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Lettre ouverte d’un artisan aux artisans, artistes, commerçants, paysans, professions libérales, Ubers ...

Mes semblables, mes sœurs, mes frères, les affaires du monde ne peuvent rester comme elles sont. Car ce qui est aujourd’hui conduit à notre perte. Les crises économiques s’enchaînent. Celle de 2008 à peine terminée voilà que s’en profile une autre.

Le vieux monde est à bout de souffle. Le nouveau, pas encore advenu. E. Macron n’a plus que sa milice pour se protéger des cris du peuple. Honte à lui d’utiliser les forces de police, avec l’argent de notre sueur, pour préserver un système au bord de l’écroulement. Nous avons le devoir de nous tenir aux exigences de l’histoire.
J’en appelle à votre mobilisation.
Ici, là, et là encore, la précarité est partout. Dans le secteur public, dans le secteur privé, dans les ateliers, les usines, les laboratoires, les théâtres, les fermes, les cabinets. Elle fragilise les plus faibles et rend l’avenir incertain. Elle interdit toute anticipation et rend plus difficile la force d’espérance qu’il faut avoir pour changer, disait P. Bourdieu. Conscientes, inconscientes, les crises hantent nos imaginaires autant que le réel. Artisans, artistes, commerçants, paysans, professions libérales, ubers, peuple bariolé des indépendants, travailleurs, nos maisons s’écroulent sous la puissance de l’ouragan néolibéral.
Plus de 14% de pauvres en France. Plus de 6 millions de demandeurs d’emplois. Les femmes inscrites en libéral subissent les frais de leur statut. Leurs congés maternité sont courts, épars, mal rémunérés. Les arrêts pour maladie nous sont comme interdits. Celles et ceux qui aident leurs compagnons, compagnes, en boutique, recevront comme remerciement à l’œuvre collective qu’une retraite de rien.
Plus de la moitié des exploitants agricoles ne gagnent guère plus de 350 € par mois. La rémunération moyenne d’un auto-entrepreneur s’élève à 460 €. Un quart des architectes gagnent moins de 500 €. Un quart des psychologues gagnent moins de 1200 €. La rémunération moyenne dans les arts et spectacles est de 1200 €. Pour les coiffeurs, 1250 €. Ces rémunérations sont proches du seuil de pauvreté pour les uns. En dessous du salaire médian et moyen des français, pour les autres. Bien sûr, il y a des petits avantages et certains s’en sortent, mais combien ploient sous les dettes ? Combien d’entre-nous regardent leur trésorerie en se demandant s’ils pourront se payer ce moi-ci ? Pour combien d’entre-nous le métier n’est devenu qu’un complément d’activité ? Ça ne se dit pas le manque de patientèle, le manque de clientèle, ça fait le mauvais travailleur. On n’entre pas dans un lieu vide quand les autres sont pleins.
Alors les bouches se ferment.
Peuple des artisans, des artistes, des commerçants, des professions libérales, des ubers, des paysans, des travailleurs, l’époque n’exige rien d’autres de nous que le soulèvement !
La petite clownesse du Chili, manifestante attrapée, torturée, violée, accrochée aux grilles, était-elle si dangereuse ? Et Steve, plongé dans les eaux de Nantes par la charge des galonnés ? Et Zineb à Marseille qui meurt sous le coup d’armes assermentées ? Et les autres, tous les blessés, les éborgnés ? Et les opposants politiques emprisonnés ? Allons-nous enfouir dans le gouffre des non-dits le cri sourd des lycéens qui s’immolent ? Avons-nous encore le droit de rester insensibles aux misères qui passent devant nos magasins ? Allons-nous rester imperméables à la société telle qu’elle est ?
Ils nous pressent à magouiller avec les municipalités des petits passe-droits qu’ils accordent à leurs amis. Ils envoient contre nous les municipales et brigades de la civilité, pour nous « civiliser », pour qu’on se tienne droit. Ils nous maintiennent dans la peur des contrôles. Ils inventent sans arrêt de nouvelles règlementations, venues d’ici et d’Europe, nous rendent condamnables et nous tiennent sous la pression de leur fausse-mansuétude. Notre activité est tributaire du monde tel qu’il est.
Une usine qui ferme aujourd’hui, c’est la désertification de demain. Des commerces à vendre dans des rues. Des hypers qui s’engraissent. Des lignes de métro qui se déversent dans les centres commerciaux. Ils achètent à bas prix. Embauchent à bas prix. Vendent à bas prix. Et nous perdrons la bataille de la qualité, du savoir-faire, si la population s’appauvrie encore.
Voyez le sort réservé aux retraités. Leurs pensions seront plus misérables encore et les nôtres le seront aussi si on n’entre pas en lutte pour nos droits légitimes. Nous n’avons que faire des nivellements pas le bas. Nous exigeons le meilleur pour les autres et nous même.
Nous savons faire œuvre de solidarité. Contrairement à ce qui se chante, chez les fascistes, les Thénardier, Cidunati, les poujadistes et autres pourfendeurs de classe, notre histoire est aussi longue que résonnent les luttes. Nous sommes les fils des vignerons indépendants de 1907 qui se battaient contre la concurrence déloyale et le trafic. Nous sommes les fils de la Commune - c’est aussi aux artisans que l’on doit d’avoir forgé les barricades de 1871 - et des modèles d’organisations autogérées. Nous savons tenir le profil haut en temps de Résistance comme à Toulouse, où Françoise, propriétaire d’un atelier de couture était à la tête d’un réseau de Résistance ; où les frères Lion, imprimeurs, fabriquaient des papiers et des journaux pour la Résistance ; Où « Bonnard », Pierre Bourthoumieux, résistant, tenait une pharmacie dont l’arrière-boutique servait aux réunions clandestines ; Où Silvio Trentin, s’occupait de la résistance, d’un journal clandestin, de sa librairie. J’en passe !
Nous sommes tous des canuts !
La mythique révolutionnaire a fait la promotion de la figure de l’ouvrier, du paysan, de « l’intellectuel », ce n’est que justice, mais elle a parfois oublié ses combattants que sont les artisans, les artistes, les commerçants, ubers, les professions libérales...
