Liban : Le merveilleux magicien de Washington, par Justin Raimondo - Antiwar


[Dans le cas improbable d’élections directes au Liban, les partis
pro-syriens, y compris le Hezbollah, verraient leur contrôle du parlement
considérablement renforcé. Cela peut difficilement faire partie du plan
américain, dans la mesure où ce qu’ils veulent c’est neutraliser le
Hezbollah pour sécuriser la coopération israélienne (et la survie du
gouvernement d’Ariel Sharon), tandis que le « processus de paix » bancal
menacera de s’effondrer par la même occasion.]


Antiwar, 11 mars 2005


La nouvelle selon laquelle le gouvernement américain a fabriqué de toute pièces l’histoire de la capture de Saddam Hussein [1] (il n’a pas été retrouvé au fond d’un trou, il s’est battu, un marine a été tué dans l’opération) peut être vraie ou fausse, mais la première hypothèse ne m’étonnerait guère. Chaque fois que quelqu’un ouvre le bec, dans l’administration US, c’est un mensonge qui en sort, [2] comme si ces gens-là ne pouvaient pas dire la vérité,même si leurs vies étaient en danger. Malheureusement, nos vies aussi en dépendent, comme celle des gens du monde entier, mais surtout dans ce coin du monde si agité, le dernier en date auquel les artistes de la politique américaine s’intéressent : au Proche Orient, la Syrie et le Liban.

Un article du Spectator résume le sens des événements libanais dans le titre
de l’article de Mary Wakefieeld : « Une révolution faite pour la télé ». Au
lieu de la révolution qu’elle allait y chercher, elle a trouvé quelques
milliers d’adolescents : « Dehors la Syrie, la Syrie dehors ! », scandait la
foule. « Nous sommes des révolutionnaires ! » ajouta joyeusement mon amie ».
Mais cela coinçait quelque part. Tout le monde autour de moi était jeune,
très présentable, ils s’amusaient bien, mais ce n’est pas ce à quoi je m’
attendais. Seulement un millier de personnes ? Je croyais que c’était tout
Beyrouth. Et pourquoi est-ce qu’ils avaient tous moins de trente ans ? Même
au milieu de la foule, au premier rang, cela ressemblait moins à un
soulèvement national qu’à un concert pop. [.] C’est alors que je compris ce
qui me gênait : « tout ça c’est juste pour les caméras », dis-je à mon
amie. ». C’est un show pour la télé ». « Arrête avec ton cynisme »,
répondit-elle. C’est une célébration, ils ont fait tomber le gouvernement,
rappelle-toi. »
. Pas exactement, pourtant : le gouvernement a démissionné, c
’est vrai, après que l’opposition ait mobilisé peut-être quelque 25 000
personnes dans ce qui a été décrit en Occident comme l’expression de la
volonté populaire libanaise. Mais quand un demi million de gens ont
manifesté la semaine suivante en riposte, en portant des drapeaux libanais
au milieu de portraits de l’homme fort de la Syrie, Bachad Assad, et en
exigeant que l’Occident cesse son ingérence dans leurs affaires intérieures,
le vieux gouvernement était bien de retour aux manettes.

La brève « révolution du Cèdre » ressemblait à un scène du magicien d’Oz,
lorsque Dorthy et ses amies se présentent devant le magicien. Il fait son
apparition sous la forme d’une tête géante qui flotte sur un nuage de feu
vert, sa voix tonne et ordonne d’obéir, jusqu’à ce que Toto aille voir
derrière le rideau et découvre le vieux magicien, qui n’est autre qu’un
aboyeur de carnaval du Kansas, et qui tire les ficelles de son propre
bobard. « Ne faites pas attention à ce monsieur derrière le rideau ! Je suis
Oz en personne, le grand et puissant Oz ! »

Comme Dorothy, Ms. Wakefield a bien raison de se sentir violentée :
« A vrai dire, la révolution est assez ridicule et il s’agit plus d’une mise
en scène que ce qu’en montrent les photos ».
Mais alors c’est Assad qui a pu
lui souffler cela ? Comme ils l’a dit dans un discours prononcé quelques
jours avant la grande manifestation sur le thème « Dehors la Syrie » : « 
Remarquez comment les caméras de télé zooment sur un petit groupe de gens ;
si elles zoomaient en arrière vous découvririez qu’il n’y a pas tant de
monde que ça pour les soutenir ».

