RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Roman Protasevich, la victime de l’incident Ryanair en Biélorussie, crache le morceau.

Un documentaire télévisé sur l’alerte à la bombe contre un avion Ryanair (vidéo) confirme notre analyse. C’est une histoire bidon construite par des militants qui veulent changer le régime en Biélorussie. Ils prétendent que, le 23 mai, un avion de la Ryanair a été forcé par le gouvernement biélorusse à atterrir à Minsk, après quoi un militant se trouvant à bord, Roman Protasevich, a été arrêté. Mais en réalité, une véritable alerte à la bombe, transmise par courrier électronique, a bien été reçue à l’aéroport de Minsk ainsi que par les autorités aériennes lituaniennes. L’avion a été informé de la menace par le contrôle aérien biélorusse et le pilote, après avoir communiqué avec la direction de Ryanair, a décidé d’atterrir à Minsk.

Le 4 juin 2021

La Biélorussie a traité l’affaire dans les règles de l’art et l’avion a été libéré après avoir été fouillé, sans trouver la bombe présumée. Il y avait des mandats d’arrêt en cours contre deux passagers se trouvant à bord, Roman Protasevich et sa petite amie russe Sofia Sapega. Tous deux ont été arrêtés au moment du passage des contrôles douaniers.

Roman Protasevich a été trahi. Ce sont d’autres militants pour le changement de régime, avec lesquels il n’était pas d’accord, qui avaient envoyé le courriel d’alerte à la bombe pour le piéger.

C’est ce qui ressort de son témoignage dans la dernière partie du documentaire télévisé dont le lien figure ci-dessus, où il apparaît comme un fumeur invétéré, vif et engagé.

Un deuxième reportage de la télévision biélorusse (vidéo), un extrait de quatre-vingt-dix minutes d’une interview de quatre heures de Protasevich, a été diffusé hier :

L’ancien rédacteur en chef de NEXTA, Roman Protasevich, a accordé une interview à la chaîne publique biélorusse ONT. Il y plaide coupable dans une affaire pénale d’organisation et de préparation d’actions violant l’ordre public. Il critique également l’opposition biélorusse et dit respecter Alexandre Loukachenko.

Dans cette interview, Protasevich révèle l’existence d’une organisation d’opposition financée par l’étranger, à l’origine de la tentative de révolution de couleur tentée en 2020 au Belarus.

Les médias « occidentaux », ainsi que d’autres activistes du changement de régime, affirment que Protasevich a dû être torturé pour parler ainsi. Cependant, à part les légères marques de menottes à ses poignets, il n’y a aucun indice montrant cela. Protasevich a été blessé lorsqu’il a combattu dans le bataillon ukrainien fasciste Azov contre les sécessionnistes du Donbass. C’est un dur à cuire qui ne se laissera pas impressionner par des menottes que, soit dit en passant, la police utilise dans le monde entier pour les mêmes raisons.

Pendant la guerre de Corée, des pilotes américains, capturés par la Chine, ont admis avoir largué des armes biologiques sur la Chine. Les États-Unis ont longtemps nié l’utilisation d’armes biologiques et ont affirmé que les pilotes avaient été torturés et avaient fait de faux aveux. Des décennies plus tard, des dossiers secrets étaient publiés, prouvant que les déclarations des pilotes étaient exactes.

Au début de l’interview avec Marat Markov, le directeur de la chaîne de télévision publique biélorusse ONT, Protasevich est encore un peu tendu. Mais après 3 ou 4 minutes, l’entretien se transforme en un échange animé au cours duquel Protasevich interrompt et corrige parfois le journaliste. La voix de Protasevich est rude et parfois pressée. C’est fumeur invétéré et il prétend être enrhumé. Vers la fin, lorsqu’ils parlent des dommages personnels que la tentative de révolution de couleur a causés à de nombreuses personnes, tous deux deviennent quelque peu émotifs mais en aucun cas hostiles l’un envers l’autre.

Le comportement de Protasevich, son engagement, son langage corporel et son attitude générale tout au long de l’interview m’ont convaincu qu’il agit volontairement et qu’il dit la vérité. Il n’est pas en train de lire un script que quelqu’un d’autre a écrit. Il raconte tout sur l’effort de changement de régime financé par l’étranger auquel il a participé. Et pourquoi pas ? Il a été trahi par ses anciens camarades. Il risque maintenant jusqu’à quinze ans de prison. Le fait de tout raconter pourrait bien l’aider à réduire le verdict pour ses crimes.

Il n’y a pas encore de sous-titres ni de transcription en anglais de l’interview. Les extraits suivants sont tirés d’un résumé en huit parties publié en langue russe sur Office Life. Le texte est traduit par ordinateur :

Roman Protasevich, sur l’antenne de la chaîne de télévision ONT, dans l’émission "Markov. Rien de personnel", a déclaré qu’il a accepté d’être interviewé tout à fait volontairement. Mais il a noté qu’il avait un petit rhume.