Nous sommes aussi les fils et petits fils d’immigrés qui ne trouvent parfois que le travail qu’ils se créent.
Nous nous sommes tus trop longtemps.
Nos lunes ne nous condamnent pas aux précipices.
On classe dans le terme de « patron » le Journal Fakir et le groupe LVMH, les glaces La Belle Aude et le groupe Nestlé, les thés 1336 et le groupe Unilever. Quels rapports entretenons-nous avec les dirigeants du Cac40 ? Nous ne sommes pas de leur monde.
Notre France, c’est aussi celle des travailleurs, des graphistes, des brasseurs, des faiseurs de terroir, des Scop, des boutiques équitables, des marchés du samedi matin, du durable, des commerces de proximité, du fait main, du fait maison, du non-délocalisable, du responsable, du travail bien fait, du local, de la métis (l’intelligence du travailleur), des compagnons, de la petite industrie aussi, lorsqu’elle est respectueuse. Notre France, c’est celle qui ravive les presses de la liberté, magazines, fanzines, créateurs et diffuseurs de cultures et de contre-cultures. Celle qui écoute, qui soigne autrement, qui trime à vélo. Celle du cinéma français d’art et d’essais, des libraires, des imprimeurs, et de l’innovation. Ce n’est pas la France moisie du 13 heures.
Notre France lutte contre Amazon, pas contre la modernité. C’est la force qui va et qui transforme le monde.
Partout, les puissants installent des contre-feux pour détourner notre regard du réel : ils ont organisé le désenchantement du politique et du syndical ainsi que la méfiance envers les corps intermédiaires pour affaiblir nos liens collectifs. Ils font la promotion de l’individualisme afin de nous imposer la solitude. Isoler les indépendants des autres travailleurs, des autres salariés, c’est les désarmer face à la rapacité du monde. Ils désignent des boucs-émissaires, une classe de travailleurs pauvres, des étrangers, pour mieux nous diviser et mieux régner. Ils organisent par le marché la concurrence entre nous pour fractionner encore.
Le marché international gagne à tous les coups : en vendant des graines stériles, en vendant le glyphosate pour soi-disant protéger les récoltes, en nous mettant dans l’assiette et celles de nos enfants de la vache aux hormones et autres cochonneries gavées d’antibiotiques, en nous vendant hors de prix de quoi guérir les cancers. Ils ont tout vendu aux grands groupes, de la vie à la mort.
Ils privatisent les profits et socialisent les pertes et appellent ça « le capitalisme », on croit rêver !
On nous somme de contribuer à cette fumisterie en silence, en bons petits soldats, en aimables collaborateurs. SBAM. Sourire-Bonjour-Au-revoir-Merci. Nous ne sommes pas les ramasse-miettes des puissants. Nous n’avons pas à être les suppôts de leur féodalité financière.
Allons-nous nous résigner à suivre le troupeau vers l’abîme ? Il est temps de montrer les cornes aux toreros de pacotilles qui nous gouvernent et de les sortir de l’arène.
Nous sommes condamnés à être libres.
Beaucoup d’entre-nous font professions d’indépendant parce qu’ils se questionnent sur le bien fondé de leur contribution à l’économie, à la soumission aux indicateurs de performance, à la financiarisation du réel. Beaucoup d’entre-nous sont indépendants par traditions, à force de métier et d’autres parce qu’ils n’en pouvaient plus de leur vie d’employés. Presque tous s’insurgent contre les ravages des logiques managériales et organisationnelles - comme à France Télécom ou en franchises – contre la prolifération des logiques de contrôle, les lois, les règlements, des procédures, les circulaires qui tuent les petits ateliers, les paysans et qui préservent les intérêts des grands industriels. D’un autre côté, une usine qui explose entraîne avec elle les salariés, les loyers flambent, les rues se désertent. Parfois pieds et poings liés. Les destins des travailleurs sont liés.
Les indépendants sont soumis comme les autres travailleurs aux situations d’exploitation : en sous-traitance, par la pression sur les coûts et les délais ; en concurrence, en organisant la bataille entre ubers et taxis ; par le dumping social, en divisant la classe des travailleurs. Les artisans en SARL d’un côté, et de l’autre, les auto-entrepreneurs. Division encore entre les travailleurs déclarés et le travail dissimulé. Ils divisent à leurs avantages, ils portent sur nous une pression fiscale inique et on règle la note sans broncher. A qui profite cette anomie ?
Artisans, artistes, commerçants, professions libérales, mes sœurs, mes semblables, mes frères, nous devons soutenir les luttes, car ces luttes sont nôtres.
La baisse du pouvoir d’achat des salariés pèse sur le petit commerce. Sans le sou, on se rend moins au restaurant, chez le coiffeur, ou on fait moins appel à un architecte, un avocat. Sans remboursement, la consultation chez « un paramédical » en libéral crée des inégalités dans l’accès au soin. Les multinationales, elles, se dotent toujours les moyens de combattre.
La dégradation des services publics liée aux réductions budgétaires joue contre nous : c’est du temps d’attente à La Poste, des difficultés pour joindre les services de l’Etat, c’est un surcoût en faveur d’un opérateur privé de téléphonie. Privatiser le régalien, c’est nous appauvrir.
La fonction publique est aussi un amortisseur de crise économique. Un fonctionnaire dans une famille de commerçant, c’est un atout pour qui veut prendre le risque de créer son atelier.
Devons-nous nous satisfaire de n’être que le seul commerce ou point de soin du village ?
Les indépendants ne vivent pas dans des familles d’indépendants, avec des bébés nés indépendants, et des grands-parents indépendants de père en fils. L’argent de l’entreprise c’est parfois celle de la mobilité de classe, l’argent du collectif, la tontine, l’héritage, l’argent de toute une vie. Nous sommes les travailleurs qui mettons toute notre énergie à vivre du fruit de notre travail. La sueur sur le métier. Et qui sur le métier remettent cent fois l’ouvrage. Nous avons les mains dans la matière. Les oreilles à l’écoute. Nos yeux regardent des avenirs plus radieux.
