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L’emprisonnement d’Assange révèle une corruption encore plus grande que celle révélée par WikiLeaks

Consortium News a lancé une nouvelle série intitulée « Les révélations de WikiLeaks », qui a pour but d’aider les lecteurs à apprécier pleinement les informations utiles que le média a mis à la disposition du monde avec ses publications. Ce qui est bien, car il y en a beaucoup. Comprendre tout ce que WikiLeaks a fait pour éclairer des zones que des personnes puissantes souhaitent occulter, montre clairement pourquoi des personnes puissantes voudraient consacrer d’énormes quantités d’énergie à la saboter.

Ce qui est encore plus intéressant pour moi à présent, c’est que, si vous y réfléchissez bien, l’arrestation et l’emprisonnement totalement frauduleux de Julian Assange révèlent sans doute plus de malversations de la part du gouvernement et des médias que de ce qui a été révélé dans toutes les publications de WikiLeaks réunies depuis sa création. Et nous pouvons utiliser ce fait comme une arme pour réveiller le monde aux manipulations dystopiques des puissants, de la même manière que nous pouvons utiliser les publications de WikiLeaks.

Vraiment, réfléchis-y. Grâce à WikiLeaks, nous connaissons un environnement culturel militaire suffisamment toxique dans la guerre en Irak qui incite les soldats américains à tirer sur des civils, dont deux correspondants de guerre de Reuters, tout en échangeant des cris de joie et des félicitations. Nous savons que la CIA a mis en place un cyber-arsenal gigantesque qui lui permet d’espionner les smartphones et les téléviseurs intelligents, de prendre le contrôle à distance des véhicules, et de forger des empreintes digitales numériques pour inciter les enquêteurs à conclure que les responsables étaient des pirates informatiques d’un pays étranger, et qu’ils ont perdu le contrôle de cet arsenal. Nous connaissons le projet de la Democratic National Committee (DNC) de saper Bernie Sanders pendant la primaire, en violation de sa charte. Hillary Clinton a déclaré à un groupe de dirigeants de Goldman Sachs qu’elle comprenait la nécessité d’avoir ‘une position publique et privée’, et que le cabinet d’Obama a été essentiellement choisi pour lui par un dirigeant de Citigroup. Nous le savons et bien d’autres encore, des informations que les médias traditionnels et alternatifs utilisent jusqu’à présent pour élaborer des analyses de la situation mondiale.

Toutes ces choses sont bien sûr extrêmement importantes. Mais sont-ils proches de la révélation scandaleuse que le gouvernement américain et ses alliés ont conspiré pour emprisonner un journaliste pour avoir rapporté des faits sur les violences ? Que les gouvernements des États-Unis, de l’Équateur, du Royaume-Uni et de l’Australie ont tous travaillé de concert pour mettre au point une série de détails techniques bureaucratiques parfaitement harmonisés afin de créer une situation qui ressemblerait exactement à la même chose que d’emprisonner un journaliste pour avoir dit la vérité ?

Personnellement, je ne pense pas. Je pense que la seule chose qui empêche cette révélation scandaleuse d’atteindre l’ampleur qu’elle mérite dans l’esprit du grand public est le fait que les médias ne la traitent pas comme le scandale qu’elle est si clairement. Si, par exemple, les médias traitaient cet acte ouvert de tyrannie avec le même enthousiasme qu’ils traitaient les courriels du Parti démocrate et qu’ils les publiaient petit à petit à la veille de l’élection présidentielle, ou le même enthousiasme qu’ils ont montré avec les câbles diplomatiques ou la vidéo Collateral Murder, chacun serait furieux du fait que leur gouvernement agissait d’une manière qui ne le distingue pas fonctionnellement des dictatures les plus totalitaires.

Et ce refus des médias grand public de diffuser à peu près tout à part des diffamations est, en soi, une des raisons pour lesquelles ce scandale est si époustouflant dans son audace. Le précédent juridique qu’ils tentent d’établir avec l’extradition, la persécution de Julian Assange pour des actes ordinaires de journalisme affectera tous les journalistes de la planète, actifs ou retraités, professionnels ou citoyens. Cela met littéralement en danger la vie et la liberté de chaque personne travaillant dans chaque média, et soit l’encouragent par ignorance, soit trop effrayés pour s’en soucier. La CIA et le Pentagone ont militarisé l’opinion publique en utilisant les armes psychologiques les plus sophistiquées connues, et bien que le principal obstacle à la lutte contre sa persécution soit simplement la honte sociale d’aller contre la tribu, elle a de fait retourné la presse contre elle-même. La presse libre se laisse manipuler dans une position de soumission totale et absolue.

Et nous le voyons se produire devant nous. Et nous pouvons le dénoncer.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il est important de garder à l’esprit que l’empire centralisé des États-Unis nous a donné des informations qui peuvent être utilisées contre lui de manière dévastatrice si nous sommes malins. Même si Assange est enfermé derrière les barreaux, même si les dénonciateurs sont intimidés et n’osent plus dénoncer, et que les journalistes sont intimidés et n’osent plus publier, nous avons là des informations que nous pouvons faire circuler et attaquer la machine de propagande qui maintient l’humanité docile et esclave.

En enfermant Assange, ils se sont par inadvertance révélés pour ce qu’ils sont, et nous pouvons maintenant le montrer aux yeux de tous. Ils sont allés trop loin et ont exposé leur vrai visage.

Ne cessez jamais d’utiliser ces informations pour attaquer les propagateurs et les bénéficiaires de la désinformation. Ne cessez jamais de parler des États-Unis et du Royaume-Uni comme d’un "gouvernement qui emprisonne les journalistes pour avoir publié des faits dérangeants". Ne cessez jamais de crier à l’hypocrisie quand les Occidentaux critiquent les autres gouvernements pour avoir enfermé des journalistes. Ne cessez jamais de rappeler aux gens qui prétendent se soucier de la liberté de la presse quand Trump fait des tweets méchants sur un journaliste de CNN qu’ils ignorent délibérément une menace à la liberté de la presse qui est infiniment plus grande avec la persécution actuelle d’Assange. Voilà ce qu’ils sont. Si quelqu’un le nie, engagez-les dans un débat et montrez à tout le monde pourquoi il a tort.

Nous sommes encore très engagés dans cette lutte. Chaque fois qu’ils tendent le bras pour éteindre la lumière de la vérité, la lumière éclaire leur vrai visage et ils se brûlent. Ils tendent leurs bras vers la vérité, et leurs bras deviennent cendres. Chaque fois qu’ils essaient de combattre la vérité de front, ils ne peuvent s’empêcher de montrer au monde ce qu’ils sont vraiment.

Ne cessez jamais de rappeler au monde ce qui a été indéniablement révélé par l’emprisonnement de Julian Assange.

Caitlin Johnstone

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Traduction par Jean-Louis Scarsi

Revue et corrigée par VD

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