A qui va donc servir tout ce show, alors ? Sûrement pas aux gens qui sont
descendus dans la rue au Liban, qui savent parfaitement quel est le réel
rapport des forces ; cette comédie musicale s’adresse strictement à nous.
Nous sommes tous censés répéter comme des perroquets, avec l’éditorialiste
du New York Times et les autres pontifes, les dernières conclusions
suggérées par la Maison Blanche et sa claque de néo-conservateurs : Bush
avait raison, en fin de compte. L’invasion de l’Irak, nous dit-on, fait s’
écrouler en chaîne toute une série de dominos, pour le plus grand bien de la
démocratie, et cela inclut non seulement le Liban mais aussi l’Egypte (peu
probable), l’Arabie saoudite (n’importe quoi) et la Palestine (un indéniable
« pas en avant », dû non pas à l’invasion de l’Irak mais à l’Intifada).

Ceux qui élèvent des objections contre la version officielle et mettent en
doute l’authenticité de la dernière « révolution » avec sa dernière couleur
codifiée sont des « apologistes » de gens patibulaires, depuis Saddam jusqu’
à Bachar et l’Ukrainien Yanukovitch (sans oublier Milosevic) ; nous sommes
des « contre-révolutionnaires », selon le patois néo-soviétique de nos
libérateurs néo-conservateurs. Notre tendance à poser trop de questions
inconvenantes révèle notre insistance pathétiquement archaïsante à relever
de l’appartenance à la « communauté enracinée dans la réalité », comme un
porte parole éminent de la Maison Blanche l’a affirmé au reporter Ron
Suskind : [.] Il y a des gens qui pensent que les solutions surgissent à 
partir de vos analyses scrupuleuses de la réalité telle qu’on peut la
discerner. [.] Ce n’est plus comme cela que le monde tourne. Nous sommes un
empire, désormais, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité.
Et pendant que vous étudiez cette réalité, aussi scrupuleusement que vous le
prétendiez, nous allons entreprendre d’autres actions et créer encore de
nouvelles réalités, que vous pourrez étudier aussi, et voilà comment les
choses vont se passer. Nous somme les acteurs de l’histoire. et vous, vous
tous, n’aurez rien d’autre à faire que d’étudier comment nous nous y
prenons. »

Voilà comment la Maison Blanche peut se féliciter de l’avancée de la « 
démocratie » au Liban, juste au lendemain du rassemblement pro-syrien
massif, et conclure en réponse à la promesse syrienne de se retirer jusqu’à 
la vallée de la Beka près de la frontière :

« Cela ne veut pas dire que la Syrie quitte le Liban ; nous allons continuer
à les harceler, nous n’accepterons pas de demi-mesures, un chat est un
chat ».

La reconnaissance tardive que le Hezbollah, le plus grand parti politique
libanais, jouera un rôle dans l’avenir de ce pays, est déjà pour cette
administration une concession tout à fait à reculons en direction de cette
« communauté enracinée dans la réalité », mais dans la campagne aléatoire
pour les élections libanaises, prévues pour mai, tout peut arriver. De même
que l’assassinat de Rafik Hariri, homme d’affaires et homme politique
populaire, a été le catalyseur pour déclencher une campagne internationale
contre Damas, de même la perspective d’une nouvelle guerre des factions
pourrait facilement être le signal pour une intervention militaire
étatsunienne.

Dans cette perspective, on va demander aux Américains de gober une histoire
préfabriquée, celle-là même qui a été implantée par l’interprétation des
médias occidentaux sur les événements de la « révolution orange » d’Ukraine,
de la « révolution rose » de Géorgie, et de celle d’Irak, qui tourne plutôt
au pourpre. Ces méchants Syriens « oppresseurs », qui ont été appelés au
Liban avec l’accord des Etats-Unis, se mettent en travers de la route « de l
’avenir », et ont tendance à écorcher le veau d’or de la démocratie avec un
grand D : nous avons le devoir de sauver la révolution du Cèdre, qui sera
infailliblement comparée au soulèvement hongrois de 1956, ou encore au
mouvement Solidarnosc de Pologne. Ou quelque chose dans le genre.
Mais c’est là que les masques vont tomber et que nous percevrons « l’homme
derrière le rideau », qui se trouve derrière sa coalition arc-en-ciel de
révolutionnaires « démocrates » : c’est le gouvernement des Etats Unis, qui
menace de toute sa force militaire : si ces élégants figurants tellement
glamour des concerts rock sponsorisés par la CIA n’ont pas trop envie de
faire un coup d’Etat, là , ce sera le signal pour siffler les Marines.

