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Cuba : en défense de l’honneur du genre humain.

En pleine euphorie d'agression du Venezuela, Trump et Marco Rubio ont sonné l'hallali. Après 67 ans de résistance devant l'empire, c'en serait fini de la révolution cubaine. Cuba devrait tomber cette année, l'Administration étasunienne le dit chaque jour et sur tous les tons. Les haineux de toujours, à Miami et ailleurs, quantité de voix et de plumes qui parlent et écrivent au garde-à-vous renchérissent.

Alors que le rideau est tombé sur les ruines et le massacre de gaza, alors que le génocide s’y poursuit avec ou sans missiles, les yeux se tournent vers Cuba. Faut bien varier les sujets pour faire saliver le chaland. Les tragédies annoncées sont comme des friandises qui font couler l’encre. Deux papiers du journal Le Monde titrent « Dans les rues de La Havane, ville fantôme, meurtrie par les pénuries et les menaces américaines » et « la vie impossible : Il ne reste plus qu’à s’en aller ».

AQUI NO SE RINDE NADIE.

Où étaient ces spécialistes de terrain quand, le président Diaz-Canel en tête, la traditionnelle marche des torches déboulaient des escaliers de l’université ? Quand la Havane et d’autres villes manifestaient avec chagrin et rage contre l’agression au Venezuela ? Quand, de part et d’autre de l’avenue Boyeros, dans un silence de pierre, le peuple de la capitale rendait hommage aux 32 Cubains, morts les armes à la main, au service de la souveraineté du pays de Bolivar ? Quand, le lendemain, une file kilométrique attendait de se recueillir devant leurs urnes ? Quand dans leurs villes natales, leur enterrement donnait lieu à d’imposantes manifestations, autant de promesses de résister, résister encore.

Mais voilà, il ne faut pas que l’on sache cette incroyable résistance cubaine, ce dur désir de durer envers et contre toute adversité, en premier lieu ce blocus étasunien, le plus long, le plus cruel, le plus injuste de l’histoire, amplifié par la récurrence des ouragans, sans cesse implacablement durci. Et sans cesse condamné par l’Onu, juste un entrefilet, n’est-ce-pas ?

Il faut taire, nier et gommer, cette volonté de défendre des valeurs de solidarité quand elles s’effondrent partout ailleurs, de préserver des acquis en matière d’éducation, de santé, de culture quand ils sont remis en cause partout ailleurs.

Cette sorte de miracle si rare, qui devrait au moins susciter la curiosité, devrait être le sujet, est sans cesse éludée. On est saisi d’indignation devant ces médiocres produits journalistiques qui censurent la résistance cubaine, qui sont une insulte à Cuba et à l’intelligence, en nous décrivant un peuple déjà résigné, déjà vaincu, attendant l’estocade. Les manifestations, les musiques et chansons, les discours officiels ou pas proclament que non et mille fois non, « se rendre n’a jamais été une option ».

Les perroquets de l’empire, ses valets de plumes et les cohortes ignares, passent à côté du vrai sujet : à Cuba, depuis 1959 et dans le paroxysme de l’offensive actuelle de la Maison Blanche, se joue une tragédie, un défi de l’honneur humain.

LA CRUAUTÉ DU BLOCUS

L’indignation à la lecture ne tient pas à la situation décrite. Si les plumitifs avaient la décence de s’intéresser aux textes officiels, ils y auraient trouvé plus de matière. La dernière réunion du comité central a analysé la situation, critique, en tous domaines. Le transport public couvre 42% des besoins, la construction a chuté à 41%, la production est tombée de moitié. Faute de carburant, les camions bennes sont en panne, les ordures s’accumulent. Le déficit électrique atteint les 2000 mégawatts, le service d’eau est compromis. On manque de gaz, d’électricité, toute la vie quotidienne est tourment. Et oui, on le sait, des familles ne mangent qu’un repas par jour, l’exode pour raison économique saigne le pays. Mais Cuba tient et le dit sur tous les tons et élève la clameur à l’Onu, devant tous les gouvernements, tous les peuples, « dans tous les espaces possibles », a déclaré son gouvernement.

