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Journalisme indépendant à Cuba : Nestor Baquer, agent de la sécurité infiltré raconte.


Fondateur de la dite Agence de journalistes indépendants de Cuba, Nestor
Baquer
était un des agents de la sécurité cubaine qui avait infiltré le groupe de dissidents à la solde de Washington. Jusqu’à ce qu’
il révèle sa véritable identité : agent Octavio, de le sécurité de l’État.

Il fait l’objet d’un chapitre entier dans le nouveau livre Los disidentes.

Suivent deux articles de Granma.



29 Juin 2003


Traduction : CSP


Nestor Baguer


Qui Croit au mythe du journalisme indépendant ?


par PEDRO DE LA HOZ Granma daily staff writer


"Journalisme ? Indépendant ? Écoutez, ce n’est ni l’un l’autre. Ca ne tient
pas debout." Il n’y a pas le moindre doute pour Nestor Baguer, un ancien
collègue dont les lecteurs de Juventud Rebelde se souviennent pour
un article publié dans les années 80, "En defensa del idioma".

Et personne ne le sait aussi bien que lui. Agent de la sécurité d’état
infiltré depuis 1960, il a 81 ans aujourd’hui, sa mission consistait à 
prendre des initiatives dans ce domaine au début des années 90. L’idée
fut suggérée par un dirigeant contre-révolutionnaire célèbre qui avait
envisagé la possibilité d’encourager un flot d’informations tendancieuses en
direction des médias US, particulièrement vers la station de radio qui ose
prendre le nom de José Marti et vers l’industrie anti-castriste lucrative de
la Floride.

"Cet homme m’a parlé un jour," se souvient Baguer, "alors que je
lui avait rendu visite pour découvrir par moi-même le sanctuaire d’un
"militant des droits de l’homme". J’y suis allé sous le prétexte de manger
et boire les copieuses provisions qui lui étaient fournies par un diplomate
européen en phase avec la politique de subversion US. La nouvelle de la
création de l’Association des Journalistes Cubains Indépendants avait à 
peine commencé à circuler que déjà nous avons accueillis les premiers
volontaires.

Q-Etaient-ils des journalistes ?

Écoutez, il s’agit là d’un des nombreux mythes qui imprègnent l’histoire de
la soi-disant opposition interne. Environ cinq étaient des journalistes, moi
inclus. Les autres étaient des débutants, la plupart sans la moindre
formation culturelle. J’en connaissais même un qui s’exprimait, si on peut
dire, en faisant des fautes de grammaire.

Q-Étaient-ils indépendants ?

Nous savons tous deux que toute analyse sérieuse - dont sont incapables ceux
qui se proclament de la liberté d’expression - doit prendre en compte qu’il
n’existe pas un seul organe de presse au monde qui ne prenne parti, que ce
soit pour des idées ou des impératifs commerciaux. Ils savent que si un
journaliste s’écarte trop de la ligne éditoriale tracée par les
propriétaires, ils se mettent en position de hors-jeu ; ils doivent partir
et emmener leurs idées avec eux. Dans le cas qui nous intéresse, la
dépendance est évidente. Dépendance, subordination, et génuflexion devant
les intérêts politiques des États-Unis ou devant des gens influents à Miami,
c’est la même chose : tout est comme ça. Dans mon témoignage au procès, j’ai
raconté comment la Section des Intérêts des États-Unis, avec moi comme avec
les autres agences ou groupes, nous conseillait sur ce sujet. Et je vais
vous dire autre chose : avant d’envoyer leurs articles à l’étranger,
beaucoup y prenaient conseil pour les moindres détails de leur travail.

Q-Pourquoi y’avait-il autant d’agences ?

Lorsque certaines personnes sans scrupules voient une opportunité de se
faire facilement de l’argent ou de trouver un moyen pour quitter le pays,
elles perdent la tête. N’importe qui pouvait créer une agence de presse et
ce fut une prolifération.

Q-Avec autant d’argent en circulation, y’avait-il de la corruption ?

Bien sur. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ils se poignardaient
dans le dos les uns les autres. Une dame de Miami qui avait crée le site web
Cubanet a débuté en recevant nos informations par le téléphone de sa
cuisine. En moins de deux ans, elle avait déménagé pour un quartier chic,
avec un bel appartement et un deuxième appartement en guise de bureau. Et
elle s’est achetée une voiture à 90.000 dollars.

Q-D’où venait l’argent ?