La boutique se forge aussi avec l’argent de l’émancipation de l’ouvrier qui veut détenir son outil de travail. Les banques le saignent. Les impôts et le capitalisme immobilier en ajoutent.
Convenez de ceci, « progrès social et développement économique » vont de pair : les grèves de 1936 améliorent le sort des salariés et participent à la construction du tourisme social et à l’économie touristique, montrant ainsi que l’amélioration des conditions de vie est consubstantiel du développement économique. Nous sommes tous les bénéficiaires de ces conquis sociaux.
Nous avons intérêt à défendre les intérêts des travailleurs. Nous devons soutenir les luttes, car ces luttes sont nôtres.
Pendant ce temps, les grands cols blancs, ceux de « La Haute » naviguent dans les sphères gazeuses sans éthique, mettent leur argent ici, dans un fond de pension, qu’importe s’il s’agit de la retraite d’un pauvre et là, ils investissent dans des polluants. Et nous récoltons de leurs forfanteries administrées la misère économique, écologique et sociale. Et lorsque l’on se dresse pour ouvrir nos poumons, ils envoient le gaz et la matraque.
Ouvriers-employés, nous avons été. Ouvriers-propriétaires de notre outil de travail, nous sommes. Le grand groupe des travailleurs. Nous ne sommes pas du côté de ceux qui boursicotent, qui font de l’argent avec l’argent.
80 milliards de fraudes fiscales et d’optimisation. Certains disent 100.
40 milliards de CICE qui bénéficient à ceux qui emploient en masse. Dans nos petites boutiques, combien de travailleurs ? L’argent de notre labeur qu’ils distribuent aux nantis n’est pas pour nous. Nous le savons bien. De l’argent, il y en a, dans les poches des spéculateurs.
« Si un homme a beaucoup plus qu’il ne faut, c’est que d’autres manquent du nécessaire », constatait l’écrivain L. Tolstoï.
Artisans, artistes, commerçants, paysans, professions libérales, ubers, mes sœurs, mes semblables, mes frères, nous devons participer aux luttes, car ces luttes nous concernent.
Les « gros », les « oisifs », les « larrons », les « dévorants », « les parasites » - ces mots sont de J. Jaurès - s’extraient de l’impôt en jouant sur l’opacité des règles et des lois. Que les lois soient claires et justes pour tout le monde.
Qui payent les impôts qu’ils ne paient pas ? Ce ne sont pas les précaires. Ni ceux sortis des dispositifs. Si ce ne sont les pauvres, ils ne peuvent pas, ni les riches, par avidité maladive, alors qui ?
La caste dominante spécule sur la matière première, le blé, le coton, le chocolat, le sable. Au gré de son bon vouloir. Qui récoltent encore les pots cassés de leurs boursicotages ?
Ils nous font payer leurs guerres inutiles pour de l’uranium, de la matière première à vil prix. Ils s’enrichissent en vendant les armes. En guerres néocoloniales. En épuisant la nature, les sols. Et ils se revendent des droits à polluer. Ils nous rouent de coups de bâton et vendent « leur savoir-faire » coercitif aux polices étrangères. Nous n’avons pas à nous loger du côté du patronat et du MEDEF, de l’UMIH et autres syndicats aux ordres de ce néolibéralisme qui détruit tout.
Nous sommes à un tournant, celui de regarder de l’atelier, du labo, du cabinet, le monde s’écrouler et de se lamenter quand nous tomberons par effet de halo, ou opter pour l’action.
Artistes, artisans, commerçants, paysans, professions libérales, ubers, peuples bariolés des indépendants, notre patron à deux noms : le gouvernement qui théorise et organise l’iniquité fiscale, et le Capitalisme qui l’engendre. Comme si nous n’étions condamnés qu’à servir les errances de l’un et l’autre. Comme si nous ne pouvions pas nous inventer un demain en commun. Un autre monde est possible et doit advenir, car leur vieux monde est mort.
Les arguments économiques ne peuvent suffire, il nous faut encore aller au-delà. Adhérer aux valeurs humanistes, c’est prendre comme point d’horizon le respect et l’amélioration des droits de tous les travailleurs. Résister pour soi, pour soutenir nos revendications mais lutter aussi par altruisme, pour soutenir les valeurs de solidarité, les intérêts communs.
Lorsque s’allient les pauvres et la classe laborieuse, celle des travailleurs, alors s’ouvre comme perspective la possibilité de se changer la vie, de transformer le monde et de changer d’époque.
Nous pouvons nous crisper, ne regarder que le court terme, s’enfermer dans l’esprit de boutiquier, installer des caméras, se protéger par des vigiles, râler. Comme l’avare protège sa cassette. L’histoire se rira de nous.
Artiste, il est temps de l’ouvrir ! Intellectuel monte sur les tonneaux ! Ouvriers sort des usines et des ateliers ! Boulanger, laisse un peu ta farine ! Gérants et ingénieurs, laissez les ordinateurs et venez goûter au jus des solidarités.
Travailleurs, ton travail c’est la lutte, tu le sais !
C’est reculer que d’être stationnaire.
Pas sûr que l’histoire acquittera ceux qui ferment les yeux. Les soumissions d’aujourd’hui seront les collaborations de demain !
Nous devons embrasser une meilleure destinée.
Nous sommes invités à la refonte de trois façons.
- En n’hurlant pas avec les loups contre ceux qui se battent et luttent pour plus d’équité, d’écologie, de démocratie, de justice sociale et de solidarité.
- En soutenant les mouvements de contestations et de révoltes avec l’empathie et la résilience qui conviennent en ces temps de transformation.
- En prenant part active au changement de monde avant qu’il ne soit trop tard.
C’est une urgence. Se réveiller est une urgence. La solidarité en est une autre. La lutte, une troisième. Manifester et se manifester, deux autres encore.
« L’humanité aura un jour à répondre, non seulement des actes des êtres malfaisants, elle aura aussi à répondre du silence des gens de bien », disait Jean Rostand.
Mes semblables, mes sœurs, mes frères, les affaires du monde ne peuvent rester comme elles sont.
Nous sommes les travailleurs.
Nous devons défendre nos droits.
A la lutte !

