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OEA : organisme indéfendable

Editorial du journal mexicain La Jornada (gauche) du vendredi 28 avril 2017.

La sortie du Venezuela de l’Organisation des Etats Américains (OEA) laisse ce forum international orphelin de deux pays qui, pour diverses raisons, ont eu un poids important dans l’histoire du continent. En 1962, l’organisme expulse Cuba de ses rangs en se basant sur l’argument révélateur que « l’adhésion d’un membre de l’OEA au marxisme léninisme est incompatible avec le Système Interaméricain ». Il était ainsi mis en évidence que ce « système interaméricain » était un appareil de contrôle politique et idéologique au service de Washington dans le cadre de son affrontement contre le bloque de l’Est et un instrument pour aligner les gouvernements de l’hémisphère dans le camp occidental pendant la guerre froide.

Il est important de rappeler que l’OEA, qui agit au nom de la démocratie seulement quand cela convient aux intérêts des Etats-Unis et des oligarchies locales latino-américaines, n’a rien fait de significatif pour, au moins, atténuer les atrocités de dictateurs tels que Rafael Léonidas Trujillo (République Dominicaine) ou Anastasio Somoza (Nicaragua), s’est tue quand un gouvernement légitime et élu fut renversé au Guatemala moyennant la participation de la CIA (1954), n’a pas bougé d’un pouce quand diverses démocraties sud-américaines ont été démolies dans les années 70 avec l’avènement de sanglantes dictatures militaires (Uruguay, Bolivie, Chili et Argentine), impulsées dans de nombreux cas depuis la Maison Blanche, le Département d’Etat et le Pentagone. Plus récemment, l’organisme panaméricain a été incapable de faire quoi que ce soit pour empêcher un coup d’Etat au Honduras ou pour dénoncer les conspirations parlementaires qui ont eu come conséquences les destitutions des présidents Fernando Lugo, au Paraguay (2012) et Dilma Rousseff, au Brésil (2016).

Il faut maintenant ajouter à ce déplorable historique la belligérance inopinée de l’actuel secrétaire général de l’OEA, l’uruguayen Luis Almagro, lequel loin de contribuer à une solution pacifique à la crise que vit le Venezuela, a attisé le conflit, jouant sans aucune pudeur le rôle de soutien actif d’une des parties dans le cadre de la dispute politique et institutionnelle en cours, et a convertit l’organisme qu’il dirige en un instrument de pression diplomatique contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

Avec ces antécédents et dans de telles circonstances, il n’est pas surprenant que Caracas ait décidé d’abandonner l’organisation pour recourir, en échange, à la Communauté des Etats Latino-Américains et Caribéens (CELAC), un forum plus équilibré duquel sont exclus les Etats-Unis et le Canada et dans lequel, par conséquent, on pourrait attendre une action plus constructive et propice dans le but de surmonter la crise vénézuélienne à travers le dialogue et la coopération diplomatique.

L’OEA était déjà sortie affaiblie de l’expulsion de Cuba ; ceci fut prouvé lorsqu’en 2009 l’organisme invita l’île des Caraïbes à reprendre sa place et que La Havane rejeta l’offre. Aujourd’hui, la sortie volontaire du Venezuela accentue la détérioration et le discrédit d’une instance internationale qui n’a jamais su être à la hauteur de ce que ses membres latino-américains auraient pu attendre d’elle et qui, depuis sa fondation (1948) jusqu’à ce jour, n’a fait que mériter la description populaire qu’il en est faite : le ministère des colonies de Etats-Unis.

Traduction : Luis Alberto Reygada pour Le Grand Soir (Twitter : @la_reygada).

»» http://www.jornada.unam.mx/2017/04/28/edito
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Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État - et c’est pareil dans les autres pays européens - s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à -dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an et nous ruine année après année. Ce sujet devrait être au coeur de tout. Au lieu de cela, personne n’en parle.

Etienne Chouard


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