La VIème République

RÉPUBLIQUE SOCIALE

Thème central du programme du Front de gauche lors des élections présidentielles de 2012, l’idée d’une VIeme République n’a pas été abandonné, loin de là. Au contraire, elle a été approfondie et améliorée et apparaît ainsi être un réel espoir de changement. En effet, la Vème République semble avoir atteint ses limites. Avec ce système qui permet à un candidat d’être élu sur un programme, et de faire l’inverse de ce pour quoi il fut élu, sans que personne ne puisse lui reprocher ce revirement et ne puisse changer le cours de sa politique.

La Vème République, voulue par de Gaulle, a contribué à faire du Président de la République- certes élu au suffrage universel direct- un monarque républicain. Ainsi le peuple, bien que souverain, n’a plus de réel pouvoir après le vote, et ce d’autant plus depuis que les élections législatives font en sorte de donner à chaque fois une majorité au Président nouvellement élu- ou réélu. De fait, il n’est plus possible pour les électeurs de sanctionner une politique gouvernementale en choisissant une autre majorité parlementaire en cours de mandat.

Refonder notre système politique est donc devenu une nécessité démocratique. Car, l’idée même d’un régime républicain et démocratique réside dans la souveraineté populaire, matérialisée par l’adage du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». La démocratie ne doit pas se résumer qu’à un vote- si régulier soit-il- si par la suite le peuple n’a aucun moyen de pression sur les nouveaux dirigeants. Et même lorsque le rapport de force nous semble favorable, que nous sommes des centaines de milliers voir des millions dans la rue, que la côte de popularité du Président de la République est au plus bas, le gouvernement peut toujours user de l’article 49-3 pour faire passer en force une loi, rejetée au sein même de sa majorité. Une mesure antidémocratique que le Parti Socialiste, François Hollande en tête, avait lourdement condamné avant les élections, avant de l’utiliser à plusieurs reprises lors de son quinquennat.

Une Assemblée nationale Constituante devra donc être élu, elle aura la charge de la rédaction d’une nouvelle Constitution et des bases de la nouvelle République sociale, participative, écologique, démocratique et populaire. Une fois son travail achevé le peuple devra naturellement valider ce processus par référendum avant d’élire la nouvelle Assemblée pour un nouveau mandat. De mon point de vue il sera nécessaire que les nouveaux élus représentent tous les secteurs de la société, singulièrement ceux qui sont oubliés par la République. D’ores et déjà il faudra définir un cadre : les anciens élus nationaux de la Vème République ne pourront pas être élu au sein de la nouvelle Assemblée, afin de renouveler la classe politique. Ce sera aussi un moyen de redonner confiance dans la représentation nationale. Les mandats devront être limités à une seule unité, permettant à tous de pouvoir être élu, ouvrier comme paysan, journaliste comme jeune, retraité comme résident de banlieue, athée comme croyant de n’importe quelle religion.

Le référendum révocatoire

Déjà présent dans de nombreux pays (1), notamment parmi des pays progressistes et socialistes d’Amérique latine – Cuba, Bolivie, Venezuela, Equateur – le référendum révocatoire peut être l’une des solutions à la crise démocratique que nous connaissons. Ce système permettrait ainsi aux électeurs de destituer un élu local, régional ou national, y compris le Président de la République, si ceux-ci jugent inappropriée l’action de celui ou celle qu’ils ont élu. Cela ne voudrait pas dire que nous aurions à voter toutes les semaines, puisqu’il faudrait naturellement un seuil minimum de voix, ou de pourcentage de voix, suivant les situations pour enclencher un tel processus.

Nous serions ainsi sûr que le candidat que nous aurions à choisir appliquerait réellement son programme, sous peine de ne pas pouvoir finir son mandat. Cela exigerait aussi de fait que les différents élu-e-s tiennent régulièrement des réunions publiques afin d’exposer à ceux qui les ont élus leurs actions, et leur bilan comme c’est déjà le cas à Cuba où la loi exige que les élus, des Assemblées municipales ou provinciales, ou bien ceux de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, rendent compte de leur action auprès du peuple cubain.