Frédéric VIVAS
Artisan-cuisinier
d’un restaurant autogéré.
3 décembre 2019

COMMENTAIRES  

07/12/2019 07:26 par Roselyne Arthaud

Hélas ! pas si facile de faire entendre ça aux artisans, indépendants....souvent ceux-là mêmes qui se plaignent de leur baisse de revenus vont "dépenser" chez l’ennemi. Les indépendants sont trop indépendants parfois, s’ils se parlaient peut-être réaliseraient t-ils que la baisse de revenus des salariés est responsable de leurs maigres revenus.
Votre message doit être diffusé largement !!

07/12/2019 09:10 par Assimbonanga

Puisses-tu être entendu, Frédéric ! Tiens-nous au courant de l’évolution du dossier !

07/12/2019 09:27 par Assimbonanga

France Inter ce matin. Les petits artisans et agriculteurs, s’ils ont cotisé toutes leurs annuités, verront leur minimum vieillesse augmenter. Je ne pense pas que ces corporations vont se mettre aux côtés des salariés. Macron s’en occupe.

07/12/2019 11:56 par Lairderien

Lettre magnifique d’un artisan s’adressant à tous ses semblables dans leur diversité de travailleurs indépendants (mais dépendants de leurs clients tout de même)
Tel père, tel fils ! (je pense que le père peut être fier du fils qui reprend à sa façon le flambeau de l’humanisme)
Puisse cette tribune atteindre ses destinataires, qui trop souvent oublient que tous nous sommes interdépendants les uns les autres et embarqués sur le même navire.
Il est temps de serrer les rangs pour nettoyer ce monde qui est notre bien commun à tous les vivants.

