Sans frontières : les médecins cubains à Cuba et dans le monde

Mario Antonio PADILLA TORRES

Avant le triomphe de la Révolution cubaine, le 1er janvier 1959, il y avait 6 250 médecins sur l’île, dont la moitié environ quitta le pays après cette date. En outre, plus de 63,2 % d’entre eux se trouvaient à La Havane, où les hôpitaux publics, les cliniques et les centres de santé privés n’étaient accessibles qu’à ceux qui en avaient les moyens et pouvaient en payer les services. Dans les trois massifs montagneux de Cuba, c’est tout juste si l’assistance médicale arrivait. La santé publique, dès les premières années de la Révolution, se convertit en une priorité pour l’État cubain qui, dès le début, la considéra comme un droit du peuple, de sorte que furent garanties les conditions nécessaires pour offrir les services de santé à tous sur un pied d’égalité, et ce gratuitement.

On commença à combattre les maladies, avec un budget de 22 670 965 pesos pour financer la santé de la population. Ces chiffres ont progressivement augmenté avec le temps. Pour l’année 2019, 10 662,2 millions de pesos ont été alloués, et pour 2020 ce sont 12 740 millions de pesos (530 millions de dollars). Cela représente 28 % du budget total (du pays) et avec le budget de l’éducation, plus de 50% de ce même budget.

Ces deux secteurs se complètent dans le système de santé cubain (Portail, 2019). Le budget de cette année permettra la réalisation de plus de 200 millions de consultations médicales et de garantir les services médicaux fournis dans les hôpitaux et les instituts ainsi que les soins primaires de santé. À cela s’ajoute une couverture financière de 1,4 million pour les hospitalisations et les médicaments nécessaires (Portal, 2019). Il est également important de tenir compte des dépenses liées à la pandémie de la Covid-19, l’urgence sanitaire qui a ébranlé le monde et dont Cuba, non seulement n’a pas été épargnée, mais s’est mobilisée pour aller la combattre dans de nombreux autres pays.

Au cours de l’année 2019, 8 098 nouveaux professionnels des différentes filières des sciences médicales ont obtenu leur diplôme, de sorte que Cuba possède plus de 100.000 médecins en activité, atteignant le chiffre le plus élevé de l’histoire,et en même temps un indicateur des mieux placés dans le monde, avec une proportion de 9.0 médecins pour mille habitants, environ 20.000 stomatologues, plus de 80.000 diplômés en soins infirmiers, 150 hôpitaux, 450 polycliniques, près de 11.000 cabinets médicaux, 13 universités de médecine, près de 90.000 étudiants et 30.000 spécialistes en formation. Plus de 35 000 étudiants étrangers de 141 pays ont obtenu leur diplôme dans des universités cubaines (Portal, 2019).

Rien qu’en 2019, plus de 89 millions de consultations ont été données au niveau de la santé primaire et 1,199 million d’opérations chirurgicales ont été réalisées. En 2019, une couverture vaccinale supérieure à 98 % a été garantie, ce qui a permis de protéger les enfants contre 13 maladies, et 14 maladies infectieuses continuent d’être éliminées. Neuf autres ne sont pas considérées comme des problèmes de santé car elles présentent des taux inférieurs à 0,1 pour 100000 habitants. La mortalité prématurée dans la population de moins de 60 ans due à des maladies cardiaques, cérébro-vasculaires et au diabète sucré a été réduite. Il existe dans le pays 37 unités de sciences, de technologie et d’innovation, 1 500 projets de recherche, 153 essais cliniques et 8 vaccins ont été produits dans le pays (Portal, 2019).

Le personnel de santé possède une haute préparation scientifique et technique élaborée au cours des plus de 60 ans de la Révolution cubaine, où la priorité a été donnée au développement de la santé, à la formation des professionnels, à la recherches scientifique, à la mise au point de vaccins et l’éradication des maladies endémiques d’avant 1959. Cela a permis à Cuba d’offrir très tôt ses services (de santé) à d’autres peuples du monde.

Historique de la coopération médicale cubaine

L’histoire de la coopération médicale cubaine est très vaste et a connu plusieurs étapes et différentes modalités. Elle a commencé le 23 mai 1963 lorsque le premier groupe de médecins cubains internationalistes est parti pour l’Algérie. Ainsi commença la première mission médicale officielle de solidarité cubaine dans l’histoire de la Révolution. Toutefois, avant cette date, les médecins cubains avaient secouru la population chilienne en 1960 après l’un des tremblements de terre les plus graves enregistrés jusqu’à cette date.

