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Qu’elle soit maudite ou crainte, la vérité interdite est l’insurrection en Grande-Bretagne.

Par une belle journée de printemps, alors que je me promenais dans le sud de Londres, j’ai entendu des voix autoritaires derrière moi. D’une fourgonnette de police ont déboulé six ou sept policiers qui sont passés en m’écartant. Ils ont entouré un jeune homme noir qui déambulait comme moi. Ils s’en sont saisis, lui ont fouillé les poches, examiné ses chaussures, inspecté ses dents. Leur brutalité confirmée, ils l’ont laissé partir en aboyant un avertissement qu’ils se reverraient une prochaine fois.

Pour les jeunes en bas de la pyramide de richesses et d’assistanats et de misères qu’est devenue la Grande-Bretagne, surtout les noirs, les marginalisés et les amers, les envieux et les sans-espoirs, c’est toujours la même chose. Leur relation à l’autorité fait partie intégrante de leur obsolescence en tant que jeunes adultes. La moitié des jeunes noirs britanniques âgés entre 18 et 24 ans sont sans emploi, résultat d’une politique délibérée depuis que Margaret Thatcher a supervisé la plus grande transfert de richesse du bas vers le haut de toute l’histoire de la Grande-Bretagne. Oubliez les écrans plats, ce pillage là s’est déroulé sur des écrans panoramiques.

Telle est la réalité de la «  société malade » de David Cameron, notamment dans sa partie la plus criminelle, la «  poche » la plus sauvage : le kilomètre carré de la Cité de Londres (quartiers d’affaires - NdT) où, avec la bénédiction des politiques, les banques et les super-riches ont saccagé l’économie britannique et la vie de millions de gens. Il sera bientôt impossible d’en parler alors que nous succombons à la propagande que le dirigeant noir américain Malcolm X a décrit ainsi : «  Si vous n’y prenez pas garde, les journaux finiront par vous faire haïr les opprimés et adorer les oppresseurs. »

Lorsqu’ils se sont précipités au parlement pour faire étalage de leur sectarisme et hypocrisie de classe, à peine une poignée de députés ont mentionné cette vérité. Héritiers d’Edmund Burke du 18ème siècle et de ses diatribes contre «  la loi de la meute » d’une «  multitude dégueulasse », pas un seul n’a parlé des rébellions précédentes de Brixton, Tottenham et Liverpool dans les années 80 lorsque Lord Scarman a fait état de «  facteurs politiques, sociaux et économiques complexes » qui avaient généré «  une prédisposition à la protestation violente » et recommandé une action corrective urgente. A la place, les nobles Travaillistes et Conservateurs ont exigé des canons à eau et toute la sévérité. Parmi eux, la Députée Travailliste Hazel Blears. Vous rappelez-vous ses dépenses notoires ? (après recherche sur Internet, une sacrée loustic celle-là , dépenses somptuaires, frais de représentation qui crèvent le plafond, gros scandale... NdT) Personne n’a fait la relation évidente entre la plus grande inégalité jamais atteinte depuis qu’elle est mesurée, une police qui commet régulièrement des abus contre des parties de la population et qui tue impunément et un état de guerres coloniales permanent et du commerce d’armes qui va avec : l’apogée de la violence.

Ce n’était probablement pas un hasard si Cameron s’en emporté ontre «  les droits de l’homme bidons » le lendemain où les avions de l’OTAN - dont des bombardiers britanniques qu’il a lui-même envoyés - ont tué 85 civils dans une ville paisible de la Libye. Les gens étaient chez eux, les enfants à l’école. Observez le journal télévisé et le correspondant sur place faire de son mieux pour nier l’évidence qui s’étale devant ses yeux, tout comme la classe politique et médiatique ont tout tenté pour discréditer les preuves d’un bain de sang civil en Irak à l’échelle du génocide au Rwanda. Qui sont les criminels ?