Outre cet aspect purement démocratique, cela permettrait également de ne plus avoir d’élus qui agiraient en toute impunité parce que protégés par leur poste d’élus de la République.

Le vote obligatoire

Il faut commencer par faire un constat : de moins en moins de personne votent en France. Certaines par pur choix militant ou idéologique, d’autres par déception vis à vis de la classe politique, d’autres simplement par fainéantise. Le droit de vote, est pourtant un droit que certains pays et certains peuples n’ont pas la chance d’avoir- où du moins partiellement. Pourtant, les chiffres l’attestent, les électeurs semblent de moins en moins concernés par ces élections, même s’il est vrai que l’élection présidentielle attire plus de monde que les autres échéances électorales. Le constat est d’ailleurs très alarmant lorsque moins de la moitié de ceux ayant la capacité de voter ne se déplacent pas aux urnes. Ces chiffres attestent d’une défiance grandissante du peuple vis à vis de la classe politique perçue comme trop éloignée de la réalité. Ce fait pris en compte doit nous conforter davantage dans notre lutte pour l’instauration d’une VIème République.

Le vote obligatoire pourrait être l’une des solutions pour redonner confiance en la politique. D’ailleurs de nombreux pays l’ont déjà adopté (2) et présentent des résultats très encourageants en terme de pourcentage de vote. Il est évident qu’il n’est pas question d’en faire une mesure autoritaire où ceux n’ayant pas voté iraient en prison. Une amende serait sans doute la meilleure solution comme c’est par exemple le cas en Australie. On peut même aller plus loin si l’on imagine que l’argent récolté, auprès des personnes ne s’étant pas présentées aux bureaux de vote, pourrait être reversé en intégralité à des associations caritatives destinées aux plus démunis.

Abaisser l’âge de vote à 16 ans

C’est en écoutant le discours de Jean-Luc Mélenchon à la convention de la France insoumise que j’ai pris connaissance de cette mesure et de l’argumentation qui en a découlé. Comme pour le vote obligatoire, d’autres pays ont déjà franchi le pas du vote à 16 ans. Ainsi, pour ne prendre qu’un seul exemple, au sein du Royaume-Uni : l’Ecosse autorise le vote à cet âge.

Beaucoup de français sont aujourd’hui défavorables à une telle mesure, sans doute pensent-ils qu’il serait trop facile d’instrumentaliser le vote d’un adolescent. Pourtant, aux yeux de la loi, lorsqu’on atteint l’âge de 16 ans, on est déjà responsable de beaucoup de choses. En outre, l’école obligatoire se termine à l’âge de 16 ans, par conséquent le travail est légalement possible pour une personne âgée de cet âge là. Si nous ajoutons à cela la majorité sexuelle, le durcissement du droit pénal, et la possibilité d’ouvrir un compte bancaire ainsi que de le gérer, le droit de vote s’impose comme une logique. En effet, si la République considère quelqu’un âgé de 16 ans comme assez mature pour gérer son argent, avoir la possibilité de travailler et d’être jugé, pourquoi ne pourrait-il pas voter ?

Il y aurait encore beaucoup de choses à définir ; le statut du Sénat, la question de la proportionnelle, la fin totale du cumul des mandats, mais d’ores et déjà l’idée la plus importante demeure celle du passage à la VIème République qui devra être approuvé par le peuple. C’est à partir de ce moment que tout le processus de démocratisation pourra véritablement s’enclencher.

(1) : Modalités du référendum révocatoire par pays

(2) : Pays où le droit de vote est obligation

 https://republiquesocialeblog.wordpress.com/2016/10/17/la-vieme-republique/

COMMENTAIRES  

04/11/2016 10:58 par résistant

Une sixième république sans rétablir la souveraineté nationale, c’est juste une mauvaise farce.
Pas un mot dans cet article sur la condition préalable de sortir de l’Union Européenne, de l’Euro et de l’OTAN sans laquelle rien ne peut être changé, sauf cosmétiquement. Une arnaque.

