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Jean-Luc Mélenchon : Certitude et ambiguïté du discours

« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ! ». - Voltaire

Jean Luc-Mélenchon était à Alger mardi 12 janvier. Il a animé une conférence à l’Institut français d’Alger. Son discours ambivalent est une énigme. Autant il a été flamboyant quand il s’est agi de parler des luttes sociales et du sort des beurs, des émigrés, des musulmans bref, des damnés de la terre française, autant son discours sur les relations algéro-françaises est très en retrait de notre naïve « attente » du « Grand Soir » qui s’est arrêté pile devant ce sujet tabou.

Qui est Jean-Luc Mélenchon ?

Il appartient à la gauche méditerranéenne, il a même été ministre sous la gauche. Les dernières élections l’ont révélé. Sa stratégie de « rupture » lui a permis de « recoller » les morceaux d’un Parti communiste en perdition. Un ovni pourtant bien identifié, venu de nulle part, qui a pris à la hussarde les destinées du Parti communiste, l’a aguerri pour en faire une force de frappe qui frappe fort. Nous avons suivi un vrai tribun qui remue les foules, avec le sens de la répartie, et des références puisées dans le bréviaire de la gauche mythique, celle des Jaurès avec aussi des accents soixante-huitards qui ont donné un coup de jeune à ceux qui ont vécu mai 1968, période heureuse pendant laquelle « il était interdit d’interdire ». Le FDG semble prédestiné à jouer un rôle dans la vie politique surtout s’il poursuit son travail d’éducation politique efficace auprès des couches populaires. Il est vrai que le charisme de Mélenchon, qui a un talent de tribun, y contribue efficacement.

Lors d’un meeting à Marseille, il se déclare pour une Méditerranée fraternelle : « Notre chance c’est le métissage », il salue « Arabes et Berbères » par qui seraient venues en Europe « la science, les mathématiques ou la médecine » au temps où selon lui « l’obscurantisme jetait à terre l’esprit humain ». Refusant « l’idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations », il a dit sa pensée aux Maghrébins « qui ont libéré le sol de la patrie des nazis »... « Les peuples du Maghreb sont nos frères et nos soeurs » et il n’y a « pas d’avenir pour la France sans » eux, « La France n’est pas une nation occidentale » a-t-il cru bon encore d’ajouter, « vouée à suivre le char des États-Unis d’Amérique » mais « une nation universaliste ». Pour moi, la question se pose pour un homme public de la façon suivante : séparer strictement l’État et la religion, un point ! Le reste, c’est une affaire privée. » S’agissant du halal - problème de fond pour l’avenir de la France, à en croire la droite et son extrême, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré qu’« on n’attrape pas une religion en mangeant de la viande ». (1)

Mélenchon et l’immigration

Dans une étude intéressante, Salim Lamrani explique pédagogiquement que l’immigration, loin d’être un boulet, est un atout pour la France. Il écrit : « En France, l’instrumentalisation de la question migratoire a historiquement été le fait de l’extrême droite. Désormais, la digue républicaine a été rompue par la droite traditionnelle qui n’hésite plus à reprendre cette thématique et à stigmatiser les immigrés. (...) Pour l’UMP, les problèmes de la France s’expliqueraient par la présence trop nombreuse de la population étrangère en France. Ainsi, selon les thuriféraires de « l’identité nationale », le chômage et les déficits publics seraient dus au nombre trop élevé d’immigrés en France. (...) En réalité, l’immigration est une nécessité économique pour la France. » (2)

« Une étude du ministère des Affaires sociales, poursuit Salim Lamrani, portant sur le coût de l’immigration sur l’économie nationale, révèle que les immigrés, loin de plomber le budget des prestations sociales, rapportent chaque année aux finances publiques la somme de 12,4 milliards d’euros, contribuant ainsi à l’équilibre du budget national et au paiement des retraites. (...) Ce solde amplement positif détruit l’argumentaire du FN et de l’UMP au sujet de l’immigration. En outre, selon cette étude, il convient d’ajouter à ce solde positif net de 12 milliards d’euros par an d’autres revenus non monétaires d’une grande importance économique et sociale. Ainsi, les 5,3 millions de résidents étrangers établis en France (11% de la population) occupent dans leur immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas. Par ailleurs, 90% des autoroutes ont été construites et sont entretenues avec de la main-d’oeuvre étrangère. » (2)

« Jean-Luc Mélenchon, porte-parole du FDG, a condamné les positions de la droite et de l’extrême droite : « Le problème de la France, ce n’est pas l’immigré, c’est le financier. Ce n’est pas l’immigré qui ferme l’usine. Ce n’est pas l’immigré qui condamne les autres à la pauvreté. C’est le capital financier et ses chiens de garde du Front national. » (2) (3)

La leçon aux Algériens chez eux

Globalement, son intervention a porté sur deux grands thèmes : la lutte ouvrière internationale et les rapports algéro-français. Jean-Luc Mélenchon fut, comme à son habitude, percutant... Cependant, le leader du Front de gauche a répété à l’envi qu’il est un patriote français qui aime son pays et, sur la question mal posée de la repentance, il a dévoilé ses batteries. Nous commençons à connaître le vrai Mélenchon et son ambivalence.

M.Mélenchon renvoie dos à dos l’Algérie et la France. « La vie des nations est également faite, de contrats et d’accords. Si les Algériens ne sont pas contents de ces contrats, ils n’ont qu’à en signer d’autres. La République française doit y trouver son compte », a-t-il soutenu. Comprenne qui peut !