Entre les années 60 et 80, cette aide était comprise comme une "mission internationaliste" basée sur le principe de solidarité, et englobait d’autres domaines scientifiques et professionnels. Il ne s’agissait en aucun cas d’une exportation de services, car ni le pays ni les médecins n’en tiraient de revenus. Ce type d’aide, dans des pays de ce qu’on appelle le Tiers-Monde, était considéré comme une contribution cubaine à la libération et au développement des peuples. Les années 90 ont été marquées par des événements extérieurs qui ont fortement affecté l’économie cubaine, notamment la désintégration de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), la disparition du camp socialiste, principal marché cubain et le début de la période dite spéciale.

Cette situation renforça l’émergence d’une nouvelle modalité de coopération : l’Assistance Technique Compensée ou Contrat Direct, dont le principe consiste à établir un accord, par lequel le médecin engagé percevait une rémunération pour les services rendus et, d’autre part, rapportait au Système National de Santé une contribution permettant de maintenir le reste de la collaboration médicale que le pays ne pouvait pas assumer, en raison de la situation économique qui prédominait.

À la fin des années 90, des catastrophes naturelles se produisirent dans la région de l’Amérique centrale et des Caraïbes (ouragans George et Mitch) qui modifièrent tout ce qui se faisait jusqu’alors. La modalité de Mission Internationaliste diminua, l’Assistance Technique Compensée fut progressivement réduite et le Programme Intégral de Santé (PIS) fut créé le 3 novembre 1998, d’abord en Amérique centrale et dans les Caraïbes, puis en Afrique et dans le Pacifique.

Au cours de cette période, fut créée l’École latino-américaine de médecine (ELAM) comme élément de base de la continuité et de la durabilité de ce programme. Pour ce qui concerne les étrangers qui étudient à Cuba, le gouvernement a créé les conditions de vie nécessaires pour que leur processus de formation soit le plus complet possible. Toutes les personnes boursières bénéficient d’un logement, de l’alimentation, des services de santé, du matériel, des installations éducatives et de tout le matériel pédagogique et administratif nécessaire. (Morales, 2017)

L’essence du PIS était d’envoyer des Brigades Médicales dans des endroits éloignés, difficiles d’accès, où il n’y avait pas de médecins nationaux et à ceux qui ne recevaient qu’une somme d’argent pour couvrir les besoins essentiels". [1] D’autres programmes et modalités ont été également développés en fonction des urgences qui se sont présentées. (Morales, 2017).

La coopération de Cuba s’est développée avec comme base le principe de partager de ce l’on a. C’est ainsi que ces pratiques se distinguent, également par le volontariat des coopérants, qui ne voyagent en aucun cas en y étant obligés. Une fois la décision prise et arrivés au lieu d’affectation, l’une des principales préoccupations du gouvernement cubain a été de créer des conditions professionnelles, techniques et de vie dignes, pour chacun de ses collaborateurs quittant le pays. Les périodes de séjour sont de deux ans avec un congé annuel. Le programme comprend la préservation de son poste de travail à Cuba, une aide financière supplémentaire à sa famille et le maintien intégral de son salaire à Cuba, ainsi qu’une importante reconnaissance de son travail au niveau social. En termes monétaires, le coopérant cubain, dans le pays où il travaille, reçoit une allocation économique qui lui sert à couvrir ses besoins de séjour. Dans certains cas, le gouvernement du pays d’accueil assume une partie de sa pension. (Morales, 2017).

L’un des exemples les plus importants de la collaboration médicale de Cuba a été la création du Contingent International de Médecins Spécialisés en Catastrophes et des épidémies graves, Henry Reeve. Ce contingent fut créé par Fidel Castro en 2005 dans le but d’aider les victimes de l’ouragan Katrina aux États-Unis. L’aide médicale cubaine n’a jamais atteint la destination proposée, le président George W. Bush ne leur ayant pas donné l’autorisation d’entrer. La tragédie fit plus de 1800 morts. Un an plus tard, Bush déclarait : "Mon gouvernement n’a pas été à la hauteur de sa responsabilité". [1]

