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Le règne de la haine : tweet après tweet, l’Amérique glisse vers le désastre (RT)

Le niveau de haine active qu’on constate entre les divers groupes américains à propos de toute une myriade de questions a atteint un paroxysme. Cette situation a transformé le pays en poches de colère isolées et sonné le glas du dialogue dans la société.

Où que l’œil se pose, il semble que le peuple américain, obnubilé par la dernière cause à la mode, soit en train de s’entre-tuer. En fait, nous sommes peut-être la seule nation au monde qui est plus unie par ce qui la divise que par ce qui la rassemble.

Incités à l’action (et à la distraction) par une poignée de médias tout-puissants, les Américains s’identifient aux explosions sociales incessantes, comme le mouvement #MeToo, Black Lives Matter, LGBT, et, bien sûr, l’affrontement du siècle entre les conservateurs et les libéraux depuis que Donald Trump est arrivé à la Maison blanche.

Poussés par l’éternel désir de traquer la source de notre mécontentement, certains se sont même mis à pointer du doigt les hommes, en particulier les hommes blancs. Eh oui, grâce à leur soi-disant ’privilège blanc’ et à leur ’masculinité toxique’, les hommes blancs d’Amérique parviennent même à prendre lentement la place de la Russie comme principale responsable de nos larmes et de nos épreuves. Je souhaite bonne chance à ceux qui voudraient avoir un second avis sur la question !

A cause du nuage délétère du politiquement correct qui s’est abattu sur le paysage comme un gaz lacrymogène, il devient presque impossible d’exprimer différentes idées ou façons de voir. C’est ce qu’atteste la nouvelle manière de se comporter des étudiants universitaires, dont beaucoup préféreraient voir leurs magnifiques campus détruits plutôt que d’exposer leurs esprits fragiles au débat et au dialogue.

Ce climat d’oppression quasi-fasciste qui cherche à étouffer le débat démocratique ne fera qu’engendrer de nouvelles haines. C’est ce qui s’est passé la semaine dernière lorsqu’un groupe d’élèves de la Covington Catholic High School du Kentucky s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, à savoir à Washington au plus fort de l’hystérie collective sur ’la démence de Trump’ (TDS).

On a une version abrégée de l’incident dans cette longue vidéo : un groupe d’étudiants exubérants qui attendaient l’autobus près du Lincoln Memorial, a attiré sans le vouloir l’attention de membres d’un tout petit groupe religieux qui se fait appeler les Israélites hébreux noirs.

Comme les Israélites hébreux noirs commençaient à insulter les étudiants catholiques, Nathan Phillips, un Amérindien qui avait également fait l’objet d’insultes verbales de la part des membres du même groupe, s’est placé entre les deux groupes pour désamorcer la situation en chantant des chants traditionnels avec un tambour.

Comme vous le savez, les médias grand public adorent ce genre d’histoire. Pourtant, leur reportage ne commence qu’au moment où Phillips et l’étudiant catholique Nick Sandmann se retrouvent face à face.

L’étudiant, coiffé d’une casquette ’Make America Great Again (MAGA)’, sourit à l’Amérindien qui continue à taper du tambour et à chanter. Voilà en quoi a consisté le dramatique affrontement. Ceux qui ont l’habitude des reportages toxiques et uniquement à charge contre tout ce qui concerne Donald Trump, peuvent probablement deviner à quoi tout cela va aboutir. Pas à un prix Pulitzer, c’est sûr. Et pourtant, je dois admettre que je ne m’attendais quand même pas à tant de perversité de la part des médias.

Bien qu’il y ait eu toute une panoplie de personnages douteux dans ce trépidant incident de rue, les médias ont pris pour cible le jeune étudiant catholique blanc qui portait une casquette MAGA. Encore une fois, rien de surprenant à cela.

Le lendemain, le New York Times était un des premiers à parler de l’incident, mais il n’a jamais pris la peine d’interviewer Sandmann, pour savoir ce qu’avait à dire l’étudiant qui était au centre de la controverse. Au lieu de cela, le Times a parlé d’’une altercation inquiétante à l’extérieur du Lincoln Memorial : un groupe de lycéens braillards et railleurs, principalement blancs et arborant le slogan ’Make America Great Again’, entouraient un respectable Amérindien’.

Ce qui s’est passé ensuite a été vraiment horrible et montre bien ce qui ne va pas dans la société américaine d’aujourd’hui.

