Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

14 
Qui aime bien châtie bien...

Communiste : plus que jamais.

Les Français ont-ils encore besoin d’un parti communiste ? Oui, s’il mène sans faiblir la lutte des classes et s’il s’inscrit dans une visée éco-communiste humaniste, faisant fi d’une pseudo opinion publique basée sur les sondages.

Fils du mouvement ouvrier et de la Guerre d’Espagne, je reste au PCF parce que je crois en un avenir pour un communisme de lutte des classes, ouvert, unitaire, créatif, d’innovations révolutionnaires. Je n’ai aucune nostalgie du passé, de ce qui a échoué, mais le PCF perdrait à se « décommuniser », à se décaféiner. La spécificité de la crise que nous vivons : civilisationnelle, anthropologique, systémique... exige, pour la survie des individus comme de la planète, des réponses « radicales », de rupture, antidotes au capitalisme. Des réponses politiques, économiques, sociales, culturelles, écologiques, étroitement imbriquées. En Amérique latine, des militants de plus en plus nombreux travaillent sur « l’éco-socialisme ».

Hier, les communistes avaient un attachement presque filial à leur parti qu’ils considéraient comme quasiment infaillible. Les temps, les pratiques... ont changé, mais le bilan reste très préoccupant. Depuis plus de vingt ans, le PCF est confronté au vieillissement, à son manque de visibilité, d’attractivité, à son affaiblissement, comme s’il n’était plus qu’une fin de propulsion historique. Le PCF vit désormais une faible insertion dans les couches populaires, des départs d’adhérents, la plupart sur la pointe des pieds. Nombre d’adhérents du PCF vivent un « mal-être » qui peut déboucher sur le repli sectaire ou la recherche de boucs émissaires extérieurs aux difficultés internes. Pour le plus grand nombre, le PCF ne fait plus rêver, ne porte plus ni la colère ni l’utopie. Et pourtant, dans le spectre politique français, reconnaissons-lui le courage de soutenir le Venezuela, la Palestine, le peuple kurde, Cuba ...

Aujourd’hui, Mélenchon sert désormais, pour nombre de militants communistes, de repoussoir commode... Cette voie me paraît sans issue, sans avenir. Nous devons d’abord « balayer chez nous », ne pas rater trop de trains... Il est trop facile de dire : c’est la faute au voisin. Communiste, je considère Mélenchon comme un atout et non comme un handicap, et ce, malgré le rejet de militants excédés par son attitude actuelle envers les communistes.

Je souhaiterais de sa part une meilleure compréhension de la planète communiste et un peu moins d’esprit « hégémonique ». Nous sommes « condamnés » (le mot ne convient pas) à construire ensemble, et avec toutes les forces qui veulent en finir (dépasser, rompre, etc.) avec le capitalisme, ou à échouer ensemble. La situation actuelle recèle à la fois de lourds dangers, à commencer par celui de l’effacement définitif du PCF, mais aussi de fortes potentialités pour un nécessaire redressement, une remobilisation, des communistes. La colère populaire monte, telle la marée...

Oui l’unité est nécessaire afin de construire ENSEMBLE une société nouvelle, mais poser l’unité prioritairement en termes d’appareils devient signe de faiblesse et résulte contreproductif. Envisageons plutôt le rassemblement en perspective d’unité populaire, d’abord « en bas ».

Nous avons besoin d’une « ligne » politique, d’une proposition d’alternatives, enfin claires, dégagées de tout électoralisme ; combatives, plus horizontales, en prise avec les revendications, le « ressenti » de toutes les victimes du capital, pour que grandisse l’idée de changement structurel, de Révolution. On peut se réjouir que le PCF commence à se référer à nouveau à des « fondamentaux », à des « marqueurs », à des termes qu’il relégua pendant des années.

Travaillons ensemble, communistes de toutes sensibilités, à rendre le PCF plus internationaliste, plus révolutionnaire, plus attractif, plus désirable. Travaillons à l’unité dans la diversité, sans attitudes contraires à ce que nous prônons : « l’humain d’abord ». Les soucis d’appareil ne sauraient obérer la relation directe avec le peuple, avec la multitude de ceux qui désirent (oui, le désir !) un autre monde. Ça urge !!

Jean ORTIZ

(Les illustrations et le sur-titre ont été ajoutés par LGS).

URL de cet article 33407
   
Même Auteur
CHE, PLUS QUE JAMAIS (ouvrage collectif)
Jean ORTIZ
Recueil d’interventions d’une vingtaine d’auteurs latino-américains et européens réunis à Pau en avril 2007 pour un colloque portant sur l’éthique dans la pratique et la pensée d’Ernesto Che Guevara, une pensée communiste en évolution, en recherche, qui se transforme en transformant, selon les intervenants. Quatrième de couverture On serait tenté d’écrire : enfin un livre sur le Che, sur la pensée et la pratique d’Ernesto Guevara, loin du Che désincarné, vidé d’idéologie, doux rêveur, marchandisé, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je n’accepte plus ce que je ne peux pas changer. Je change ce que je ne peux pas accepter.

Angela Davis


Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
20 
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
41 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
39 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.