Depuis lors, le contingent Henry Reeve [2] est intervenu sur des cas de séismes (Pakistan, 2005 ; Indonésie, 2006 ; Pérou, 2007, Chine, 2008 ; Haïti, 2010 ; Chili, 2010 ; Népal, 2015 ; Équateur, 2016), fortes pluies (Guatemala, 2005 ; Bolivie, 2006 ; Mexique, 2007 ; El Salvador, 2009 ; Chili, 2015 ; Venezuela, 2015), urgences médicales (choléra en Haïti, 2010 ; Ebola en Sierra Leone, Guinée, Libéria, 2014) et ouragans (République dominicaine, 2015 ; îles Fidji, 2016 ; Haïti, 2016 [3])

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Ces dernières années, Cuba s’est vue obligée de diversifier ses sources de financement pour assurer sa collaboration et la survie de son propre système de santé, l’une des grandes conquêtes sociales de la Révolution. Dans ce sens, elle a conclu d’importants accords de collaboration avec divers pays avec lesquels il a été convenu de partager la responsabilité économique, notamment en ce qui concerne l’accompagnement médical, ce qui a été le cas spécifique du Venezuela et du Brésil (pendant les gouvernements du Parti des travailleurs). Sur des thèmes spécifiques, il a été conclu des accords de co-financement pour impulser des plans ou des accompagnements, comme ce fut le cas pour l’urgence Ebola en Afrique, ou l’appui aux urgences en Haïti, entre autres. À cet égard, Antonio Romero fait les observations suivantes :

"En ce qui concerne le système de financement de la coopération cubaine, on observe différentes options : dans certains cas, tous les coûts ont été pris en charge par la partie cubaine (surtout pour les pays très pauvres ou vulnérables) ; dans d’autres cas, les programmes et projets ont bénéficié de financements provenant d’acteurs tiers (d’autres pays dans le cadre de schémas triangulaires de coopération et/ou d’organismes internationaux). Mais il existe également des actions, pour lesquelles le budget a été pris en charge et partagé par Cuba et par le pays bénéficiaire. (Morales, 2017)"

Le niveau de collaboration que Cuba est arrivé à maintenir a surtout été gratuit ou partagé. Remarquables sont les efforts de l’île pour maintenir plus de 50 000 professionnels à l’étranger, pour accorder des milliers de bourses à des étudiants du monde entier, pour assurer toutes les opérations chirurgicales qui sont effectuées, ainsi que le matériel et les équipements. Tout cela représente une dépense impressionnante pour le gouvernement cubain.

[1] Voir : Néstor Marimón et Evelyn Martinez. Évolution de la collaboration médicale cubaine en 100 ans du Ministère de la Santé Publique.
[2] Idem.
[3] Henry Reeve, patriote cubain de nationalité américaine, a combattu aux côtés des Cubains dans la lutte pour l’indépendance contre l’Espagne au Xixe siècle.

Traduction Rose-Marie LOU

 http://www.cubadebate.cu/especiales/2020/09/14/sin-fronteras-los-medicos-cubanos-en-cuba-y-el-mundo/#.X3W-NcIzYpt

COMMENTAIRES  

05/10/2020 23:40 par jacques-françois bonaldi

Une petite rectification à cette excellente présentation :