Diluant ses idées dans des phrases creuses et très sonores, il ressert les grands mots de destin commun, de Méditerranée, d’humanité. « Il y a une faible conscience de la communauté de destin en région méditerranéenne. Il y a aussi un poids de l’histoire mal géré. Je trouve cela désolant. » Pour lui, demander des excuses à la France pour les crimes commis durant la période coloniale est une perte de temps. « Ceci n’a pas de sens. C’est un subterfuge pour ne pas parler d’autre chose. Vous n’allez pas demander à vos enfants ou à vos petits-enfants de venir s’excuser... »

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler de la repentance de la France pour les crimes coloniaux commis en Algérie. Il qualifie de ce fait le combat pour la dignité et la focalisation sur cette question de "belle perte de temps". « Je pense que ça serait une belle perte de temps. La France, c’est aussi moi, et moi je n’ai martyrisé personne, ni mes ancêtres. (...) Je pense que c’est une perte de temps totale et un subterfuge pour ne pas parler d’autre chose, des problèmes auxquels nous sommes confrontés », a-t-il soutenu. « Je ne me laisse pas entraîner dans des machins pareils », a-t-il ajouté. » (4)

Ce grand machin pour lequel un million de personnes, dans une guerre atroce, sans nom, faite de tortures et étant l’aboutissement de 132 ans d’humiliation, de spoliation, de déni de dignité, d’enfumades. Tout cela c’est un « machin » pour M.Mélenchon. Qualifier la Révolution algérienne de simple « guerre civile » n’est pas acceptable ! Pour rappel, Jean-Luc Melenchon avait déjà donné son avis sur cette question lors d’une interview.

A une question sur la repentance de la France officielle pour ses crimes, commis tout au long de 132 ans d’occupation violente de la terre algérienne, Jean-Luc Mélenchon oppose une fin de non-recevoir alambiquée : « Non. Pas du tout. Ce serait produire une confusion de plus ! Le peuple français n’a pas décidé l’invasion de 1830. C’est la monarchie qui l’a fait. Quand il a été consulté démocratiquement, le peuple français a toujours opté pour la solution la plus avancée. Le peuple français n’est pas davantage responsable de la colonisation que de l’esclavage ou de la déportation des juifs ! (...) J’ai dit devant le Sénat français que nos armes ont combattu pour un ordre injuste, celui de la colonisation et qu’il était juste qu’elles perdent ce combat. Le peuple algérien et l’Algérie se sont constitués dans la guerre d’indépendance. Cette guerre, il l’a gagnée. Quel genre de vainqueur a besoin des excuses du vaincu ? En avons-nous jamais demandé, après les avoir vaincus, aux Allemands qui nous ont envahis trois fois en un siècle ? Maintenant, la guerre est finie. Nous vivons ensemble. Offrons sans barguigner à nos enfants communs, à nos familles communes, les bienfaits de la paix et de l’effort commun sans regarder sans cesse par-dessus nos épaules. » (4)

Ce que Jean-Luc Mélenchon « oublie » de signaler, c’est que les Allemands n’ont pas occupé l’Algérie pendant 132 ans. Jean Daniel nous relate les dégâts dans l’imaginaire français de quatre ans d’occupation : « Lorsqu’on voit ce que l’occupation allemande a fait comme ravage dans l’esprit français, on peut deviner ce que l’occupation française a pu faire en cent trente ans en Algérie. » (5)

Cette phrase résume, à elle seule, la tragédie de la colonisation. Malgré tous les négationnismes bruts ou enveloppés, la colonisation française ne fut pas un long fleuve tranquille. Quand M. Mélenchon joue sur les mots en parlant de « guerre civile », il ne fait pas avancer le débat. Pour rappel, une guerre civile est la situation qui existe lorsqu’au sein d’un État, une lutte armée oppose les forces armées régulières à des groupes armés identifiables, ou des groupes armés entre eux, dans des combats dont l’importance et l’extension dépassent la simple révolte ou l’insurrection. Du point de vue du droit de la guerre, on utilise l’expression « conflit armé non international », le mot « guerre » étant réservé au conflit armé international. (...) Pour être considérées comme « guerre », les hostilités doivent atteindre un certain degré d’intensité et se prolonger un certain temps. (...) Jusqu’au début du XXe siècle, la guerre civile est considérée comme une affaire strictement intérieure qui ressort au domaine réservé de l’État concerné, qui a de fait et de droit toute latitude pour traiter comme bon lui semble les factieux, en considérant par exemple les rebelles en armes comme de simples criminels ».(6)

« La formule élémentaire pour définir la guerre civile est simple : la violence doit être « civile », il doit s’agir d’une « guerre », et son objectif est l’exercice ou la prise du pouvoir.

« Civile » signifie que la lutte a lieu à l’intérieur d’un territoire national. La violence est le critère suprême : les combattants essaient de s’emparer du pouvoir national ou de le conserver. La vengeance, la revendication de droits, les crimes de masse et les gains économiques ne sont pas, pris isolément ou ensemble, des motifs suffisants. Seuls cinq cas précis peuvent être cités : les conflits anglais (1642-1649), américain (1861-1865), russe (1918-1921), espagnol (1936-1939) et libanais (1975-1990) ».(7)

On le voit, la Révolution algérienne n’est pas cataloguée sous le vocable de guerre civile. De plus, le concept de guerre civile s’adresse à une population homogène. Tel n’était pas le cas, puisque c’était en fait un apartheid avec une classe supérieure et des indigènes. Nulle part nous n’avons entendu parler de guerre civile s’agissant de la Révolution de Novembre. Jean-Luc Mélenchon est dans le même registre que les socialistes de la gauche Sfio qui avait mené la répression et qualifiant ce qui se passait en Algérie d’événements d’Algérie. Il a fallu près d’un demi-siècle pour que la France reconnaisse qu’il y avait une guerre d’Algérie.