Possédés par la fièvre d’une idéologie dangereuse, le président et ses
conseillers néo-cons croient vraiment qu’ils sont « du bon côté de l’
histoire » : ce sont les agents du destin, des héros de légende, de leur
propre point de vue. C’est là un symptôme de leur maladie idéologique, qui
ressemble à l’ancienne hallucination marxiste selon laquelle le communisme
était inévitable parce que la Révolution était inscrite dans les étoiles. C’
est l’hubris communiste qui a provoqué l’effondrement de l’empire rouge, et
l’empire des néo-cons connaîtra le même sort, pour les mêmes raisons.

La grande leçon que nous avons apprise de la fin du 20ème siècle est que les
dictatures aussi ont besoin du consensus des gouvernés, et ne peuvent pas
être imposées indéfiniment par la force. La première leçon du 21ème siècle
pourrait être que cette règle s’applique aussi au libéralisme démocratique.
Nous pouvons envahir l’Irak, y injecter des millions de dollars ponctionnés
dans nos impôts, et buter sur une théocratie, aussi « démocratique »
soit-elle. Dans le cas improbable d’élections directes au Liban, les partis
pro-syriens, y compris le Hezbollah, verraient leur contrôle du parlement
considérablement renforcé. Cela peut difficilement faire partie du plan
américain, dans la mesure où ce qu’ils veulent c’est neutraliser le
Hezbollah pour sécuriser la coopération israélienne (et la survie du
gouvernement d’Ariel Sharon), tandis que le « processus de paix » bancal
menacera de s’effondrer par la même occasion.

La « révolution du Cèdre » s’est révélée parfaitement creuse comme je le
disais, mais ne démentez pas ces génies que nous avons à Washington, car ils
croient vraiment à leur pouvoir quasi-divin pour plier la réalité à leur bon
plaisir : après tout, le pouvoir militaire est ce qui compte réellement.
Nous devons envahir l’Irak, argumentait le sous-secrétaire à la Défense Paul
Wolfowitz, simplement parce que c’est « faisable ». La force fait le droit.
C’est ce qu’ils croient, comme les Soviétiques le croyaient, et comme toutes
les idéologies déboulonnées par le passé l’ont fait, tandis qu’elles
pointent leurs armes sur la tête de leurs sujets « libérés ».

Le triomphalisme prématuré de ceux qui ont claironné « Bush avait raison »
peut ne pas se retourner exactement contre eux, cependant. A mesure que les
détails de l’enquête sur l’assassinat de Hariri vont être ajoutés au
cocktail libanais, l’effet sera celui d’une allumette enflammée sur une
nappe de pétrole. Et il y aura d’autres conséquences imprévues à la campagne
pour obtenir le retrait de la Syrie avant mai, dont la moindre n’est pas la
conclusion logique de leur raisonnement : si l’occupation par des troupes
étrangères ôte toute légitimité à une élection, qu’en est-il alors des
élections irakiennes, qui se sont tenues à l’ombre des chars américains ? Si
j’étais dans la clique des « Bushies », je n’en ferais pas trop sur le thème
des envahisseurs syriens. Ils feraient mieux d’apprendre de Damas comment
générer des déploiements massifs de soutien pour leur propre occupation.
Pour en revenir à Oz : dans la mesure où l’appel des libéraux du Liban à une
aide de la part des Etats-Unis se retrouve « du bon côté de l’histoire », le
prix qu’on leur demandera de payer pourrait bien être semblable à celui qu’
exigea le magicien d’Oz de Dorothy, l’Epouvantail, le Lion Peureux et le
Robot, quand ils lui demandèrent des comptes : « Prouvez d’abord que vous,
vous êtes fiables en accomplissant une toute petite tâche : apportez-moi le
balai de la sorcière de l’ouest ».

