RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Quand la lâcheté africaine pleure « ses » morts Charlie.

Comment se fait-il que tant de Noirs sont prêts à se mettre en deuil dès qu’un acte criminel est commis à Paris, à Washington, à Londres, à Lisbonne, à Canberra, à Moscou, à Pékin...?

Le soir du mardi 6 janvier, je faisais une mise à jour de l’article intitulé : DE QUOI SALVA KIIR ET LE SUD SOUDAN SONT-ILS LE NOM ? (publié ici). (Il n’a été vu jusqu’ici que par 46 personnes !). Et dans cette mise à jour, j’indiquais combien les Noirs sont indifférents envers les morts et les drames qui se multiplient dans leur voisinage immédiat – en l’occurrence au Sud Soudan –, alors qu’ils versent toutes les larmes de leur corps sur le moindre drame qui frappe les autres, à commencer par les Occidentaux.

15 heures à peine plus tard, un attentat sanglant frappe Charlie Hebdo, hebdomadaire satirique français qui caricature souvent les "islamistes". Tous les cadres du journal sont morts, assassinés.

Là, on voit ce qu’est un peuple vraiment. De toutes les capitales occidentales, Berlin, Lisbonne, Madrid, Londres, Rome, Vienne, Berne, Oslo, Prague, Moscou, Washington, Amsterdam, Bruxelles...aussi bien les dirigeants que des citoyens en passant surtout par le corps journalistique manifestent de diverses manières leur indignation, leur soutien et leur solidarité à leur pays frère et à ses citoyens assassinés, ainsi qu’à leurs familles. ÇA C’EST UN PEUPLE ! Chacun se sent directement touché quand un "ennemi" ou un "adversaire, c’est selon, ose toucher à un seul cheveu de l’un des siens, de l’un des gens avec qui on partage des traits culturels et géographico-idéologiques. L’éloignement n’affecte en aucun cas la nécessité de la communion, de l’unité. Voit-on la même attitude chez les africains lorsque leurs propres sœurs et frères sont frappés par le deuil ? Poser la question, c’est y répondre.

Sur Charlie Hebdo, les satrapes africains, fils aînés de la République française et leurs fameux peuples ne sont pas en reste. Les messages de condoléances, les cris de colère, les appels à la vengeance...proviennent de l’Afrique et des Africains. Faure Gnassingbé, du territoire du Togo, et ses acolytes d’autres enclos coloniaux qu’ils gardent sont en pleurs. Ils sont inconsolables. Des sites internet africains changent leur dénomination et deviennent CHARLIE ceci ou Charlie cela. Des Africains, ici ou là, crient Liberté d’expression ! Liberté d’expression ! D’autres encore disent : "c’est inacceptable !", "ahhh, il faut éduquer ces arabes", « il faut crier notre colère contre ces barbares ! », "il faut que les musulmans de partout se désolidarisent de ça", etc...Ces cris de douleur rappellent ceux entonnés par les mêmes lors de l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, journalistes de la voix de la Métropole, RFI (voir LE JOURNALISME AFRICAIN EN DEUIL. Certains Africains, notamment un éditorialiste du Pays, quotidien burkinabè s’était même souvenu à cette occasion que « tuer un être humain est inadmissible ». C’est une véritable leçon de philosophie que celle-là !

On aurait aimé, ne serait-ce que de la part de ces noirs absolument mobilisés ici, avoir le même déploiement d’énergie face aux incessants agissements criminels de Boko Haram, piloté en sous-main par ceux à qui profite le crime. Au Mali, au Kenya, en Somali face à Ansar Dine, Mujao, Aqmi, Shebab et autres, on n’a ni vu colère, ni solidarité des indignés noirs sur Charlie Hebdo. Au Sud Soudan, les massacres continuent au quotidien dans l’indifférence absolue des Noirs. Au Kongo de Joseph Kabila, on ne compte plus les morts, car les compteurs sont bloqués à force de tourner. Mais, là aussi, les Noirs sont totalement sourds et muets : ils n’entendent rien, ils ne voient rien non plus. Au Gabon, le fils Bongo fait tuer des gens dans les rues, on a vu la mobilisation dont les Noirs ont été capables face à cela. Au Togo du fils Gnassingbé, les Noirs n’ont jamais vu de morts, encore moins de blessés. En Côte d’Ivoire, on n’a jamais tué aucun Africains là-bas, capturé les plus hauts dirigeants et placé des assassins au pouvoir. En Centrafrique, on a vu la gigantesque mobilisation sur le continent et dans sa fameuse Diaspora, ainsi que des tonneaux se remplir de larmes des noirs voyant le nombre de compatriotes massacrés, hier et aujourd’hui, là-bas dans une guerre inter-religieuse et inter-ethnique fabriquée de toutes pièces pour camoufler les vrais enjeux.