L’argent venait pratiquement toujours du National Endowment for Democracy,
puis était réparti.

Q-Quelles étaient vos relations avec la Section des Intérêts US ?

Une confiance absolue. J’avais un laissez-passer permanent. J’étais devenu
très proche des patrons de la section des Intérêts et ceux du département de
Presse et de la Culture. Le plus agressif de tous est James Cason. Il se
prend pour un proconsul, un empereur. Un autre qui n’est pas mieux est
l’actuel chef du Département Presse et Culture, Gonzalo Gallegos qui, tout
au fond de lui, rejette ses origines hispaniques ; tous les deux nous
méprisent.

Q-Pensez-vous que ces procès contre des individus proches de la Section des
Intérêts sont aussi des procès contre l’intelligentsia Cubaine et les idées
Cubaines ?

Ces gens n’ont rien à voir avec les idées ou la culture cubaines. Je l’ai
déjà dit pendant les procès : ce sont des mercenaires. Ils feraient et
diraient n’importe quoi pour de l’argent. Un cas regrettable est celui de
Raul Rivero, parce qu’il était réellement un journaliste et un poète de
grand talent. Mais il a perdu tout repère et s’est laissé tomber aussi bas
que tous les autres. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir participé à 
la sauvegarde de la culture de ma patrie. Parce que ce qu’ils ont tenté de
faire, à travers leurs activités subversives, c’est de supplanter notre
culture et de faire aboutir le vieux plan annexionniste US qui consiste à 
prendre le contrôle de Cuba.

Q-Que va devenir la vie de Nestor Baguer après la révélation de toutes ces
années de dure labeur pour défendre notre sécurité nationale ?

Maintenant que je suis libre de mes obligations de travail clandestin, je
vais écrire. J’ai déjà commencé à écrire un livre qui s’intitulera Octavio,
mes mémoires sur mon travail clandestin. Et je vais essayer de publier une
sélection de poèmes de Gustavo Sánchez Galarraga, un oncle à moi qui fut une
figure légendaire des cercles bohèmes (?) cubains.

http://www.granma.cu/ingles/entrevistas/baguer.html

Source : CSP




1er Juillet 2003


Indépendants de quoi ?



[Q-Quand avez-vous fondé l’Agence des « Journalistes Indépendants » de Cuba(APIC) ?

Avec Elizardo. J’ai reçu les félicitations de Miami ainsi que d’autres
témoignages d’amour et de sympathie. Ils me considéraient comme le meilleur
des patriotes ; Reporters sans Frontières faisait mon éloge partout et m’
envoyait de l’argent.(...)]




Extrait de l’interview accordée aux journalistes Rosa Mà­riam Elizalde et Luis Baez, pour le livre « Les
dissidents »


Granma international


Q-Pourquoi avez-vous choisi le nom d’Octavio ?

A cause de Octavio Sanchez Galarraga, un de mes oncles qui aurait rêvé de
faire ce type de travail.

Q-Votre père aussi était journaliste ?

Il avait une rubrique dans El Crisol, un journal qui sortait à la
mi-journée. La rédaction se trouvait à Manrique et Vitudes, dans le quartier
Centro Habana. Il y écrivait dans la page spectacles. Il s’appelait François
Baguer.

Q-Comment avez-vous débuté dans le journalisme ?

J’ai écrit mon premier article à 14 ans. Nous avions fondé avec plusieurs
étudiants la revue Siboney. Je me suis chargé bien entendu de la page des
spectacles.

Q-Vous êtes diplômé d’une école de journalisme ?

Oui. Quand j’ai commencé le journalisme, les écoles n’existaient pas. Je
travaillais et écrivais pour El Crisol. C’était ça mon école. L’école
« Marquez Sterling » s’est ensuite ouverte et mon père y a enseigné, mais j’
avais déjà senti l’odeur du plomb et personne n’aurait pu m’arracher à la
rotative. Ce que je voulais c’était écrire

Au triomphe de la Révolution, j’ai été appelé par Elio Constantin, un
journaliste sportif extraordinaire et également secrétaire de la commission
qui avait été créée pour valider les diplômes des journalistes. Il m’a
demandé si je voulais passer par l’école ou si je préférais passer un
examen. Je lui ai dit de me faire un examen complet. Sans compassion. Le
lendemain, je l’ai passé et on m’a donné le diplôme.