Le tribun soixante-huitard et le dada de l’écologie

L’autre face de Jean-Luc Mélenchon qui n’a pas déçu sa prédilection de la mare nostrum, nous a été exposée : « Je veux, déclare-t-il, donner un signal humain fort qui percute les routines. Nous constituons par bien des aspects, une seule famille humaine, sociale et culturelle des deux côtés de la Méditerranée. Aucun autre pays européen n’est humainement aussi lié que la France aux peuples du Maghreb. Combien d’enfants, de parentèles en commun ? Des dizaines de milliers ! En partageant la mer Méditerranée, nous affrontons aussi les mêmes défis écologiques vitaux pour nos peuples, puisque plus de la moitié des habitants de nos pays vivent au bord de la mer. Il n’y a pas d’avenir utile sans que nos peuples s’imbriquent davantage. »

A Alger, Jean Luc Mélenchon est revenu sur le thème « porteur » de l’écologie dans une perspective planétaire, il invite les Algériens à s’opposer à l’exploitation du gaz de schiste. Sur un ton amusé, il déclare : « Il paraît qu’on va exploiter le gaz de schiste chez vous. Et ce sont les Français qui vont le faire. Moi, ça ne me plairait pas. Comme citoyen du même écosystème méditerranéen, je vous demande respectueusement : s’il vous plaît, opposez-vous à ça ! Il n’y a pas seulement la fracturation hydraulique qui permet l’extraction du gaz de schiste qui est dangereuse. Il ne faut pas extraire les gaz de schiste. »

Merci M.Mélenchon pour cet appel, puissiez-vous être entendu par ceux qui décident sans consulter leur peuple !

« Il faut s’obliger, poursuit-il, à développer l’inventivité, les machines et les moyens qui nous permettent de nous passer du gaz de schiste et des énergies carboniques. Nous savons le faire. Quelle est la limite à l’intelligence humaine ? Il n’y en a pas. L’humanité est en proie à des bifurcations anthropologique, écologique et autres. Le mot bifurcation remplace celui de révolution. Manié dans tous les sens, ce mot a fini par ne rien pouvoir dire ». (...) Il y a un seul écosystème compatible avec la vie humaine. Un système entré dans une grave perturbation, c’est celle du climat. Si nous voulons mettre un terme au dérèglement climatique, nous devons sortir des énergies charbonnées. L’air et l’eau purs relèvent de l’intérêt général humain. » Que c’est bien dit ! Mais aussi que c’est malheureusement sans lendemain.

En définitive, on ne peut qu’être déçu - du fait d’un manque de vigilance - quant à la perception de la réelle personnalité de M. Mélenchon. C’est en définitive un politicien qui passe à travers les gouttes de pluie, maniant la rhétorique d’une façon parfaite, il peut vous convaincre d’une chance et de son contraire. De plus, contrairement à nous autres Algériens, nous ne parlons pas d’une seule voix à l’extérieur. Jean-Luc Mélenchon ne « tape pas pour son pays » au contraire, dès le début de ses interventions, il fixe le cadre étroit dans lequel il décide de parler et rien ne peut l’en faire sortir au risque d’encourir son courroux.

En définitive, comme il est dit dans l’Ecclésiaste : « Rien de nouveau sous le soleil. » Espérons que la nouvelle génération de socialistes assumera sereinement l’histoire sanglante de la colonisation en Algérie et forgera des relations apaisées. L’Algérie est prête à assumer sa part de responsabilité devant l’Histoire.

Chems Eddine Chitour

1.http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Melenchon-a-vante-le-metissage-de-la-France-a-Marseille-502717

2. Salim Lamrani http://www.mondialisation.ca/l-immigration-en-france-de-la-rh-torique-x-nophobe-la-r-alit-des-chiffres/31355

3. Jean-Luc Mélenchon, « Discours de Strasbourg », 22.05.2012.
http://www.dailymotion.com/video/xr0h1l_j-l-melenchon-discours-de-strasbourg_news

4. http://www.elwatan.com/international/chokri-belaid-etait-un-grand-tribun-des-pauvres-des-ouvriers-et-des-femmes-10-02-2013-202797_112.php

5. Jean Daniel « Le temps qui reste » Editions Gallimard 1972

6. La guerre civile : Encyclopédie Wikipédia

7. http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN24127questelivic0/

COMMENTAIRES  

19/02/2013 10:40 par mandrin

Se Monsieur Mélenchon dénote le profil d’un cas douteux, et en la matière il convient d’être prudent pour l’Algérie quand a toute participation a un hypothétique partenariat rapproché avec la France.

La non reconnaissance clair des crimes de guerre de la France en Algérie ne peut que révéler des arrières penser qui ne sont pas de mise pour engager des relation de confiance qui soit respectueuses d’engagement important pour l’avenir.

Par contre Ironie de l’histoire, c’est avec l’Allemagne que l’Algérie fait des affaires les plus prometteuse.

Le dernier coup tordu de la France vis à vis d’Alger est la diabolisation de l’Algérie dans sa gestion de la prise d’otage d’in amenas qui tentait à dire, que les algériens et les terroristes preneur d’otage c’était du... "kif kif bourico"...que des fous furieux d’une grande violence.

Que peut faire l’Algérie avec de tel individu qu’est la France en leur représentant, et de surcroit une bonne partie de sa population raciste...???

Selon moi l’Algérie va connaitre un grand développement qui aura pour conséquence un grand retour au pays pour de nombreux algériens déconsidéré avec mépris et insulté en France.

Quand a la France au français, c’est bien le pire qui puisse lui arriver.

19/02/2013 11:06 par spartacus

ecologie terme porteur,non terme pour la survie de la planéte terre.des excuses du peuple français !ce n’est pas le peuple français qui doit s’excuser de la colonisation lointaine.ce sont les dirigeants du gouvernement de l’époque lointaine et cela ne vous a pas échappé qu’ils sont morts.La guerre en ALGERIE doit-on s’excuser,d’avoir défiler pour la paix en algerie moi comme des milliers de français.Avoir lutté contre l’OAS et ses exactions.Assez de divertions la guerre et finie.continuer a retourner son cadavre donne du grain à moudre aux LE PENN et au front national.Le discours de MELENCHON n’est pas une énigme c’est la voix de la raison et de l’amitié entre les peuples.Au cas ou cela semble vous échapper MELENCHON n’est pas communiste.Le PCF c’est autre chose, de plus grand, de mieux organisé,peut-être avez vous entendu parlé de MAURICE AUDIN et de quelques autres communistes algériens et algérois.

