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La pêche infructueuse de Bush à Mar del Plata, par Juana Carrasco Martin.





La Havane, 10 Novembre 2005.


MarDel Plata. Un coup d’oeil sur les photos du simiesque -pardon, je voulais dire sinistre- personnage suffirait pour savoir que les choses ne se sont pas bien passées pour lui à Mar Del Plata. Et ce n’est pas parce qu’un Sommet des Peuples lui a donné une volée de coups de bâton avec des milliers d’arguments démontrant que la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques) est une farce annexionniste, ni que d’autres ont exposé avec une colère irrépressible leur opposition à un traité fait pour écraser tout le monde dans cet hémisphère.

Il a tout simplement échoué chez lui, dans son propre forum.

George W. Bush est arrivé dans la partie militarisée de cette ville argentine -l’autre appartenait aux peuples- pour tenter de récolter les fruits des pressions exercées depuis que, en 1994, les Sommets des Amériques ont commencé à Miami, à l’honorable et permanente exception de Cuba-, mais il est reparti les poches vides, même si certain les voient encore à demi pleines compte tenu des Traités de Libre Commerce, bilatéraux ou zonaux, avec lesquels ils veulent le voir poursuivre le même but de domination.

Cinq présidents ont formé une barrière plus haute que celle qui entourait le siège de la réunion de 34 chefs d’Etat d’Amérique du Nord, du Centre et du Sud et de la Caraïbe, ou de leurs représentants, et le tenait à distance du reste du continent. Et au terme du chemin hasardeux de Bush : il n’y a pas de ZLEA, bien que quelques acolytes lui aient joué le jeu de la génuflexion sans aucune limite. Le Mexicain Vicente Fox en est arrivé à dire qu’il pouvait y avoir une ZLEA à 29¼.

De fait, la diplomatie et la politique nord-américaines pour l’Amérique Latine se sont aperçues qu’elle n’ont pas pu éviter le tir au but et peuvent mettre ce chapitre IV dans le live des échecs, avec l’impossibilité d’attacher le continent avec le noeud gordien de l’ALCA. Un coup de machette de justice et de raison l’a aussi retranche dans le théâtre présidentiel.

Le fait est que l’expérience traumatisante du néolibéralisme et des ordonnances d’huile de ricin du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, ne soulagent pas la douleur mais augmentent les maux pour les peuples, et le président du pays amphitryon a expose dans le discours inaugural ,avec une logique sidérante, les critères que , certains analyste ont considéré, selon la même ligne pratique que celle exprimée par chaque argentin à pieds dans les rues de la ville-balneaire et dans chaque coin de ce pays, tombé dans un abîme économique qui a provoqué l’explosion sociale .

Bien entendu, il reste des arêtes coupantes et dangereuses qui vont au-delà des prétentions économiques traduites dans le TLC, et qui essaient d’occuper des espaces politiques de domination, comme c’est le cas de la Charte démocratique, qui montre un intérêt spécial à s’engager à fond contre le processus bolivarien du Venezuela, par exemple ; sans parler de l’intention de nous contrôler militairement, dont la manifestation la plus récente est le débarquement de marines au Paraguay pour des exercices et un entraînement de très longue durée.

Cependant, comme pour ne pas assister à sa propre défaite -la queue entre les jambes, diraient les secteurs les plus populaires de ce sous-continent- Bush a quitté Mar del Plata avant même la fin du Sommet, qui n’a pas fixé de date à la reprise des négociations car il faut reconnaître que l’obstination est une des grandes vertus de l’empereur.

Après deux jours de rencontres marquées de hauts et de bas, la Déclaration finale a été limitée par la discorde entre la plus importante économie du monde, ses prétentions d’hégémonie et sa réticence à reconnaître le droit des autres à se développer, face à ceux que la pression de leurs peuples oblige à défendre cette position, et dans de très rares cas -il faut malheureusement l’admettre- les président convaincus de la nécessité de donner un nouveau souffle au présent et à l’avenir latino-américain.

De sorte que s’il y a eu des chefs d’Etat prêts à continuer à négocier la ZLEA, d’autres ont inscrit leur opposition dans l’histoire de dignité de notre continent. En fait, ce fut une reproduction des conditions actuelles : en faveur de la ZLEA ceux qui sont attachés à Washington par le NAFTA (USA-Canada-Mexique), et derrière les Centraméricains qui ont signé le TLC, les Andins qui suivent le même mauvais chemin et le Chili, l’unique pays déjà lié par un accord bilatéral.

Toutefois, le vent de la raison s’est fait sentir, en premier lieu avec la position verticale du président vénézuélien Hugo Chavez brandissant l’ALBA, l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, qui porte déjà les fruits d’une intégration véritable sur un plan d’égalité et, surtout, de solidarité avec les peuples, et dont Cuba, l’« exclue », est l’un des principaux protagonistes.

Dans cette remontée morale, dictée par les souffrances et les avatars de la réalité d’un continent riche, extrêmement pauvre et inégal, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay ont brisé le consensus nécessaire pour l’adoption de la ZLEA. Le filet de Bush à Mar del Plata était percé. La pêche a été mauvaise.

Certains se demanderont, après ces Sommets de Mar del Plata : sommes-nous un continent divisé ? Oui et non. Il faut seulement donner le temps aux peuples de rompre le mur et d’imposer leur alternative, pour transformer en réalité ce qui fut, dit-on, le mot d’ordre du Sommet des présidents : « Créer des emplois pour réduire la pauvreté et renforcer la gouvernabilité démocratique », celle de la vérité, pas du mensonge.

Juana Carrasco Martin, spécialement pour Granma international


- Source Granma international www.granma.cu


L’ALBA : une alternative réelle pour l’Amérique latine, par Marcelo Colussi.


Discours du Président Hugo Chavez au IIIe Sommet des peuples de l’Amérique à Mar del Plata.


Echec de M. George Bush à Mar del Plata<BR>
www.monde-diplomatique.fr


Oui à la vie. Non à la ZLEA. Une autre Amérique est possible.

L’aube vénézuélienne : ALBA contre ALCA, par Anne Cauwel.



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