Toutefois, dans un article de Reuters reproduit par le New-York Times le 10
avril denier, vous êtes qualifié de « supposé » journaliste. « Alleged
journalist Nestor Baguer », plus exactement¼

Comme c’est curieux ! Quand j’étais un « dissident », la presse nord-américaine
ne m’a jamais appelé « supposé » journaliste, encore moins « supposé
dissident ». Ca ne serait jamais venu à l’esprit de personne. Je vais vous
donner une copie de mon diplôme pour que vous puissiez la publier dans le
livre et mettre un terme à cette rumeur.

Q-Quand êtes-vous rattaché à la Sécurité de l’État ?

A partir du moment où j’ai commencé à travailler au Commerce extérieur.

Q-Vous êtes resté au Commerce extérieur ?

Non, j’ai quitté ce poste pour travailler à la radio COCO, comme chef d’
équipe. J’ai ensuite travaillé à Radio Metropolitana. Quand j’ai commencé à 
travailler pour la défense de la langue, Juventud Rebelde m’a demandé de me
charger d’une colonne, que j’ai intitulée ainsi : « Pour la défense de la
langue » Ensuite, j’ai travaillé à Trabajadores, à Radio Habana Cuba et à 
Cadena Habana, fort d’une vie active dans le journalisme, jusqu’au moment où
je me suis déclaré « dissident

Q-Pourquoi vous êtes-vous déclaré « dissident » ?

La Sécurité m’avait demandé de rentrer en contact avec les mercenaires et je
suis allé voir Elizardo Sanchez Santacruz, la porte d’entrée de ce monde.

Q-Comment vous ont-ils accueilli ?

Je suis arrivé chez lui et après avoir demandé s’il était là , la femme m’a
dit : « Vous voulez parler de Monsieur le Président ? » « Eh bien », lui ai-je
dit, « si c’est le Président, à plus forte raison, oui, je veux lui parler.
Dites-lui que Nestor Baguer est là »

Q-Son ministre de l’information ?

En puissance, ne l’oubliez pas - je suis passé au salon et pendant qu’on
avertissait « Monsieur le Président », on m’a apporté un verre de whisky et
quelques olives fourrées. Je pensais alors : « Nom de dieu, qu’est-ce qu’on
vit bien au Palais présidententiel ! »

Q-On était en 1993.

La pire époque de la Période Spéciale, avec une pénurie terrible.

Elizardo est arrivé, m’a salué et m’a dit : « Sois le bienvenu ! On a bien
besoin de toi ici parce que mon beau-frère Yndamiro Restano ne sait pas
écrire et j’ai besoin d’un bon journaliste qui se charge de la direction de
la Presse indépendante de Cuba. » J’ai accepté aussitôt.

Q-Comme ça, sans réfléchir

J’étais désespéré. Il m’a conseillé d’aller d’abord au Costa Rica avec une
bourse pour je ne sais quel institut de journalisme. « Tu pars deux ou trois
mois, tous frais payés ». Je lui ai répondu : « Écoute, Elizardo, je ne peux
accepter qu’après tant d’années passées à travailler dans la presse cubaine
on m’envoie au Costa Rica pour apprendre. Le Costa Rica c’est une merde¼ ;
je connais ce pays. Envoie un autre ». C’est ce qu’il a fait et l’homme qui
est parti est resté ensuite là -bas.

Il me dit alors qu’il allait d’abord me trouver quelqu’un qui m’achèterait
les articles. Il m’a parlé également d’une revue publiée à Porto Rico, Le
Dissident, où il avait investi de l’argent -Elizardo a des parts dans cette
affaire- ; ensuite, une fois la confiance installée, il m’a demandé, si j’
étais d’accord d’aller tous les jours lire la presse et discuter avec lui
pour qu’il puisse m’orienter.

Q-Vous l’avez fait ?

Non. Je n’allais pas les laisser faire avec moi ce qu’ils faisaient avec d’
autres pauvres types.

Q-Qu’est ce qu’ils faisaient ?

Ils les utilisaient aussi bien pour servir le café que pour écrire à la
machine.

J’ai dit à Elizardo que je ne pouvais pas faire le trajet en bus tous les
jours pour aller chez lui, que j’allais écrire les articles et qu’il fallait
qu’il m’indique à qui je devais les envoyer. Ils me payeraient plus tard et
tout le monde y trouverait son compte. Vous savez ce qu’il m’a répondu ? « Ca
n’est pas possible, parce qu’il faut que je contrôle bien tout ». « Eh bien,
Elizardo, je crois qu’on ne peut plus travailler ensemble ».

