Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


Un printemps arabe pour Cuba ? Ce qui se cache sous le tapis

La nouvelle ne surprend personne. Des représentants du Conseil National Syrien (CNS), le principal regroupement antigouvernemental en Syrie, et des membres de l’anti-cubaine Assemblée de la Résistance Cubaine (ARC), basée à Miami, souscrirent un "accord de collaboration", le 8 mai dernier, à l’hôtel Biltmore, à Coral Gables, Miami, dont l’intention est de "coordonner des actions" pour tenter le renversement inconstitutionnel des gouvernements syriens et cubains. "Nous luttons pour un même idéal qui n’est autre que le respect des droits fondamentaux des peuples de Syrie et de Cuba", souligna la provocatrice Sylvia Iriondo, dont le père fut un remarquable agent de la CIA et membre de la défaite invasion mercenaire de Playa Giron. Cette dame, à la tête du groupuscule Mères et Femmes Antirépression pour Cuba (MAR), s’est mise en valeur en promouvant des activités subversives à l’intérieur de l’île, finançant la contre-révolution interne et envoyant des émissaires pour financer ses activités déstabilisatrices.

Le CNS et l’ARC se rencontrèrent ils par hasard ? La vérité est que non. Cet accord est le résultat de la création d’un groupe de travail (Task Force) inter-agences et intergouvernemental, dans lequel participent conjointement la CIA, le Mossad, le M16, les sections ou Bureaux Cuba et Syrie du Département d’Etat, le renseignement militaire du Pentagone, des groupes d’influence juifs et anticubains au sein du Congrès et divers représentants de l’extrême droite, particulièrement Ileana Ros-Lehtinen. Il a été constitué avec la permission de divers gouvernements, qui ont pleinement connaissance de l’activité de ce groupe et de ses plans futurs, et parmi eux se distinguent les Etats-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, le Royaume Uni et d’autres pays de l’Union Européenne et de la Ligue Arabe. Trois gouvernements latino-américains ont été, vraisemblablement, consultés à ce sujet.

Ce groupe de travail fonctionne depuis quelques mois et s’est posé les objectifs suivants :

1) Coordonner des actions d’appui commun sur le plan international, développant une guerre médiatique de haute intensité, comptant sur de vastes ressources mises à sa disposition. En ce sens, ils envisagent l’emploi des réseaux sociaux pour les inonder par une attaque continue de distorsion de la réalité interne de Cuba et de la Syrie, s’appuyant sur des groupuscules contre-révolutionnaires internes, auxquels on a clairement défini leur rôle en vendant une image distorsionnée de leurs réalités nationales.

Dans le cas de Cuba, la SINA joue un rôle déterminant dans la coordination des actions provocatrices et déstabilisatrices. Dans le cas de la Syrie, divers centres opérationnels situés à Paris, Istanbul, Bagdad, Londres, et d’autres capitales européennes et arabes, accomplissent cette tâche inscrite dans la guerre idéologique.

2) Création d’un front uni et l’échange de stratégies communes, ayant comme base les expériences atteintes par les groupes contre-révolutionnaires dans leurs nations respectives. Pour cela, la force de travail étudie les possibilités, ambitionnées inutilement depuis des décennies, de promouvoir une fracture entre les FAR [1] et le MININT [2] de Cuba au sujet de la direction du pays, prenant comme base l’expérience obtenue en Syrie.

Devant l’impossibilité de promouvoir l’inclusion de mercenaires étrangers à l’intérieur de Cuba, comme ce fut le cas en Syrie, le groupe de travail tient bien clairement la création de conditions pour réactiver les actions terroristes développées contre Cuba dans les dernières décennies, réalisant des études de profils de la masse contre-révolutionnaire interne pour déterminer qui on pourra employer potentiellement à cette fin. Dans ce sens, on étudie l’envoi de quelques instructeurs provenant d’Europe et de nations latino-américaines pour préparer, subrepticement, quelques contre-révolutionnaires dans le maniement d’explosifs, les techniques de subversion, et d’autres méthodes de guerre sale. La force de travail a évalué l’incorporation de quelques citoyens latino-américains, certains d’entre eux ayant servi en Irak et en Afghanistan, pour préparer des groupes d’infiltration afin de réaliser des sabotages à Cuba. On a aussi contacté des terroristes d’origine cubaine et des groupes comme Alpha 66, Comandos F4, entre autres, pour recruter des personnes qui s’entraîneraient dans des camps situés aux Etats-Unis ou dans l’un des pays latino-américains contactés.

3) Le groupe de travail s’est engagé à utiliser tous les canaux diplomatiques possibles pour sataniser internationalement les gouvernements de Bashar AlAssad et de Raul Castro, fondamentalement au sein des Nations Unies, de l’OEA, de la Ligue Arabe, employant pour cela un vaste réseau d’ONG, dans l’intention de déformer délibérément la situation des droits humains dans ces nations.

4) Le groupe de travail dispose de sources de financement à travers de comptes secrets déjà engagés pour les gouvernements impliqués, fondamentalement au moyen de comptes fantômes de la CIA, du Mossad, et d’autres agences, déguisés en contribution à des ONG.

5) On réalise des études pour pouvoir habiliter les canaux logistiques nécessaires pour faire venir les impliqués à Cuba et en Syrie, et toutes les ressources logistiques nécessaires pour remplir leurs missions.

En résumé, l’accord signé par la partie cubaine (Berta Antunez, Orlando Gutierrez, Silvia Iriondo, Laida Carro, Horacio Garcia, Raul Garcia et Luis Gonzalez Infante) et par la partie syrienne (l’Unité pour une Syrie Libre, la Commission Générale de la Révolution, le Groupe de Travail de l’Urgence Syrienne, l’American Syrian PAC, le Conseil Syrio-Americain et l’Organisation des Syriens Expatriés, parmi eux se trouvant Niman Shukairy et Mohamed Kawam) est seulement une couverture de quelque chose de plus grand.

Beaucoup pourraient taxer ce travail de spéculatif et sans fondement, mais ceux qui connaissent comment fonctionnent les services ennemis, savent que l’ont ne fait pas un pas public sans avoir avant créé l’infrastructure secrète pour l’articuler ou, au moins, le Groupe de Travail chargé de l’exécuter. L’important est de rester vigilants et d’avoir à l’esprit que l’ennemi se déplace dans l’ombre. Cela il faut le faire, bien qu’on sache, d’avance, qu’un "printemps arabe" à Cuba est une simple masturbation d’un ennemi entêté, rêveur, mais dangereux.

Percy Francisco Alvarado Godoy

http://www.rougemidi.org/spip.php?article6859#nh1

Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant

[1] Forces Armées Révolutionnaires de Cuba

[2] Ministère de l’Intérieur de Cuba

URL de cet article 16689
   
Même Thème
Cuba est une île
Danielle BLEITRACH, Jacques-François BONALDI, Viktor DEDAJ
Présentation de l’éditeur " Cuba est une île. Comment l’aborder ? S’agit-il de procéder à des sondages dans ses eaux alentours de La Havane, là où gisent toujours les épaves des galions naufragés ? Ou encore, aux côtés de l’apôtre José Marti, tirerons-nous une barque sur la petite plage d’Oriente, et de là le suivrons -nous dans la guerre d’indépendance ? Alors, est-ce qu’il l’a gagnée ? C’est compliqué ! L’écriture hésite, se veut pédagogique pour exposer les conséquences de la nomenclature sucrière. L’épopée (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Rien n’est aussi stupide que l’intelligence orgueilleuse d’elle-même.

Mikhaïl Bakounine


L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
96 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.