Algérie. Ouvrier tourneur, Fernand Iveton est délégué syndical CGT à l’usine de gaz du Hamma à Alger et membre des Combattants de la libération, l’organisation militaire du Parti communiste algérien (PCA) interdit. Il avait intégré le FLN à titre individuel avec un certain nombre des ses camarades en 1956. Le 14 novembre 1956 à 14h il dépose une bombe à l’intérieur de son casier de vestiaire de l’usine à gaz du Hamma où il travaille. Il est arrêté à 16h20. La bombe, qui était programmée pour exploser à 19h30, après le départ des ouvriers, est désamorcée par les militaires. Il n’y eut ni dégâts, ni victimes. Du mercredi 14 novembre au samedi 17 novembre 1956 Fernand Iveton est torturé au Commissariat central d’Alger. Le 24 novembre 1956 il est condamné à mort par le Tribunal militaire d’Alger à l’issue d’une journée d’audience. Son recours en grâce a été refusé le 10 février 1957 par le président de la République, René Coty, avec l’accord du garde des Sceaux de l’époque, François Mitterrand. Il est guillotiné le 11 février 1957, dans la cour de la prison de Barberousse, à Alger. (1)

Une conférence-débat a été organisée à ce sujet le 18 mai 2010 à l’université des sciences humaines de Bouzaréah (Alger), en hommage à Fernand Yveton, le seul Algérien d’origine européenne guillotiné par l’armée française en février 1957, à la prison Serkadji. Animée par l’un de ses avocats à l’époque, Albert Smadja, François Marini, et Mohamed El Korso, cette conférence a été une nouvelle occasion pour rappeler la flagrante injustice dont a été victime Fernand Yveton. « Son exécution n’était pas un acte judiciaire, mais un acte politique ». (…) Prenant la parole au début de la conférence, l’historien et universitaire, Mohamed El Korso, note l’existence de « zones d’ombre » dans certains chapitres de l’histoire de la guerre de Libération nationale. « Certains sujets qui concernent la guerre de Libération nationale ou le mouvement national contiennent encore des zones d’ombre, notamment ceux en rapport avec la contribution des Européens à la lutte, aux côtés du peuple algérien, contre la colonisation française », lance-t-il, en appelant les historiens à ne pas avoir peur de l’histoire de leur pays. Pour l’historien, le rôle des Européens dans la Révolution algérienne n’est pas abordé suffisamment par les historiens en termes d’écriture. « Il s’agit là d’une autocensure, dont l’origine est principalement liée à un manque de clairvoyance et d’objectivité », dit-il. (2)

Justement, le moment est venu - c’est une occasion exceptionnelle pour le pays à l’occasion de ses cinquante ans d’indépendance- de rendre justice à ces hommes de l’ombre ces Français et ces Européens d’Algérie qui se sentent avant tout, Algériens et à ce ont combattu sans état d’âme pour la dignité de leur peuple . La liste est longue. Les hommages sont tardifs parcimonieux et non dénués d’arrière pensée. Il faut faire apparaître tous les Français dans le cas adverse et les Algériens dans l’autre ce qui n’est pas vrai. Il y eut des «  Justes » qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes qui furent considérés eux même comme des traitres.

A titre d’exemple, Le nom de Francis Jeanson reste indéniablement lié au réseau de soutien au FLN, les « porteurs de valises », qu’il avait créé en 1957. Là où Camus s’attaque au communisme et à l’URSS « sans faire de détail » et « avec une indifférence méditerranéenne », Jeanson n’oublie pas le sens que revêt, pour la classe ouvrière, l’appartenance à cette mouvance. Là où Camus choisit la distance de l’intellectuel, Jeanson choisit l’engagement concret et l’action. (…) En juin 1955, avec son épouse Colette, il publie un pamphlet qui fera date : « l’Algérie hors la loi ». Fin mars 1956, il sollicite les intellectuels, écrivains, artistes pour soutenir le FLN. Le réseau de soutien qui portera son nom est officiellement créé en octobre 1957. Cela s’est fait en accord et en coordination avec les responsables de la Fédération de France du FLN, Tayeb Boulahrouf puis Omar Boudaoud.(3)