07/12/2019 14:55 par Assimbonanga

Macron a pris le pouvoir avec le soutien du grand patronat, des miuti-nationales. A cause de cette fichue "démocratie", il fallait bien qu’il racole un maximum de voix d’électeurs. Quelques (faux) naïfs anciens socialo mais surtout toute la France rancie du petit patronat.
Ce petit patronat qui est excédé parce que ses anciens ouvriers encaissent un montant de pension de retraite supérieure au leur.
Ce petit patronat refuse de faire la différence entre les cotisations qu’il verse pour ses salariés et celles qu’il verse pour lui-même. Tout ce qu’il voit, c’est que ça fait beaucoup d’argent. Il ne voit pas que l’ouvrier n’a que ça au moment du départ. Il n’emporte pas le matériel (en récupération de TVA) ni les murs.
Rayon agricult’ -rayon que je connais- les cotisations pour eux-mêmes sont très basses et c’est pourquoi leurs retraites sont si faibles. Ils n’entendent pas en payer davantage. Mais ils veulent recevoir plus !
Ils l’ont en travers tout ce fric volatilisé en cotisations pour leurs ouvriers. Ça ne passe pas. Mais ils restent commerçants. Ils soutiennent le mouvement ! Par devant. Dans l’arrière boutique, c’est moins sûr. Sauf qu’un commerçant se doit d’être neutre, le client est roi et c’est lui qui a raison.
Je crains que les petits commerçants et artisans soient plutôt idéologiquement de droite, et même viscéralement anti-communistes et foncièrement anti-fonctionnaires, donc d’accord avec Macron qui a fait baisser l’impôt sur les sociétés de 30% en 1 an.
Je ne dis pas qu’un commerçant communiste , ça n’existe pas, idem pour un plouc, mais c’est pas la majorité. C’est plutôt le cas rare. Le bar La Cigale à St-Pons-de-Thomières !!!
Avec Macron, les boutiquiers regardent leurs intérêts.

07/12/2019 16:09 par desobeissant

Bonjour
quel soulèvement espérer alors que ceux qui ont prétention de changer le présent ont failli depuis 1995, dans la défense unique et prioritaire des acquis issus du CNR,alors que le monde du travail était boulversé de partout.
Aucune prise en compte des besoins des jeunes, des indépendants,auto entrepreneurs,chômeurs,intermittents, familles monoparentales etc.
Aucun débat public sur le projet alternatif, à part les appels moraux à la convergence ,les politiques se sont ridiculisés dans leur suffisance ,offrant une voie royale au marconisme, qui peut prétendre devant le vide, offrir la seule alternative des fonds de pension....

08/12/2019 10:17 par J.J.

Nous avons eu droit hier soir aux lamentations bien orchestrées de ces pauvres commerçants, qui voient pointer, à cause de ces salauds de manifestants, non la magie, mais la déconfiture de Noel (avec le leitmotiv en sourdine de désordre et chienlit "Gilets Jaunes").
Et d’évoquer la nouvelle tarte à la crème des 6 milliards que nous coûtent les scandaleux régimes spéciaux des cheminots et autres nantis, privilégiés etc...en oubliant la suppression de l’ISF et l’arnaque de la CICE, qui est aussi coûteuse qu’économiquement inefficace .
Quand une entreprise, richesse d’une ville, disparaît pour cause de délocalisation ou de liquidation spéculative juteuse, et provoque des dégâts collatéraux, en détruisant le commerce local, il ne m’est jamais arrivé d’entendre un chœur de commerçants évoquer la situation calamiteuse qui se prépare pour eux.
Et aucun de ces interviouvés n’a pensé ni déclaré cette vérité politiquement incorrecte, que c’est le gouvernement dans son entêtement et sa rigidité cadavérique à ne point vouloir négocier qui est la cause des manifestations.

08/12/2019 10:34 par Assimbonanga

Mouais. Les grandes envolées lyriques devraient s’assortir d’un plan concret. La progressivité des impôts et des cotisations patronales, par exemple ?
En ce qui concerne ces catégorisations, des jeunes, des indépendants,auto entrepreneurs,chômeurs,intermittents, familles monoparentales , ne faudrait-il pas affiner la réflexion ? Jeune, c’est quoi ? Etudiant, travailleur ou chômeur ? Les étudiants ne sont-ils pas des travailleurs ? Ne devraient-ils pas cotiser dès l’entrée à l’université de façon à constituer une carrière complète ? Etudier est un travail.
Familles monoparentales, est-ce une entité ? Ne s’agit-il pas d’un citoyen adulte et d’enfants, avec chacun des droits ? Le logement constitue également l’un des problèmes, son coût devenu exorbitant...

09/12/2019 11:46 par simon

Tres bon texte ,et une petite reflexion... Artisan du bois depuis 35 ans, et a la retraite depuis le 1 decembre je vais devoir me contenter de 500 euros par mois pour finir mes jours ,et donc continuer a bricoler .J’ai 46 ans de vie active ,ayant debute dans les metiers a 18 ans comme pecheur a terre neuve.Je ne me plains pas,mais je dois atirer l attention sur le fait que pour au jour le jour survivre on doit garder le nez sur le guidon,et de corporation il ne peut y avoir dans cette mesure ou l’on est completement insularise,et ne conaissant meme pas le confrere du village voisin .Dans cette mesure ,et meme si l’on voudrait partager ses difficultes avec les confreres,de fraternite il ne peut y avoir .La doxo dans laquelle nous sommes tous plus ou moins tous immerges,c’est la reussite individuelle,et par voie de consequence l’interiorisation des difficultes.Le piege ,aussi grossier dans lequel il est difficile de ne pas tomber ,c’est le neopoujadisme,et il faut beaucoup lire (le grand soir)pour rester lucide,et rester solidaire de tous face a ceux qui pronnent la divisiont.Aussi ,pour apporter une nuance a certains commentaires,ayant tout de meme beucoup parle avec d’autres artisans,il y a bien plus que l’on pourrait le penser de petits artisans qui s’inscrivent dans l’esprit de la Commune et qui se sentent ouvriers et pas petits patrons.Il y ades divisions tres arbitraires et pleines de prejuges,memes chez ceux qui se disent progressistes et collent trop vite les etiquettes...Restons solidaires,...