Henry Reeve n’était pas "un patriote cubain d’origine américaine", formule qui peut prêter à confusion, mais un Étasunien né à Brooklyn (New York) le 4 avril 1850 dans un foyer luthérien de classe moyenne. Quand la première guerre d’Indépendance cubaine, celle de Dix Ans (1868-1878) éclate le 10 octobre, il se présente à la Junta Revolucionaria Cubana de New York pour s’engager. Ce qu’il peut faire, finalement, à l’insu de sa famille, dans l’expédition du vapeur Perrit, qui débarque dans la baie de Nipe en mai 1869. Henry Reeve avait donc dix-neuf ans. Blessé dès son premier combat fin mai, il est arrêté par les Espagnols et fusillé. Laissé pour mort, quatre balles dans le corps, il survit et parvient à rejoindre les insurgés cubains. À un moment donné, autour d’octobre 1869, il est incorporé aux troupes de la province de Camagüey, puis directement aux ordres d’Ignacio Agramonte, un des grands personnages de la guerre d’Indépendance, aux côtés de qui il se bat en 1871-1872, puis aux ordres de Máximo Gómez en 1873-1874. À la mi-1874, il est nommé chef de la Division de Camagüey jusqu’en octobre 1875, mais il souhaite se battre dans la région occidentale du pays, dans la province de Las Villas sans que les chefs accèdent à sa pétition : Puis les choses se compliquant du point de vue militaire en Camagüey, il décide d’y rester. Il écrit alors le 6 juillet 1875 au général Julio Sanguily : « Je souhaite que vous connaissiez le véritable motif pour lequel j’ai décidé de rester ici, et c’est ma nationalité. Si j’étais un enfant de ce pays, j’aurais toujours persisté dans ma demande de pouvoir passer en Las Villas, mais j’ai pensé alors que demain ou après-demain on pourrait m’accuser d’être venu ici en simple aventurier sans principe, à la recherche d’un avantage personnel, sacrifiant ceux de la patrie, et c’est pour ça que j’ai abandonné l’avenir que m’offre Las Villas. » Personnage haut en couleur et en courage (gravement blessé à une jambe en septembre 1873, il en perd l’utilisation, doit être opéré à plusieurs reprises, se fait fabriquer une prothèse pour pouvoir quand même monter à cheval, puisqu’il est militaire de cavalerie), il constitue un splendide exemple d’ « internationalisme ». Finit la guerre général. Encerclé au combat de Yaguamaras, le 3 août 1876, face à des troupes espagnoles supérieures en nombre, son cheval mort, blessé de plusieurs balles, il préfère se réserver la dernière de son revolver. Il avait à peine vingt-six ans. Il avait participé à 400 actions de guerre, avait été blessé dans dix combats différents. On comprend pourquoi Fidel, avec son flair de l’histoire, baptisa de son nom (dans l’histoire cubaine il était Reeve el Inglesito) le Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés en situations de catastrophe naturelle et de grave épidémie, puisque sa première destination devait être les populations sinistrées de la Nouvelle-Orléans après le passage du cyclone Katrina. (Je ne connais qu’un ouvrage qui lui est consacré : Reeve : el Inglesito, de Gilberto Toste Ballart, La Havane, 1978, Editorial de Ciencias Sociales, 328 pp.)

J’en profite pour joindre un supplément d’information récent (août 2020) sur le Contingent Henry Reeve.