19/02/2013 11:37 par Diego

Bonjour,

J’ai trouvé votre analyse du déplacement de Mélenchon très intéressante ! Merci pour cet article.
Je souhaites toutefois laisser un petit commentaire au sujet de la reconnaissance des atrocités françaises en Algérie durant ces 132 ans de colonisations.

Je suis en accord avec M. Mélenchon lorsqu’il exprime le fait que les français d’aujourd’hui n’ont pas à s’excuser des erreurs de leurs dirigeants passés ou bien même de leurs parents ou grand-parents.
Je pense en effet que le peuple français, dans sa grande majorité ne soutenait pas les atrocités commises, tout simplement parce que le "peuple" n’était déjà pas conscient de ce qu’était une colonie. Combien de français de l’époque ont-ils pus sortir du pays et voir de leurs propres yeux l’horreur de la colonisation ? je pense que pour la grande majorité du peuple il ne s’agissait là que de conceptions abstraites et tellement éloignés de leur réalité quotidienne (pensons aux mineurs et paysans de l’époque). J’ai l’impression qu’on demande au peuple français de faire la même chose qu’avec le génocide juif, c’est à dire de s’excuser pour des fait auquel la génération actuelle n’a pas participer...

De plus, même si un certain nombre de français ont effectivement collaborés et ont été ceux qui ont commis les crimes reprochés à la France, je ne pense pas que l’on puisse accusé tout un pays.
En fait, je ne veux pas contredire quoique se soit dans votre article, c’est juste que je comprends la position de Mélenchon lorsqu’il dit que cela ne sert plus à rien de parler de ça et qu’il ne se laissera pas aller dans ce jeu. Car en effet c’est un jeu politique que ces excuses. Jeu politique, que le pouvoir en place, utilise très bien afin de conserver une toute petit et très relative popularité auprès des algériens.
Mais au final, en Algérie, est-ce une des questions qui est des plus importantes ? Est-ce que les algériens ne devraient pas regarder ailleurs que ce qui semble être, pour moi, un leurre par rapport aux réels défis que le peuple algérien va devoir relevé ?

Je souhaite évidement que des excuses officielles soient faites car il est évident qu’une réalité aussi atroce doit pouvoir être dépassée et si ces excuses permettent à de nombreuses personnes de se sentir mieux et bien se serait géniales qu’elle soient faites !
Mais je pense sincèrement que la joie qui émanera de ces excuses sera très très courte durée. Le problème en Algérie n’est pas que la France ait commis des crimes atroces dans le passé. Le problème est que la France, maintenant, soutient un dictateur, contrôle les 3/4 du pays via ces entreprises privées, pille, vole et exploite les ressources et les citoyens algériens. Le véritable problème à l’heure actuel il est là .
Il est dans le fait que aujourd’hui encore la France,et non le peuple français, mais la France des privilégiés, les grands patrons, les politiques, les banquiers, etc. continue d’exploiter des anciennes colonies par des liens économiques et militaires plus qu’évident.
A quoi servirait des excuses de la France si elle continue à vous exploiter ?

Je suis espagnol et j’ai fait récemment un voyage de 8 mois en Amérique latine et comme vous le savez certainement, il s’agit là de plus de 300 ans d’exploitation et d’horreurs ... L’Espagne détient la Palme de l’horreur dans la colonisation je pense, d’après ce que j’ai vu, entendu et vécu la-bas.
En y allant j’étais pris d’une culpabilité énorme et je m’excusais systématiquement mais un jour Carlos (un indien d’Amazonie) m’a fait remarquer que même si mes ancêtres les ont fait souffrir énormément, j’étais aujourd’hui, moi, présent à leurs cotés pour vivre avec eux des moments de rigolades, de travail, de spiritualité et qu’ensemble nous vivions quelque chose qui n’effaçait en rien les horreurs passées mais permettait au contraire d’apercevoir un futur ou tous les frères et soeurs que nous sommes danseraient et riraient ensemble... Et j’ai la conviction au plus profond de moi que le plus important réside dans l’avenir et non dans le passé. Le fait qu’aujourd’hui des français(e)s et algérien(nes) se marient, rient ensemble dansent, se fréquentent, soient amis, est déjà une grande leçon donnée à tous ces démons du passé qui tentent encore de nous faire croire que nous sommes divisés.

En résumé ce que je veux dire c’est que si elle fait des excuse officielle tant mieux, mais sincèrement, je ne pense pas qu’il faille mener un combat (intellectuel ou autre) pour ces excuses car les rapports de dominations sont encore présent et la première chose à faire serait de briser ces rapports de dominations et de mettre son énergie et sa force dans quelque chose qui, véritablement, changera le quotidien du peuple algérien. Je ne pense pas que des excuses publiques des autorités française puisse changer quoique se soit au quotidien de votre peuple.

Je terminerais ce commentaire par vous dire à quel point le pardon est salvateur car lorsque tu pardonnes l’autre, ces excuses n’ont plus aucune importance, ne laissez pas quelqu’un d’autre dirigés vos émotions. Pardonnez l’infidèle, pardonnez l’injuste, pardonnez le mauvais car c’est pour vous et votre salut que vous le faite. Le pardon est une arme terrible car il vous libère des chaines de l’esclavage émotionnel. Tant que vous attendez des excuses vous dépendez de l’autre. Quant vous lui pardonnez, peu importe ce qu’il pense, votre coeur est pur et allégé et vous pouvez vous dirigez vers le bonheur et la joie car il n’a plus aucune influence sur vous.

"Et celui qui endure et pardonne, cela en vérité, fait partie des bonnes dispositions et de la résolution des affaires." (Coran, 42 : 43) Pour cette raison, les croyants sont des gens qui pardonnent, compatissants et tolérants, comme le révèle le Coran, "qui dominent leur rage et pardonnent à autrui" (Coran 42 : 43)."