Oui, l’économie est effondrée et menacer de taxer les pays qui livrent du pétrole à Cuba vise à affamer le peuple et à plonger l’ile dans l’âge de pierre. Créer la pénurie, la colère et le désespoir, pour provoquer agitation et révolte telle est la recette criminelle et cynique, proclamée par Trump devant le monde entier. Cuba, ruinée et surtout humiliée doit tomber, doit être à nouveau asservie et cela doit servir de leçon au monde entier, surtout à tous ceux qui souffrent et luttent quand même.

LA PREUVE DE LA RÉVOLUTION

Si l’empire parvenait à ses fins, si Cuba disparaissait, une des lumières du monde s’éteindrait. Cuba est devenue comme l’âme de la révolution, le symbole que notre humanité n’est pas éternellement vouée au malheur et aux larmes, la preuve vibrante que l’espoir existe et qu’il vaut la peine de le défendre même quand tout semble perdu, quand la possibilité de la défaite vous regarde en face. Il n’y a pas de mots pour dire ce que représente, à échelle de peuple, une telle énergie, un tel courage.

Ce grand espoir qui anime les progressistes de toute éternité, qui a inspiré les luttes de libération, les révolutions, les grands combats émancipateurs des esclaves, des femmes, de tous les opprimés, a trouvé sur cette île un lieu où s’épanouir. Les brigades médicales cubaines, les alphabétiseurs, ont fait irradier la solidarité humaine dans le monde entier.

Le monde entier est redevable à Cuba. Cette révolution appartient au royaume de ce monde, elle est cubaine mais appartient à notre patrimoine commun.

C’est l’empire qui conteste à Cuba le droit de vivre comme un pays souverain, qui a fait d’elle une tranchée. On y vit mal, de plus en plus mal mais si l’économie est effondrée, la société résiste car là-bas résonne encore l’espoir de Spartacus, des géants de 1789, de ceux de la Commune, d’Octobre 1917, de tous ceux des guerres anticoloniales.

Si Cuba tombait, si cet écueil cédait devant la férocité de l’empire, nous devrions tous repartir à zéro comme si tous ces combats passés, qui nous portent et dont nous avons repris le flambeau, étaient effacés.

Cela ne doit pas arriver. Défendre Cuba ce n’est pas seulement, aujourd’hui encore, défendre l’éducation malgré la nourriture insuffisante, la santé gratuite malgré les coupures d’eau et d’électricité, la culture généralisée malgré les ordures dans la rue, la recherche pionnière malgré les quartiers écroulés, la médecine solidaire malgré l’absence de transports.

Défendre Cuba c’est défendre cette petite différence, qu’on l’appelle ou non socialisme, qui a prouvé et porté haut dans le monde entier les valeurs qui nous inspirent et que nous avons toujours défendues.

A 90 miles de l’empire le plus criminel de l’histoire, si proche d’Haïti - qui n’en finit pas de payer dans le sang et les larmes la gloire d’avoir été la première république noire du monde, la première colonie française à se libérer - le sort de cette petite île de 11 millions d’habitants conditionne l’avenir de l’Amérique latine et aussi le nôtre.

Défendre Cuba figure en tête des agendas des progressistes du monde entier. Les Cubains l’ont dit et répété : ici, ils ne passeront pas ! Ils en appellent à la solidarité mondiale : nous ne les laisserons pas passer.

Maïté Pinero
Journaliste. Ecrivaine.