CONTINGENT INTERNATIONAL HENRY REEVE DE MÉDECINS SPÉCIALISÉS EN SITUATIONS DE CATASTROPHE NATURELLE ET DE GRAVE ÉPIDÉMIE
MISSION
Apporter une aide humanitaire, médicale et sanitaire aux populations de pays victime de catastrophes naturelles et d’épidémies, et contribuer à leur redressement.
PRINCIPES SOUS-TENDANT SON ACTION
L’exercice et la défense du droit de l’homme à la santé, ce qui implique l’accès gratuit de toutes les personnes et communautés, sans distinguo de race, de religion, d’idéologique politique ou de statut économique et social, à des soins de santé intégraux, adéquats, opportuns et donnés en fonction de leurs besoins.
La promotion du droit de l’homme à la paix, ce qui implique la pleine jouissance des droits associés à la dignité inhérente à tous les êtres humains, dont le droit à la vie ; la promotion de la coopération et du dialogue internationaux en vue d’améliorer les indicateurs de santé des populations touchées dans le respect des besoins des pays qui réclament une aide ; une réponse à des situations d’urgence, de catastrophes ou d’épidémies qui pourraient signifier ensuite un obstacles à la paix ; et le plein développement d’une culture de la paix.
L’humanisme, qui ratifie la dignité de l’être humain sur une base d’égalité et de justice sociales, et qui contribue au développement des peuples en leur apportant, en particulier, la santé pour tous.
La solidarité, qui unit les hommes et les peuples de façon que le bien-être des uns détermine celui des autres, qui implique l’entraide et la coopération entre les peuples et les nations, indépendamment des différences existant entre leurs systèmes politiques, économiques et sociaux, ou de leurs niveaux de développement, la pratique de la tolérance, le respect des traditions et cultures et la promotion de la paix.
CRÉATION
Le Contingent a été constitué le 19 septembre 2005, en réponse aux dommages causés par le cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), soit environ 1 336 morts et 75 milliards de dollars de pertes matérielles. Son appellation est un hommage à un jeune Étatsunien de Brooklyn qui rejoignit comme simple soldat une expédition de patriotes cubains qui débarqua le 4 mai 1869 à l’Est du pays pour prendre part à la première guerre d’Indépendance qui avait commencé en octobre 1868 contre le pouvoir colonial espagnol. Henry Reeve est devenu dans l’histoire cubain un exemple d’aide solidaire internationale.
MEMBRES
Il se mobilise sur-le-champ (entre 24 et 48 heures) en fonction du type d’intervention sanitaire requis. La plupart de ses membres, qui sont des volontaires, ont déjà une expérience internationale dans ce domaine.
PRINCIPALES ACTIONS
Au 10 août 2020, le Contingent est intervenu dans 45 nations et 5 territoires non autonomes :
• Amérique latine et Caraïbes, 22 États : Antigua-et-Barbuda, Barbade, Belize (2 fois), Bolivie, Chili (2 fois), Dominique (2 fois), Équateur, El Salvador, Guatemala, Grenade, Haïti (4 fois), Honduras, Jamaïque, Mexique (3 fois), Nicaragua, Pérou (2 fois), Sainte-Lucie, Saint Vincent-et-Grenadines, Saint-Kitts-et-Nevis, Suriname, Trinité-et- Tobago, Venezuela.
• Asie et Océanie, 5 pays : Chine, Fidji, Indonésie, Népal et Pakistan.
• Afrique subsaharienne, 12 nations : Afrique du Sud, Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Guinée (2 fois), Guinée équatoriale, Kenya, Liberia, Mozambique, Saint Tomé-et-Principe, Sierra-Leone (2 fois) et Togo.
• Afrique du Nord et Moyen-Orient, 3 pays : Émirats arabes unis, Qatar et Koweït.
• Europe, 3 États : Andorre, Azerbaïdjan et Italie.
• Territoires britanniques non autonomes : Anguilla, Iles Turques-et-Caïques, Iles vierges, Montserrat.
• Collectivité territoriale unique française : Martinique.
Plus de 9 000 personnels de santé cubains ont participé à ces missions, soignant environ 4 millions de personnes et en sauvant plus de 89 000,
Le Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés en situations de catastrophe naturelle et de grave épidémie a reçu, le 26 mai 2017, le prix Dr Lee Jong-Wook que décerne l’Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la Soixante-dixième Assemblée mondiale de la santé, le présentateur du prix, Inh Yohan, qui préside la Fondation coréenne pour des services de santé internationaux, a déclaré : « Le Contingent Henry Reeve a disséminé un message d’espoir dans le monde entier. »
Le 13 août 2020, le Congrès national du Honduras a décerné au Contingent la décoration « Croix du commandeur » pour sa contribution distinguée à la santé du peuple hondurien et pour ses résultats dans la lutte du pays contre le Covid-19.
PARTICIPATION AU COMBAT CONTRE LE COVID-19
Dès le moment où l’OMS a qualifié le Covid-19 de pandémie, qui s’avère le plus grand danger sanitaire que connait le monde au XIXe siècle, le Contingent Henry Reeve s’est préparé à aider les peuples qui le lui demanderait. En cinq mois, il a œuvré dans 38 Etats, soigné 335 785 personnes et sauvé 9 736 vies, plus de 3 700 personnels de santé cubains, dont 61,2 p. 100 sont des femmes, y ayant participé.