Q-Elizardo est quelqu’un d’astucieux.

Oui. Il était professeur de philosophie à l’Université. Il tient le même
discours depuis 20 ans. Il ne le change pas. C’est un véritable renard, qui
déclare publiquement qu’il n’accepte pas d’argent des Nord-Américains à 
moins qu’ils ne l’envoient d’Europe. Ceux qui lui envoient le plus d’argent,
ce sont les Suédois, les Français et les Espagnols. Jamais il ne lui a
manqué une bonne réserve d’argent. C’est une personne qui possède un ego
sans limite, qui entre et sort du pays chaque fois qu’il le désire. C’est
vraiment un cas très bizarre.

Il s’est emporté publiquement contre les Nord-Américains à cause de
problèmes de financement. Il faut l’entendre parler de ça, lui et ses
associés. C’est un carnaval, messieurs, avec des pantins et tout le reste.

Q-Vous aviz donc perdu le contact avec Elizardo ?

Pas tout à fait, mais j’ai pu me libérer de ses toiles car j’étais déjà en
relation avec Miami. Les autres « journalistes » me disaient : « Ecoute, ne sois
pas stupide, là -bas tu pourras manger tout ce que tu voudras et boire du
whisky ».

Q-D’où provenaient-ils ?

De l’ambassade espagnole, elle envoyait tous les mois 100 dollars de vivres,
et je peux le certifier, parce qu’une fois que je me trouvais chez lui, un
véhicule de cette mission diplomatique est venu lui apporter son quota du
mois. Il y avait quelques bouteilles de cognac et de bon vin espagnol. Tous
les mois. Rien de tout cela ne lui a manqué depuis qu’il est entrés dans la
« dissidence ».

Il recevait également de l’argent provenant d’autres fonds.

Q-Quand avez-vous fondé l’Agence des « Journalistes Indépendants » de Cuba
(APIC) ?

Avec Elizardo. J’ai reçu les félicitations de Miami ainsi que d’autres
témoignages d’amour et de sympathie. Ils me considéraient comme le meilleur
des patriotes ; Reporters sans Frontières faisait mon éloge partout et m’
envoyait de l’argent. C’était incroyable. Dès qu’on a su que j’étais chargé
de l’agence et que je donnais de l’argent, les « journalistes » ont commencé à 
me tomber dessus comme des mouches. Tu sais, je ne savais pas qu’à Cuba il y
avait autant de journalistes hypocrites dans le métier. Il y avait un
correspondant qui travaillait dans les chemins de fer à Cienfuegos et qui
avait passé toute sa vie à frapper la ligne du train à grands coups de
marteau. Il est en prison maintenant.

Q-Mais ils savaient sans doute rédiger, car beaucoup de journaux et de pages
Internet publiaient leurs notes ?

Si en parlant ils faisaient des fautes d’orthographe, imaginez un peu en
écrivant. C’était très pénible pour moi de devoir arranger ces
cochonneries.

Q-Pourquoi donc se rendaient-ils dans une agence constituée
vraisemblablement
de journalistes sérieux ?

Il y avait deux grands avantages.

Premièrement, le visa qui leur était remis immédiatement. Il leur suffisait
d’un mois passé là à écrire pour qu’ils partent aux États-Unis dans le
premier avion. Ils évitaient les files d’attentes, les ennuis et l’
humiliation de la Section d’intérêts.

Deuxièmement, le salaire. De 20 à 40 dollars mensuels, juste pour gonfler
des ballons. Il est arrivé un moment où il en passait tellement que c’était
ingérable. Raul Rivero a alors décidé de se séparer de l’APIC et de fonder
sa propre Agence.

Q-Comment receviez-vous l’argent ?

Par Transcard. Je n’ai rien voulu recevoir de ces messagers qui arrivaient
continuellement de Miami ou d’ailleurs. Voilà pourquoi j’étais celui qui
recevait le moins d’argent et de cadeaux.

Q-Pourquoi ?

Mes chroniques dissidentes étaient différentes des autres. J’écrivais
toujours avec respect. Par exemple, je me référais toujours au Commandant en
disant : « le Président de Cuba, Monsieur Fidel Castro », alors que d’autres
écrivaient « le dictateur, et ceci et cela ».

Ca a même attiré l’attention des Nord-Américains : « Monsieur Baguer, vous ne
haïssez pas Fidel Castro », et je leur répondais : « Je n’ai aucune raison de
le haïr ».

Q-Qui des Nord-Américains vous a dit cela ?