Le comédien Jacques Charby - réalisateur du film «  Une si jeune paix »-, disparu était chargé du recrutement. « Francis Jeanson était insatiable, avait-il raconté. « Recrute, me disait-il. Va vite ! » Le réseau se constitue peu à peu. Combien étaient-ils ? Même Jeanson ne savait le dire précisément. « Environ 3000 personnes ont été recensées, dira-t-il. Les « porteurs de valise », transportent, hébergent et cachent les combattants. Ils transportent le matériel de propagande et… l’argent des cotisations de la communauté algérienne. « Il fallait répondre à un défi essentiel de l’après Libération : celui de la décolonisation Ma vie n’aura été qu’une succession de hasard », se plaisait-il à dire. Une vie durant laquelle il n’a eu de cesse de se battre pour des valeurs fondamentales. Celles qui rendent à l’homme sa dignité. (3)

«  « ...Je voudrais que tu retiennes que mes camarades et moi n’avons fait que notre devoir, car nous sommes l’autre face de la France. Nous sommes l’honneur de la France. » C’est par cette phrase que Francis Jeanson s’adressant au président Abdelaziz Bouteflika - en Juin 2000 a défini son rôle lors de l’aide qu’il a apportée à la Révolution algérienne : il n’a fait que son devoir et il n’en rougit pas, il se démarque des « autres » de tous les « nostalgériques » qui, au mieux, ont protesté mollement, notamment à propos de la torture, au pire, l’ont approuvée. L’Algérie d’aujourd’hui refuse de voir son histoire en face, sait-on que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l’indépendance du pays tout en étant fidèle à une certaine idée de la France ? » (4)

Maurice Laban était un français né en Algérie qui rejoignit très jeune le parti communiste. Il a vécu tous les grands événements qui ont marqué la période : le Front populaire, la Guerre d’Espagne, la deuxième guerre mondiale, la Guerre d’Algérie. Il finit par rejoindre les combattants algériens dans le maquis, où il est tué . Le 6 juin 1956, L’Écho d’Alger titre : « L’aspirant félon Maillot et Laban sont abattus près d’Orléansville ». En fait, la population européenne de Lamartine s’étant furieusement opposée à ce que les corps de Maurice et de ses camarades soient enterrés dans le cimetière, cinq fosses ont été creusées au-delà des murs, dans une clairière. C’est là qu’ils reposent. (…) » (5)

«  Né en 1928 en Algérie, fils d’un militant de la CGT, Henri Maillot avait été rappelé avec le grade d’aspirant dans une unité militaire. Jugeant qu’il ne pouvait porter les armes contre la liberté de son peuple, il quitta sa compagnie le 4 avril dernier et rejoignit le maquis. Ce même jour, le Parti communiste algérien publie un tract clandestin qui ne retient que le seul nom d’Henri Maillot et pas celui de Maurice Laban lui aussi communiste « Gloire à Henri Maillot, héros de la cause nationale [...] » Pourquoi cette ultime occultation du nom de Maurice Laban ? (…) D’ailleurs, à la lecture de ce tract on peut remarquer la persistance de conceptions avec lesquelles Maurice était en total désaccord depuis fort longtemps. On y parle, en effet, d’« un combat juste et exaltant au cours duquel se forge aujourd’hui la jeune nation algérienne ». Il s’agit là d’une reprise actualisée de la théorie de Maurice Thorez sur « l’Algérie nation en formation ». Or, aux yeux de Maurice, l’Algérie était bel et bien une nation dominée par le colonialisme et maintenant engagée dans une guerre d’indépendance dans laquelle il avait voulu prendre part ». (5)

Dans son édition du 14 juin 1956, sous le titre « La mort de l’aspirant Maillot », l’hebdomadaire France Observateur publie une nouvelle version des faits, mêlant exactitudes et erreurs. Cette version de la mort d’Henri Maillot, exécuté froidement, sera confirmée par Marcel Montanié, communiste d’Orléansville, affirmant la tenir du docteur Bensouna, ami du bachagha Boualem. Des années plus tard, en 1989, un paysan algérien racontera que tandis qu’il faisait paître son troupeau non loin du lieu de l’accrochage, il entendit une voix qui ordonnait : « Crie "Vive la France !" Puis une autre voix répondre : "Vive l’Algérie indépendante !" »(5)