On sait que les familles en Centrafrique, au Congo, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Sud Soudan...ont dû supplier les Africains de ne plus envoyer de messages de condoléances. Tellement elles en ont reçus de la part de leurs compatriotes outrageusement sensibles et solidaires en ces moments de deuils incessants ! On peut multiplier les exemples. Toutefois, quoi de plus bref pour résumer la situation qu’un rappel de cette « sagesse » populaire du Togo et de ses environs énonçant qu’un Blanc mort vaut mieux que deux noirs vivants. Ceci veut tout dire !

Une des manifestations les plus courantes et frappantes de la lâcheté d’un peuple étant son refus absolu de s’assumer et de se définir, les Noirs préfèrent s’affirmer, se lire par le truchement d’autrui. Ainsi, parviennent-ils à esquiver leurs propres blessures pour ne sentir de peine que pour celles d’autrui. L’Africain actuel ne peut plus nier, avec le visage minable qu’il offre au monde, qu’il est une fabrication des différents peuples qui l’ont colonisé jusqu’ici. Peuples dans lesquels il se retrouve parfaitement à chaque occasion. Parfaite incarnation du visage d’autrui qui l’a recréé pour ses besoins, l’Africain porte sur ses épaules les peines de ses fabricants. Il ressent même les malheurs avant qu’ils ne surviennent à ses fabricants. Malcolm X avait, depuis longtemps, identifié ce caractère chez des Noirs, lorsqu’il parlait de l’esclave domestique qui pleurait lorsque le maître pleurait et dit “ Nous avons mal à la tête ” lorsque le maître souffrait des maux de tête. Face à ses propres douleurs et celles de son peuple, le Noir reste un monstre froid. Silencieux comme une carpe et indifférent comme un sapin de Noël en plastique. Se soucier de son peuple, de son pays, de la renaissance de l’Afrique est le dernier de ses soucis.

Un jour, un compatriote africain m’a écrit une lettre dans laquelle il me suppliait de cesser d’infliger tant de mal aux Noirs dans leur pays de séjour en leur demandant de penser d’abord à l’Afrique. Cette belle âme m’accusait de « culpabiliser les Noirs » qui n’aspirent qu’à la tranquillité. Le compatriote concluait sa missive par ces mots : « Nous sommes des Africains transgéniques, transnationaux, des citoyens du monde. A l’ère de la mondialisation, parler de lutte d’indépendance, de reconquête de son espace est une bêtise. »

Que la lâcheté peut prendre des formes inattendues chez un peuple dispersé, aliéné qui a perdu jusqu’à la notion même de la vie !

»» http://lajuda.blogspot.ch/2015/01/quand-la-lachete-africaine-pleure-ses.html
URL de cet article 27807
  

Même Thème
Que fait l’armée française en Afrique ?
Raphaël GRANVAUD
Préface d’Odile Tobner-Biyidi Que fait l’armée française en Afrique ? Et de quel droit s’y trouve-t-elle encore aujourd’hui ? Si l’on en croit les discours officiels, elle n’y aurait plus depuis longtemps que des missions humanitaires et de maintien de la paix. La page du néocolonialisme et de la Françafrique aurait été tournée en même temps que finissait la guerre froide. Ce « Dossier noir » examine, à travers de nombreux exemples concrets, la réalité de cette présence depuis deux décennies. Après un (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Si je devais naître pauvre en Amérique latine, je prierais le bon Dieu pour qu’il me fasse naître à Cuba »

Manu Chao

Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
103 
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
46 
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.