La personne responsable de la presse et de la culture à cette époque, le
gros Gene Bigler. Il est devenu un très bon ami. Au moment de partir, Bigler
m’a écrit de Rome, me disant de lui demander aussitôt tout ce dont j’aurais
besoin.

Q-Qu’avez-vous répondu à Bigler lorsqu’il vous a fait des remarques à propos
de vos textes ?

Que j’étais membre de l’Académie de la Langue et que je ne pouvais pas
écrire d’insultes. Je n’étais pas disposé à ce qu’on me renvoie. Un
« indépendant » m’a reproché de ne jamais dire « gendarme » pour les policiers.
Quel imbécile ! « Écoute, mon vieux, des gendarmes il y en a en France ; ici on
dit policier », c’est comme ça que je lui répondais.

Q-Quelles nouvelles envoyaient vos correspondants à l’APIC ?

Si je ne l’avais pas trop pris à cour, je crois que je me serais davantage
amusé. Je me rappelle par exemple qu’un jour un correspondant m’a appelé
pour me dicter une soi-disant nouvelle, très urgente. L’homme avait écrit
quelques chose comme ça : « A Manzanillo, 10 000 personnes protestent au coin
d’une rue contre l’expulsion d’une famille de son logement ». Je me souviens
lui avoir crié : « Attends un peu, à quel coin de rue de Manzanillo ou de n’
importe quel autre lieu peut-il y avoir 10 000 personnes ? Et puis dis-moi,
pourquoi protestent-ils ? Il me répond alors : « Une famille voulait vivre à 
Manzanillo et l’autre à Bayamo, et elles ont commencé à déménager les
meubles d’un endroit à l’autre sans papiers, ni rien ». « S’il vous plait,
cher monsieur, dans quel endroit du monde pouvez-vous entreprendre des
démarches légales sans papiers ? Excusez-moi, mais donnez-moi une autre
nouvelle. » C’était comme ça tous les jours.

Q-Vous vous rappelez un autre exemple ?

Quelqu’un est venu me dire que son père lui avait raconté que dans la
prison, un cousin à lui avait été tabassé. Je lui ai demandé si son père l’
avait vu et cette personne m’a dit que non, qu’on le lui avait raconté.
Alors je lui ai dit : « La première chose que doit faire un journaliste, c’est
vérifier la source », avant de lui tourner le dos.

Q-Jamais ces opinions ne vous ont fait remarquer ?

Ils ne faisaient pas le lien entre le gouvernement et moi ; ce qu’ils
voyaient, c’est que j’attaquais fermement, mais avec décence. C’est ce qui
explique le départ des journalistes dans les agences, qui ont poussé comme
des champignons et où on attaquait d’une autre manière, et donc où on était
mieux payé.

C’est à ce moment qu’on a annoncé que le gouvernement nord-américain allait
donner beaucoup plus d’argent à travers le National Endowment for Democracy
(NED). J’ai continué avec mes modestes 50 dollars par mois à la tête de l’
APIC, mais une partie de cet argent a commencé à arriver et les gens se sont
emballés, surtout ceux de Miami.

Je peux vous dire que 80% de ce million sont restés en Floride.

Q-Vous en êtes certain ?

Bien sûr. Le flux d’argent faiblissait sur le chemin entre Miami à La Havane
et entre La Havane et la province. Nos représentants s’adjugeaient la plus
grosse part du gâteau ; puis c’était le tour des chefs de groupuscules, et
après des autres...

Pour pouvoir toucher les cent et quelques dollars que me devait Cubanet, j’
ai dû aller à la SINA dénoncer le responsable de l’agence, qui avait empoché
l’argent des journalistes.

Q-Comment êtes-vous entré en rapport avec Cubanet ?

C’est une histoire culinaire. Rosa Berre, l’inventrice de Cubanet,
enregistrait les notes que je lui dictais. Son téléphone se trouvait dans la
cuisine de son appartement, dans le South West. Tout en faisant la cuisine
elle recevait les nouvelles et ensuite les transmettait. Elle vivait très
modestement, et au début elle recevait tout juste une petite commission. Un
jour elle m’a dit qu’elle déménageait dans le centre de Miami, où elle avait
acheté deux appartements. L’un serait sa résidence privée et l’autre le
bureau de Cubanet. Elle s’était aussi acheté une voiture qui coûtait des
milliers de dollars avec « ses petites économies », la pauvre, parce qu’il
faut dire qu’elle était très économe...