COMMENTAIRES  

04/02/2026 16:32 par diogène

Esa ola irá creciendo cada día que pase

Esa ola ya no parará más

lien

05/02/2026 09:05 par jacques-françois bonaldi

Merci, Maïté, de ce très émouvant appel à la conscience humaine (je ne dis même pas : révolutionnaire ou progressiste) !
Mais quand tu vois comment la "communauté internationale" a détourné et continue de détourner les yeux de ce qu’il s’est passé et se passe à Gaza et en Cisjordanie, ici, tu sais, on ne peut guère se bercer d’illusions... Cette volonté prouvée de résistance du peuple cubain tout au long de son histoire révolutionnaire et ses capacités militaires feront—elles prendre conscience aux assassins de la Maison-Blanche et de Miami qu’il ne sera pas si facile que ça "d’entrer et de tout bousiller" ? Je n’en sais rien. Quant aux gouvernements, as-tu entendu ou lu une seule protestation (hormis la Russie, la Chine, l’Iran et à peine quelques autres) contre ce qui est plus qu’une violation flagrante du droit international, mais tout simplement une politique dessinée depuis 1962 (exactement 64 ans voilà quelques jours) pour faire rendre gorge à un peuple en lui coupant toutes ses ressources de vie et le pousser au désespoir ?
Alors, je renvoie tout simplement aux deux textes que j’ai publiés sur LGS : le discours de Diaz-Canel à l’occasion de l’hommage rendu aux 32 Cubains morts au combat et la plus récente Déclaration officielle du Gouvernement révolutionnaire cubain (qui, soit dit en passant, et à mon grand étonnement, n’ont pas suscité le moindre commentaire de la part des lecteurs de LGS, comme si cela n’intéressait personne).
Ayant vécu à Cuba, tu sais aussi bien que moi que ce peuple mérite mieux que ce quotidien de souffrance et de difficultés qu’on lui impose du dehors depuis si longtemps...
Merci encore, Maïté.

05/02/2026 13:02 par Bernadette Dupy

Bonjour, je viens de lire et de voir des retours de la présidente du Mexique et même du Chili, sans compter bien sûr du Venezuela, tous très fort appuyant Cuba à 100%

05/02/2026 14:45 par CAZA

HéHé
<<< à mon grand étonnement, n’ont pas suscité le moindre commentaire de la part des lecteurs de LGS >>>
Hum Camarade faut pas oublier que nos plumes ont les mains liées par l’ impitoyable politique des quotas en vigueur sous le régime imposé par les imperator LGS .
Sinon Cuba quel article non commenté ?
https://www.legrandsoir.info/avec-eux-la-guerre-ne-se-fait-pas-en-dentelles-pas-plus-que-la-verite.html

05/02/2026 15:14 par legrandsoir

l’impitoyable politique des quotas en vigueur sous le régime imposé par les imperator LGS

Pas impitoyable. La preuve...

05/02/2026 22:20 par Vania

Merci à l’auteur pour cet article.Peut-on se renseigner sur les actions concrètes des organisations solidaires avec Cuba (pas seulement des communiqués type "nous déplorons ...etc) ? Merci.
@B. Dupy, pouvez-vous SVP indiquer les sources dans votre commentaire ?

05/02/2026 23:06 par jacques-françois bonaldi

a Bernadette...
Je doute fort que Boric, pour qui Cuba est une dictature, se soit prononcé en faveur de sa Révolution...

06/02/2026 10:04 par lou lou la pétroleuse

Merci au modérateur qui a laissé passer un post de CAZA.
Hélas une fois n’est pas coutume.
Combien de lecteurs fidèles ont fini par renoncer à s’exprimer sur ce site où l’on préfère les commentaires facho aux commentaires critiques (surtout s’ils sont féministes - Pouah ! quelle horreur !)