(Je n’ai pas le Coran avec moi, je reprend donc cette citation d’internet, je n’essaye bien sur pas de vous prouver quoique se soit juste de donner un autre regard sur cette situation.)

Bien à vous,

Que votre vie soit belle.

Diego

19/02/2013 14:08 par Vincent Moret

@Chems Eddine Chitour

J’apprécie habituellement les articles de Chems Eddine Chitour, mais je dois dire que celui-ci est écrit sur un a priori insoutenable : « Tous les mêmes ! »
On peut comprendre (et encore ! ) la déception de l’auteur : un homme politique français de premier plan n’a pas fait suffisamment en Algérie le procès du pouvoir algérien.
Mais ce jugement est bien leste et léger : « En définitive, on ne peut qu’être déçu - du fait d’un manque de vigilance - quant à la perception de la réelle personnalité de M. Mélenchon. C’est en définitive un politicien qui passe à travers les gouttes de pluie, maniant la rhétorique d’une façon parfaite, il peut vous convaincre d’une chance et de son contraire ».
Il est manifestement faux que Mélenchon s’évertue à passer à travers les gouttes et tous les peuples en lutte en Amérique latine vous expliqueront que Chems Eddine Chitour instruit un mauvais procès.

Il est faux d’accuser Mélenchon d’être versatile. Tout ce qu’il a dit et fait depuis qu’il a quitté le PS, créé le parti de Gauche et mené la bataille des présidentielles dément cette accusation de quasi-girouettisme.
Chems Eddine Chitour n’aime pas du tout Jean-Luc Mélenchon. On l’a compris. On ne sait pas qui il aime. On vient de comprendre qu’il ne pige pas tout dans la bataille politique française et dans l’émergence d’un porte-parole, d’un programme, d’idées que les révolutionnaires du tiers monde applaudissent.
Ici, quelqu’un s’est dressé (et avec une certaine audience) contre l’extrême droite, la droite, les socio-libéraux du PS, les médias, les patrons voyous. Il a rassemblé autant que possible dans ce combat (et jusqu’à une partie du NPA). Et sans parapluie, notez bien.
C’est bien que LGS qui « donne à lire » ait publié ce mauvais papier de Chems Eddine Chitour. Il serait bien aussi de rappeler que Mélenchon est un ami du Grand Soir et qu’il a préfacé un livre de ses administrateurs.
Donc, pas de sauveur suprême, mais qui n’est pas avec moi à 100 % n’est pas pour autant un ennemi bon à jeter aux... cochons.

19/02/2013 14:51 par Fred

En tant que communiste, je ne peux qu’émettre des réserves sur ces excuses "nationales". "Nationales" ? Cela veut-il dire tous les citoyens français ? Il y là une méprise sur la nature de la Guerre d’Algérie et sur ses auteurs.

C’était du colonialisme qui a débouché sur une guerre impérialiste. Dès lors il est important de ne pas faire l’amalgame entre les citoyens français lambda et les impérialistes. Le Parti Communiste Français s’est opposé dès le départ au colonialisme, à l’impérialisme et à la guerre d’Algérie. Il a également aidé le Parti Communiste Algérien à défendre l’Algérie. Les communistes français doivent-ils eux aussi s’excuser ? C’est une absurdité.

Les idéologues bourgeois essaient de faire croire que l’intérêt "national" regroupe les intérêts des impérialistes/capitalistes et ceux des travailleurs. Les impérialistes/capitalistes exploitent les travailleurs, que ce soit en France ou en Algérie. Lorsque Areva ne protège pas ses ouvriers dans les mines d’uranium au Niger, le peuple français tout entier en est-il responsable ? On dit également que "l’Homme détruit la nature", mais de quels hommes parle t-on ? Qui détruit la forêt amazonienne ? Moi ? Vous ? Mon voisin ? Non : ce sont des compagnies privées qui déboisent la forêt pour faire du profit. Ce n’est pas "l’Homme" le responsable, ce n’est pas l’Humanité tout entière, ce sont des compagnies privées. Pourquoi donc assimiler des personnes innocentes avec les coupables ? C’est injuste. En réalité, c’est simplement un moyen pour les bourgeois de faire croire que c’est inéluctable, que c’est inscrit dans une prétendue "nature humaine" et que l’on ne peut rien y faire. Ils bernent les travailleurs en leur faisant croire qu’ils ont des intérêts communs avec la bourgeoisie. C’est comme la dette privée des banques qui se transforme soudainement en dette nationale. La responsabilité des banques dans la crise est transférée sur les épaules de toute la population, pourtant innocente.

Certes ce ne sont pas les milices privées des entreprises qui ont combattu en Algérie, ce sont des troupes "nationales", sous le commandement de l’État français. Mais les Français sont-ils responsables de tous les agissements de leurs dirigeants ? Les Français ont-ils été consultés pour une intervention au Mali ? Les citoyens américains sont-ils responsables des guerres en Irak et en Afghanistan et du chaos qui en résulte ? Une fois élu, le gouvernement a les mains libres. De plus, je rappellerais que nous ne vivons pas en démocratie mais sous la "dictature de la bourgeoisie".

En conclusion, ce n’est pas au peuple français de s’excuser, c’est aux capitalistes/impérialistes de le faire. Ce n’est pas aux "descendants" des coupables de s’excuser (et a fortiori les communistes). Les allemands d’aujourd’hui ne sont pas responsables des crimes des nazis : le fils d’un officier SS n’est pas responsable des crimes de son père, "on ne choisit pas sa famille" comme le dit le dicton. C’est quand les coupables sont encore en vie qu’ils faut leur demander des excuses et surtout les condamner. Cela suffit d’étendre la responsabilité des crimes de la ploutocratie aux travailleurs.