Q-Vos conditions de travail ont changé, après cela ?

Oui, parce qu’il semble que plus elle recrutait de gens pour la cause de l’
« indépendantisme » plus elle recevait d’argent. Il était si facile de gagner
quelques dollars que pratiquement chaque jour j’avais vent d’un nouveau
groupe de presse ou d’une nouvelle bagarre pour de l’argent. Ceux qui ont le
plus volé sont ceux de La Nueva Prensa Cubana, Prensa Libre, et Rosa Berre.
Tous étaient Cubains et volaient l’argent des journalistes.

Je me souviens d’un garçon qui avait travaillé dans une imprimerie et se
faisait passer pour journaliste, et qui a fini par devenir chef. Il a volé l
’argent de six mois et s’est volatilisé. A ce moment-là il y a eu aussi un
changement dans les salaires. De 50 dollars, on est passé à 15 ou 20, même
si les « chefs » étaient censés répartir plus ou moins la même quantité d’
argent. Ils recevaient 50 dollars pour chaque journaliste et ne leur en
donnaient que 15. C’était un vol éhonté qui provoquait des prises de bec
terribles.

Q-N’importe qui ouvrait un bureau de presse ?

Il y a eu jusqu’à trente bureaux. Plus la capacité d’insulter était grande,
plus elle était élevée dans l’échelle des valeurs de Miami et de la SINA.
Plus il y avait de groupes de soi-disant journalistes, mieux c’était. Plus
ils criaient, mieux c’était...

Q-Vous révisiez les articles et les envoyiez ensuite à Cubanet ?

C’est pour cela que je suis resté sans clients. Une personne dotée d’un
minimum de culture et d’expérience du métier qui passe dans une pièce une
demi-heure avec ces gens-là en ressort malade.

Q-Comment réagissait la SINA ?

Quand ce n’était pas quelqu’un comme moi, qui déplaçait et bataillait, ils
faisaient semblant de ne rien savoir. Ils avaient autre chose à faire.

Q-Quoi ?

Ils conspiraient pour promouvoir devant l’opinion publique les « journalistes
indépendants persécuté », les récompensant et leur assurant les meilleures
conditions de travail. Et ils s’arrangeaient pour qu’il y ait toujours des
visiteurs et des diplomates à qui raconter l’histoire.

Q-Parlez-nous de quelques-unes de ces visites...

L’année 1995, par exemple, a été particulièrement intense. J’ai noté dans
mon agenda plus de 60 activités auxquelles j’ai participé, organisées par la
SINA pour des rencontres avec des visiteurs nord-américains de presque
toutes les tendances ainsi qu’avec des représentants de médias
internationaux et d’organisations de journalistes.

Q-De quels autres faits vous souvenez-vous ?

15 janvier : Réunion au domicile du chef de la SINA, Joseph Sullivan.
Entrevue avec des éditeurs nord-américains.

20 juillet : Rencontre avec une délégation nord-américaine venue assister aux
conversations migratoires. Je ne vous dis pas de quoi nous avons parlé, car
cela va de soi.

12 août : Réunion à la résidence du diplomate Gene Bigler, on a expliqué à un
groupe de fonctionnaires de la SINA les incidences de la création du Collège
de « Journalistes indépendants », qui avait vu le jour chez moi l’
avant-veille.

30 août : Réunion avec la Commission du Département d’État pour les Affaires
migratoires. On y a informé qu’en 1996, 20 000 ont été délivrés, répartis de
la façon suivante : 12 000 à des personnes communes ayant demandé à partir ; 7
000 à des réfugiés politiques et 1 000 devant être distribués par la SINA.

20 septembre : Remise d’un don de l’organisation Reporters sans Frontières,
qui a son siège en France ; Robert Ménard, son secrétaire général, m’a remis
des feuilles, du papier à lettres, des rubans de machine à écrire, une
douzaine de stylos bille et 1 000 dollars pour financer le « Bureau de
presse ».

20 septembre : J’ai été convoqué par la fonctionnaire Robin Diane Meyer qui m
’a réprimandé, ainsi que Yndamiro Restano, Olance Nogueras, Julio Martinez
et d’autres. Elle était furieuse à cause d’un document envoyé sans consulter
le Congrès des États-Unis et portant la signature de 127 Cubains.