La liste est longue de ceux qui ont bravé les interdits, traversé les barrières invisibles des communautés, l’exemple le plus frappant est celui du Docteur Daniel Timsit qui a participé activement à la guerre d’indépendance de l’Algérie du «  mauvais côté » pour les «  nostalgériques » en fait du côté de la dignité et de l’honneur Daniel Timsit est né à Alger en 1928 dans une famille modeste de commerçants juifs. Descendant d’une longue lignée judéo-berbère, il a grandi tout naturellement dans ce pays où cohabitent Juifs, Arabes et Pieds-noirs, que le système colonial s’efforce de dresser les uns contre les autres. Il raconte avec une émotion qu’il contient à grand-peine, les raisons qui ont forgé sa détermination à se ranger du côté du peuple algérien dans son combat pour la dignité. L’évocation du spectacle quotidien des enfants jetés à la rue « comme des ordures » et livrés à une misère noire le bouleverse encore. (6)

Quarante ans après, il n’a pas oublié leurs visages. En 1955, il entame des études de médecine et devient un des responsables des étudiants communistes d’Alger. Il s’occupera plus particulièrement du laboratoire de fabrication d’explosifs, puis entrera dans la clandestinité en mai 1956. Arrêté en octobre de la même année, il sera détenu à El Harrach, puis à Lambèse et enfin transféré en France jusqu’à sa libération en 1962, date à laquelle il rentre à Alger. Son engagement pour l’indépendance, c’est à travers l’adhésion au PCA qu’il le concrétise, ce parti qui dit-il « m’a permis de rejoindre mon peuple ». Il s’explique longuement sur son identité algérienne, lui qu’on continue en France, à présenter comme un Européen. « Je n’ai jamais été un Européen » se défend-il. Il s’est toujours considéré comme Algérien, lui, dont la langue maternelle est l’arabe « derdja ». La langue et la culture françaises, qu’il ne renie pas, viennent au second plan. Il s’étonne devant le niveau d’incompréhension qu’il rencontre en France à l’endroit de l’Algérie. L’algérianité ne se définit pas en fonction d’une appartenance ethnique ou religieuse, mais par ce qu’il appelle « une communauté d’aspirations et de destin ». (6)

Daniel Timsit, s’exprimant sur les pages douloureuses de l’histoire algérienne, a une façon toute particulière de parler de ses frères de combat, du plus obscur au plus prestigieux, avec une attention pour chacun, dans leur simple évocation. Le récit des années de prison fait partie de cette expérience unique où il découvre la nation algérienne dans sa diversité et sa profonde solidarité. Là , se côtoient ceux qui ne parlent que l’arabe ou le berbère ou le français, frères pourtant, dans une même Algérie qui saigne. Les années de guerre, la prison, l’indépendance, les luttes fratricides qui l’ont suivie : il a vu l’Algérie évoluer et tourner le dos aux valeurs que proclamait le congrès de la Soummam. (6)

Il n’est pas possible dans le cadre de cette contribution de témoigner et de rendre hommage dans le détail des milliers de personnes françaises de souche ou Algériens- européens, qu’il nous suffise de citer sans être exhaustif, Les avocats Jacques Verges, Gisèle Halimi, l’ancien directeur d’Alger Républicain qui écrivit un livre témoignage sur la torture : «  La Question », livre autobiographique d’Henri Alleg, publié en 1958. Henri Alleg est arrêté le 12 juin 1957, soit le lendemain de l’arrestation du mathématicien Maurice Audin- un autre juste-, par les hommes de la 10e division parachutiste. Il est séquestré un mois à El-Biar où il est torturé. A Barberousse, la prison civile d’Alger. Son témoignage commence par la formule : « En attaquant les Français corrompus, c’est la France que je défends. »