04/11/2016 16:16 par Geb.

Quant au "vote obligatoire", tant qu’il y aura impossibilité pour un quelconque courant politique à se présenter sous n’importe quel prétexte invoqué et surtout aucune prise en compte dans les résultats effectifs, des votes blancs ou nuls, ça ne sera qu’une mascarade de plus.

04/11/2016 20:53 par gyam

Il y a un détail qui me semble important : qui dit nouvelle constitution dit dans ce cas, constituante. Donc rien ne dit que les votes blancs ne soient pas comptés et qu’une sortie des traités (plan A d’après la France Insoumise) voire effectivement de l’Europe (plan B - pour les anglais c’est peu ou prou comme avant apparemment) ne soit également planifiée à ce moment là. Tout dépendra des contributeurs.
J’espère que les lecteurs du LGS seront de la partie car sinon ils manqueront.

Rien à voir mais j’adore les laïus sur France Inter et le PS.

05/11/2016 10:46 par Louis St O

Résistant, Geb..

Quand on dit et qu’on écrit : Nous désobéirons aux traités de UE, ... nous sortirons de l’OTAN, ... (peut être ne savez vous pas que l’on ne sort pas de l’UE en un claquement de doigts) cela ne vous suffit pas mais que voulez-vous, Qui voulez vous comme Président (ne pas oublier que nous sommes en Vième République) à moins que ce soit la révolution, OK vous commencez quand ? Moi je suis prêt !

Avec des guerriers comme vous on n’est pas prêt de changer de République.

« Bon, si c’est la révolution, on avisera, En attendant, ce sont les élections. » (FM) méditez cette phrase !!

06/11/2016 17:54 par babelouest

Louis StO je pense qu’il faut prendre modèle sur l’association pour une constituante, qui préconise de remplacer la présidentielle par la réunion d’une assemblée constituante formée de simples citoyens, et dont les travaux s’appuieraient sur des Cahiers d’Exigence.

Ses propositions ne vont pas plus loin, ce qui est assez court je l’accorde. Pour initier ce changement, il faudrait que le peuple en masse se lève pour l’exiger. Il POURRAIT le faire, mais jusqu’à présent à part de fort peu nombreux partisans de cette suite, pas un frémissement ne parcourt l’hexagone. "Les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent", hélas.

13/11/2016 21:37 par alain harrison

Bien, il faut que le vote blanc soit considérer comme un avertissement sérieux sur les politiques annoncées lors de l’élection.
Il reste à le définir !

La VI e république, la réécriture de la Constitution et la répartition des médiats doivent faire parti du discours à la course électorale.
Bien sûr l’annonce des 4 sorties, plus celle de la ratification de l’AECG. Donc 5 sorties en vue !

Voir le programme communiste :
http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/prcf-demandez-programme-4-sorties-10-entrees-perspective-revolutionnaire/#comment-2374

L’autre "programme" de la France Insoumise-m6r.Fr est à considérer.

L’utilité de jeter un regard sur ces deux programmes.

Un peu à la façon de discuter du revenu de base versus le salariat de M. Friot, mais en regard du texte : Le tout PIB à la cotisation.