Il a ajouté qu’il est difficile de prévoir comment l’opposition réagira à l’interview, et qu’il ne serait pas surpris d’être traité de traître.

Protasevich a souligné qu’il ne se soucie absolument pas de ce qu’ils disent. Selon lui, il veut juste tout faire pour corriger ses erreurs. ...

Roman Protasevich, sur l’antenne d’ONT, a suggéré que les informations sur son vol au-dessus de la Biélorussie auraient pu être données par Daniil Bogdanovich, qui était le directeur du projet.

Protasevich a souligné que pour la première fois depuis longtemps, il a communiqué des données sur ses déplacements à quelqu’un. Il a parlé du vol depuis Athènes dans un chat, auquel participent Frank Viacorka et Daniil Bogdanovich. Protasevich était en conflit avec ce dernier. Roman affirme qu’en fait, dans son dos, lors d’un "appel téléphonique" en ligne, il a été dit qu’il pourrait être licencié. Lui-même n’a pas participé à cet "appel" en raison d’une mauvaise communication à l’hôtel. Des collègues lui ont fait part du contenu.

Protasevich pense que c’est Bogdanovich qui aurait pu prendre l’initiative d’un éventuel licenciement.

Au cours de l’interview, Roman a également souligné qu’il n’avait rien à voir avec la page Black Book of Belarus. Il a seulement organisé un atelier sur la façon de faire les gros titres, etc. Roman pense que beaucoup de données personnelles ont été transférées à la chaîne par d’anciens agents de sécurité. Protasevich a souligné qu’il n’avait rien à voir avec la publication de données personnelles.

« Black Book » est une page Telegram utilisée par l’opposition pour publier des adresses et des informations personnelles sur des policiers biélorusses et leurs familles.

Protasevich donne ensuite quelques détails sur les personnes impliquées dans l’opération d’opposition et sur leur corruption. Je ne m’y attarderai pas, car la plupart d’entre elles me sont inconnues et ne présentent qu’un intérêt mineur. Il y a cependant quelques personnes dont nous avons déjà entendu parler :

La personne interrogée a également parlé d’Olga Karach. Il a dit qu’elle avait obtenu la possession d’une maison d’une superficie de 600 mètres carrés dans le quartier d’élite de Vilnius. Karach lutte contre Tikhanovskaya pour obtenir l’argent de la diaspora.

Protasevich a ajouté que Tikhanovskaya vit en partie aux frais de l’État lituanien, en partie aux frais de certains entrepreneurs. Elle est surveillée par les services spéciaux lituaniens.

Andrey Strizhak (Fondation BySol), selon Protasevich, n’est pas non plus parfait. Des plaintes ont été déposées contre Strizhak et, toujours selon Protasevich, elles "n’étaient manifestement pas infondées". Cela s’est passé pendant que, selon Roman, il y eu de l’argent qui a disparu.

En outre, Protasevich a déclaré que ByPol, à son avis, est financé par la Pologne. Aussi, selon lui, la partie polonaise a donné 50 millions de zlotys à la Maison du Bélarus à Varsovie.
Suivent ensuite des détails sur le canal Telegram NEXTA qui a été utilisé pour diriger les manifestations et émeutes de l’été dernier à Minsk. Selon Protasevich, cette chaîne est suivie au Belarus par 500 000 personnes « au maximum ».

Protasevich tente de faire baisser la peine potentielle qui pèse sur lui :

Roman Protasevich a déclaré sur l’antenne de ONT qu’il respecte Alexandre Loukachenko. En même temps, il estime que certaines des décisions de cet homme politique étaient erronées.

Protasevich a admis avoir "beaucoup critiqué Lukashenko".

Il affirme s’être rendu compte que beaucoup des choses pour lesquelles le chef de l’État était critiqué étaient un élément de pression. Selon Protasevich, Lukashenka se comportait comme un homme aux œufs d’acier.

Le financement de la chaîne NEXTA (traduite en « Nektha ») et de son nombreux personnel est abordé ci-après :

Sur l’antenne d’ONT, Roman Protasevich a déclaré qu’au départ le projet Nekhta (reconnu comme extrémiste en Biélorussie) vivait de la publicité. Les publications coûtaient "pas mal d’argent" : par exemple, 20 000 dollars. Le salaire de Protasevich pouvait être de 1500 dollars. En août 2020, il a touché 5 000 euros.

À un moment donné, selon Protasevich, il y a eu un financement russe : 3-5 000 euros par semaine. L’argent venait d’une certaine société russe, qui, à en juger par son nom, est associée à l’Oural et aux mines.

Son propriétaire est un oligarque russe bien connu et un concurrent direct de Mikhail Gutseriev. Protasevich n’a pas donné son nom de famille, mais peut-être veut-il parler d’un natif de Minsk, Dmitry Mazepin, qui contrôle actuellement Uralkali.