27 septembre : Le journaliste cubano-américain Roberto Fabricio, à l’époque
secrétaire exécutif du Comité Liberté de Presse de la Société
interaméricaine de journalisme (SIP), s’est réuni avec un groupe dont je
faisais partie. Cet homme fut directeur du Nuevo Herald. Nous nous trouvions
chez les parents de Yndimiro Restano, et il nous a demandé d’élaborer une
forte dénonciation qui serait présentée formellement devant la SIP.

7 novembre : Robert Witajewski et Robin D. Mayer nous ont convoqués au
domicile du premier pour que nous leur expliquions pourquoi quelques-uns d’
entre nous n’avaient pas signé le projet Concilio Cubano, ce que à quoi nous
avons répondu, le plus effrontément du monde, que nous étions des
« journalistes indépendants » et que nous ne pouvions pas nous mêler de
politique. Mayer a trouvé cela raisonnable.

J’arrêterai ici la liste, sinon cette interview sera des plus ennuyeuses. Je
suis allé tant de fois à la SINA que ce livre ne suffirait pas pour décrire
toutes ces rencontres. Je tiens à avouer une chose : chaque fois que je
posais les pieds là -bas, je me demandais : quel genre de journalistes
sommes-nous ? Indépendants de quoi ?

Q-Parlons de la dernière fois où vous avez foulé le sol de la Section des
Intérêts ou de ses dépendances officielles...

Le Jour de la Presse cubaine, le 14 mars. Il y a eu un atelier à la
résidence de James Cason, avec tous les « journalistes indépendants ; on m’a
rendu hommage pour ma trajectoire dans la presse « indépendante » et on m’a
remis un diplôme. Ils ont eu la mauvaise idée de me charger de conduire la
discussion sur l’Éthique. Il y avait des représentants du gouvernement
nord-américain. J’ai dit qu’une conférence ne suffirait pas, qu’il faudrait
un cours d’éthique car la plupart de ceux qui étaient là se disaient
journalistes mais ne possédaient aucune culture. Leurs textes ne valaient
pas une rédaction d’enfants du primaire. Je demande pardon aux enfants...

Q-La Section des Intérêts vous disait ce que vous deviez écrire ?

Ils n’osaient pas le faire parce qu’ils me connaissaient bien.

Q-Vous leur suggériez les thèmes ou ce sont eux qui les choisissaient ?

Pas à moi... Ils dictaient les sujets aux handicapés mentaux,
pseudo-journalistes... Et pas seulement cela, car lorsque ceux-ci avaient
écrit leurs textes, avant de les transmettre ils allaient à la Section des
Intérêts pour les faire réviser, au cas où quelque chose ne conviendrait pas
politiquement. Lorsqu’ils avaient été approuvés, on les transmettait. Ils se
plaignaient de la censure à Cuba et je les voyais se plier à celle des
États-Unis. Entre ça et les bêtises qu’ils racontaient, les choses
devenaient insupportables. Les Nord-Américains ont fait des efforts pour
améliorer un peu le niveau des « indépendants », qui étaient la risée et un
motif de disputes dans les « rangs aguerris des dissidents ». On nous a
offert, à Raul Rivero et à moi, de créer une école à la Section des
Intérêts. Aucun de nous n’a accepté. Après, Ricardo Gonzalez Alfonso m’a
demandé la même chose : de donner des cours aux journalistes.

Q-A quel moment ?

Il n’y a pas longtemps. Ricardo était déjà chef de la Société des
Journalistes « Manuel Marquez Sterling ».

Q-Une école pour tous ?

Non. Pour ses affiliés. Elle serait installée à Miramar, son quartier de
résidence. J’ai accepté et ai voulu savoir combien il me paierait pour
donner les cours. Il m’a demandé si je prétendais gagner plus que lui et que
Raul Rivero. Et j’ai répliqué : « Pourquoi pas ? Rivero est journaliste mais
toi tu ne sais même pas écrire ton nom ». Il m’a promis de me dire combien il
me paierait, mais à ce moment-là , comme dit la chanson, « le commandant est
arrivé et a dit : arrêtez ! »

Q-Vous est-il arrivé d’interviewer un haut fonctionnaire à la demande de la
SINA ?

Le dernier en date a été mon ami James Carter. Je dis « ami » parce que lorsqu
’il était président il m’a invité à me rendre aux États-Unis pour donner des
cours d’espagnol à l’Université où il a fait ses études. Quand il est venu à 
La Havane, il m’a envoyé chercher chez moi pour que je déjeune avec lui.

Q-En privé ?