19/02/2013 21:23 par Ogotemmeli

La France, c’est aussi moi, et moi je n’ai martyrisé personne, ni mes ancêtres. (...) Le peuple français n’a pas décidé l’invasion de 1830. C’est la monarchie qui l’a fait. Quand il a été consulté démocratiquement, le peuple français a toujours opté pour la solution la plus avancée. Le peuple français n’est pas davantage responsable de la colonisation que de l’esclavage ou de la déportation des juifs ! (...) J’ai dit devant le Sénat français que nos armes ont combattu pour un ordre injuste, celui de la colonisation et qu’il était juste qu’elles perdent ce combat.

De tels arguties font vraiment peine à lire !
Quel bel exercice de mesquinerie !

La Tour Eiffel fait la fierté de tous les Français, y compris de Sarkozy dont les ancêtres n’étaient pas français à l’époque de la construction de cet édifice.
Le Château de Versailles est un monument national particulièrement apprécié des Français, fussent-ils non-monarchistes.

C’est qu’il existe une idée que l’on nomme "continuité de la nation" ou de l’Etat ; telle que les actes des citoyens d’hier (ou de leurs représentants de l’époque visée) engagent devant l’histoire les citoyens d’aujourd’hui et leurs représentants !

Pour être vraiment fondé à s’enorgueillir de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il faut nécessairement être capable de répondre des atrocités promues, entre autres, par l’Edit de 1685 renommé "Le Code Noir" et du "Code de l’Indigénat" des années 1885. Il n’est donc pas indispensable d’avoir un ancêtre parmi les rédacteur du premier ou des deux derniers textes. Beh, voyons !

Soit dit en passant, les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles : bien entendu, cette imprescriptibilité vaut aussi pour ceux qui ont été commis par la France en Algérie depuis 1830. N’en déplaise !
Il s’agit bien de la France, cette personne morale collective ; et non pas d’une quelconque de ses parties qui aurait été contre, ou a fortiori pour, la commission de ces crimes...

Malheureusement en France, la continuité historique de la nation s’arrête pile poil au seuil des atrocités séculaires commises - au nom de cette même nation - contre les Bougnoules, Niakoués et autres Bamboulas : cette lâcheté intellectuelle est l’une des pires tares de l’élite politico-médiatique française ; elle est la marque la plus prégnante de sa petitesse...

Quant au quidam citoyen, qui croit pouvoir s’en sortir indemne en regardant ostensiblement ailleurs lorsqu’un Sarkozy (qu’il est pourtant sensé avoir élu !) bombarde des pays qui n’ont jamais déclaré la guerre à la France : vous ne pensez tout de même pas que dans 100 ans, Ivoiriens et Libyens demanderont des comptes au squelette de Nabotléon ??? Ce seront évidemment vos arrières-petits-enfants qui répondront des actes commis aujourd’hui en votre nom collectif...

En tout cas, les descendants de JL Mélenchon ne pourront pas prétendre que leur illustre aïeul était opposé à l’agression de la Libye, qui a fait des dizaines de milliers de morts civiles, ou celle en cours de la Syrie. Ils trouveront certainement d’autres mesquineries du même acabit à fourguer à ceux qui auront l’insolence de les "entraîner sur ce terrain"...

19/02/2013 23:35 par Dwaabala

Débat intéressant et sans issue dans le cadre du nationalisme et de la morale.
Comme le peuple de France, les prolétaires, subissaient eux aussi des atrocités ( la Commune, la Grande guerre pour ne pas parler de l’exploitation économique) de la part du même pouvoir qui colonisait puis exploitait ses conquêtes, la seule solution historique qui ait été trouvée au problème par les révolutionnaires internationalistes a été la solidarité entre les luttes émancipatrices sur le territoire national et les luttes de libération nationales des peuples opprimés.
Que les Versaillais aient enrôlé des gens du peuple pour faire la sale besogne, que ce soient des prolétaires qui aient fourni la troupe pour les conquêtes coloniales, ou qui soient partis au massacre en croyant mourir pour la patrie ne change rien à ce ce principe de solidarité et de convergence des luttes, qui n’a pas existé seulement en tant que principe, mais qui a été appliqué par la fraction révolutionnaire et internationaliste de la classe ouvrière.
Avec un grand mérite car l’exploitation des colonies procurait un sur-profit au capital, ce qui lui permettait de corrompre les couches dirigeantes du mouvement populaire, et même plus tard de transformer de larges fractions du peuple en une clientèle par le niveau de vie qu’elle leur concédait.
Aujourd’hui, le manque de lucidité sur ces questions est tel qu’elles sont inextricables. Du fait du pourrissement profond des sociétés placées sous le joug de l’impérialisme.

19/02/2013 23:57 par calamejulia

Lorsque l’on considère quelqu’un comme son égal on n’attrape pas des boutons de fièvre
purulents en lui présentant des excuses ou en admettant une soufrance qui pourrait nous
être épargnée.
Tantôt il n’y a aucune différence entre nous et eux et tantôt ils deviendraient le bout du monde
d’une incompatible compréhension ?

20/02/2013 07:37 par Professeur Chems Eddine Chitour

A toutes celles et ceux qui ont pris la peine de lire ma prose et de la critiquer.