Une fois que la soi-disant ’altercation’ entre l’étudiant et l’Amérindien a été rendue public, les guerriers des médias sociaux armés de leur inébranlable autosatisfaction et de leur moralisme à toute épreuve, se sont jetés sur les étudiants catholiques avec une telle violence et une telle bêtise qu’un Inquisiteur médiéval en aurait rougi de honte.

Reza Aslan, par exemple, un ancien analyste politique de CNN et - je ne plaisante pas - un militant religieux, a appelé à la violence physique contre le jeune étudiant.

Et il y a eu des dizaines d’autres appels à l’agresser, au point que le lycée catholique de Covington, très inquiet, a fermé pour une journée.

Un contributeur de Buzzfeed qui avait été arrêté quelques jours plus tôt pour avoir publié de fausses nouvelles sur Trump, a décrit l’affrontement comme symptomatique du ’patriarcat blanc’, en envoyant sur tweeter une photo de Nick Sandmann en même temps qu’une photo de Brett Kavanaugh, le juge de la Cour suprême accusé à tort de viol pendant qu’il était en cours de nomination.

Heureusement, quelques journalistes, comme Caitlin Flanagan de l’Atlantic se sont réveillés et ont reconnu que les médias avaient ’tellement bâclé le reportage de l’incident qu’ils avaient perdu toute crédibilité’.

Cependant, il faut accueillir ce mea culpa avec beaucoup de prudence. Les médias ont reculé pour une seule raison : ils ont été pris en flagrant délit de manipulation d’un incident dans le but de nuire le plus possible à Trump.

Ils ne savaient pas que les Israélites hébreux noirs avaient filmé l’épisode dans son intégralité, apportant la preuve qu’aucune des accusations sauvages lancées contre les jeunes catholiques n’était vraie. Si cette vidéo imparable n’avait pas existé, les attaques sans fondement des médias contre ces garçons - qui ont vu leur réputation traînée dans la boue - se poursuivraient encore aujourd’hui. Cela soulève la question de savoir combien d’autres incidents les journalistes ont bâclés/manipulés de la sorte au fil des ans…

En attendant, on ne peut pas ignorer la tendance problématique des médias sociaux dans de telles situations. Une fois de plus, les gens en ont rajouté à l’histoire sans la moindre retenue, montrant leur allégeance inconditionnelle aux médias dominants pourtant connus pour manipuler l’information en fonction de leur agenda politique - pensez à la guerre en Irak ou au Russiagate.

Victor Davis Hanson, historien à la Hoover Institution, a expliqué comment ce phénomène contribue à répandre la haine aux États-Unis.

’L’Internet et les médias sociaux se transforment souvent en une foule de lynchage électronique’, écrit Hanson. ’En une nanoseconde, un insignifiant reportage local devient viral. Immédiatement, des centaines de millions de personnes l’utilisent pour claironner les tares ou les bienfaits du progressisme ou du conservatisme.’

C’est vraiment le grand paradoxe : à cette époque où les Etats-Unis, comme d’autres pays modernes, bénéficient de tous les avantages des technologies de la communication, on a complètement oublié l’art subtil de la communication.

Les gens ne savent plus tenir une conversation rationnelle. Les utilisateurs de médias sociaux sont devenus maîtres dans la rédaction de commentaires courts et sarcastiques, mais ils sont totalement incapables de prêter attention à une idée qui n’est pas sortie de leur tête.

Au lieu de cela, on hisse des drapeaux et on se divise en camps ; les traîtres à la cause sont rejetés et muselés ; on lance des paroles incendiaires à l’abri de ces camps retranchés, et le niveau de la haine ne fait que grimper jusqu’au point de rupture. Le centre ne tiendra pas dans de telles conditions.

Écouter l’autre camp demande de la sagesse, de la patience et, dans certains cas, la capacité d’admettre qu’on a tort. C’est assez tragique, mais malheureusement peu d’Etasuniens sont prêts à reconnaître leurs erreurs ; la conséquence de cet état de fait, c’est que l’agressivité gratuite et la haine contre les innocents ne fera qu’augmenter dans l’avenir.

Robert Bridge

Robert Bridge est un écrivain et journaliste américain. Ancien rédacteur en chef du Moscow News, il est l’auteur du livre ’ Midnight in the American Empire ’, publié en 2013.

Traduction : Dominique Muselet

»» https://www.rt.com/op-ed/449734-hate-us-divide-maga/
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