A côté de la ligne officielle de l’Eglise, de Monseigneur Feltin déclarant avec une charité toute chrétienne en bénissant les soldats allant porter la bonne parole dans les djebels et y apporter les lumières de la civilisation au besoin en éclairant les indigènes au napalm : «  La terreur doit changer de camp », il nous faut citer, sans être exhaustif, tous les hommes de religions qui, dérogeant à ont témoigné notamment contre la torture, je veux citer Monseigneur Duval, l’abbé Bérenguer qui fut même ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la Révolution Algérienne en Amérique du Sud, sans oublier l’immense Frantz Fanon qui combattit avec les armes de l’esprit et dont les écrits -cinquante ans après- sont toujours d’actualité

50 ans après les Algériens ne connaissent pas leur révolution

La Révolution algérienne constamment démonétisée depuis cinquante ans est qu’on le veuille ou non une aventure humaine qui a droit de cité dans le panthéon de la lutte pour la dignité humaine. Comment le désamour des Algériens et notamment des jeunes est venu ? C’est de notre point de vue un long délitement qui fait que les fondamentaux de la révolution ceux qui l’ont porté à bout de bras sont morts. Pendant longtemps on se glorifiait de combattre la quatrième armée au Monde aidée par l’Otan et déployant dans le cadre de sa «  pacification » 500000 soldats. En face un consensus admis était qu’il y avait 50.000 moudjahids . Comment se fait il alors que l’on se retrouve 50 ans plus tard avec 500.000 ayant droit ? Sont ce des immortels et des phénix ?

Tout ceci pour dire que pendant cinquante ans nous avons caché la vérité. Les jeunes ne doivent pas connaître la vraie histoire, mais celle concoctée par le ministère gardien de l’orthodoxie qui série, décide de tout des commémorations, des baptisations, -à titre d’exemple, le nom d universités, qui doit en principe de l’ancrage de notre pays dans l’universel est décidé sans aucune consultation- de la communauté universitaire

On comprend dans ces conditions que tout ce qui peut contribuer à restituer un pan de l’histoire est écarté . Comment se fait il qu’il n’y ait pas de films à l’heure de l’internet des ITC- sur les bâtisseurs de la révolution ? Il a fallu près de cinquante ans pour qu’un film sur Benboulaid soit réalisé. On apprend que le ministère des moudjahidines a refusé le tournage d’un film sur Krim Belkacem.

Lisons cette contribution du journal l’Expression « Aujourd’hui, quand on évoque un personnage historique, on reçoit des menaces de mort », nous confiait en juin 2011, le réalisateur Ahmed Rachedi dont le projet de réalisation de long métrage sur la figure emblématique de la révolution de Krim Belkacem a été rejeté. Nous avons eu la confirmation mardi par le consultant auprès du ministère de la Culture Ahmed Bejaoui lui-même, lors d’une rencontre avec la presse. « Le film sur Krim Belkacem a obtenu l’aval du ministère de la Culture, mais il été refusé par celui des Moudjahidine tandis que celui de Ben M’hidi dont le feu vert a également été donné par le ministère de la Culture, attend toujours la réponse de celui des Moudjahidine. » Les premières recommandations transmises à Ahmed Rachedi, à l’époque, portaient l’une sur le changement du titre du film, « Darguez », (« C’est un homme », en tamazight) et la seconde concernait l’espace, jugé « trop important », donné dans le scénario à Abane Ramdane, autre figure marquante de la guerre de Libération et concepteur du Congrès de la Soummam. « Il n’y a rien dans le contenu du film qui puisse conduire à son rejet », s’est défendu Ahmed Rachedi (…) » (7)

On le voit, on ne peut pas à demander à la France de se repentir si nous même nous n’avons pas mis notre histoire en ordre. Cette Histoire opposable à tous les nostalgériques doit rendre justice aux oubliés qui font que nous sommes là et que nous profitons "une indépendance chèrement acquise . 50 ans après les martyrs BenMhidi, Krim, Amirouche font encore peur et le ministère a décidé que les Algériens ne doivent connaître qu’une version de l’histoire . Comment alors réconcilier les Algériens avec leur histoire si on considère l’histoire comme une grande surface où on ne prend que ce qui nous intéresse ?