Il ne s’agit en aucun cas d’excuser la violence des émeutiers, dont beaucoup étaient des opportunistes, vicieux, cruels, nihilistes et souvent pervers dans leur joie : un authentique reflet du système de cupidité et d’égoïsme auquel se sont dévoués d’innombrables financiers parasites, «  d’entrepreneurs », de Murdochs, de députés corrompus et de policiers ripoux.

Le 4 août, la journaliste de la BBC Fiona Armstrong - connue sous le nom de Lady McGregor de MacGregor - a interviewé l’écrivain Darcus Howe, qui a osé prononcer le mot interdit, «  insurrection ».

Armstrong : «  M. Howe, vous dites que n’êtes pas choqué (par les émeutes) ? Est-ce que cela signifie que vous approuvez ce qui s’est passé ? »

Howe : «  Bien sûr que non... ce qui me préoccupe est le jeune homme Mark Duggan... la police lui a fait sauter le cervelle. »

Armstrong : «  M. Howe, il faut attendre les résultats de l’enquête officielle avant de dire des choses pareils. Nous ne savons pas ce qui s’est arrivé à M. Duggan. Il faut attendre le rapport de la police. »

Le 8 Août, la Independent Police Complaints Commission a reconnu qu’il n’y avait «  aucun élement » pour indiquer que Duggan avait tiré un coup de feu en direction de la police. Duggan a été tiré au visage le 4 août par un policier armé d’une mitraillette Heckler et Koch MP5 - la même arme que la Grande-Bretagne fournit aux dictatures qui les utilisent contre leurs populations. J’ai vu les dégâts au Timor Oriental où les troupes indonésiennes là aussi faisaient sauter des cervelles avec ces armes de pointe fournies à la fois par les gouvernements conservateurs et travaillistes.

Un témoin oculaire de la mort de Duggan a raconté au quotidien Evening Standard, «  Il était plaqué au sol par trois ou quatre policiers qui le tenaient en joue avec leurs armes. C’était vraiment de grosses armes et puis j’ai entendu quatre coups de feu. La police lui ont tiré dessus alors qu’il était au sol. »

C’est comme ça que la police métropolitaine a tué Jean Charles de Menezes, sur le plancher du métro londonien. Et il y a eu Robert Stanley et Ian Tomlinson, et beaucoup d’autres. La police a menti sur la mort de Duggans comme elle a menti sur les autres. Depuis 1998, plus de 330 personnes sont mortes au cours de leur détention par la police et pas un seul policier n’a été condamné. Où sont les protestations des politiques et des médias contre cette «  culture de la peur » ?

«  C’est drôle, » remarqua la journaliste Melanie MacFadyean, «  mais la police n’est pas intervenue alors que de graves pillages avaient lieu - serait-ce parce qu’elle voulait montrer à tous que moins de police signifie plus de criminalité ? »

En attendant, les balais sont arrivés. A une époque où l’information est remplacée par des opérations de relations publiques, la campagne de nettoyage, aussi bien-intentionnés soient les participants, peut aussi servir au gouvernement et aux médias à balayer les inégalités et le désespoir sous des tapis bourgeois, accompagnés de joyeux volontaires armés de balais touts neufs et qualifiés de «  Londoniens » comme si les autres étaient des extra-terrestres. Boris Johnson (maire de Londres, en photo ci-dessus - NdT), qu’on n’avait pas beaucoup vu jusqu’à présent, a lui aussi brandi son balai tout neuf. Un autre Etonien (ancien élève de l’université d’Eton - NdT) , ancien chargé de communication auprès d’un pilleur de biens et actuel premier ministre enfoncé jusqu’au cou dans le scandale Hackgate, aurait sans doute apprécié.

John Pilger

http://www.johnpilger.com/articles/damn-it-or-fear-it-the-forbidden-tr...

Traduction «  les balais, ça vous inspire quoi ? » par Viktor Dedaj pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

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