Bachar Assad n’a pas la réputation de voyager sur un balai, mais il n’en
faudrait pas beaucoup pour amener le peuple américain à le croire. Il ne
fait pas de doute que le changement de régime en Syrie est l’objectif de l’
administration US. L’ophtalmologiste policé va bientôt se transformer en
dictateur à la hauteur d’Hitler. Et dans les entrailles climatisées du
Pentagone, on est probablement déjà en train de préparer les trucages pour
les circonstances de sa capture.

Justin Raimondo


- Source : Antiwar http://antiwar.com/justin

- Traduction : Cuba Solidarity Project

"Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba,
nous n’avons rien dit, nous n’étions pas Cubains."


COMMENTAIRES  

16/03/2005 12:50 par Sabrina Paideloni

Je suis surpris par la tournure que prenne le décès d’un richissime libanais (de nationalité saoudienne) qui était au bord de la faillite en arrivant au Liban et qui , comme par miracle, s’est constitué par la suite un pactole de plus de 35 milliards de dollars. Pendant son règne, la dette du pays avait atteint les 40 milliards de dollars. Il faut rappeler qu’à la fin des 25 années de guerre, le Liban n’avait pas encore de dette extérieure.
Toutes les entreprises et banques libanaises lui appartenait. Allez au Liban et tout le monde vous confirmera que, par exemple, les routes ont été faites et refaites indéfiniment par les entreprises de Hariri. Beyrouth a certes été reconstruite avec l’argent du contribuable mais rare sont les libanais qui l’habite. Vous avez des hôtels, des banques et des appartements qui appartiennent à des riches arabes qui viennent dans ce pays faire ce qu’ils ne peuvent pas dans le leur. J’espère que vous m’avez bien compris !!. Et oui, la prostitution a littéralement explosée. Vous pourrez trouver de tout, prostitués homosexuels, transsexuels, filles de l’Est et ce qui est à peine voilé, de la prostitution enfantine. Voilà le miracle économique de Hariri. Nombreux sont les libanais qui vivent avec moins de 300 dollars par mois et qui en sont arrivé à regretter les années de guerre !!!!!

Certains se réveillent et parlent de l’ingérence syrienne, pourquoi se sont ils alors tu pendant trente ans ?. Je n’excuse pas la présence syrienne mais pourquoi ne se sont ils pas levé quand ces mêmes syriens persécutaient les mouvements gauchistes libanais des années 70.
Il est intéressant de souligner que ceux qui réclament maintenant leur départ, ont été les mêmes qui les ont appelé pour reprimander ces mouvement en 1976.

Croyez vous franchement au hasard ?. Si ça continue, je ne vais pas seulement me mettre à croire en Dieu mais je vais surtout épouser la religion de Mr Bush. Ce décès vient à point pour conforter sa position désastreuse au moyen orient. Non !, ça ne peux pas être du hasard, c’est Dieu qui le guide comme il tient à nous le rappeler de temps en temps !!! (rire)

Et Chirac dans tous ça, n’avait il pas soutenu les accords de Taëf il n’y a pas si longtemps. A en croire les faits, il ne fait que faciliter la politique agressive des USA.

Il faut comprendre que le Liban est une mosaïque de confessions en affrontement perpétuel. Et contrairement à ce que tentent de nous faire croire les médias en ce moment, il n’y a pas d’unité nationale. Les chrétiens deviennent de plus en plus minoritaire, il serait trop dangereux d’encourager une libération sous pression américaine et européenne. Les musulmans ont été aussi bien lésés par cette présence et surtout par le raz de marée imposé de travailleurs syriens bon marché.
Il y a un temps à tout. Provoquer un départ précipité n’est qu’une bombe à retardement. La démocratisation du pays est nécessaire. Si vous voulez une indépendance elle doit commencer par une déconfessionnalisation des esprits. C’est un processus qui nécessite des décennies de laïcité. Et comme vous le savez, seuls les mouvements de gauche y adhèrent. Comme vous le savez aussi, ils sont exclus de la vie politique encouragé par les USA et leurs acolytes ultra-libéraux européen.