Des 45 brigades constituées pour combattre la pandémie, 38 sont toujours présentes dans 29 nations (Afrique du Sud, Angola, Azerbaïdjan, Antigua-et-Barbuda, Barbade, Bélize, Cap-Vert, Dominique, Émirats arabes unis, Grenade, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Haïti, Honduras, Jamaïque, Kenya, Koweït, Mexique, Pérou, Qatar, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Sao-Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Suriname, Trinité-et-Tobago, Togo et Venezuela) et dans cinq territoires non autonomes (Anguilla, Iles Vierges, Iles Turques-et-Caïques, Montserrat et Martinique).
Le Contingent Henry Reeve s’est rendu dans la plupart des régions du monde. En Amérique centrale, il est intervenu dans 2 États : le Nicaragua et le Honduras ; au Mexique, il a envoyé quatre brigades spécialisées, ces six missions médicales ayant soigné au total plus de 80 000 personnes. Dans les Caraïbes, il est intervenu dans douze pays : Antigua-et-Barbuda, Barbade, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-Grenadines, Suriname, Jamaïque, Grenade, Haïti, Bélize, Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis, Trinité-et-Tobago, où il a soigné environ 33 000 personnes. En Amérique du Sud, il est intervenu avec quatre brigades au Pérou et une au Venezuela, soignant environ 19 000 personnes.
En Europe, quatre brigades ont contribué aux efforts des autorités nationales en Italie (Lombardie et Piémont), en Andorre et en Azerbaïdjan, soignant plus de 16 000 personnes. Le Contingent est intervenu aussi dans quatre territoires britanniques non autonomes des Caraïbes (Anguilla, Iles Vierges, Iles Turques-et-Caïques, Montserrat) et dans le département d’outre-mer français de la Martinique, soignant au total plus de mille personnes.
En Afrique, dix brigades ont soigné plus de 38 000 personnes en Afrique du Sud, en Angola, au Cap-Vert, en Guinée, en Guinée-Bissau, en Guinée équatoriale, au Kenya, à Sao-Tomé-et-Principe, au Sierra-Leone et au Togo.
Au Moyen-Orient, quatre brigades ont prêté service aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Qatar (deux missions), soignant plus de 138 000 personnes.
COMBAT CONTRE LE VIRUS À ÉBOLA EN AFRIQUE
Dans le cadre d’une coopération avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 5 000 médecins et soignants cubains se sont portés volontaires en moins de deux semaines pour combattre l’épidémie à virus Ébola, dont plus de 500 ont été choisis et entraînés, 256 ayant participé finalement.
Il faut rappeler que le Contingent avait déjà participé en 2000 à une opération similaire pour combattre le choléra en Haïti, y soignant plus de 400 000 personnes et sauvant environ 76 000 vies.
En Afrique, le Contingent est intervenu en 2014 au Sierra-Leone, au Liberia et en Guinée, travaillant des salles de traitement contre l’Ébola où il a soigné plus de 2 000 personnes. Ces personnels de santé cubains ont été les seuls au monde à soigner directement ces patients, l’un d’eux ayant d’ailleurs été atteint par le virus et deux autres étant morts de malaria.
EXPÉRIENCES VÉCUES FACE À DES CATASTROPHES NATURELLES
Quelques jours à peine après sa création, en octobre 2005, le Contingent Henry Reeve est intervenu au Guatemala pour secourir la population touchée par des inondations, 688 personnels de santé cubains ayant soigné plus de 447 000 personnes et sauvé plus de 1 300 vies.
Depuis sa constitution, le Contingent Henry Reeve a réalisé 20 missions médicales spécialisées face à des catastrophes naturelles :
• Huit après inondations : Guatemala (2005), Bolivie (2006), Bélize (2007), Mexique (2007), El Salvador (2009), Chili (2015), Pérou (2017), Sierra Leone (2017).
• Sept après séisme : Pakistan (2005), Indonésie (2006), Pérou (2007), Chine (2008), Chili (2010), Népal (2015), Équateur (2016).
• Cinq après cyclone : Haïti (2016), Fidji (2016), Dominique (2017), Mexique (2017) et Mozambique (2019).
Plus de 4 000 personnels de santé cubain ont secouru au total plus de 3 millions de personnes.
Il faut souligner l’intervention du Contingent en octobre 2005 au Pakistan où un séisme a causé 70 000 morts, 100 000 blessés et jeté à la rue 3 millions de personnes. Plus de 2 000 professionnels de santé cubains ont, pendant presque huit mois, soigné 1 700 000 personnes, opéré plus de 14 000 patients, prêté des services de rétablissement spécialisés à plus de 166 000 survivants et sauvé plus de 2 000 vies.
CONCLUSIONS
Pendant quinze ans, le Contingent Henry Reeve a participé aux efforts de la communauté internationale pour accroître la coopération sanitaire entre les nations. Il a constitué à ce titre un total de 76 brigades médicales, dont quarante-six pour combattre le Covid-19, trois pour combattre le virus à Ébola, deux pour combattre le choléra et vingt pour lutter contre les conséquences de catastrophes naturelles, dont huit face à des inondations, sept face à des séismes et cinq face à des cyclones.
Le Contingent a réalisé entre une à quatre missions tous les ans. Cette année-ci, il se bat efficacement depuis cinq mois contre la pandémie causée par le Covid-19.

08/10/2020 17:52 par Ellilou

Si quelqu’un pouvait répondre à une question que je pose depuis un petit moment mais restée à ce jour sans réponse : j’ai appris que Cuba avait également envoyé, depuis quelques années et hors covid, des médecin dans mon pays natal (le Portugal) et j’aimerais donc savoir
1. si c’est exact
2. où ces médecins se trouvent
Je me rends souvent au Portugal et ai tenté de me renseigner...en vain :-(
J’aimerais tant les remercier de vive voix !

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