06/02/2026 18:46 par Safiya

Cuba a participé à la lutte de Libération nationale de nombre pays d’Afrique qui, aujourd’hui, ne font pas grand-chose pour l’aider à pallier au cruel blocus. Ils se contentent de voter, à l’ONU, pour la levée du blocus.
L’ Afrique du Sud et l’Algérie peuvent faire un geste, on peut comprendre que Zambie et Zimbabwe, eux même dans la tourmente, ne le fassent pas mais tous les autres ? J’ai honte.
Il y a une belle interview de Miguel Diaz-Canel par Elleida Guevara sur al mayadeen english . com et espanol . com

07/02/2026 13:31 par Palamède Singouin

@Safiya

Cuba a participé à la lutte de Libération nationale de nombre pays d’Afrique qui, aujourd’hui, ne font pas grand-chose pour l’aider à pallier au cruel blocus. Ils se contentent de voter, à l’ONU, pour la levée du blocus.

Croyez vous qu’ils aient les moyens de faire autre chose ?

07/02/2026 13:39 par legrandsoir

Individuellement, peut-être pas. Mais collectivement, même avec des gestes symboliques...

Cela dit, Cuba ne s’est pas posé ce genre de questions avant d’aider.

07/02/2026 14:47 par CAZA

HéHé
"Le genre humain "" façon infaux , à la mode propagande subventionnée par les con/tribuables , infau qui s’ en met plein les fouilles concomitamment avec la réclame pour les produits empoisonnés et inutiles qui seront achetés par ces mêmes cons .
La "Médaille Putride" est donc attribuée collectivement à l’ ensemble des merdias pour avoir réussi à pondre de la ligne éditoriale servile à la solde du capital sionisé .
L’ exploit est de taille :
Avoir réussi à ne jamais nommer le blocus américain et l’ avoir remplacé par ( au choix ) :
Crise énergétique , pénurie , panne , coupure massive , situation imprévisible , l’ agonie du régime , crise économique .
Avec l’ impitoyable conseil désintéressé : Surtout ne pas aller faire de tourisme au pays de la dictature cubaine .

Finalement seul le titre indique le criminel récidiviste .
"""Cuba fait face à une crise énergétique sous pression américaine""
.
https://news.google.com/stories/CAAqNggKIjBDQklTSGpvSmMzUnZjbmt0TXpZd1NoRUtEd2prc0xLNEVCRXJzYnZaZzNrQ295Z0FQAQ?hl=fr&gl=FR&ceid=FR%3Afr

15/02/2026 08:57 par jacques-françois bonaldi

a Bernadette
J’ai eu tort, autant pour moi et dont acte
Boric a affirmé hier que le Chili enverra une aide humanitaire à Cuba. Comme il est en fin de parcours, ça ne lui coûtera pas trop sur le plan politique interne.

15/02/2026 13:58 par Made in Québec

Cette représentation (image) numérique de Fidel Castro ressemble comme deux gouttes d’eau à Loic Ramirez qui effectue la plupart des entrevues et reportages sur votre chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=M8t8-F_VA0I

15/02/2026 21:24 par Fayçal

Source Al Manar

La Russie & la Chine s’unissent pour contrer les pressions américaines sur l’Iran & Cuba

La Russie & la Chine ne se contentent pas de déclarations, les appuyant de mesures économico-diplomatico-militaires concrètes. Les fondements de l’hégémonie américaine sont en train de vaciller…

Même si cet article est long, il est important de bien comprendre les actions coordonnées de la Russie et de la Chine pour contrer les mesures américaines visant à punir et à isoler l’Iran et Cuba.

Commençons par l’Iran… Depuis la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël, en juin 2025, qui s’est terminée par un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 24 juin, la Russie et la Chine apportent un soutien diplomatique, économique, militaire et stratégique à l’Iran. Téhéran a ainsi pu se remettre des frappes contre ses sites nucléaires, ses défenses aériennes et ses infrastructures de missiles, tout en renforçant son « axe » commun avec Moscou et Pékin contre la pression occidentale. Ce soutien a été pragmatique plutôt qu’inconditionnel — aucune des deux nations n’est intervenue directement pendant le conflit, suscitant ainsi une certaine frustration de la part de l’Iran —, mais il s’est toutefois sensiblement renforcé au cours des mois qui ont suivi.

