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Le New York Times et le Washington Post envoient leurs meilleurs journalistes se briefer aux folies de cinq heures.

Lorsque l’armée étasunienne embarque un groupe de journalistes pour un pays étranger, elle a un but précis et elle prépare tout à l’avance dans les moindres détails. Il y aura des témoins et des locaux qui savent ce qu’ils doivent dire aux journalistes pendant leur interview de deux minutes pour faire passer exactement le message que les militaires veulent faire passer. Après les avoir laissés baigner dix minutes maximum dans la couleur locale, un officiel de la diplomatie étasunienne ou un général offrira aux reporters un bon whisky et un steak authentiquement local. L’officiel débitera un petit communiqué préparé à l’avance qui viendra renforcera ce que les locaux ont été chargés de dire.

Le résultat est prévisible. Les articles que les journalistes rédigeront seront identiques.

Michael Gordon dans le New York Times d’hier et David Ignatius dans le Washington Post d’hier parlent tous deux de leur dernier voyage embarqué à Tabla en Syrie.

L’article de Gordon : Test pour la politique de Trump dans une ville syrienne au désespoir

Le jeune homme s’est déchargé du fardeau des terribles années passées sous la coupe de l’Etat islamique devant une foule de spectateurs curieux rassemblés devant la façade défraîchie d’un commerce de la place du marché. Les combattants, a expliqué cet homme de 22 ans nommé Abdul Qadir Khalil, ont tué de nombreux résidents, offert de précieux emplois et sévèrement limité le droit d’entrer et de sortir de la ville.

Il a égrené la liste des choses dont Tabqa a besoin : l’électricité, l’eau, le carburant et une grande boulangerie. Puis, en riant de plaisir parce qu’il pouvait enfin dénoncer ouvertement les militants, il a déclaré : « Si jamais ils reviennent, ils nous massacreront tous. »

L’article d’Ignatius : L’État islamique est défait en Syrie et une ville offre un aperçu de l’avenir du pays

Un groupe bruyant de jeunes gens syriens est rassemblé à l’extérieur d’un magasin de pneus et de pièces détachées en face de l’entrepôt. Au début, les conseillers militaires étasuniens ne sont pas sûrs qu’il soit prudent de parler avec eux, mais les hommes se pressent avec impatience autour des deux journalistes étrangers. Abdul-Qadr Khalil, 22 ans, vêtu d’une veste en nylon bleu brillant, parle pour le groupe. Il se plaint qu’il n’y a pas assez de nourriture, d’eau, de gaz ou de pain, et qu’il n’y a pas de travail. Mais il rejette l’idée que l’État islamique puisse revenir.

« Non, jamais ! », s’écrie Khalil, et les jeunes gens qui l’entourent font oui de la tête avec vigueur. « Notre vie sera finie s’ils reviennent. Ils nous tueront tous. »

Gordon :

Des petits enfants accueillent les visiteurs avec le signe « V » de la victoire.

Ignatius :

De jeunes enfants font le signe V de la victoire.

Gordon :

« Un des problèmes fondamentaux de notre société est que l’idéologie de l’EI a été implantée dans le cerveau des jeunes enfants, ce qui signifie qu’elle se perpétuera à l’avenir », a déclaré Ahmad al-Ahmad, le coprésident du conseil.

Ignatius :

Ahmad al-Ahmad , coprésident du Conseil civil de Tabqa nouvellement formé ... Les jeunes garçons qui ont été endoctrinés dans les camps d’entraînement de l’État islamique essaient de trouver leur équilibre dans un monde nouveau où il n’y a plus de décapitations ni de slogans islamistes.

Gordon :

Près de 50 tonnes de farine, payées par le Pentagone, ont été transportées en camion depuis l’Irak vers un entrepôt financé par les Etats-Unis, mercredi.

Ignatius :

Le premier envoi de nourriture américaine est arrivé mercredi dans un entrepôt près du centre-ville ; Les sacs de farine et de riz sont empilés sur des palettes, prêts à être distribués, ...

Gordon :

« Nous ne cherchons pas la beauté ; nous sommes pragmatiques », a déclaré le général Rupert Jones de l’armée britannique, le commandant adjoint de la force de coalition.

Ignatius :

« Ce n’est pas une œuvre de beauté. C’est du pragmatisme », explique le général de division Rupert Jones, le commandant adjoint britannique des forces de la coalition en Irak et en Syrie.

Je suis d’accord avec le général britannique. Les articles du Washington Post et du New York Times rédigés pendant leur voyage embarqué avec l’armée ne sont pas une œuvre de beauté, mais du pragmatisme. Ces journalistes hautement rémunérés ne veulent pas salir leur belle tenue coloniale en crapahutant dans le désert. Ils préfèrent répéter pragmatiquement ce que disent des locaux bien informés (et soudoyés), faire des photos des enfants qui font le signe du V (et reçoivent les bonbons promis) et prendre en sténographie ce que disent les militaires ou certains diplomates. Ils n’ont nul besoin d’enquêter réellement, ni de réfléchir, ni d’enfiler des bottes de terrain pour faire leur travail.

Les militaires voulaient faire passer l’idée que presque tout va bien maintenant à Tabqa. Les gens adorent l’occupation des États-Unis et la seule chose dont ils ont maintenant besoin c’est de quelques milliards d’euros pour reconstruire un minimum le pays.

Les journalistes se sont gavés de plats tout préparés et ont écrit exactement ce que les militaires voulaient qu’ils écrivent.

Les médias traditionnels veulent que leurs lecteurs croient que leurs récits des zones de guerre sont de vrais reportages. Les exemples ci-dessus montrent que c’est loin d’être le cas. Leurs journalistes photographient et enregistrent simplement les chorégraphies complexes que les conseillers de presse du Pentagone et du Département d’Etat ont demandé aux officiers locaux chargés de la communication de leur mettre sous le nez. C’est la version moderne des folies de cinq heures de la guerre du Vietnam. (*)

Richard Pyle Le chef du bureau de Associated Press-Saigon pendant la guerre, a écrit que les briefings de la « presse militaire » étaient « la plus longue tragi-comédie du théâtre de l’absurde de l’Asie du Sud-Est ».

À l’époque, la plupart des médias ne se laissaient pas berner par ces grotesques faux-semblants, aujourd’hui ils jouent le jeu avec plaisir.

Moon of Alabama

Note :

* En anglais five O’clock follies. C’est le nom que les journalistes donnaient aux briefings quotidiens de l’armée étasunienne pendant la guerre du Vietnam.

»» http://www.moonofalabama.org/2017/07/nyt-wapo-reporters-stenograph-fiv...
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Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État - et c’est pareil dans les autres pays européens - s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à -dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an et nous ruine année après année. Ce sujet devrait être au coeur de tout. Au lieu de cela, personne n’en parle.

Etienne Chouard


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