09/12/2019 12:02 par Georges SPORRI

L’unité des classes exploitées et dominées ne peut se réaliser que derrière l’unité des "prolétaires". L’unité des prolétaires ne peut se faire qu’en s’identifiant fortement aux revendications des plus exploités et des plus précaires d’entre nous. Chômeurs longue durée, précaires, travailleurs handicapés, familles pauvres monoparentales, enfants de prolétaires incarcérés, immigrés sans papier, immigrés racisés travailleurs pauvres parfois SDF, vieillards paupérisés...

Les revendications qui correspondent aux intérêts immédiats et urgents de ces "frères de classes" (nous demain !) devront tôt ou tard devenir la priorité des priorités. Et, pour créer un mouvement compact et puissant de ces catégories, il faut faire preuve d’ingéniosité dans la formulation des revendications.

Je pense surtout au SHPTNM (salaire héréditaire pour tous de la naissance à la mort = 900 euros brut, 600 euros net, donc rétablissement et augmentation des cotisations salariales) ou au nouveau calendrier républicain = 73 semaines de 5 jours. Revendications auxquelles devront s’ajouter des plans d’urgence (réindustrialisation, revitalisation rurale...).

09/12/2019 19:29 par Assimbonanga

Bernard Friot, contre le "salaire à vie" : https://www.youtube.com/watch?v=lHujBHqNSBg
On comprend au fur et à mesure, et tout à coup, mince, on se perd. Pas facile la subtilité.
@Simon, ton intervention fait du bien au moral. Espérons qu’il en aura d’autres témoignages en ce sens.

10/12/2019 09:23 par Assimbonanga

La nuit portant conseil, je reviens vers toi @Simon. Est-ce que le calcul de ta retraite est défintif ? Est-ce que tu as toutes tes annuités ? Si c’est le cas, je pense que ta pension sera un peu revalorisée.
D’ailleurs, Macron te promet de monter à 1000€ le plancher des pensions pour carrière complète. Il fait un geste vers l’artisanat et l’agriculture où les cotisations peuvent avoir été minimes. En agriculture, tout le but du jeu étant de se déclarer pauvre en revenus, les cotisations sont trop faibles.
Et, comme tu dis, tant qu’on a la santé, "on bricole"... Avec l’outillage que l’on a conservé. Moi, ce qui m’inquiète, c’est que vieillir nous diminue et, même celui qui était vaillant, fort, leste, il en rabat. Ne serait-ce que la vue et l’audition, sans parler de l’endurance qui décline. Il arrivera un moment où on ne peut plus "bricoler"...
Personnellement, lorsque je fournis des exemples concrets, ce ne sont pas des préjugés mais des gens précis, des connaissances, voisins, amis, parents. Tout les cas que j’abonde existent.
Je pense que la politique de Macron est anti-salariés et anti-fonctionaires mais qu’il mise sur le soutien des corporations d’indépendants. C’est très idéologique comme action et ça arrange évidemment les gros (patrons) qui se cachent habilement derrière les petits en leur montant le bourrichon sauf à ceux qui te ressemblent et résistent à l’endoctrinement. Comment savoir quelle est la proportion ?

10/12/2019 09:35 par Georges SPORRI

Friot est un brave garçon et je comprend ce qu’il veut dire. Le prolétariat ne demande pas la charité chrétienne pour les pauvres mais ses droits. Rolland BARTHES l’avait déjà très bien dit dans "Mythologies", article "Le pauvre et le prolétaire". Cependant l’idée de salaire héréditaire pour tous de la naissance à la mort inverse la notion de devoir / sacrifice : ce n’est pas nous qui avons des devoirs envers la France, c’est la France qui a des devoirs. Ce pays est immensément riche, riche du travail de centaines de générations de serfs, de travailleurs surexploités (nos ancêtres). Nos ancêtres se sont parfois sacrifiés (guerres, répressions...). Alors la France nous doit du fric. Dire le contraire consisterait à nier que le travail mort, commis par nos aïeux, est utilisé par la classe dominante qui se l’est approprié, contre nous.