La nouvelle la plus importante, largement ignorée en Occident, est la signature, le 29 janvier 2026, du Pacte stratégique trilatéral, qui fournit un cadre complet pour la coordination diplomatique, économique et sécuritaire, en accordant une importance particulière à la souveraineté, la résistance aux sanctions et la multipolarité, sans pour autant créer d’alliance de défense formelle. La signature a eu lieu lors de cérémonies simultanées à Téhéran, Pékin et Moscou, comme l’ont confirmé les médias d’État des trois pays et rapporté par des médias tels que Middle East Monitor, GV Wire, etc. Cette signature marque une avancée significative dans la coordination entre les trois nations, qui s’appuie directement sur leurs cadres bilatéraux existants.

Il officialise pour la toute première fois un mécanisme de coordination trilatéral reliant les trois puissances dans un cadre stratégique commun. Il s’appuie sur les accords bilatéraux précédemment signés par l’Iran avec la Russie et la Chine.

Le traité de partenariat stratégique global de 20 ans entre l’Iran et la Russie (signé le 17 janvier 2025 et entré en vigueur en octobre 2025) est axé sur les relations économiques, politiques et de défense, ainsi que sur le contournement des sanctions.

L’accord de coopération global entre l’Iran et la Chine pour une durée de 25 ans (signé en 2021) met l’accent sur le commerce, les infrastructures, l’énergie et les projets comme la « Belt and Road Initiative ».

Bien que le texte dans son intégralité n’ait été publié qu’au fur et à mesure (certaines parties étant encore en cours de rédaction début février 2026), les présentations publiques et les déclarations officielles mettent en avant les éléments fondamentaux suivants :

Coordination diplomatique : positions unifiées sur les questions internationales, notamment la contestation des sanctions occidentales, le soutien à la multipolarité et la solidarité mutuelle dans des forums tels que l’ONU
Résilience économique et coopération : renforcement des échanges commerciaux (exportations d’énergie, mécanismes basés sur le yuan/rouble), contournement des sanctions et projets d’infrastructure (expansion des liens dans le cadre de la “Belt and Road Initiative”, participation au corridor de transport nord-sud)
Alignement stratégique et sécuritaire : coopération militaro-technique, partage de renseignements et exercices conjoints (s’appuyant notamment sur les manœuvres annuelles telles que le “Maritime Security Belt”, un entraînement naval d’envergure impliquant les trois pays, prévu dans le golfe d’Oman et le nord de l’océan Indien dans les semaines à venir)
Souveraineté nucléaire — Accent mis sur le droit de l’Iran à un développement nucléaire pacifique et la résistance à toute ingérence extérieure
Discussions trilatérales sur le nucléaire et les questions militaires — Y compris les discussions avec l’AIEA et les exercices coordonnés
Pas de clause de défense mutuelle — Il s’abstient explicitement de conclure une alliance militaire formelle (contrairement à l’article 5 de l’OTAN), se concentrant plutôt sur la coordination et le soutien mutuel sans obligations de défense automatiques
Les médias d’État de Téhéran, Pékin et Moscou l’ont qualifié de « pierre angulaire » d’un nouvel ordre mondial multipolaire. Les médias chinois ont souligné leur opposition à la « coercition unilatérale », tandis que les médias russes et iraniens ont présenté cet accord comme une mesure de renforcement de la souveraineté face aux menaces extérieures. Je ne pense pas que la Russie et la Chine se joindront à la mêlée si l’Iran est attaqué, mais elles mettent en œuvre des actions concertées et substantielles pour garantir que l’Iran puisse se défendre efficacement et contrer les tentatives américaines de changement de régime.