Donc il faut regarder le programme communiste versus France Insoumise en regard de quoi ?
En regard des deux fondamentaux : revenu de base (salariat) couplé aux coopératives autogérées à temps partagé : retrouvé son temps de vie.
Quel monde voulons nous, pour ceux qui vont suivre ?
Le choix réside dans notre égoïsme ou non !
La révolution ne réside pas dans les combats d’intérêts clientélistes, bien que les combats syndicales soient importants, mais il faut aussi un combat global qui aura des effets synergiques sur l’ensemble de la société.
Je trouve dommage que les communistes et la gauche en générale ne prennent pas sérieusement en main les deux fondamentaux.
Le libéralisme ne cesse de les instrumentalisés, de sorte que le phénomène de l’exploitation de l’homme par l’homme perdure et s’approfondie, la Grèce à genoux de l’austérité.
Voir, revoir et répandre absolument l’article :

Qui sauve qui ?
22 juin par Anouk Renaud
« « Mais pourquoi les banques européennes achetaient tant de la dette grecque ?
D’une part, parce qu’avec la déréglementation financière, investir dans la dette publique est considéré comme une prise de risque zéro et donc permet aux banques de prêter sans compter et sans prendre de risque… du moins en apparence. De cette façon les banques maintiennent de « bonnes notes » auprès des agences de notation |8|………
En plus d’avoir servi à rembourser les banques européennes qui détenaient la dette publique grecque, l’argent des prêts de la Troïka a également permis de recapitaliser les banques grecques afin d’éviter qu’elles ne s’effondrent. Sauver les banques grecques permettait de sauver les banques européennes car elles possédaient des filiales de ses banques, avaient des parts dans leur capital et surtout leur avaient prêté beaucoup d’argent ! Et la crainte de l’effet domino ne s’arrêtait pas là, puisque les banques américaines étaient également très exposées vis-à-vis des banques européennes. Bref, il fallait sauver les banques grecques pour sauver le système bancaire……….
L’artillerie lourde a donc été sortie non pas pour sauver la Grèce, mais les banques privées européennes, grecques y compris. D’ailleurs à y regarder de plus près, les nouveaux créanciers de la Grèce ne s’en cachent pas tellement… Le FMI est on ne peut plus clair à ce sujet, puisque en 2013 un de ces rapports admet que « repousser la restructuration de la dette offre une fenêtre aux créanciers privés pour réduire leur exposition et transférer leurs créances au secteur public » |16|. » »
http://www.cadtm.org/Qui-sauve-qui,13640

Nous avons deux armes :
Les accusations de crime contre les peuples.
Les solutions synergiques.
Il s’agit de les articulés adéquatement.
Dénoncer, mais d’ouvrir sur l’alternative que tous peuvent voir.
Voir ce qui converge : revenu de base et salariat.
Lors des manifestation et des contestations pacifiques, les discours doivent ouvrir sur les solution et l’alternative.
Les sympathisants de l’Humain d’Abord peuvent se partager la tâche du réveille du grand dormeur.
Condition fondamentale et incontournable pour passer du vieux monde au nouveau monde.
Et l’histoire fait parti des outils essentiels : se souvenir....les manipulateurs n’aiment pas : un des slogans du libéralisme : ne regarder qu’en avant. Ils rêvent d’une éducation formative. Les nouveaux soldats du productivismes : l’individu entrepreneur, le travailleur à valeur ajoutée.
Les communistes ont cette tare dont ils doivent faire le point : le productivisme prolétarien, par des prolétaires pour les prolétaires dans le cadre de la dictature prolétarienne.
Marx : “Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux.”
HUM ! Oui, les contradictions. La fin réside dans les moyens, l’histoire ne nous l’apprend-t-elle pas ?
Le phénomène de l’exploitation de l’homme par l’homme est la source des malheurs humains. Quelque soit l’habit.
Il y a deux fondamentaux.
Un psy a vue juste : l’homme est enfermé dans une enceinte plus solide que du béton, et c’est une idée.
Ce sont des évidences, et pourtant vous resterez dans vos conditionnements sophistiqués.
Certains prendront des voies détournées qui mènent nul part sauf à des politiques de demi mesure, le lieu de toutes les récupérations et instrumentalisations, pour ne pas dire manipulations.
La passe subtile que peu voit : les politiques économiques d’ajustement au bonheur des agences de notation, l’épée de Damocles de la finance libérale sauvage. (une fiction qui marche, méta conditionnement oblige).

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