11/12/2019 08:40 par simon

D’abord,le syndicat ds artisans s’appelle "USA" ,autand dire que ,savoir pourquoi,c’est assez dur d’en etre. Clairement, dans les annees ou j’ai demare. Environ pendant 5 ans,je travaillais 14 heures par jour,sans arret et sans vacances et je gonflais mon chiffre d’ affaire pour avoir une protection sociale plancher et bien que je cotisais pour 4 trimestres. Un seul trimestre etait valide par an. Pour avoir une retraite complete,autour e 800 euros il me faudrait travailler jusqu’a 67 ans .Mais basts,j’ai envie de respirer avant de partir .Je me suis donne sans compter,sans envier ceux qui ont eu des profession plus protegees .Dans ma jeunesse ,pecheur j’ai connu la soumission a un patronat plus q’archaique ,aussi depuis je sais le prix de l’independance ,et je l’ai apprecie .Ayant toujours regrets de n’avoir meme pas pu passer mon metier a des jeunes,en apprentissage,j’ai toujours ouvert mon atelier a des jeunes qui voulaient se faire la main ,de facon informelle,et m’etant decouvert des talents pedagogiques,je comence a donner des cours aux particuliers qui hors de leur metier ,en loisir,veulent eprouver leurs talents.Cela me complete la retraite,me fait un lien aux autres.Effectivement ,on a moins le feu ,a mon age,on dira que l’on prend son temps.En tout cas , zero amertume, tant que l’on aime etre avec les autres et partager le peu que l’on a .Nous avons eu la place pour acceuillir et aider un jeune syrien ,puis un mineur guineen ,et les aider a se faire une place ici,alors la revolte est toujours la ,et plus que jamais.face a ceux qui nous font ce monde si injuste.On gagnera.

12/12/2019 09:30 par Assimbonanga

Macron oeuvre en direction de sa clientèle droitière ploucs & indépendants. Outre la baisse de l’impôt sur les sociétés, il a lancé le droit au chômage en cas de faillite, à compter du 1er novembre.
Ces corporations réclament d’avoir "les mêmes droits" que les salariés. En revanche, ils ne se soucient pas de pas avoir versé de cotisations en conséquence. On les entend peut réclamer de participer plus à la solidarité. Ils ne déplorent jamais que leur régime spécial soit à la remorque du régime salarié qui renfloue leur déficit. Leurs revendications ne vont que dans le sens de baisser les impôts "et les charges" qui les suffoquent.
Avec la retraite minimu à 1000€, tous ceux qui ont leurs années toucheront, quand bien même ils n’ont jamais atteint le niveau de cotisations.
Les ploucs organiseront peut-être même quelque manif complémentaire sur les Champs-Elysées (eux, c’est permis) avec déroulage de ballots de paille si bien que Macron sera obligé de leur offrir gracieusement 150 ou 300 points gratuits pour faire évoluer leur misérable retraite qui serait si intenable s’il n’y avait pas la revente au coup par coup du round-balleur (acheté en récupération de TVA) ou d’une terre ou d’un bois et le gîte rural ou les appartements locatifs. Misère quand tu nous prends à la gorge !
Qui est content du discours d’Edouard Philippe ? Le MEDEF, les agriculteurs et indépendants. Logique.

De la même manière, les parents d’élèves de l’école catholique ne comprennent pas que leurs enfants ne puissent pas bénéficier des mêmes avantages que ceux du public. La droite pleure. Mais tout en voulant baisser les impôts bien entendu. Cela s’appelle vouloir le beurre en plus de l’argent du beurre. Les époux Macron ont bien fait avancer les choses, tant dans l’agriculture que dans l’école. Félicitations !

15/12/2019 09:32 par simon

De la part de la macronie,et des medias qui les reprennent mot pour mot,sans aucuneconaissance relle de ce dont ils parlent,ce ne sont que des effets d’annonce .La retraite a 1000 euros pour ceux qui ont toutes leurs annees,n’est qu’une reprise avec 20 euros suplementaires de ce qui existe deja : la retraite a 980 euros pour les memes.Il faut ajouter tout de meme une prcision qui fait toute la difference : c’est par foyer,c’est a dire a codition que la retraite cumulee des deux conjoints n’atteind pas 1000 euros...Le reel se trouve dans les details ,loin des titres allechants ,et la le nombre de beneficiaires s’effondre,et la generosite se fait pingrerie ....Mais deja ,on voit que l’on ne touchera pas au revers de la jolie monnaie macroniste,le regime special de l’outil indispensable de ce regime injuste,les "forces de l’ordre" , et les senateurs ....

16/12/2019 10:22 par Assimbonanga

@Simon, tu es sûr que c’est par foyer ? Je doute. Si tu as qq doc pour vérifier, ce serait super.
Lorsque tu cotisais, avais-tu eu la curiosité de comparer le montant annuel de tes cotisations-qui te semblaient exorbitantes- avec celles de simples salariés ? Il est vrai que personne ne fait ça. Depuis tant d’années, notre système roule et on perd conscience de sa réalité concrète. Personne ne regarde les petites lignes de la feuille de paie. Chacun se contente du chiffre du bas, le salaire net. Donc, possiblement, aucun salarié n’aurait été fichu de te dire un chiffre pour la comparaison.
A tel point que le gouvernement Hollande lui-même a voulu faire disparaître les petites lignes ! Complètement aberrant ! Vouloir se diriger vers la méconnaissance, la perte de conscience, au lieu d’inciter les salariés à retrouver la vigilance et donc l’émancipation !!