La Russie et la Chine fournissent toutes deux une aide militaire importante à l’Iran, mais la Chine semble jouer un rôle plus important en assurant l’approvisionnement en matériel, tandis que la Russie fournit à l’Iran des données de renseignement essentielles. Selon la presse et des preuves photographiques, la Russie aurait livré des hélicoptères d’attaque Mi-28NE (confirmation début 2026) et peut-être des chasseurs MiG-29. La Russie a également organisé de nombreux vols de transport militaire à destination de l’Iran, mais aucune information n’a été communiquée sur leur contenu. Le scénario le plus probable est que la Russie honore ses contrats d’armement antérieurs et défie les sanctions réinstaurées par l’ONU et l’UE via le mécanisme de « snapback » du JCPOA.

La Chine s’est concentrée sur la modernisation du système de défense aérienne iranien en fournissant des systèmes de missiles sol-air HQ-9B (des systèmes d’armes sol-air à longue portée comparables aux S-300 russes. Les livraisons ont été signalées dès juillet 2025, les responsables iraniens confirmant leur mise en service pour remplacer les pertes causées par les frappes israéliennes). Elle a également déployé des radars de surveillance longue portée YLC-8B pour détecter les avions furtifs comme le F-35, et a expédié des composants de missiles (notamment des propulseurs à combustible solide et des systèmes de guidage) pour reconstruire les chaînes de production de missiles balistiques endommagées pendant la guerre. L’Iran se trouve dans une position militaire bien supérieure à celle du 13 juin 2025, lorsque l’État hébreu a lancé son attaque surprise.

Cuba

La Russie et la Chine apportent également un soutien politique, économique, humanitaire, énergétique et matériel important à Cuba, en particulier dans le contexte de la grave crise énergétique et pétrolière que traverse l’île, ainsi que des pénuries alimentaires et des tensions économiques, aggravées par le blocus américain de longue date et les récentes mesures prises par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump (pressions sur les approvisionnements en pétrole vénézuéliens et mexicains, menaces de droits de douane sur les pays secourant Cuba, etc.).

La Russie et la Chine coordonnent également leur argumentation, dénonçant toutes deux les tactiques « inhumaines » des États-Unis et réaffirmant leur soutien lors d’appels et de déclarations bilatéraux. Elles coordonnent également le type d’aide que chacune fournit à Cuba. La Russie se concentre sur la fourniture directe de pétrole et de carburant, tandis que la Chine apporte une aide financière à Cuba, ainsi qu’une assistance dans les domaines des énergies renouvelables et de l’alimentation. Bien qu’il n’existe pas de mécanisme officiel comme celui signé avec l’Iran, les deux pays présentent leur soutien comme une riposte aux pressions américaines dans l’hémisphère occidental. Ce soutien est permanent et répond aux besoins urgents de Cuba (rationnement du carburant, coupures d’électricité, pénurie alimentaire). Les livraisons et les initiatives se poursuivent malgré les menaces américaines, les deux pays insistant sur la nature humanitaire et souveraine de leur coopération.

Soutien de la Russie

La Russie met l’accent sur la solidarité, le soutien politique et l’aide matérielle et énergétique, présentant ces actions comme une forme de résistance aux mesures « asphyxiantes » des États-Unis. L’aide de la Russie se compose de :