J’ai beaucoup "d’affection pour l’homme " et ses envolées qui m’interpellent comme je l’ai écrit en ancien soixantehuitard de coeur . Là n’est pas le sujet ! Ce qui importe c’est de réétalonner les mots qu’une certaien doxa occidentale mesure à son aune. Les mots sont importants. Quand monsieur monsieur Mélenchon parle de "guerre civile" pour qualifier la Révolution algérienne, dans quel registre il cantonne la Révolution bolchévique qui est elle, a une réelle proximité avec ce que l’on appelle une guerre civile qui voit s’entre-tuer des personnes appartenant globalement au même peuple. Il en fut de même de la révolution bolivarienne , la révolution cubaine qui ont la m^me proximité.
Comment monsieur Mélenchon devrait requalifier la révolution française ? Il ne se tromperait assurément pas en l’affublant du vocable de "guerre civile". Mais la Révolution algérienne, c’est le combat des damnés de la terre régi par l’exécrable "code de l’indigénat ancêtre de l’apartheid ( le développement séparé)
C’est le combat d’un peuple brîmé pendant 124 ans ,qui a connu les colonnes infernales de Bugeaud , les enfumades de Lamoricère et de Saint Arnaud, le raffinement de la torture avec les Massu, Bigeard et Aussaresses et tant d’autres...
Monsieur Mélenchon nous dit de ne pas regarder dans le rétroviseur avec un argument approximatif Vous ne pouvez pas demander aux Algéro-français de se repentir ! Qui le leur demande ? Même le mot repentir est de mon point de vue un boulet que nous trainons.
Je me souviens des sujets de philo , l’un d’eux état : "Regrets Remords, Repentirs". Nous en sommes loin, ni regrets sincères encore moins de remords et de repentir qui a une connotation religieuse qui fausse le débat.
Monsieur Mélenchon tribun brillant ne peut pas avec son intelligence passer à côté d’un dossier qui structure qu’on le veuille ou non l’imaginaire des Français et des Algériens depuis plus de 180 ans. Les passeurs de culture, les "vrais forgerons de la fraternité" - pas les pyromanes du spectre gauche droite, qui n’ont rien compris au drame algérien mais aussi au drame des petits Pieds Noirs- emportés par une tourmente dont ils ne sont en rien responsables - doivent tout se dire doivent baliser chacun de leur côté . Nous avons une fenêtre d’opportunité car les deux protagonistes maitrisent la langue de Vauvenargues pareillement, sont culturellement voisins c’est une chance qu’il faut saisir pour écrire une histoire à deux mains

Pr.C.E. Chitour

20/02/2013 08:54 par Dwaabala

Pr. Chems Eddine CHITOUR n’a pas bien compris que J-L Mélenchon voulait sans doute dire que sur le fond de la lutte de libération nationale du peuple algérien s’est installée une guerre civile au sein de la population qui devait ensuite constituer ceux que l’on appelé les rapatriés d’Algérie ou plus largement, entre ceux qui voulaient maintenir le rattachement de l’Algérie à la France et ceux qui prenaient le parti des Algériens en lutte. Et cet affrontement a divisé jusqu’aux Algériens eux-mêmes, qui ont eu leurs collabos eux aussi.
C’est quand même un paradoxe que d’être amené à se faire l’avocat d’un responsable politique si vacillant sur les questions de la lutte antiimpérialiste !
L’empire romain, dont un prolongement ridicule est le Vatican, a commis des crimes pour la conquête de Gaules dont l’occupation a profondément marqué le territoire. Il faudrait qu’à ce titre et pour cette raison le pape présente des excuses au peuple français ?

20/02/2013 12:57 par mandrin

l’Algérie peut aisément se passer de la France et manifestement ce n’est pas le cas de la France et de plus c’est bien les Français qui sont demandeur d’échange économique par leur VRP Hollande/Mélenchon.

Alors les contres vérités pour contourner la vérité historique est bien un problème franco- français.

Je pense que le problème d’Alger est la sécurité des algériens vivant en France au regard du racisme inquiétant qui monte à vitesse grand V en France.

20/02/2013 14:02 par Sheynat

@ Diego

«  Tant que vous attendez des excuses vous dépendez de l’autre. »

Et vice et versa.
Tant que l’autre attend qu’on l’excuse pour demander pardon et exprimer des regrets qui, par conséquent, engagent à ne plus recommencer ou poursuivre, il se place en dépendance.

Alors qu’il s’agit d’une inter-action entre deux partis, l’un qui fut victime, l’autre qui fut bourreau.
Ogotemmeli a clairement expliqué pourquoi en tant que peuple, nous sommes aussi concernés.

L’anecdote de votre propre démarche en Amérique Latine, qui a provoqué la réponse pleine de sagesse de Carlos, démontre bien les caractéristiques d’une inter-action constructive.

Vous ne vous êtes pas positionné en tant que donneur de leçons en signifiant à l’autre ce qu’il devait dire ou faire, en l’occurrence, vous pardonner ou devoir se passer de vos pardons, mais en tant qu’individu exprimant humblement ses regrets sur les crimes commis par ses ancêtres, acceptant d’avance un retour, qu’il soit positif ou non. N’est-ce pas ?
Et c’est à partir de là qu’a eu lieu une réponse.
Et dans cette réponse, tout y est : à la fois le rappel qu’il y a bien eu des crimes, ainsi que le rappel de qui les avait commis, et enfin l’actualisation de relations fraternelles et joyeuses en découlant après ce désamorçage, offrant de superbes perspectives.
Chacun a joué le rôle de l’endroit où il était placé et c’est pour cela que l’issue en a été ouverte et constructive, au lieu de rester coincée dans un «  machin ».
En tous les cas, avec les éléments que vous livrez, c’est ainsi que je m’autorise à proposer cette interprétation..

En bref, une page ne peut jamais être tournée que si elle a été lue correctement et non de travers en sautant des passages -erreur qui arrive à tout le monde mais à force de le signaler on peut ne pas désespérer que ce soit pris en compte-, sinon il réside un passif dans lequel s’empêtrent indéfiniment les deux partis.

@ Dwaabala : une partie de l’Eglise a déjà demandé pardon en d’autres occasions et contextes (Vietnam par Joseph Folliet ), et encore, cela ne s’adressait qu’aux catholiques vietnamiens : il y aurait bien plus d’efforts à fournir de ce côté là comme ailleurs, pour l’Algérie par exemple.

Sheynat.

20/02/2013 15:59 par gérard

Quelles étranges propos atterrissent sur le Grand Soir.
Vu comment c’est parti, moi je suggère que chaque partie de la France s’excuse auprès de toutes les autres, et chacune à leur tour...(ça risque d’être long !), tant l’unification de la France n’a été que le résultats de guerres, d’atrocités, de carnages, de massacres etc qui ont été commis depuis, depuis...?..On remonte jusqu’à quelle date, avant ou après le déluge ?
Pas même la peine de chercher très précisément, il est certain qu’on en trouvera toujours, et dans tous les horizons de l’espace et du temps.