A ce titre le visionnaire que fut de Gaulle décida après la guerre de «  passer l’éponge » malheureusement d’une façon indiscriminée ce qui fait que des criminels comme Aussaresses, Bigeard et tant d’autres sont passés à travers les mailles de l’histoire et ne seront pas jugés. Cette amnistie décidée par de Gaulle, dans un souci d’apaisement, a contribué dans une certaine mesure a minimiser les antagonismes entre les «  Français traitres, au yeux de la France ». et les autres Français. Pourquoi l’’Algérie, encore une fois et cinquante ans après ne devrait -elle avoir un autre regard sur les harkis et sur les raisons profondes et multiples qui ont amené à combattre du côté de la France coloniale. L’Algérie ne peut pas continuer à s’alierner une partie d’elle-même qu’on le veuille ou non, d’autant que c’est un formidable relai pour porter sa voix dans les situations difficiles.

De ce fait, et pour n’avoir pas contribué à consolider les espérances des Algériens peuples, les dirigeants algériens depuis l’indépendance ont une responsabilité historique devant ce délitement qui fait qu’il n’y a plus d’unité. Il est à craindre qu’à l’instar du Soudan à Dieu ne plaise, une dislocation de ce pays qui n’a plus de repères à partager entre ses enfants. Pourtant la révolution est un immense dénominateur aurait pu servir de ciment A juste titre Daniel Timsit s’écriait : «  Comme notre révolution fut grande ! » Pendant longtemps, L’aura de la Révolution a été malmenée, salie, instrumentalisée au gré des connivences et combines et satrapies de tous genre.

L’Algérie actuelle est tout au plus, une gestion du quotidien qui permet de voir passer les jours sans aucune stratégie. Il n’y a pas à mon sens d’hommes politiques capables de développer une vision sur les vingt prochaines années, date probable selon l’AIE de la fin du pétrole en Algérie Pour avoir des chances de durer, sans que cela ne soit garanti, il est nécessaire de réconcilier ce peuple avec son histoire. Des dirigeants fascinés par l’avenir auront à coeur de permettre à chacune et à chacun de s’exprimer, et d’être des acteurs de leurs destins et non des moutons. Cela ne suffira pas ! Avec le parler vrai, il faudra, toute affaire cessante, revoir de fond en comble le système éducatif - où l’histoire avec un grand H serait enseignée- qui est responsable à des degrés divers de cette débâcle. Seul le savoir sauvera l’Algérie qui doit impérativement tourner le dos à des réflexes et à une langue de bois qui n’ont plus cours.

L’agitation frénétique des aspirants au banquet de la députation de la république avec les deniers des contribuables remet aux calendes grecques la remise en ordre de ce pays. Nulle part nous n’avons entendu ou lu comme programmes de ces partis autre chose que les 300 mots de la langue de bois. Pendant ce temps là le monde avance et nous installons confortablement dans les temps morts, croyant faire perdurer le farniente. Sommeil trompeur et fausse certitude !

Si nous ne mettons pas en ordre de bataille- notamment sur le plan de l’unité -, nous allons être broyés par le Nouvel Ordre qui fera fi de nos petites querelles d’autant que l’Algérie est un dernier gisement à conquérir… Nous irons inexorablement après avoir traversé l’irakisation la libysation, voire la syrisation promise, vers une somalisation inéluctable. Ce que l’Occident dans son ivresse d’empire appelle les zones grises.

Au seuil de ce cinquantenaire j’en appelle à un aggiornamento multidimensionnel pour redonner une nouvelle impulsion à ces jeunes en panne d’espérance, leur offrir leur Histoire, toute leur Histoire, rien que leur Histoire et en faire des battants fascinés par l’avenir.

Professeur Chems Eddine Chitour

1. Fernand Iveton : Encyclopédie Libre Wikipédia

2. Madjid Makedhi http://www.algeria-watch.org/fr/article/hist/1954-1962/

3. http://kelmapresse.over-blog.com/article-35053616.html

4. http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/68000-L%E2%80%99autre-face-et-l%E2%80%99honneur-de-la-France.html

5. Un (communiste) algérien : Maurice Laban (1914-1956) http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1624

6. http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4023

7. http://www.lexpressiondz.com/culture/147920-%C2%ABle-film-sur-krim-belkacem-rejet%C3%A9-par-le-minist%C3%A8re-des-moudjahidine%C2%BB.html


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