Protasevich a également déclaré qu’il aurait été prévu de transférer l’un des canaux de Nekhta aux mains de russes.

Roman Protasevich a également déclaré que la scission dans l’équipe Nekhta était due à la figure politique de l’émigration biélorusse, Ales Zarembyuk, qui, selon le journaliste, a utilisé Putilo et l’ensemble du projet comme une "vache à lait".

Aujourd’hui, selon Protasevich, il n’y a plus de publicité sur "Nekhta", bien qu’il y ait plus de personnel dans la rédaction. Cela signifie, selon lui, que quelqu’un soutient le projet.

La Biélorussie socialiste dispose de vastes ressources en potasse. Il ne serait pas étonnant qu’un oligarque néolibéral russe du secteur des engrais tente de s’en emparer par le biais d’un changement de régime et de privatisations.

La partie suivante concerne la tentative de coup d’État militaire contre Loukachenko qui a échoué, il y a deux mois de cela :

Roman Protasevich a déclaré sur l’antenne d’ONT qu’il était presque devenu un agent de liaison "entre les conspirateurs et le quartier général de Tikhanovskaya." En d’autres termes, son rôle consistait à rapprocher le quartier général de ceux qui conspiraient contre Loukachenko.

Protasevich affirme qu’il avait des contacts constants avec Dmitry Shchigelsky, qui vit maintenant aux États-Unis et ils auraient beaucoup en commun. Contrairement à Alexander Feduta et Grigory Kostusev, Shchigelsky n’a pas été détenu par les services spéciaux biélorusses.

Roman assure également qu’il existe en Biélorussie des "cellules dormantes" de gens qui prônent un scénario de renversement du gouvernement actuel par la force.

Protasevich affirme également que Frank Viacorka n’avait pas été inclus dans le projet de renversement violent. Roman estime qu’il a "la langue trop pendue".

Selon Protasevich, les conspirateurs ont parlé d’une vingtaine de familles de militaires qui devaient être évacuées de Biélorussie, et ils voulaient obtenir pour elles des sommes importantes du fonds BySol, mais cela n’a pas fonctionné. Protasevich pense qu’en réalité ces militaires et leurs familles sont une fiction.
Protasevich parle ensuite de son séjour dans le bataillon Azov :

...

En même temps, Protasevich dit qu’il ne faisait pas officiellement partie de l’état-major d’"Azov", et qu’il n’était pas dans leurs affaires ; "il s’occupait principalement de photographie." Mais il a effectivement reçu une mitrailleuse légère. Cependant, selon Protasevich, il n’a pas participé aux hostilités, et "était presque tout le temps à la base". Roman admet également qu’il a violé l’éthique journalistique.

En outre, Protasevich a admis qu’il craint une sorte d’extradition (vers quel pays, ce n’est pas clair) - (1) - et espère qu’Alyaksandr Lukashenko aura suffisamment de volonté politique pour ne pas accepter l’extradition.

Roman affirme qu’il n’y a pas si longtemps, il était lui-même sur le point de retourner en Biélorussie. Il a déclaré qu’il coopérait avec l’enquête et qu’il repensait à beaucoup de choses dans la vie. À la fin de l’interview, Protasevich a même fondu en larmes. Après cela, ils ont montré le commentaire déjà enregistré séparément du présentateur, où il explique qu’en fait l’interview a duré environ quatre heures et que tout n’a pas été diffusé à l’antenne.

Moon of ALABAMA

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

(1) - Note de Geb.

Protasevitch craint une extradition vers la DNR , (la République de Donestk dans le Donbass), ou il risque la Peine de Mort pour "crimes de guerre". Ca suffit largement pour lui faire avouer la vérité sans fard, d’autant qu’il sait qu’il a été vendu par ses copains.

Au Belarus il risque simplement 15 ans de prison pour "sédition".

Y a pas photo pour choisir.

Voir le film ci dessous. (En Russe, (V.O.), et en Anglais approximatif avec le traducteur).

https://reseauinternational.net/protassevitch-aurait-ete-piege-par-son...

»» https://lesakerfrancophone.fr/roman-protasevich-la-victime-de-linciden...
URL de cet article 37158
  
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

LA TYRANNIE DU BIEN VIEILLIR
Martz Didier, Michel Billé
La tyrannie du Bien Vieillir, voilà bien un paradoxe ! Il faut être un peu iconoclaste pour aller s’en prendre à une si belle idée, qui fait si largement consensus : « bien vieillir ». Bien vieillir, qui pourrait être contre ? Qui ne le souhaiterait pas pour soi-même et pour autrui ? Qui oserait affirmer préférer vieillir mal ? C’est que le désir de bien vieillir de chacun sans trop d’inconvénients est devenu un slogan qui anime les cercles politiques, court dans les maisons de retraite, envahit les (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

La mort de la démocratie ne sera probablement pas le résultat d’une embuscade. Ce sera une lente extinction par apathie, indifférence et privation.

Robert M. Hutchins

Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
43 
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.