16/12/2019 13:31 par simon

Tu as raison de douter !Apres avoir interoge le droit social,j’Ai fait confusion,j’ai fait confusion avec le minimum vieillesse,dont le calcul se fait sur la base du revenu du couple .Neanmoins,ayant fait valoir mes droits a la retraite ,c’est advitam eternam,500euros .Contrairement a ce que dit le gouv,et ses mediatriques.J’ajoute que je n’ai jamais trouve les cotisations exorbitantes,ayant meme,pour cotiser a minima,gonfle mon chiffre et je ne me suis pas permi de fureter dans les comptes de mes amis salaries,me refusant a entrer je ne sais quelle jalousie sociale.Et je ne peu que me rejouir que un maximum de salaries ,apres une longue carriere,puissent jouir de leur repos sans trop tirer le diable par la queue,et continuer a aider les generations qui viennent.Il faut quand meme s’interoger sur l’avenir des autoentrepreneurs,et tous ces jeunes qui travaillent comme des forcats sur leur petit bout de terre,avec un mal fou a crouter ,alors comme moi ,jeune,se ruinent pour avoir quand meme une couverture sociale a minima.Et que dire de ces arrieres pays,ou l’artisanat et le petit commerce ont presque disparu,au profit des grandes surfaces de la conso de masse.Ils ont bien existe a une epoque pas si lointaine toutes ces petites gens qui faisaient le tissu social ,et ils ont bien ferme faute de moyens de survie:ils etaient plus des petits travailleurs ,plus que des classes dominantes.Le monde a change,et l’engagement des jeunes dans le monde du travail aussi,et pour beaucoup,l’appat du gain est loin d’etre un moteur.

17/12/2019 10:44 par philip morris

@Assimbonanga :"La cigale" est un Tabac-presse,c’est pas le même cancer.....

17/12/2019 11:17 par Assimbonanga

"je ne me suis pas permi de fureter dans les comptes de mes amis salaries" : il ne s’agit pas de fureter mais de savoir. Je ne connais pas le secteur de l’artisanat, mais je sais que les salariés versent des cotisations largement plus conséquentes que les agricult’ et je déplore que les agricult ne veuillent pas le savoir.
Il est donc important de comparer les cotisations versées par les indépendants pour eux-mêmes (non pas pour leurs salariés, ne pas confondre) et rendre justice car, si les salariés ont des retraites plus dignes, c’est parce qu’elles sont adossées à leurs cotisations, salariales et patronales, ce qui double le salaire net. Il s’agit de savoir si les plaignants s’acquittent d’un tel niveau de "protection". Si l’on veut qu’une revendication soit légitime, il faut parler vrai.

De toute évidence, le statut d’auto-entrepreneur est une brèche honteuse dans le système de solidarité sociale. De toute évidence, les petits commerçants sont tués par les centres commerciaux et la vente à distance. Les grandes chaînes de franchise internationales les ont supplantés. Dans certaines villes, la mairie les met sous perfusion en leur allouant des "aides" ponctuelles pour maintenir un semblant d’animation en centre-ville, mais l’on voit beaucoup de boutiques éphémères ne pas tenir plus d’un an. C’est complètement artificiel et ça ne profite qu’à des opportunistes vite découragés. Ils empochent les aides et vont droit dans le mur jusqu’au dépôt de bilan.

17/12/2019 18:18 par Assimbonanga

Parfois, je me foutrais des baffes tellement je m’exprime mal ! Du coup, je dois recommencer. Je recommence.

"Je ne me suis pas permis de fureter dans les comptes de mes amis salaries,me refusant a entrer je ne sais quelle jalousie sociale ", dit Simon.
Hé bien, le risque de jalousie, c’est si tu compares seulement le montant des pensions de retraites. En revanche, si tu compares les cotisations et que tu t’aperçois que les salariés cotisent beaucoup plus, alors-là, tu te dis que c’est normal !

20/12/2019 10:08 par Assimbonanga

En agriculture, il existe un statut extrêment avantageux : conjoint collaborateur. A la base, c’était pour améliorer le sort des épouses d’agriculteurs, mais c’est possible que ce soit le mari qui le prenne et que l’épouse soit chef d’exploitation.
Ca consiste à pouvoir valider tous ses trimestres sans payer de cotisations. Vous imaginez ? C’est gratuit ! C’est un énorme avantage ! Aucune épouse d’ouvrier ne bénéficie du statut de conjoint collaborateur  !
Hé bien, ces gens sont tellement déformés par leur esprit de mendicité qu’ils osent pleurer parce que ça ne donne qu’une retraite de misère, mais pour cause !
On est vraiment dans l’Etat providence : tu paies rien et tu touches !
Est-ce que ce système existe dans l’artisanat, le commerce et les indépendants ? Je ne sais pas.

Macron fait tout en ce moment pour améliorer le sort de sa clientèle de boutiquiers. Il a instauré pour eux un droit à l’indemnité de chômage après faillite, y compris pour les ploucs mais la mise en oeuvre est encore mal définie. Et il veut garantir à ces valeureux conjoints-collaborateurs agricoles un minimum garanti. N’est-ce pas formidable ? Sans avoir cotisé !
Ces gens ont une curieuse conception de la solidarité. Ecoutez-les pleurer, soutenez-les et ne cherchez pas à savoir ce que dissimulent leurs jérémiades : pendant ce temps-là, ils n’oublient pas de capitaliser pour leurs vieux jours en investissant dans de l’immobilier, par exemple. Ils veulent toucher sur tous les tableaux. Je ne serais pas surprise que des lots de points leur soient attribués à la volée, sur simple opération de communication et petite manif sympa avec déroulé de ballots de paille...
Les amis de Brigitte et Emmanuel seront les premiers servis dans cette réforme juste et universelle !

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