La France devrait assumer ses actes et arrêter sa politique libérale aveugle et intolérante à l’étranger. J’aimerais rappeler quelques faits historiques dont on lui trouve des responsabilités : Participation aux croisades, Massacres des amérindiens, Esclavages (cf. Bardeaux Nantes etc..), Guerres napoléoniennes, Colonisation, Première et deuxième guerre mondiale, Guerre d’Indochine, Guerre d’Algérie, Dictatures en Afrique, Responsabilité dans le génocide au Rwanda, Soutien à Saddam dans les années quatre-vingts et maintenant que voulez-vous M. chirac ? Nous apporter une guerre civile au Liban ? .

Les Libanais sont profondément divisés. Une révolution n’est possible que si elle ait le soutien de tous les Libanais. Or, les manifestations de l’opposition ne rassemblent qu’une partie de la droite chrétienne maronite, quelques druzes et peu de sunites. On souhaite tous le départ des syriens mais pas selon vos conditions et à vos profils. On gonfle volontairement le nombre de ces manifestants pro-occidentaux car on aime à penser que ses valeurs capitalistes et libérales triomphent et qu’il a l’approbation des masses. En fait, il n’a que les zooms des caméras.

La majorité des libanais est exaspérée de l’ingérence de la droite française qui n’a pas abandonné le rêve d’un Liban chrétien maronite tout en oubliant qu’il est constitué essentiellement de musulmans.

De grâce monsieur Chirac, remettez-vous en cause, occupez-vous de la politique intérieure chaotique de votre pays. !!

Sabrina

16/03/2005 19:10 par Abouzzelof

Je voudrais remercier énormément Sabrina sur son texte sur la situation au Liban et plus précisemment sur la réalité du rôle économique, politique et social que a joué l’ex Premier ministre Rafic Hariri.

Et pour ma part, j’aimerai contibuer à avec quelques éléments de l’histoire de Hariri, en espérant qu’elles éveilleront un jour la population libanaise encore divisée sur des considérations confessionnelles aveuglantes.

En effet, ce milliardaire qui avait fait fortune en Arabie Saoudite, dans la construction immobilière, est un symbole des milieux affairistes de la bourgeoisie libanaise qui tirèrent le plus de profits de la reconstruction du Liban et de Beyrouth en particulier, en grande partie détruit par les combats qui ont duré depuis 1976 jusqu’à 1990.

La population pauvre rejetée dans des taudis ou des bidonvilles n’a guère profité de cette reconstruction. En revanche, le front de mer et le centre de Beyrouth ont été dotés d’immeubles et d’hôtels de grand luxe destinés à accueillir les privilégiés de la région.

Les travaux de reconstruction doivent se poursuivre jusqu’en 2018. Et c’est la Solidere, l’entreprise dont Hariri était le principal actionnaire, qui est chargée des principaux travaux. A elle seule, cette entreprise représente près de 60% des réserves en devises de la banque centrale libanaise.

Ce poids économique explique, pour l’essentiel, que cette entreprise ait pu imposer à l’État libanais un endettement vertigineux, représentant deux fois le produit intérieur brut. Les grandes puissances, États-Unis et Union européenne en tête, n’ont rien trouvé à redire à cette dette, ayant choisi de soutenir Hariri. Celui-ci s’est vu accorder une rallonge de quatre milliards de dollars de crédits supplémentaires, lors d’une réunion internationale organisée par Chirac à Paris, en 2002.

En revanche, il lui a été demandé d’imposer des mesures d’austérité à la population libanaise pour sortir le pays de son endettement. Celle-ci se voit maintenant menacée d’une réforme du système local de Sécurité sociale, d’une hausse des tarifs publics. Et, en attendant, elle subit des coupures du courant électrique du fait d’un approvisionnement irrégulier en carburant.

Hariri est mort, mais sera sans doute remplacé facilement par un de ses semblables. Quant à la population, elle risque de payer encore longtemps son passage au pouvoir.

21/07/2005 22:15 par Anonyme

Je suis en désaccord total avec cet article. Quelque jours aprés cette manifestation il y a eu une manifestation monstre à Beyrouth. Les gens ne ’s’amusaient’ pas comme vous dites, ils étaient d’humeur joyeuse parce qu’ils savaient que la Syrie ne pouvait que sortir. Non pas à cause de la manifestation (sans les médias étrangers, cette manifestation aurait été maté non pas au fusil mais au char d’assaut) mais parce qu’une fois de plus Washington avait décidé de la marche à suivre (une fois n’est pas coutume, le bon sens a prévalu dans la Maison-Blanche).