« Une nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres, et par la haine commune de ses voisins » (William Inge).

Je vois venir les objections, ok, je suis d’accord y-a-pas-que...mais y-a-pas-mal-de-ça !
Qui dit ancêtres, dit Histoire...et qui dit Histoire, dit qu’il faut absolument y mettre un (s) à la fin. Et les Histoires sont farcies d’illusions...

J’aime énormément deux films, qui présentent bien les deux périodes opposées de la colonisation :
- le "début", la fabrique des "illusions" : "les trois couleurs d’un Empire"
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftHtm.html,
Un leitmotiv qui revient souvent dans ce film : "c’est faux, mais c’est vrai aussi", c’est "l’illusion" qu’ont eu les colons en arrivant en Afrique du Nord, celle d’arriver dans des contrées "sauvages" et en friche, d’y apporter la "civilisation" ; c’est faux : une civilisation très avancée y existait déjà , mais c’est "vrai " aussi, car tout y avait été détruit par les actions "civilisatrices" des armées françaises. C’était pour la partie véritablement vraie.
- la fin des "illusions" : "avoir 20 ans dans les Aurès"http://fr.wikipedia.org/wiki/Avoir_vingt_ans_dans_les_Aurès (je n’en ai pas trouvé de vidéos) Extrait de la chanson du film :
« Fous pas ton pied dans cette merde,
C’est une vraie histoire de fou,
Pas ton pied dans cette merde,
Ou bien t’y passeras jusqu’au cou »
...La partie "véritablement vraie" est que le crescendo infernal de la terreur était installé, et plus rien alors ne pouvait l’arrêter ; mais le plus grave c’est qu’à cet instant (t), il est impossible de nier que le renchérissement dans le degré de terreur se trouvait alors partagé ; c’est la vérité sur les 130 années précédentes qu’il aurait fallu révéler, et non pas se cantonner aux "illusions" qu’elles ont été. En cet instant, il était trop tard.

- La conquête musulmane de la péninsule Ibérique, n’a pas du se faire la "fleur au sabre". Je connais les apports positifs de la science et de la culture musulmane, mais il ne faut quand même ne pas être trop angélique sur l’art et la manière de faire du "tourisme" et de se ravitailler par exemple, et ce pour quelque armée que ce soit. Les populations "visitées" auraient été très contentes d’apprendre les aspects positifs de cette colonisation sur les arts, les sciences et la culture, car pour elles...
Elles devraient demander des excuses ! Mais c’est si loin tout ça ; et puis cela ne concerne que...le bas peuple !
- Un autre sujet (mais il y en a plein d’autres), est cette fameuse "réconciliation franco-allemande" ; elle sous-entend la responsabilité pleine et entière de l’Allemagne dans la dernière guerre. Un conseil ne pas trop fouiller dans cette Histoire, vous n’en reviendriez pas tant les évidences s’effondrent...Ni les dirigeants politiques occidentaux, ni leurs financiers, ni leurs industriels n’avaient de sympathie pour le régime nazi, c’est bien connu ! Ils n’auraient surtout pas participé non plus à sa montée en puissance, mais voyons donc !

Ce ne sont que quelques exemples dans le registre : surtout que les hommes politiques ne touchent pas à l’Histoire !
Tant qu’ils y toucheront en contradiction avec les "livres d’histoire", (les "illusions"), ils ne seront écoutés qu’en tant qu’hommes politiques, et seront donc à priori considérés comme étant partiaux pour une partie de leurs interlocuteurs ; qu’ils donnent donc aux Historiens les moyens de la faire connaitre, notre vraie Histoire, et sans censure ou auto-censure...Lourd lourd sujet !
Dernier point :
- Quelqu’un qui nait en France, vit en France est bien, au moins pour la Gauche, automatiquement de nationalité française, non ? C’est bien le droit du sol qui s’applique ?
...Ce fut donc, qu’on le veuille ou non, effectivement une guerre civile, d’un genre particulier, mais une guerre civile quand même...
Quant à ce commentaire :
« la France, cette personne morale collective  ; et non pas d’une quelconque de ses parties qui aurait été contre, ou a fortiori pour, la commission de ces crimes... »
Plus le temps de développer, mais je dirai seulement que c’est une totale aberration !

20/02/2013 15:59 par Vincent Moret

@ Dwaabala
Notez que Chems Eddine CHITOUR ne commente pas les propos ou la position de Jean-Luc Mélenchon, comme vous le croyez, mais de "monsieur Mélenchon".
Exquise politesse soudaine ou un pas vers le "mossieur" ?
Quoi qu’il en soit, son article pêche par une focalisation qui l’empêche de voir ce que disent les autres responsables politiques sur le sujet et sur la souhaitable évolution de la France soumise à la finance via les socio-libéraux.

Cet article est pour cela mauvais, car déséquilibré.

21/02/2013 00:12 par Anonyme

Repentence... Repentance...
Des Espagnols, des Anglais et des Français à l’égard des Cubains qui vivaient sur l’île ? Mais non, banane, ils les ont tous tués ! Il n’y a plus là que des descendant d’Espagnols et d’Africains. Les seconds étant, dans le passé, les esclaves des premiers et, dans un passé moins lointain les esclaves ’libérés’ des Américains. Maintenant, descendants d’Espagnols et d’Africains se marient ensemble.

Pendant que l’on se repent à qui mieux mieux, les avions bombardent. Et ceux qui ont déchiqueté les Libyens, par exemple, ne pensent pas une seconde à se repentir, on dirait. Il y a ceux qui déchiquètent et ceux qui se repentent. Chacun ses armes.

On se repent pour le passé (pas n’importe lequel). Pendant ce temps le présent fabrique à l’aise au futur... très largement de quoi se repentir pendant des siècles.

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