Non, il y avait d’autres personnes. Il m’a fait l’honneur de me placer près
de lui, à seulement un siège de distance, pour converser avec moi. Il m’a
interrogé sur le « Projet Varela » et je lui ai parlé en toute franchise.

Q-Qu’est-ce que vous lui avez dit ?

Qu’il était voué à l’échec. Qu’Oswaldo Paya n’était rien d’autre qu’un
enfant de choeur repenti. Qu’à Cuba il n’a aucune influence. Qu’à tout
moment il se présentait chez moi pour me dire : « S’il vous plaît, Baguer,
faites-moi une interview ». Un mois après il revenait avec la même histoire
et je l’esquivais. Je l’avais connu dans le quartier du Cerro, où nous
vivions tous les deux. Je l’ai vu avec des pantalons troués et maintenant il
se déplace dans un microbus, avec des airs de président. Il dit que c’est l’
Église qui lui en a fait cadeau, mais nous savons tous qu’il l’a acheté. Un
jour je lui ai dit en pleine figure que la plupart des dissidents
commentaient qu’il payait pour obtenir des signatures.

Q-Et qu’est-ce qu’il a répondu ?

Que c’était faux, que c’était des ragots des communistes. A moi, ce sont les
contre-révolutionnaires eux-mêmes qui m’ont dit qu’il l’a fait dans les
provinces de l’est du pays. Et en plus je connais des cas de personnes
« dissidentes » dont la signature est apparue dans des documents qu’elles n’
avaient jamais signés, parce qu’elles ne supportent pas Paya. Par exemple le
cas de Maria Valdés Rosado. Ces gens-là se trompent mutuellement et se
disputent pour obtenir la présidence et commencer à distribuer bourses,
argent, postes, comme on le voit tous les jours dans presque tous les pays
du monde.

Q-Avec Paya, vous connaissez deux « futurs présidents » cubains. Ils sont les
seuls à s’être présentés comme tels ?

Non, loin de là . Il faut aussi inclure parmi les candidats à la présidence
de la Nouvelle République de Cuba indépendante cet autre mafieux, Ricardo
Bofill. En réalité il y beaucoup d’aspirants, beaucoup d’agences de presse
et beaucoup de partis. La seule chose qu’il manque à ces gens-là , c’est des
adeptes. Comme cette agence de presse que j’ai connue à Santiago et qui n’
avait pour tous membres que la mère et le fils, dont aucun n’était
journaliste.

Et que dire des partis. J’ai connu quatre membres du Parti
démocrate-chrétien...

Ah ! J’oubliais un autre « président » : Vladimiro Roca

Q-Lorsque vous vous êtes vu en présence des autres agents, après avoir
retrouvé votre véritable personnalité, qu’est-ce qui vous a le plus surpris

Tania a été ma grande surprise.

Q-Pourquoi ?

Je n’aurais jamais pu imaginer cela. C’était une amie à moi, mais elle était
une des plus anciennes et des plus coriaces « dissidentes ».

Q-Et qui encore ?

Orrio, l’agent Miguel : avant, nous avions des engueulades olympiques, et
quand nous nous sommes revus, à l’heure de la vérité, nous sommes tombés
dans les bras l’un de l’autre et ce cri m’est sorti du coeur : « Toi ici ? Fils
de salaud comme tu l’étais ? »

http://www.granma.cu/frances/2003/julio/mar1/26bague.html


Source : CUBA SOLIDARITY PROJECT
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/html/




Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona.


- [ En mars 2003, 87 personnes furent arrêtées pour conspiration, activités subversives et collaboration avec la mise en place du blocus imposé par Washington.

Parmi ces individus se trouvaient infiltrés douze agents de la sécurité de l’Etat cubain dont Nestor Baguer, considéré comme l’un des plus prééminents leaders de la dissidence par la presse internationale et les organisations non gouvernementales, jusqu’à ce qu’il révèle sa véritable identité. Il était, en réalité, l’agent Octavio de la Sécurité de l’Etat depuis 1962 et avait infiltré depuis 1992 les différentes organisations de « militants des droits de l’homme », financées par les Etats-Unis. De plus, il était le correspondant privilégié de RSF à Cuba. M. Ménard, honteux de s’être laissé berné de la sorte, a passé cette information sous silence mais n’en démord pas, et persiste à qualifier ces gens « d’intellectuels » ou de « poète[s] ».]

Extrait de : Comdamnation de Cuba à Genève : le Honduras et l’histoire d’un terroriste notoire devenu diplomate US, par Salim Lamrani.






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