Dois-je rappeller le rôle de la Syrie dans l’assassinat de deux autres président Libanais ? Dois-je rappeler que la Syrie un état digne de Kim-Jong-Il est dirigé par une minorité religieuse est haie par sa population ? La Syrie a été une telle force déstabilisante au Liban que même ses anciens alliés de gauche (le PSP de Joumblatt et le PC de Haoui), ulcéré du comportement syrien sont passé de l’autre côté de la ligne ? Dois-je rappeler les déportations d’opposants politique libanais soumis à des tortures atroces dans les camps de Mezze et Tadmor amplement documentés par solida et amnesty international (www.solida.org et www.amnesty.org) ?

Il est vrai que 1/2 millions de sympathisants du Hezbollah sont descendus dans les rues, mais il ne faudrait pas confondre les barbus Hezbollah avec les partisans des droits de l’homme.

05/08/2005 13:47 par Anonyme

C’est affligeantde lire une telle analyse. La majorité des libanais est surtout exasperée par l’ingérence des USA, Israêl et la FRance. Que vous l’acceptiez ou pas, le Liban est majoritairement musulman et surtout Chiite. Cette communauté est celle qui a payé le plus fort tribus à causes de la simplicité candide des politiques menées par la droite maronite dans les années 70. Des erreures comme l’accepttion de milices palestiennes armées sur son sol, puis le recours à des armées étrangères syriennes et israêlienne induiquent l’obsurantisme et surtout la haine de cette droite maronite envers tous ce qui est musulman et de gauche.
J’aimerais rappeller que le Liban est une pure création du xxeme siécle, il n’a jamais existé. Les français voulaient un état chrétien soumis mais manque de bol, ils ont eu un état qui est devenu majoritairement musulman et dont la maladresse des maronites l’a conduit à la débacle. Pour les maronites les libanais sont phéniciens et non arabes. En fait, ils sont à la recherche d’identité et souffrent souvent de schysophrenie. Premièrement, ils oublient que la caumunauté dont il font partie est née en Syrie au moyen âge bien après l’islamisation de la région. Par conséquence, ils seraient davantage syriens que phénicies. Deuxiémement, les phéniciens sont originaires de la péninsule arabique cqfd le berceau même de l’identité arabe. Alors mes amis : syriens ou arabes ??? En tant que libanais, personellement j’ai trouvé mon identité, je suis de gauche laîque et international, je m’identifie seulemnt au peuple de la terre. Pour en finir, comme dirait Léo ferret "avec le temps..." avis à mes amis de la droite maronite de plus en plus minoritaire.........

23/11/2005 16:39 par Freedom

Pathétique, vous êtes pathétiques et ignorant cher monsieur. Vous avez choisi de soutenir le mouvement du 8 mars (hezbollah et Cie...), mais c’est bel et bien le 14 mars qui lancé la dynamique de recouvrement e la souveraineté...vous critiquez les maronites, qui ont résisté à tous les occupants de cette terre qui ont voulu les chasser, e qu’importe que ce soit avec l’aide de la communauté internationalevous dites qu’ils se targuent d’être phéniciens..etc...vous de bien mauvaise fois tout maronite sait que sa communauté est né au 5ème siècle en syrie...bref je suis fatigué de lire gens comme vous monsieur Justin Raimondo...je porte encore sur mon corps les stigmates que des tortionnaires syriens m’ont infligé, pour avoir refusé de saluer le portrait de Hafez El Assad...si vous les regretez allez les rejoindre pour voir s’écrouler de trés prés ce bastion stalinien du terrorisme et de la haine....et arreter votre paranoaia anti-tout...

21/03/2005 15:36 par Anne-Marie

Sachez cher M. que le Liban durant 30 ans d’occupation syrienne a perdu tous ses moyens économiques et militaires, et qu’il faut saisir la chance infime qui se présente pour se débarrasser de cette tutelle qui a réduit le Liban a un terrain prospère de libre échange corruptible ou les droits de l’homme sont abolis, et c’est le peuple qui payait l’addition. Spectaculaires ? Les manifestations sont un signe de grande détresse un dernier appel S.O.S a qui voudrait aider même si les Libanais sont conscients de servir les intérêts des Américains a chaque chose son prix.
Le soulèvement du peuple libanais est vrai, spontané, un dernier cri a la justice.

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