Aide énergétique (pétrole et carburant) : la Russie se prépare à livrer du pétrole brut et des produits pétroliers à Cuba « très prochainement » à titre d’aide humanitaire. L’ambassade de Russie à La Havane l’a confirmé au journal Izvestia. La dernière livraison importante de la Russie remonte à février 2025, avec 100 000 tonnes de pétrole brut dans le cadre d’un prêt de 60 millions de dollars garanti par l’État et approuvé par Poutine. Le Kremlin, par l’intermédiaire de son porte-parole Dmitri Peskov, a déclaré être en contact étroit avec La Havane pour discuter des options d’aide et a qualifié la situation de Cuba en matière de carburant de « critique ». Le 13 février 2026, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a confirmé que la Russie fournit une aide matérielle, y compris des livraisons déjà en cours.
Soutien politique et diplomatique : le 2 février 2026, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue cubain Bruno Rodríguez Parrilla, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réaffirmé la “position de principe” de la Russie selon laquelle les pressions économiques et militaires exercées sur Cuba sont inacceptables, et a réitéré l’engagement de la Russie à maintenir son soutien politique, matériel et financier. La Russie a condamné à plusieurs reprises le blocus américain, s’est opposée à toute intervention militaire et a exprimé sa solidarité avec Cuba (et le Venezuela). L’ambassadeur Viktor Koronelli a déclaré que la Russie « n’abandonnera pas Cuba ».
Liens historiques et durables : en 2014, la Russie a annulé environ 90% de la dette cubaine de l’ère soviétique, soit environ 32 milliards de dollars. La coopération actuelle porte sur le commerce, les échanges scientifiques et universitaires, ainsi que sur les accords énergétiques passés.
Soutien de la Chine

La Chine s’est positionnée comme un partenaire stratégique majeur en se concentrant sur l’aide humanitaire, les infrastructures énergétiques, la sécurité alimentaire, ainsi que sur la coopération en matière de dette et d’investissement (Cuba est un partenaire de la « Belt and Road Initiative »). Le programme d’aide d’urgence récemment approuvé par Xi Jinping en janvier 2026 prévoit une aide financière de 80 millions de dollars (soit environ 75 millions d’euros) pour l’achat de matériel électrique et d’autres biens de première nécessité, afin notamment d’aider à résoudre la crise énergétique qui touche plus de 60% du pays et provoque des coupures d’électricité généralisées. La Chine a également fait don de 60 000 tonnes de riz en urgence (la première livraison d’environ 4 800 tonnes est arrivée en janvier 2026 ; le reste suivra dans les mois à venir) afin d’assurer la sécurité alimentaire.

La Chine renforce également son soutien en s’appuyant sur ses engagements antérieurs. Elle aidait auparavant Cuba dans le cadre de projets d’énergie photovoltaïque de 200 MW et, ces derniers jours, a livré 5 000 kits de panneaux solaires pour les foyers isolés (nouvelle société d’exécution créée avec le ministère cubain du Commerce extérieur). Peu après l’enlèvement du président vénézuélien Maduro, la Chine, dans le cadre d’un programme d’urgence, a livré 30 000 tonnes de riz (les premières livraisons ont eu lieu en janvier 2026). Cela s’ajoute aux dons précédents de lampes solaires, de matériel de toiture, de matelas et de groupes électrogènes.

Face aux pressions exercées par les États-Unis pour asphyxier l’économie cubaine, la Chine apporte son soutien à Cuba dans ses négociations de restructuration de la dette (dettes bancaires, financières et d’entreprise). L’île est également en train de rejoindre le système de paiement CIPS de la Chine et utilise de plus en plus le yuan dans ses échanges commerciaux (annonce faite en 2025). La Chine l’aide ainsi à se libérer du dollar américain. La Chine lui apporte aussi son soutien dans les domaines de la biopharmacie (transferts de technologie pour la production d’aspirine), de la transformation numérique (programme de phase 4), de la télévision haute définition, de l’exploitation minière, de l’exploration pétrolière, de la relance de l’industrie sucrière et des énergies renouvelables (la Chine investit dans l’énergie solaire pour aider Cuba à atteindre 25% d’énergies renouvelables d’ici 2030).

15/02/2026 21:29 par legrandsoir

Rappel des régles du forum : "Merci d’éviter le copier/coller... une présentation et un lien vers la source suffisent".

15/02/2026 21:51 par Fayçal

ok, merci, c’est noté, la source précitée ci-dessus précise que ses sources sont : " Larry Johnson via Spirit of Free Speech et Réseau international"

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