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Science popo : Ou la désacralisation d’une nouvelle religion qui cache bien son jeu.

Manifeste fondateur de la Science Popo par Alexis Leclef, paru dans le numéro 59 du Batia Mourt Sou

Tout fout le camp : en notre bon pays chrétien, le catholicisme régresse, son bataclan de bondieuseries en tous genres, reliques et miracles, prophéties et eau bénite, aussi. Aidé pour ce faire, il est vrai, par le juste-en-dessous du Très Haut, le benoîtement Benoît 16, effectivement 13 et 3 d’esprit. Même s’il aime à rappeler que le préservatif mène droit aux rôtisseries éternelles de l’enfer (tout en se gardant bien de préciser que ne pas l’utiliser peut ouvrir tôt les portes du paradis), on s’en tape un peu ici. Même les cathos. Preuve empirique irréfutable qu’ils le laisse radoter sans l’écouter, ils n’ont pas plus d’enfants que vous ou moi. CQFD. Les églises, elles, se vident au rythme où trépassent les grenouilles.

Cependant, vases communicants faut-il penser en ces temps bénis, les croyances et superstitions les plus diverses fleurissent. Les astres ont pris la place des saints : et toujours plus de gens croient que les étoiles prennent la peine de s’occuper d’eux. Le féodalisme romantique, celui du Dalaï-lama, se porte bien : après tout, lui aussi, comme l’élite occidentale, n’aime ni les Chinois, ni les alternatives au capitalisme. Les «  forces supérieures », autrefois réservées aux cercles restreints des alcooliques et narcotiques anonymes, gagnent les consciences des plus sobres parmi les masses, au demeurant tout aussi anonymes. Si Dieu ne se fait plus entendre, il subsiste tel qu’on l’entend. Selon l’humeur du jour en fait. Un Dieu à la carte, auberge espagnole de l’esprit, qui n’a jamais mieux répondu à la définition qu’en donnait le curé Jean Meslier (voir le Batia précédent, n° 58 de juin 2009, p.13), celle d’être une invention humaine. Les karma, les bouddha et autres zenneries sont évoqués au même titre.

Illustration : Joseph Ghin : Sac a neuf

Age du new age, aux croyances molles et pataudes, notre époque est celle de bien des religions et superstitions nouvelles, adaptées aux aléas des temps, celui où la modernité proclamée dépassée cède le pas aux miroirs aux alouettes, dans le move ceux-là , de la post-modernité.

Parmi ces religions nouvelles et sectes en tout genre, il en est une dont je voudrais traiter dans les vogueries trimestrielles du Batia. Une religion méconnue mais qui, plus officiellement encore que la scientologie, se pare du nom de sciences. Et tout aussi indûment, prétend l’être. Sans sourcilier, même pas gênée. A l’aise quoi ! Comme si elle croyait l’être réellement. Comme pour vérifier cette sage parole de Méphisto qui, dans le Faust de Goethe expose : «  Là où la science fait défaut, le mot vient à point. » Cette religion qui ment effrontément sur son nom, qui se camoufle derrière le masque du mot, qui s’autoproclame science, cette grenouille de bénitier qui veut se faire boeuf bodybuildé aux hormones ou, comme disait l’autre, «  esprit d’une époque sans esprit », héro du peuple, auréole ou, plus exactement, couronne de lauriers d’un monde fait d’injustice de classes qu’ils s’agit de masquer, c’est la science politique.

L’air de rien, elle fait son lit. Née dans les universités où elle a acquis droit de cité, elle fascine le peuple : «  Sciences Po » ! Elle a ses prêtres et ses prêtres sont invités sur les plateaux de télé. Et comme toutes les religions, elle est bardée de dogmes. Celui de la neutralité par exemple. On pensait la politique produit et preuve de contradictions et de luttes de classes, objet d’opinions et de combats. Ou au pire, en haut lieu, faite d’idées sinon de corruptions, de prises de parti sinon de bénéfices. Eh bien non ! Tout comme la religion proclame saint le quidam se tournant vers Dieu, la politique devenue science décrète purs et impartiaux ses adeptes. Belles âmes désintéressées et désincarnées, les politologues auraient laissé leurs opinions au vestiaire pour se draper de la parure plus convenable d’une objectivité de bon aloi.

Ces oripeaux de scientificité, je me propose de les leur ôter dans cette nouvelle chronique du Batia : «  Science popo », ou la Science politique popularisée. Expliquée au peuple quoi ! Pour que l’on en puisse voir nus les prêtres qui s’asseyent sur son trône. Au trimestre prochain !

Alexis Leclef

Ndlr : Le Batia Mourt Sou
( Traduction : Le bateau ivre ) La gazette de l’entre Haine et Trouille, Un journal jovial, crédule, saugrenu mais outrecuidant.
La Haine et la fille de la Trouille ( Terullien ) 3 ieme siècle ).
Parait 4 fois par an, 16 pages, mais quelles pages !
Editeur responsable : Serge Poliart
Illustration de Joseph Ghin : Sac a neuf
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